La créatrice de mode Erika Varga, cofondatrice de la marque hongroise
Romani Design, Budapest, en mars 2019. Photo : Attila Kisbenedek/AFP
"Depuis 2010, la Hongroise Erika Varga crée des vêtements et des
accessoires haut de gamme dont les motifs aux couleurs éclatantes
exaltent l’identité rom. Avec sa griffe, Romani Design, elle espère
combattre les préjugés dont souffre la communauté tsigane dans son pays,
raconte le magazine “Jelen”, publié à Budapest.
“L’oisiveté ne mène à rien. J’ai appris cela de mes parents. Tout
petit, mon père transportait déjà de l’eau contre quelques sous. Il
avait quitté l’école avant la grande section. Ses ancêtres étaient
commerçants. Il a suivi leur voie, mais a aussi appris à poser du
torchis, ferrer des chevaux et a travaillé comme livreur. La famille de
ma mère travaillait la terre et élevait des animaux”, raconte Erika Varga en guise d’introduction.
La créatrice de mode poursuit : “Nous
sommes de la région de Szabolcs [dans le nord-est de la Hongrie]. Mes
frères et moi avons grandi entourés de proches aimants, baignant dans la
culture tsigane olah [valaque] et le respect des traditions.
Ma grand-mère adorée m’a raconté des histoires et chanté des chansons
durant toute mon enfance. Elle avait une collection de poupées et nous
leur avons cousu ensemble de nombreux habits. Elle fabriquait aussi de
belles tenues pour nous, les filles.”
À l’école de l’exclusionErika n’a été scolarisée qu’à partir du cours préparatoire, où elle a appris le magyar – à la maison, on parlait le cerhar
[dialecte tsigane]. La famille vivait en ville, pas dans le quartier
tsigane, et l’école n’accueillait que quelques élèves roms. “C’est
là que j’ai découvert l’exclusion. L’institutrice faisait asseoir les
Tsiganes au fond de la classe. J’ai raconté ça à ma mère, qui est allée
régler la situation”, se souvient Erika.
“En troisième [l’équivalent du CE2 français], j’étais l’unique Rom. Quand les autres me brimaient, ma professeure principale me disait d’être fière d’être tsigane et punissait mes harceleurs.”“J’aimais étudier. Mes parents m’ont soutenue et j’ai intégré un lycée technique à Budapest”, enchaîne Erika." La suite sur courrierinternational.com (article payant)