"Alors que les réfugiés ukrainiens affluent chaque jour en Hongrie, le Premier ministre magyar donne des gages de fidélité envers l’UE et l’Otan, tente de préserver les avantages de son partenariat privilégié avec la Russie et change de cap sur la question de l’asile. La presse locale décrypte ce jeu d’équilibriste.
Tandis que la guerre dévaste l’Ukraine, voisine de la Hongrie, le Premier ministre conservateur magyar, Viktor Orbán, se trouve contraint à des contorsions entre ses partenaires occidentaux et le Kremlin, dont son gouvernement est proche. Membre de l’Otan, la Hongrie donne quelques gages à l’Alliance atlantique, mais elle refuse de s’impliquer militairement par crainte de représailles russes. Un décret du lundi 7 mars “autorise la présence de troupes de l’Otan et leur transit par le biais de la Hongrie vers d’autres pays de l’Alliance”, tout en “interdisant l’acheminement d’armes et d’équipements mortels vers l’Ukraine”, fait observer le site d’information 24.hu.
Dépendance forte au gaz russeLa Hongrie soutient les sanctions européennes contre le Kremlin et l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Cependant, dans un contexte de crise énergétique aggravé par la guerre, Budapest tient au gaz russe peu onéreux, dont elle dépend largement, ainsi qu’à l’élargissement de la centrale nucléaire de Paks par l’entreprise moscovite Rosatom. “Les Russes garantissent 80 % de l’approvisionnement en gaz de notre pays. Si nous coupons le robinet comme le préconise la gauche, nous ne pourrons plus cuisiner ou nous chauffer. Et sans l’extension du complexe de Paks, les tarifs de l’électricité quadrupleraient”, argumente le journal progouvernemental Magyar Nemzet.
Malgré
la sortie de la République tchèque, de la Roumanie, de la Slovaquie et
de la Bulgarie de la Banque internationale d’investissement, ex-caisse
des pays du bloc de l’Est, la Hongrie refuse de quitter l’organisation
russe et de fermer son siège budapestois. “Cette banque finance d’importantes entreprises hongroises. Si cette coopération cessait, notre économie en pâtirait”, affirme le chef de la diplomatie magyare, Péter Szijjártó," La suite sur courrierinternational.com (article payant)
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