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jeudi 27 août 2026

Péter Nádas, géant de la littérature hongroise, est mort

Crédits photo : Péter Nádas (@ Gáspár Stekovics, Noir sur Blanc)

"L’écrivain hongrois Péter Nádas est mort mercredi 26 août 2026 à l’âge de 83 ans, à son domicile de Gombosszeg, dans l’ouest de la Hongrie. Romancier, dramaturge, essayiste et photographe, plusieurs fois cité parmi les possibles lauréats du Nobel, il laisse une œuvre monumentale où l’histoire européenne du XXe siècle se mêle à celle des corps, de la mémoire et de l’intime.

Son agente littéraire, Anett Orosz, a confirmé sa mort à l’AFP. L’annonce avait d’abord été publiée sur les réseaux sociaux de l’écrivain, à la demande de sa famille, qui a indiqué ne pas souhaiter s’exprimer davantage pour le moment.

En France, Péter Nádas venait encore d’être distingué : à l’automne 2025, son vaste récit autobiographique Ce qui luit dans les ténèbres. Souvenirs de la vie d’un narrateur (Noir sur Blanc, traduit du hongrois par Sophie Aude) avait reçu le prix Transfuge de l’autobiographie puis un prix spécial du jury Médicis.

Une enfance prise dans l’Histoire

Né le 14 octobre 1942 à Budapest dans une famille juive et communiste, Péter Nádas grandit au milieu des bouleversements qui marqueront toute son œuvre. Enfant, il connaît le siège de Budapest à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sa mère meurt alors qu’il est encore adolescent, son père se suicide en 1958. À 16 ans, il est orphelin.

À ces traumatismes familiaux s’ajoutent ceux de la Hongrie d’après-guerre : l’installation du régime communiste, la répression et l’écrasement de l’insurrection de 1956." La suite sur actualitte.com

Mort de Peter Nadas, le maître hongrois du roman-fleuve

© PETER KOHALMI / AFP/Archives

"L'écrivain hongrois Peter Nadas, une figure majeure de la littérature européenne dont l'œuvre monumentale a exploré les traumatismes du XXe siècle, est mort mercredi à l'âge de 83 ans.

"Peter Nadas est mort", a déclaré à l'AFP son agente littéraire Anett Orosz, confirmant une information postée sur le compte Facebook de l'écrivain, annonçant qu'il était décédé mercredi matin à son domicile de Gombosszeg.

L'un des plus grands écrivains hongrois contemporains, récompensé par plusieurs prix internationaux et pressenti à plusieurs reprises pour le prix Nobel de littérature, il est l'auteur d'une œuvre traduite dans de nombreuses langues.

Dramaturge, romancier et essayiste, Peter Nadas était connu pour des méditations nourries de son expérience personnelle de la guerre, de la dictature communiste et des bouleversements de la Hongrie contemporaine." La suite sur france24.com

mardi 18 août 2026

Nelio Biedermann, le jeune romancier suisse qui renouvelle la saga historique


"À seulement 23 ans, le romancier suisse Nelio Biedermann est l'une des sensations de la rentrée littéraire avec "Lázár", une fresque enlevée sur le déclin d'une famille noble entre la fin de l'Empire austro-hongrois et l'avènement du communisme.

Portant une fine moustache, un tee-shirt noir et une chaînette autour du cou, Nelio Biedermann ne cherche pas à jouer au jeune écrivain tourmenté lorsqu'il vient présenter à Paris son roman, publié jeudi par Belfond.

Décontracté, il refuse l'étiquette d'"enfant prodige" de la littérature que certains lui ont prêtée à la sortie de "Lázár" en Suisse alémanique en 2025. Des critiques l'ont même présenté comme l'héritier de Thomas Mann, l'auteur de "La montagne magique" couronné d'un Prix Nobel de littérature en 1929.

Nelio Biedermann préfère comparer l'attention qu'on lui prête en raison de son jeune âge à celle accordée au prodige du football espagnol Lamine Yamal, sous les projecteurs grâce à "la qualité de son jeu"." la suite sur tv5monde.com

dimanche 9 août 2026

Classique des lettres hongroises, Péter Esterházy face à la trahison de son père

 « Un écrivain dans la famille » (5/6). Issu d’une illustre dynastie hongroise, Péter Esterházy est devenu une star nationale des lettres avec « Harmonia Cælestis », en 2000, où il rendait hommage à son père. Mais il a découvert peu après que son héros avait été un informateur de la police secrète du pouvoir communiste, et a alors rédigé une version « revue et corrigée » de son œuvre qui, au-delà de ses proches, a ébranlé tout le pays.

A chaque pas, l’escalier en bois sombre grince si fort qu’il semble sur le point de rompre. Aujourd’hui encore, le bruit déchirant de ces quelques marches usées rythme le quotidien de cette bâtisse fonctionnelle aux murs blancs, en bordure de Budapest, la capitale hongroise, où a grandi le célèbre auteur Péter Esterházy, descendant de l’une des plus illustres familles du pays.

Représentants de l’aristocratie, leaders politiques sous l’Empire austro-hongrois, les Esterházy ont été privés de leurs terres, de leurs châteaux et de leurs biens par le pouvoir communiste en 1949, avant d’être expulsés de force à la campagne. Le père, le comte Mátyás Esterházy, polyglotte surdiplômé, est alors contraint de cultiver des melons dans une exploitation nationalisée, pendant que Lili, la mère, élève leurs quatre fils. Ils ne sont autorisés à revenir dans la capitale qu’en 1957, dans cette modeste demeure proche des rives du Danube, loin du centre-ville.

A la fin des années 1990, après la mort de ses parents, Péter Esterházy décide de s’y installer. Ce père de quatre enfants, avec ses petites lunettes rondes et ses cheveux en bataille, est devenu un romancier reconnu, grâce à ses œuvres qui triturent syntaxe et ponctuation pour raconter à la fois l’ère communiste et l’histoire romanesque de sa propre famille.

Après le décès de l’écrivain, devenu une grande figure intellectuelle, emporté par un cancer du pancréas en 2016, à 66 ans, et le déménagement de sa veuve, Gitti, sous dialyse, leur maison n’est plus habitée et se détériore rapidement. En 2024, par manque de moyens pour l’entretenir, leurs enfants se résolvent à mettre en vente la propriété." La suite sur lemonde.fr (article payant)

lundi 13 juillet 2026

Écrivain László Krasznahorkai : Chaque livre est un acte d'expiation

Écrivain László Krasznahorkai. Photo de : Yalereview

"À 71 ans, le lauréat du prix Nobel de littérature 2025 qualifie encore toutes ses œuvres d'échecs. Mais c'est précisément cette obsession persistante qui a donné naissance à l'une des voix les plus singulières et captivantes de la littérature contemporaine.

Rares sont les lauréats du prix Nobel à évoquer leur carrière avec la même lucidité et la même introspection que László Krasznahorkai. Dans un entretien accordé au New Yorker , publié la semaine dernière à l'occasion de la remise du prix Nobel de littérature 2025, l'écrivain hongrois a confié qu'à chaque relecture d'un ancien manuscrit, il découvrait une « erreur choquante », et que son livre suivant n'était qu'une tentative de la corriger. Qu'est-ce qui pousse l'un des écrivains les plus respectés d'Europe à se considérer comme un échec ?

La sentence est longue, comme un aveu.

Contrairement à de nombreux lauréats du prix Nobel, Krasznahorkai a bâti sa réputation sur une prose qui pouvait s'étendre sur des dizaines, voire des centaines de pages, sans la moindre ponctuation. Selon une critique du Guardian à propos de son roman Herscht 07769, le traducteur et poète George Szirtes a décrit ce style comme « un lent cours d'eau de lave, un gigantesque fleuve noir de mots ».

Pour Krasznahorkai, la ponctuation n'est pas une simple convention grammaticale, mais revêt une signification sacrée, presque religieuse : « Dieu mettra le dernier point », a-t-il déclaré de façon énigmatique dans The Guardian . Les racines de ce style d'écriture, selon Krasznahorkai lui-même dans un entretien avec The Paris Review , puisent chez deux figures qu'il qualifiait de « légendes » dans sa jeunesse : l'écrivain Gyula Krúdy et le poète János Pilinszky." La suite sur vietnam.vn

 

jeudi 2 juillet 2026

Lázár - Un roman de Nelio Biedermann


A propos de l'auteur

Né en 2003, Nelio Biedermann a grandi sur les bords du lac de Zurich. Sa famille paternelle est issue de la noblesse hongroise ; ses grands-parents ont fui vers la Suisse dans les années 1950. Nelio Biedermann a étudié la littérature allemande et le cinéma à l’Université de Zurich avant d’écrire son premier roman, Anton will bleiben (non traduit), déjà fort remarqué par la critique. Mais c’est son deuxième roman, Lázár, qui va le révéler à l’international. Livre phare de la foire de Francfort, Lázár paraîtra dans vingt-six pays.

Résumé du livre

Tout commence avec la venue au monde de Lajos von Lázár, un enfant blond aux yeux clairs comme de l’eau. Tout commence, et tout finira aussi, se dit son père, le baron Sandor, face à ce fils qui ne ressemble à personne. Car dans le château familial niché au cœur de la forêt, la naissance de l’enfant blond aux premiers jours du XXème siècle, va bouleverser à jamais l’ancienne vie des barons von Lazar.
 
C’est d’abord la chute de l’Empire des Habsbourg qui va balayer leurs traditions. La mère de Lajos, la belle Mária, et son oncle, le spectral Imre, ne s’en relèveront pas, incapables de vivre sans leurs repères. Quand Lajos héritera du domaine dans les années vingt, l’éclat d’antan semblera brièvement briller à nouveau.
Mais c’est à leurs enfants après eux, Eva et Pista, qu’il reviendra de trouver la force de résister aux forces obscures qui annoncent la guerre.
 
Un roman-monde, l’histoire bouleversante et profondément originale d’une famille au cœur des tourbillons du XXème siècle. Captivant, presque hypnotique, empreint de légèreté et de poésie, Lazar nous ramène à la question éternelle : dans les tourments de l’Histoire comme dans les beaux jours d’été, comment vivre ?

Édition BELFOND
Prix public TTC 23.00 €
Date de publication 20/08/2026
Nombre de pages 352
Grand Format
EAN 9782714405098

samedi 16 mai 2026

« L’ivresse de la violence » de Zoltán Gábor


"Une brume matinale, fine et glacée, nimbe Budapest d’un linceul vaporeux. Tel un esprit évanescent, elle voile les vallées de Buda et le château lointain, estompant les contours de la cité dans une blancheur spectrale. Budapest, en cette fin d’hiver, est une ville de cristal : le givre étreint ses pierres, le brouillard enchaîne ses rives, tandis qu’un vent tranchant balaie les quais du Danube, fleuve puissant et mélancolique. Il est beau, certes, de s’y promener, mais il convient de s’en vêtir lourdement, comme pour se protéger du poids de l’histoire.
Au fil de la matinée, le vent dissipe les derniers voiles et un soleil
« édenté », piquant, vient illuminer ce joyau danubien et ses ponts superbes. Budapest possède une beauté magique, ancrée au cœur de la Pannonie. Impossible de résister à son charme cosmopolite, à sa culture foisonnante, à la singularité de son peuple magyar, dont la langue musicale et lointaine en fait une île linguistique au milieu des Slaves. Cette petite contrée, jadis pilier de la double monarchie austro-hongroise, est un condensé de contradictions et de contrastes." La suite sur chiensurlalune.fr

vendredi 1 mai 2026

La Promenade raconte mémoire survie et dignité après Auschwitz


"Maria Foldes, La Promenade, Traduit du hongrois (Transylvanie) par Catherine Fay. Préface d’Agnes Foldes Lev. Éditions des Syrtes, 06/03/2026, 168 pages, 17€.

Mai 1960, Cluj. Une femme franchit la grande porte de fer du service de psychiatrie et reçoit une étrange consigne médicale : marcher, longuement, avant de regagner son logement. Sur quelques rues de Transylvanie communiste s’engouffre alors la moitié d’un siècle européen, l’enfance dorée d’Arad, les religieuses françaises, Auschwitz, Plaszow, l’inflation roumaine d’après-guerre. Cinquante-deux ans après sa parution à Bucarest, le roman de Maria Foldes (1925-1976) arrive en Français dans la traduction de Catherine Fay.

Le dispositif tient à un seul fil. Une promenade thérapeutique, prescrite par « Yeux-Bleus », la psychiatre aux iris pâles à qui la narratrice doit la vie. Tout le reste appartient au flux. Remous de la conscience aux carrefours, surgissement d’un visage entrevu : la voix de la mère revient toujours (« L’enfant ! Mon Dieu ! L’enfant ! ») dès qu’un signe de maternité, de peur ou de mort enfantine traverse la promenade. Agnes Foldes Lev, fille de l’écrivaine, signe une préface où elle situe la justesse du procédé : « la maladie n’est qu’une licence poétique, une occasion d’édifier une forme bien ordonnée des pensées et des sentiments ». Hantée toute sa vie par la question de la mort et de la survie, Maria Foldes trouve ici le cadre exact d’une parole longtemps tenue par la peur. Chaque rue de Cluj ouvre un tiroir ; chaque visage convoque un fantôme de Silésie ou une silhouette d’Arad. Le roman avance par cellules de mémoire, et l’on comprend vite que cette apparente absence de plan tient à une dramaturge confirmée." La suite sur marenostrum.pm

lundi 20 avril 2026

Gábor Zoltán vient présenter son roman "L’Ivresse de la violence" le 30 mai 2026 de 16h20 à 17h20 - Centre Culturel Irlandais

Gabor Zoltan - Photo © DR/Belfond


Centre Culturel Irlandais, 5 Rue des Irlandais, 75005 Paris, France 

Invité par l’Institut Liszt – Centre Culturel Hongrois dans le cadre de La Nuit de la Littérature 2026, Gábor Zoltán vient présenter son roman "L’Ivresse de la violence" (Belfond, 2026) traduit par Thomas Sulmon

À propos de l’événement

Gábor Zoltán discutera de son roman L’ivresse de la violence (Belfond, 2026), sur la scène principale pendant 20 minutes. Il fera ensuite une lecture dans la bibliothèque patrimoniale, puis sera présente à la librairie pour dédicacer ses livres.

Biographie

Gábor Zoltán est né à Budapest en 1960. Il a travaillé comme metteur en scène au théâtre et à la radio, et a également été rédacteur d’émissions radiophoniques. Il a reçu le prix du meilleur auteur débutant de l’année pour son premier recueil de nouvelles. Après cinq ans de recherches, il a écrit son roman, Orgia. Gábor Zoltán a également reçu le Prix Déry pour son oeuvre, l’une des récompenses littéraires les plus importantes et les plus prestigieuses de Hongrie.

À propos de L’Ivresse de la violence

S'appuyant sur des faits historiques réels, porté par le rythme haletant d'une écriture expiatoire, un premier roman stupéfiant, qui dévoile le passé fasciste de la Hongrie et éclaire les montées de l'extrême droite en Europe.

Jusqu'ici, Renner était un petit patron d'usine à Budapest. Profitant de son statut de notable, il avait réussi à se soustraire à ses obligations militaires.

Mais nous sommes en 1944. Les nazis ont laissé la ville aux mains des miliciens des Croix-Fléchées. Ces derniers, ivres de violence et assoiffés de pouvoir, jurent de rendre la Hongrie aux Hongrois. Or Renner est marié à une Juive. Et il a caché de nombreux Juifs de son personnel. La torture et la mort l'attendent.

Sauf que Renner possède un bien précieux dont les miliciens ont grand besoin : son camion.

Commence alors pour Renner, étroitement surveillé par son geôlier Robi, un atroce périple au cœur de la capitale exsangue, un chemin de croix morbide sur les traces des corps martyrisés des victimes des Croix-Fléchées.

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samedi 18 avril 2026

Budapest, le "bastion d’opposition à Orbán" enfin en fête : le témoignage de l’autrice Nina Yargekov

"À l’occasion de la parution de son guide "Budapest" (L’arbre qui marche), l’autrice franco-hongroise Nina Yargekov racontait dans Entrez sans Frapper la joie qui a envahi les rues de la capitale hongroise le soir de l’élection de Péter Magyar en tant que Premier ministre, après des années de résistances des Budapestois au régime de Viktor Orbán.

Le 12 avril 2026, Nina Yargekov voit la capitale hongroise exploser de joie, "après de longues semaines d’attente suspendue, mêlée d’espoirs et d’inquiétudes". Une immense fête, pleine de klaxons, de sourires et de joie, pour célébrer l’élection de Péter Magyar, et surtout la défaite de son adversaire, Viktor Orbán.

Dans la foule, elle distingue des drapeaux troués, un symbole de résistance au pouvoir brandi au même endroit pour la première fois en 1956, lors de l’insurrection du peuple de Budapest contre le régime pro-soviétique, réprimée dans le sang par les chars de Moscou. "En 1956, les gens découpaient le blason soviétique du drapeau hongrois, laissant un trou. Depuis, le drapeau troué est un symbole de libération en Hongrie, de défiance du pouvoir, et de rapprochement avec l’ouest de l’Europe", explique l’autrice franco-hongroise." La suite sur rtbf.be

Trésors et misères de Budapest avec Nina Yargekov

Nina Yargekov - HELENE BAMBERGER/OPALE.PHOTO

"À l'occasion de la publication de son guide de Budapest, publié aux éditions de l'Arbre qui marche, Nicolas Herbeaux reçoit la romancière franco-hongroise Nina Yargekov." A écouter (20 min) sur radiofrance.fr


jeudi 9 avril 2026

Découvrir "Budapest" avec Nina Yargekov


"L'écrivaine franco-hongroise publie un guide subjectif, affectif et politique de la capitale hongroise en forme de livre dont vous êtes le héros. Un livre tendre et amer, dont la forme, à la fois libre et contraignante, agit dans le fond comme la ville qu'il décrit. 

Ce matin, une promenade à Budapest. Dit comme ça, ça paraît sympathique et anodin : l’écrivaine Nina Yargekov nous propose un jeu de piste dans la capitale hongroise, intitulé sobrement Budapest et publié aux éditions L’Arbre qui marche. Sauf que la promenade n’est pas seulement de santé : voici un récit original et performatif qui plonge le lecteur dans une ville en tension, une ville aimée et honnie à la fois, une ville où le pouvoir déplace des statues et tente d’interdire des manifestations. Bref une ville où le patrimoine ne dort pas, alors que cette semaine, Viktor Orbán joue son avenir politique, à la veille de législatives que son parti national-conservateur pourrait bien perdre, et alors que le vice-président JD Vance en personne a fait le déplacement exprès pour soutenir le principal allié européen de l’administration Trump.

Nina Yargekov vit à Budapest, elle est franco-hongroise, et l’autrice de plusieurs romans, dont Double Nationalité qui avait connu un certain succès il y a dix ans. Elle chronique volontiers et avec virulence la vie politique de la Hongrie sous Viktor Orbán, et la difficulté qu’il existe désormais d’aimer son pays, et d’aimer sa ville. Cette difficulté, elle est au cœur du livre, qui se présente à la fois comme un guide, et un livre dont vous êtes le héros. Au seuil de Budapest, vous êtes en Suisse - oui. Une vieille Hongroise, qui a quitté son pays pendant la révolution de 1956, et chez qui vous passez des vacances solitaires et paisibles nous confie une mission : se rendre à Budapest pour rencontrer et tenter de consoler son petit neveu, Rolli, en proie à la déprime, cette fameuse mélancolie qui brouille l’esprit de tous ceux qui aiment la Hongrie tout en la détestant. Pour cela vous serez muni d’un bocal en verre qui contient - votre hôte vous l’assure -de l’air de 1956. Mais surtout, vous aurez pour vous la découverte d’une ville formidable, et votre enthousiasme nécessairement guérira le petit neveu de sa dépression. Vous doutez, mais vous partez, trouvez un airbnb en plein centre, rencontrez Anna, une bonne amie de Rolli, explorez avec elle la ville, avant de - enfin - vous atteler au cœur de votre mission." La suite et à écouter (3min) sur radiofrance.fr

mardi 31 mars 2026

Critique «Kaddish, la femme chauve en peignoir rouge», pièce d’identités

"Dans une mise en scène riche et maîtrisée, Margaux Eskenazi questionne sa judéité en dialogue avec l’œuvre de l’écrivain hongrois Imre Kertész et souligne une identité en mouvement.

Que signifie être juif ? Alors que les extrêmes droites européennes réécrivent le passé, jouant sans vergogne la partition révisionniste, face au retour d’un antisémitisme décomplexé et aux instrumentalisations de celui-ci, cette interrogation existentielle avait tout d’un terrain miné. Pas de quoi effrayer pour autant Margaux Eskenazi qui ne cesse de confronter son théâtre au long cours aux enjeux politiques les plus épineux de l’époque. Après son triptyque consacré aux amnésies coloniales, la metteuse en scène ouvre un nouveau chantier de recherche pour questionner sa judéité en dialogue avec l’œuvre d’Imre Kertész.

Couches narratives enchâssées jusqu’au vertige

Dans Kaddish, la femme chauve en peignoir rouge, ce dialogue n’est pas seulement métaphorique. Convoqué sous la forme d’un dibbouk (âme errante) attaché au personnage de Rosa – double de l’autrice –, l’écrivain hongrois débarque en chair et en os. La polysémie de cette figure offre une image en miniature de la richesse du travail de Margaux Eskenazi. A elle seule, celle-ci a le pouvoir de nous plonger immédiatement dans la culture populaire ashkénaze, d’incarner, sans avoir à la souligner didactiquement, l’actualité des romans de Kertész, lui qui, revenant sans cesse à l’expérience concentrationnaire pensait «plutôt à l’avenir qu’au passé».

Elle officie aussi comme une porte dérobée qui permet aux six comédiens de glisser, en toute fluidité, d’un rôle à l’autre, d’une couche narrative à la suivante. Enchâssées jusqu’au vertige, ces dernières sont au..." La suite sur liberation.fr (article payant)

lundi 30 mars 2026

Les Mardis hongrois de Paris invitent Nina Yargekov le 31 mars 2026 à 20h15 pour la présentation de "Budapest" au café Le Zimmer

 

La soirée sera animée par Florence Schreiber qui mènera l'entretien en compagnie de l'autrice, Nina Yargekov

- Discussion et signature
- Vente du livre sur place

Résumé
" On n'a pas le droit d'être totalement malheureux quand on a la chance d'habiter à Budapest "
Vous pensiez passer des vacances tranquilles en Suisse ? Et bien c'est raté, car une exilée hongroise aux airs de comtesse vous confie une mission : filer à Budapest pour tirer son petit-neveu de la déprime grâce à un bocal d'air révolutionnaire de 1956. Vous voilà à découvrir bains néobaroques, paprika magique, subtilités politiques et humour noir magyar. Attachez vos ceintures, car ce Budapest va vous secouer, vous éblouir et vous montrer comment une ville peut être un rempart flamboyant au populisme.
Date de sortie en librairie le 19/03/26
Editeur L'arbre Qui Marche
Collection Premier Voyage
Nombre de pages 160

Évènement Facebook

Café Le Zimmer 1, place du Châtelet 75001 Paris

dimanche 15 mars 2026

«L’ivresse de la violence»: la mémoire vive des Hongrois


"Depuis 2005, à Budapest, sur les bords du Danube, on peut buter sur une série de chaussures en bronze. Un mémorial qui rappelle les milliers de victimes — surtout juives — assassinées par les miliciens des Croix-Fléchées pendant leur court règne de terreur à l’hiver 1944-1945.

Pris en étau entre les nazis et l’Armée rouge, le gouvernement hongrois en déroute avait cédé le pouvoir à ce parti politique « hungariste », fasciste, proallemand et férocement antisémite.

L’ivresse de la violence, troisième roman, troublant, de Gábor Zoltán, écrivain hongrois né en 1960, immerge les lecteurs dans la violence commise par les gens « normaux » qui ont participé à ces exactions." La suite sur ledevoir.com

vendredi 13 mars 2026

Romain Rolland : la référence culturelle française dans la Hongrie du xxe siècle ?

"Sur la base de données en ligne Arcanum, qui regroupe un grand nombre de titres de presse hongrois, le nom de Romain Rolland récolte près de 15 000 résultats entre 1900 et 2021. Il enregistre des pics dans les années 1920 et 1950, culminant au moment du centenaire de sa naissance en 1966, avant de connaître une tendance à la baisse que même le centenaire de la Grande Guerre ne ranime pas. Pour le seul xxe siècle, le deuxième auteur français le plus cité est Aragon, mais seulement au tiers du niveau de Rolland. Il n’est pas anodin que ce soit Aragon qui suive Rolland, les deux écrivains étant liés par une « généalogie littéraire de l’humanisme français dans son versant pacifiste » et une poétique réaliste prisées pour des raisons tant littéraires que politiques dans la Hongrie du xxe siècle.

Toujours est-il que le nom de Rolland ne figure nulle part dans l’espace public hongrois – contrairement à celui de Thomas Mann – et qu’aucune statue n’a été érigée en sa mémoire. Quant à l’édition de son œuvre, elle est devancée par celle des auteurs du xixe siècle tel Victor Hugo (qui, lui, a sa rue à Budapest), même si elle reste l’une des œuvres d’écrivains français du xxe siècle les plus traduites – un fait d’autant plus remarquable que le texte qui lui a assuré une renommée mondiale, Au-dessus de la mêlée (A dulakodás fölött), n’a jamais été traduit en hongrois intégralement.

La presse littéraire accorda-t-elle la même primauté à Rolland ? Si l’on considère Nyugat [Occident], la revue la plus importante de la littérature moderne du début du siècle, ou Nagyvilág [Le Vaste Monde], la grande revue de littérature mondiale à l’ère Kádár, on voit que les revues littéraires hongroises ouvertes sur les littératures étrangères s’intéressèrent à plusieurs moments à l’œuvre de Rolland. Mais ces moments ne correspondent pas à l’instrumentalisation politique et publique – fluctuante – de l’écrivain français en Hongrie. Cette étude entreprend de comparer ces deux types de réception dans la presse pour analyser le transfert de l’écrivain et ses causes littéraires et politiques dans la Hongrie du xxe siècle, dans les contextes des conflits européens puis de la guerre froide." La suite sur books.openedition.org

mardi 3 mars 2026

Un chef-d’œuvre oublié d’une survivante d’Auschwitz enfin publié en France


"Le 6 mars paraîtra aux éditions des Syrtes La Promenade de Mária Földes, « une véritable découverte littéraire », traduit du hongrois (Transylvanie) par Catherine Fay. Un roman autobiographique publié en 1974, écrit par une autrice de langue hongroise en Roumanie, survivante de la Shoah, oubliée ensuite par les vagues de l’histoire.

Il s’agit d’une promenade sinueuse dans les « plis » de la mémoire, elle y interroge la culpabilité et la responsabilité éthique de la survie. Mais le destin du livre est tout aussi sinueux que la promenade de son héroïne. Paru en hongrois en 1974, puis en hébreux en 1978, il n’a été traduit en roumain qu’en 2024, soit cinquante ans après sa première édition.

Mária (Smilovits) Földes est née en Transylvanie (Roumanie) en 1925 ; en 1944 elle est déportée par les nazis, passe par Auschwitz, Cracovie et Langenbielau, mais elle survit et retourne en 1945, à Cluj.

Si le livre a pu connaître une deuxième vie, c’est grâce à l’énergie infatigable de Ágnes Lev, la fille de l’écrivaine, qui signe la préface de la traduction française. L’occasion pour elle de mieux nous la faire connaître dans un dialogue avec Olimpia Verger, l’éditrice des éditions des Syrtes." La suite sur actualitte.com

dimanche 1 mars 2026

«Chair» : vivre sa vie


"Au début des années 1990 à Budapest, en Hongrie, István vit seule avec sa mère dans un immeuble de l’époque soviétique. À 15 ans, entre l’école, les séances de masturbation et l’écoute de ses cassettes piratées de Madonna, de Vanilla Ice et de Guns N’ Roses, il se laisse séduire par une voisine mariée qui a l’âge de sa mère, une « vieille mocheté » pour laquelle il n’éprouve aucune attirance. Mais peu à peu obsédé par elle, il va poser un geste fatidique. « Et il est difficile de savoir quelle était son intention. »

Trois ans plus tard, à sa sortie du centre jeunesse où il a été incarcéré, le protagoniste de Chair, le sixième roman de l’écrivain canado-hongrois (et britannique) David Szalay, né à Montréal en 1974, va vivoter un peu avant de s’engager dans l’armée : direction l’Irak. À son retour de mission, cinq ans plus tard, sa médaille de héros est inutile pour lui faire oublier le trouble de stress post-traumatique qui le hante. Puis, on le retrouve devenu bouncer dans un bar de danseuses de Soho, à Londres, avant de devenir chauffeur et garde du corps d’un riche homme qu’il sauve d’une agression un soir dans une ruelle." La suite sur ledevoir.com

samedi 28 février 2026

Avec «En beaux caractères», Dóra Kiss fait le choix du roman pour combler les silences d’une famille arrivée de Hongrie en Suisse en 1956


"Face à la mémoire sélective d’un père sur sa jeunesse hongroise, sa fille le convainc de retourner avec elle sur les lieux de son enfance. Une épopée spatiotemporelle racontée avec le charme du conte qui interroge les différentes façons de résister à l’oppression. Rencontre à Genève.

Un père et sa fille adulte s’élancent, depuis Genève, dans un voyage mémoriel en Hongrie. C’est Sára qui est à l’initiative du projet. Depuis longtemps, elle et ses sœurs demandent à leur père Abram, la septantaine, de raconter ses jeunes années hongroises, avant l’exil en Suisse en 1956. Il essaye et puis s’embrouille. Il estime, de plus, «que les problèmes de l’actualité internationale sont beaucoup plus importants». Sára insiste, lui pose des questions par mail. Le père répond depuis Marseille où il vit à présent. «Il écrit parfois des bribes, des récits fragmentés. On dirait les chutes disparates d’un atelier de couture», constate la fille, devant son écran. Germe ainsi chez elle l’idée de se rendre sur place, avec lui. Contre toute attente, Abram finit par dire: «Entendu, nous irons.»

Ainsi débute En beaux caractères. Une vie hongroise, de Dóra Kiss qui déploie d’emblée le charme et la mise à distance du conte. Le «il était une fois» n’est pas formulé mais il est comme susurré en permanence, à la façon d’un bourdon musical. Et c’est tout le livre en fait qui se déploie comme une partition, avec des motifs récurrents, des mouvements lents et puis des cavalcades à bride abattue." LA suite sur letemps.ch (article payant)

vendredi 27 février 2026

"Sátántangó" : de Béla Tarr à László Krasznahorkai

"Le tango de satan" de Béla Tarr, 1994 - Béla Tarr/CARLOTTA FILMS

L’écrivain et prix Nobel László Krasznahorkai et le cinéaste Béla Tarr, tout récemment disparu, ont nourri une collaboration au long cours. On évoque les liens entre les livres de l’un et les films de l’autre, en compagnie du chercheur Damien Marguet et de la traductrice Joëlle Dufeuilly.

Avec
  • Damien Marguet, maître de conférences en études cinématographiques et co-directeur du département Cinéma de l’Université Paris 8

De la littérature et du cinéma dans votre Book Club aujourd’hui ! Le cinéaste hongrois Béla Tarr est mort le 6 janvier 2026, laissant derrière lui une œuvre magistrale. Quelques semaines plus tôt, son compatriote László Krasznahorkai recevait le prix Nobel de littérature qui offrait à ses livres une renommée mondiale. L’un et l’autre ont construit, au fil des années, une collaboration singulière et multiforme. Nous nous saisissons de ces deux actualités pour mettre en lumière la façon dont leurs œuvres se font écho, en particulier à travers Le tango de satan, film et livre qui furent le premier territoire de leur rencontre. Le chercheur en cinéma Damien Marguet, spécialiste de l’œuvre du cinéaste, et Joëlle Dufeuilly, qui a traduit l’ensemble des textes de l’auteur disponibles en français, sont nos invités.

Informations complémentaires

Le Coffret Sátántangó Blu-ray ou DVD (master restauré 4K, version originale sous-titrée français) avec en bonus 3 préfaces de Damien Marguet et Entrez dans la danse ! (Damien Marguet revient sur la genèse de ce film hors norme conçu sur une période de 9 ans et livre différentes grilles de lecture pour aborder cette œuvre clé dans la carrière de Béla Tarr sont disponibles chez Carlotta Films

Béla Tarr, Le tango de satan a paru aux éditions Gallimard

A écouter (59min) sur radiofrance.fr