"Dans une mise en scène riche et maîtrisée, Margaux Eskenazi questionne sa judéité en dialogue avec l’œuvre de l’écrivain hongrois Imre Kertész et souligne une identité en mouvement.
Que signifie être juif ? Alors que les extrêmes droites européennes réécrivent le passé, jouant sans vergogne la partition révisionniste, face au retour d’un antisémitisme décomplexé et aux instrumentalisations de celui-ci, cette interrogation existentielle avait tout d’un terrain miné. Pas de quoi effrayer pour autant Margaux Eskenazi qui ne cesse de confronter son théâtre au long cours aux enjeux politiques les plus épineux de l’époque. Après son triptyque consacré aux amnésies coloniales, la metteuse en scène ouvre un nouveau chantier de recherche pour questionner sa judéité en dialogue avec l’œuvre d’Imre Kertész.
Dans Kaddish, la femme chauve en peignoir rouge, ce dialogue n’est pas seulement métaphorique. Convoqué sous la forme d’un dibbouk (âme errante) attaché au personnage de Rosa – double de l’autrice –, l’écrivain hongrois débarque en chair et en os. La polysémie de cette figure offre une image en miniature de la richesse du travail de Margaux Eskenazi. A elle seule, celle-ci a le pouvoir de nous plonger immédiatement dans la culture populaire ashkénaze, d’incarner, sans avoir à la souligner didactiquement, l’actualité des romans de Kertész, lui qui, revenant sans cesse à l’expérience concentrationnaire pensait «plutôt à l’avenir qu’au passé».
Elle officie aussi comme une porte dérobée qui permet aux six comédiens de glisser, en toute fluidité, d’un rôle à l’autre, d’une couche narrative à la suivante. Enchâssées jusqu’au vertige, ces dernières sont au..." La suite sur liberation.fr (article payant)
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