"Hostile à l’immigration, la Hongrie de Viktor Orban fait pourtant de
plus en plus appel à des travailleurs étrangers pour faire tourner son
économie. Une présence de plus en plus visible et un équilibre politique
délicat qui ont relégué le sujet au second plan dans la campagne des
élections législatives du 12 avril 2026.
Sac isotherme fluo aux couleurs de Wolt ou Foodora sur le dos, les
livreurs à vélo ont envahi les rues de Budapest. À l'image des autres
grandes villes, beaucoup sont étrangers, comme ce jeune Bangladais, qui
travaille deux ou trois jours par semaine à côté de ses études
d’économie. « Franchement, je suis très content », assure-t-il, montrant la batterie de son vélo pour nuancer l'image d'un boulot pénible. « Je me sens en sécurité », ajoute-t-il, en évoquant son expérience en Italie, avant de filer le long du Danube.
Si
cette présence surprend davantage ici qu'ailleurs, c’est qu’elle
contraste avec l’image d’un pays qui a fait de sa ligne anti-immigration
l’un des piliers du pouvoir de Viktor Orban.
Depuis la crise
migratoire de 2015, le gouvernement hongrois a construit une politique
parmi les plus restrictives d’Europe : barrière à la frontière sud,
refus des quotas européens et droit d’asile quasiment réduit à néant, ce
qui lui vaut une condamnation par la justice européenne depuis juin
2024 à payer une somme forfaitaire de 200 millions d’euros et à une
astreinte d'un million d’euros par jour de retard pour non application
de la politique commune de l’Union en matière de protection
internationale. Entre-temps, la Commission européenne a activé une
procédure permettant de déduire directement l’amende des fonds européens
destinés à la Hongrie, faute de paiement." La suite sur rfi.fr