samedi 28 février 2026

Avec «En beaux caractères», Dóra Kiss fait le choix du roman pour combler les silences d’une famille arrivée de Hongrie en Suisse en 1956


"Face à la mémoire sélective d’un père sur sa jeunesse hongroise, sa fille le convainc de retourner avec elle sur les lieux de son enfance. Une épopée spatiotemporelle racontée avec le charme du conte qui interroge les différentes façons de résister à l’oppression. Rencontre à Genève.

Un père et sa fille adulte s’élancent, depuis Genève, dans un voyage mémoriel en Hongrie. C’est Sára qui est à l’initiative du projet. Depuis longtemps, elle et ses sœurs demandent à leur père Abram, la septantaine, de raconter ses jeunes années hongroises, avant l’exil en Suisse en 1956. Il essaye et puis s’embrouille. Il estime, de plus, «que les problèmes de l’actualité internationale sont beaucoup plus importants». Sára insiste, lui pose des questions par mail. Le père répond depuis Marseille où il vit à présent. «Il écrit parfois des bribes, des récits fragmentés. On dirait les chutes disparates d’un atelier de couture», constate la fille, devant son écran. Germe ainsi chez elle l’idée de se rendre sur place, avec lui. Contre toute attente, Abram finit par dire: «Entendu, nous irons.»

Ainsi débute En beaux caractères. Une vie hongroise, de Dóra Kiss qui déploie d’emblée le charme et la mise à distance du conte. Le «il était une fois» n’est pas formulé mais il est comme susurré en permanence, à la façon d’un bourdon musical. Et c’est tout le livre en fait qui se déploie comme une partition, avec des motifs récurrents, des mouvements lents et puis des cavalcades à bride abattue." LA suite sur letemps.ch (article payant)

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