mardi 3 novembre 2026

Budapest Parcours : Octobre 1956, la victoire d’une défaite


"Entretien avec Jérémy Floutier

Par Emmanuelle Sacchet

Ce vendredi 23 octobre, le centre de Budapest a été le théâtre d'une formidable journée de commémoration des 70 ans de l'insurrection hongroise de 1956. Défilés, spectacles, danses, conférences, projections, expositions… sans oublier, sur Kossuth tér, le discours très attendu de Péter Magyar. Pour lui, 1956 a tranché : « La Hongrie n'est pas un pays-bac, elle ne peut pas dériver sans fin entre l'Est et l'Ouest. » La veille, place Bem, il avait annoncé que le gouvernement s'engageait à créer « dans les années à venir » un « sanctuaire digne de la liberté hongroise », c'est-à-dire un véritable musée de 1956.

L'Institut français de Hongrie n'a pas été en reste. La conférence « L'Envers d'une photo » a permis de découvrir la nouvelle édition du livre-enquête de l'historienne Eszter Balázs et du journaliste Phil Casoar. Depuis vingt ans, ils explorent l'histoire cachée d'une photographie iconique prise le 30 octobre 1956, et sont parvenus à identifier le photographe ainsi que les deux jeunes insurgés immortalisés sur le cliché.

Par ailleurs, le nouvel espace Vasarely de l'Institut a inauguré le 28 octobre sa deuxième exposition, « Les échos en France de la révolution hongroise de 1956 ». Archives diplomatiques et coupures de presse à l'appui, elle raconte comment le soulèvement de Budapest a ébranlé une France déjà absorbée par la guerre d'Algérie et la crise de Suez. On y suit l'élan de solidarité envers le peuple hongrois et l'accueil de milliers de réfugiés, mais aussi la fronde contre un PCF aligné sur Moscou, et la prise de distance durable d'une partie de la gauche et des intellectuels avec le communisme. À voir jusqu'au 26 janvier 2027.

Enfin, toujours à l'Institut français et au Centre régional de l’Académie des sciences de Szeged, le colloque international « Réception, impacts et mémoire de la révolution de 1956 en France et dans le monde francophone » vient de s'achever. Une vingtaine de participants y ont renouvelé la connaissance de l'écho considérable de 1956 dans le monde francophone, sur les plans diplomatique et politique comme dans la littérature et les arts. J'ai eu le plaisir d'y interviewer l'historien Jérémy Floutier, enseignant à l'Université de Szeged, qui a également été le commissaire de l'exposition présentée sur la façade de l'Institut hongrois de Paris, visible jusqu'au 4 novembre." La suite sur jfb.hu

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