samedi 14 juin 2008

Anne Fénié : felhök

Szombat, május 30.
45. A felhök.

Jour après jour s’élève le regard, se lèvent les nuages au point du jour échu. Voguent les pensées, s’effilochent les âmes floches, filent les heures et filent les lueurs accrochées au piano d’un ciel bleu.

A la danse des jours viennent se déposer des frontons de brouillards, doux, épais, sucrés et murmurés, surgis du dos du monde, nés des plis d’oriflamme, là-bas où chantent, innombrables, nos vies et puis nos âmes.

Des visages oubliés, des fronts imaginés, des nattes irisées, des flocons, des moutons, de longues files indiennes en fumées, des croisées de lumières, des sourires et des pleurs, des musiques d’éther s’avancent lentement en cortège-misère.

Dans ces vagues respire chaque heure et chaque jour, nuages pour le dire, nuages pour un soupir, nuages à perdre haleine, nuages au long du soir, douce étreinte de moire.

Sous les arches de pluie, au vent qui tremble et enfle, aux rideaux sous l’orage, aux couleurs d’horizon, arc-en-ciel, gouttelette, c’est l’orchestre des terres qui monte et s’émerveille et offre à l’or du temps l’émotion d’un instant, nos lentes vies ouvertes sur un fil d’infini.

Un nuage se pare de lumière épousée, un nuage s’étire comme chat de gouttière, un nuage raconte d’où lui vient sa couleur, un nuage s’en va caresser la nuée et, de la voûte claire, et de l’ombre ourlée, légère, naît le chant de nos voix, résonne notre terre.

Par la fenêtre close une seconde éclate en sonnaille éphémère, une parole est née vers le chant d’arc-en-ciel, vole à travers le temps, efface les déserts, ressurgit à l’instant où tu te désespères,..et voilà tout un ciel qui s’offre et se fait bleu, nappe d’aurore à ton âme-sultan.

Anne Fénié

Avec mes remerciements à Anne pour ces mots-images-sons-... que lui évoquent les ciels hongrois, qu'elle nous livre avec tant de talent et si gracieusement.

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