mardi 19 juin 2012

La Fortune littéraire de Sándor Márai Ouvrage sous la direction de András Kányádi

La Fortune littéraire de Sándor Márai
Sous la direction de András Kányádi

Essai En librairie le 13 septembre 2012

En 1992, le public français redécouvrait l’oeuvre du romancier hongrois Sándor Márai, célébré dans son pays dans l’entre-deux-guerres comme maître du roman psychologique, puis occulté sous le régime soviétique, poussé à l’exil en 1948 et mort suicidé aux États-Unis en 1989. Quelques mois après la chute du rideau de fer, les Hongrois redécouvraient ses chefs-d’oeuvre, traduits depuis dans une vingtaine de langues. Des chercheurs hongrois et français répondent ici à la question: Márai est-il un grand classique de la littérature européenne ou un « auteur culte » fabriqué par les politiques éditoriales occidentales après la chute du mur?
À ses débuts, Márai fait paraître des recueils de poésie sans retenir l’attention. Après des années d’errance en Allemagne et en France, il rentre à Budapest. Grâce à la politique culturelle florissante de la Hongrie, son troisième roman, Les Révoltés, est aussitôt traduit puis édité en France et en Espagne. En 1948, la censure interdit la diffusion du dernier volume des Froissés, ce qui le pousse à partir, entraînant son oubli… en partie volontaire puisque l’auteur interdit lui-même la parution de ses oeuvres dans la Hongrie communiste. Il faudra attendre la chute du mur et la relance des littératures « de l’Est », pour que Márai fasse une percée mondiale grâce au succès italien des Braises.
Tantôt rapproché de Kundera ou de Stefan Zweig, Márai est un mélange de haute culture et de fantaisie créatrice. Avant tout romancier (plus de vingt romans dont Le Boucher et L’OEuvre des Garren), il est aussi auteur de pièces de théâtre, d’articles, de récits de voyage (La Patrouille à l’Empire du coucher du soleil), et mémorialiste (Mémoires de Hongrie). Son chef-d’oeuvre restant – pour la critique hongroise – son Journal, tenu de 1944 à sa mort, pas encore traduit en français.
Dans son oeuvre prolifique, il aborde les thèmes du triangle amoureux, du mariage, des retrouvailles, du bonheur impossible (Paix à Ithaque et Métamorphoses d’un mariage) ; le conflit des générations, dans les Révoltés ; le conflit entre individu et pouvoir (À Rome, il s’est passé quelque chose); la décadence de la culture européenne et la montée de la barbarie, dans ses romans de maturité ; la mort avec La Soeur ; l’exil, thème très personnel qui apparaît dès son deuxième roman, Étrangers, et gagne en prégnance après le départ définitif dans Le Miracle de San Gennaro. Le thème majeur de L’OEuvre des Garren est sa ville natale, la mythique Cassovie, emblème de l’existence et de la culture bourgeoise.
Ce sont toutes ces thématiques que La Fortune littéraire de Márai aborde. Fruit d’une collaboration interdisciplinaire, cet ouvrage crée les prémices de l’étude critique de Márai en France.
Sándor Márai (1900-1989). Né à Kassa dans une famille de la grande bourgeoisie d’origine allemande, il fit ses études à Leipzig, puis vécut à Francfort et Berlin, avant de rentrer en Hongrie se consacrer à l’écriture. Opposé à toute forme de domination politique, il se refusera avec détermination à une Hongrie alliée à l’Allemagne. En 1948, il choisit l’exil, en France, en Italie, puis en Californie où il s’installera définitivement.

240 pages / 20€
Code Sodis : 71 11 048 / ISBN : 978 284545 172 8
RELATIONS PRESSE ET LIBRAIRES
Sabine Norroy
Éditions des Syrtes
74, rue de Sèvres – 75007 Paris
Tél. 01 56 58 66 66 / presse.syrtes@aliceadsl.fr

3 commentaires:

  1. Enfin un livre en français sur Sándor Márai dont je viendrai assister avec plaisir à la présentation le 11 septembre. Je suis moi-même un passionné de cet écrivain et je lui consacre un blog en français (sandor-marai.blogspot.fr) où j’essaie de rendre compte de l’ « actualité » le concernant. J’y publie aussi des extraits de textes pas (encore ?) traduits en français, à partir de traductions allemandes (je ne suis malheureusement pas magyarophone).
    A ce propos je suis étonné que dans la présentation de cet ouvrage, il ne soit pas fait mention des recueils de « formes courtes », réflexions, aphorismes, poèmes en prose …, préfiguration de son journal, que sont « Terre et ciel » ou « Les quatre saisons » qui renferment à mon goût de véritables petits joyaux de la littérature européenne. Etonné aussi que ne soit pas citée Madame Ibolya Virág qui a tant fait pour la « fortune littéraire » de Márai en France.

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    1. Bonsoir Vati, je suppose que vous n'avez eu qu'un aperçu rapide de cet ouvrage qui n'est pas encore diffusé en librairie. Concernant les recueils de "formes courtes" vous pourrez en débattre avec András Kányádi le 11 septembre, lors de la présentation de cet ouvrage. Pour la seconde assertion, permettez-moi de vous préciser que Madame Ibolya Virag est citée de la manière suivante par Róbert Varga : "D'autre part, il est aussi indéniable que pour la réédition de l'auteur hongrois, le public français et européen doit énormément à Ibolya Virag, alors directeur de collection chez Albin Michel, et à une stratégie éditoriale qui associe les auteurs de l'Europe centrale à une mode "Vienne fin de siècle", récemment redécouverte."
      Permettez-moi également de faire découvrir très prochainement aux lecteurs du Blog des Mardis hongrois votre blog qui me semble, en premier survol, très intéressant et bien documenté.
      Bien à vous

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    2. Mes réflexions ne se référaient qu'à la présentation de l'ouvrage telle qu'elle figure dans le blog des Mardis Hongrois et non au livre lui-même dont je n'ai eu l'occasion jusqu'à présent que de voir la couverture.
      Merci de présenter mon blog aux lecteurs du Blog des Mardis hongrois.

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