lundi 16 mars 2015

Acclimatation par Flora

Incrédules, nous guettons notre ciel du Nord, bleu azur, baigné de soleil. Ce n’est pas normal, cela ne peut pas durer! Nous ne sommes pas habitués à autant de gâteries! Les jacinthes hasardent une tête dehors, prêtes à se refermer. On ne sait jamais: on a déjà vu le retour du froid, sévère coup de bambou sur le nez des audacieux qui s'y croiraient!...
Pour moi, il y a une éternité déjà, le mois de mars évoquait l'irruption du printemps, avec l'éclosion des fleurs, l'atmosphère soudain radoucie et chargée de toutes les fragrances... Le 15 mars, fête de la révolution de 1848, écoliers rassemblés dans la cour de l'école, avec nos cravates rouges, nous récitions des poèmes de Petőfi. Les commémorations avaient l'avant-goût du printemps qui éveillaient les désirs: envie de changement, envie d'aimer, envie de faire le plein de l'énergie du soleil.
Le temps est passé, la jeunesse s'en est allée... Le climat océanique remplace le climat continental de mes jeunes années. Les contrastes violents de la chaleur estivale et de l'hiver glacial laissent la place à la demi-saison éternelle et aux émotions en demi-teinte... On évite les réactions vives, la passion se mue en contemplation. A quoi bon céder aux tentations, perdre la tête avec le délicieux frisson d'antan, pour entrevoir des lendemains sous un ciel gris et bas?...
Les attentes et les rêves fiévreux du bonheur se métamorphosent en douce résignation, à défaut de sagesse... A quoi bon se révolter contre l'inéluctable? Ce qui compte, c'est de ne pas avoir de regrets...
Serais- je arrivée au sommet de l'acclimatation parfaite?
Rozsa Tatar

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