mardi 17 novembre 2020

(Re)Voir – « La Lune de Jupiter » : Parabole du réfugié

 ©Pyramide Distribution

"Cette année la sélection officielle a véritablement décidé de jouer avec nos nerfs et nos émotions. Le deuxième film en compétition vu par la rédaction, La Lune de Jupiter, du réalisateur hongrois Kornél Mundruczó, flirte entre le réalisme d’actualité et le mi-fantastique / mi-religieux. Grâce à un scénario intéressant et à la technique du réalisateur, La Lune de Jupiter coupe littéralement le souffle du spectateur.

Le film s’ouvre dans l’obscurité d’un camion conduisant des migrants syriens, prêts à s’embarquer en bateau. Une impression de déjà vu, un miroir de ce qu’il se passe dans le monde. Ils désirent rejoindre l’Europe, cela explique le titre mystérieux du film, Europe étant le nom d’une des lunes de Jupiter." La suite sur maze.fr

A voir sur arte.tv 120 min Disponible du 16/11/2020 au 22/11/2020

Dans une Hongrie raciste et corrompue, un médecin en quête de rédemption prend en charge un jeune clandestin doté d’étranges pouvoirs. Entre thriller et fantastique, une parabole sur la crise des migrants. 

Des migrants syriens tentent de traverser la frontière hongroise, quand une violente opération de police tourne au drame. Nombre d’entre eux périssent noyés, et Laszlo, flic en fin de carrière, n’hésite pas à tirer sur un des clandestins en fuite, Aryan. Grièvement blessé et laissé pour mort, le jeune homme commence alors à léviter et s’élève dans le ciel. Tandis qu’il tente ensuite de se cacher dans un camp de réfugiés, le docteur Stern, hanté par une faute et en quête de rédemption, le recueille, non sans bientôt exploiter ses "dons" pour éponger ses dettes. 
 
Étranger à la perversion 
La lune de Jupiter met en scène la tragédie des migrants au travers d’une parabole empreinte de religiosité. Entre saint et martyr, Aryan, dont le visage à peine sorti de l’enfance exprime l’innocence, se débat dans une vieille Europe à bout de souffle et une Hongrie à l’humidité hostile, claire dénonciation de celle de Viktor Orbán. Dans une société au racisme aigre, rongée par une corruption systémique, le jeune homme, sorte d’E.T. égaré, lévite, comme étranger à la perversion qui l’entoure. Au-delà de la fable politique, qui oscille entre thriller et fantastique, le film s’attache à explorer le duo ambivalent formé par Aryan et ce médecin vieillissant et alcoolique. Car Stern voit autant en lui un super-héros aux pouvoirs spectaculaires, dont il peut tirer profit, qu’un instrument providentiel pour expier ses erreurs. La fibre paternelle qui affleure chez lui, au fil de leur course éperdue dans un Budapest en état d’alerte, finira par le réconcilier avec lui-même.

 

Aucun commentaire:

Publier un commentaire