jeudi 7 mars 2024

Contes de fêlures par Gabrielle Napoli


"Après deux romans (Le Roi blanc et Le Bûcher, Gallimard, 2009 et 2018), ce sont les nouvelles de György Dragomán qui sont traduites par Joëlle Dufeuilly dans Le chœur des lions. Nous retrouvons le regard intransigeant mais jamais dénué de bonté de l’écrivain hongrois. Ces dix-huit nouvelles font voyager dans des univers variés entre lesquels se tisse pourtant une musique bien reconnaissable et qui nous avait manqué, celle aussi fantaisiste que grave d’un écrivain qui nous est cher.

Le chœur des lions s’ouvre sur un personnage inquiétant, à la lisière du fantastique, un « violoniste noir » dont les « doigts crochus et noueux comme les racines d’un if » effraient un jeune garçon réveillé brusquement par son père pour s’entraîner inlassablement au violon, afin d’être certain de connaître les soixante-dix-sept morceaux que cet étrange violoniste peut lui demander de jouer n’importe quand. On s’inquiète de cet enfant que son père remonte d’un puits en lui demandant s’il a vu les étoiles, on s’étonne de ce père dont les dents « étincellent dans la lumière ». La dernière nouvelle du recueil, « L’abri », nous ramène à cet univers étrange, le même violoniste, aux dents en or, semble avoir capturé le garçon qu’il retient dans une verrerie désaffectée. L’enfant réussit à lui échapper en se réfugiant dans le four de la verrerie, où sont restés des sacs de sable, de calcaire et de charbon de bois. Réfugié dans le troisième sac, celui qui contient le charbon de bois, le garçon entend les morceaux grésiller et chanter, et « leur chant parle de la forêt, du temps où ils étaient de grands arbres, lorsque les vents tourbillonnants secouaient les feuillages des sombres et denses forêts pourvoyeuses de refuges ».  La suite sur en-attendant-nadeau.fr

György Dragomán  | Le chœur des lions. Trad. du hongrois par Joëlle Dufeuilly. Gallimard, 224 p., 21 € 

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