mercredi 27 juillet 2011

Décès de la romancière Agota Kristof

"Agée de 75 ans, la romancière s’est éteinte dans sa demeure de Neuchâtel en Suisse, durant la nuit de mardi à mercredi. D’origine hongroise et d’expression française, elle a obtenu, à la fin des années quatre-vingt, une reconnaissance mondiale avec sa trilogie composée du Grand Cahier, de La Preuve et du Troisième mensonge.

Née en Hongrie en 1935, Agota Kristof quitte son pays en 1956, alors que la révolution des conseils ouvriers est écrasée par les chars soviétiques. Elle gagne dans un premier temps Vienne, en Autriche. Au hasard des mouvements de réfugiés, elle arrive bientôt à Neuchâtel, ville de la Suisse romande qu’elle ne quittera plus. Après des poèmes en Hongrois, elle rédige de nombreuses pièces de théâtre. Sont d’abord publiées John et Joe, en 1972, puis La Clé de l’ascenseur en 1977, qu’elle écrit en français. Ce sont cependant ses romans qui assurent son succès. Deux des oeuvres de sa trilogie rapportant la vie de deux jumeaux sont récompensées par des prix : le premier tome, Le Grand Cahier, reçoit le Prix littéraire européen d’ADELF en 1987, et le dernier, Le Troisième Mensonge, obtient le Prix du livre Inter en 1992. L’Analphabète, publié en 2004, est également applaudi par la critique. L’ensemble de son œuvre est salué par le Prix autrichien de la Littérature européenne en 2008, et l’auteur se voit couronnée en 2011 par le prix Kossuth, décerné par les autorités hongroises.

Agota Kristof nous accorda un entretien paru en février 2005 dans les pages du Magazine littéraire. Elle accueillit alors dans sa demeure Aliette Armel, qui rapporta les propos reproduits ci-dessous." La suite sur magazine-litteraire.com

4 commentaires:

  1. Je viens de poster un article sur mon blog en souvenir de cette grande dame des lettres francophones.

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  2. Merci Flora pour votre article. Je viens de le citer ici-même.

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  3. En relisant l'excellent interview du Magasin Littéraire, je retrouve A. K. comme dans ses romans: stupéfiante d'honnêteté dans ses réponses, sans chercher à complaire, à plaire, à peaufiner une image flatteuse d'écrivain à succès, brossant de sa vie une peinture au couteau...

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  4. Elle parle comme elle écrit, c'est cinglant et ça résonne étonnamment.

    M.L. : Vous cherchez rarement à expliquer le pourquoi des choses.

    A.K. : On ne peut pas expliquer plus. Et si on tentait de le faire, ce ne serait pas bien. Ce sont des faits. L’explication que donnent les jumeaux est suffisante : ils font ces exercices pour supporter la douleur, le froid, les méchancetés. C’est tout.

    M.L. : Et vous avez tout de même toujours envie de vivre ?

    A.K. : Je n’ai aucun désir de mourir. Je trouve la vie tellement courte. Après, on sera mort tout le temps. On peut tout de même attendre jusque-là !

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