mardi 17 novembre 2015

"Luttons tous ensemble pour la Liberté contre le terrorisme!" (Intervention à Budapest /organisateur: "les Tréteaux de la Liberté")

Traduction du discours prononcé par Pierre Waline ce lundi 16 novembre 2015, devant des amis Hongrois réunis sur la place Szabadság tér de Budapest à 17 heures pour exprimer plus que jamais leur solidarité avec la France. Le discours a été prononcé en langue hongroise. Version originale sur francianyelv.hu


„Chers Amis,
Tout d’abord, vous me permettrez de citer Dostoïevski qui écrivit un  jour:
”On compare parfois la cruauté de l’homme  à celle des fauves. C’est faire injure à ces derniers.”
En effet, l’animal ne peut être ni vil, ni méchant. L’homme, oui!.
Certes, l’animal aussi, tue. Mais il ne le fait que pour se nourrir ou pour écarter un danger ou un rival. Mais tuer de façon aveugle, qui plus est avec une telle sauvagerie? Non !
Mais au fait, ceux qui viennent de commettre à Paris ces massacres si barbares – qui plus est, de sang froid – qui sont-ils au juste? Que veulent-ils?
Pour moi, ils ne sont ni blancs, ni noirs, ni arabes, ni juifs, ni musulmans, ni chrétiens, mais tout bonnement des fanatiques enragés, qui entendent tout détruire autour d’eux, y compris eux-mêmes. Ils détestent par dessus tout la Liberté. Savez-vous pourquoi? Parce qu’eux-mêmes ne sont pas libres, mais de pitoyables marionnettes manipulées. Ils combattent nos valeurs, tout bonnement parce qu’ils ne supportent pas de voir leurs voisins enclins à se montrer heureux et libres alors qu’eux-mêmes sont mal dans leur peau. C’est aussi simple que cela.
  L’État islamique n’est pour eux qu’un prétexte. De même qu’autrefois semaient la terreur les anarchistes, suivis des sinistres Brigades rouges en Italie, puis de la bande Baader en Allemagne, maintenant est venu le tour de l’État islamique. Un prétendu État prétendu islamique qui n’a rien à voir avec la religion. Vraiment rien! Les dirigeants religieux de nos communautés musulmanes (que ce soit en France ou en Hongrie) les condamnent fermement et sans ambigüité.
Ces valeurs communes qui sont les nôtres, Français et Hongrois, mais que nous partageons aussi avec tant d’autres peuples, vous les connaissez. Elles se nomment Liberté, Égalité, Fraternité. Mais aussi Tolérance et Ouverture sur le monde. Valeurs, qualités qui font que nos sociétés, nos cultures, nos religions sont si diverses. Qui font la richesse de notre monde. A l’opposé de l’intolérance et de l’obscurantisme qui, par peur de l’inconnu et des différences, ne font qu’engendrer  guerres et conflits.
Pour en revenir aux attentats de vendredi, il me semble que les terroristes auront en réalité raté leur but  à terme. Obtenant pratiquement l’inverse de l’effet recherché: avoir soudé, au lieu de les diviser, des hommes qui n’étaient auparavant pas forcément unis. Nous inciter à nous battre  plus opiniâtrement encore pour défendre nos valeurs et nos libertés. Même des États et gouvernements qui affichaient jusqu’ici des positions différentes, commencent à se rapprocher.
Ils entendaient également semer la terreur. Pour le coup, c’est raté! A en juger par ce que j’observe, que ce soit à Paris ou ici, à Budapest, le résultat semblerait opposé. Vous-mêmes, qui êtes ici présents ce soir, en constituez une preuve éclatante.
Alors... „Non, nous n’avons pas peur! Au contraire, nous n’en serons que plus résolus  ! Merci!”
A cet égard, je citerai la devise figurant au bas de la nef qui symbolise Paris
„Fluctuat nec mergitur” („Balottée, elle ne saurait couler”)
Pour terminer, je voudrais en venir au plus important.
Vous exprimer, nous autres, Français, notre profonde gratitude. Depuis le soir de ces attentats, nous sommes submergés de messages et témoignages de sympathie de votre part, amis ou anonymes. Une vague – que dis-je? un ras de marée - de sympathie dont l’ampleur dépasse tout ce que j’aurai connu par le passé. Alors cela aussi, nous en serions redevables aux terroristes?
En bref: „Messieurs les terroristes, sachez que nous serons à terme les vainqueurs et vous les perdants... ”
Et nous, osons y croire  !”

Pierre Waline, Budapest, le 16 novembre
Source : francianyelv.hu 

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