mardi 20 mai 2014

Une promesse d’éternité par Flora

Il y a quelques jours, je suis tombée sur une phrase, très connue, de Lacan: “L'amour, c'est donner ce qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas”. Terrible constat, terrifiante solitude. Impossibilité de la Rencontre.
Depuis, cette phrase revient sans cesse me hanter. N'est-ce pas la négation même de l'amour qui se cache dans le nœud coulant de cette double négation?...
Est-ce cela qui me dérange? Comme la plupart d'entre nous, j'ai vécu des histoires d'amour dont certaines n'étaient que des fantasmes merveilleux, parfois d'autant plus intenses que non aboutis. Je pense qu'avant tout, c'était du sentiment amoureux que j'étais éprise même s'il s'incarnait en personnes concrètes. Et qu'au fond, je préférais qu'il n'aboutisse pas... sans doute de peur d'être déçue.
Jusqu'à la Rencontre... Et là, je citerai une autre définition, celle d'Alain Badiou: “L'Amour, c'est ce qui transforme le hasard en destin.” Parmi les innombrables rencontres de notre vie, seules quelques unes deviennent Destin. Auparavant, une épreuve terrifiante nous attend: la déclaration. Il faut la “subir”, pire, l'échanger avec l'autre. Pour moi, elle a toujours été le moment d'une tension insoutenable, une question de vie ou de mort. D'ailleurs, la plupart du temps, je l'ai esquivée... Sauf une fois.
La définition d'Alain Badiou me rassure sur ma “normalité”: “La déclaration d'amour est le passage du hasard au destin, et c'est pourquoi elle est si périlleuse, si chargée d'une sorte de trac effrayant. (…) Elle signifie justement le passage d'une rencontre hasardeuse à une construction aussi solide que si elle avait été nécessaire.”*
* in Alain Badiou avec Nicolas Truong “Eloge de l’amour”  éd. Flammarion coll. Café Voltaire
Rózsa Tatár

Rozsa Millet
mes blogs (cliquer):

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire