samedi 18 mai 2019

Péter Nádas en figures libres

"La Hongrie de 1987 et 1988 dans les méandres d’une introspection serrée.
Quiconque serait tenté de penser que ce nouveau livre du Hongrois Péter Nádas, sous prétexte qu’il ne s’agit pas d’un roman, est moins richement retors que le Livre des mémoires (Plon, 1998) ou Histoires parallèles (Plon, 2012), doit passer son chemin. Almanach est un récit, au titre étayé par le sous-titre : «mille neuf cent quatre-vingt-sept, mille neuf cent quatre-vingt-huit». On s’attend à un de ces élégants herbiers où les écrivains recueillent observations, pensées et goûts que le lecteur se plaît à confronter avec sa propre expérience. Mais Almanach est tout autre, même s’il obéit aussi, en un sens, aux règles du genre. Les travaux et les jours sont en effet bien là : l’hiver qui n’arrive pas, les soins du potager, la bouture de fuchsia, l’art de faucher, si difficile à maîtriser, l’achat du motoculteur, la discussion avec le voisin.
L’auteur, pur citadin né à Budapest en octobre 1942, a quitté la capitale en 1985 pour s’installer avec sa compagne dans un village loin de tout («Loin d’où ?» corrige-t-il, se référant à une blague et à un livre de Claudio Magris), dans l’ouest du pays, près de la frontière autrichienne. Chez lui, dans la cour, très spectaculaire, se déploie un poirier sauvage, dont on a un aperçu dans la Mort seul à seul (l’Esprit des péninsules, 2004), où Péter Nádas détaille l’infarctus qui a failli le tuer. Ponctuant l’équipée cardiaque, les photographies de l’arbre, prises sous le même angle de saison en saison, témoignent du passage du temps et de la régénération. Almanach est comme un prélude à l’album de la Mort seul à seul. Il est souvent question de la dernière heure arrivée. Mai : «Dans un an, à cette date, je ne serai plus.» Juin : «Combien de fois me suis-je préparé à mourir ? Et combien de fois ne suis-je pas mort.»" La suite sur liberation.fr

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire