mardi 23 février 2016

Bilan par Flora

Quarante et unième billet d'humeur que je poste sur le blog des Mardis hongrois!... Le premier, il y a 4 ans presque jour pour jour, en janvier 2012. Que de choses se sont passées depuis!...
J'avais accepté la proposition de Jean-Pierre, sans savoir, indécise, par où commencer, quelle tonalité donner à ces petits textes que je m'apprêtais à écrire, à intervalle régulier. Jean-Pierre ne m'a pas facilité la réponse, me laissant entière liberté pour le choix du sujet, la taille du texte et même la date de son arrivée. Ce n'était pas étonnant, connaissant sa grande gentillesse de frère en “magyarité”! 
Il y avait bien mes blogs, en français et en hongrois qui existaient respectivement depuis 2008 et 2009, avec leurs post’s mélancoliques, souvent empreints de nostalgie, sur le temps qui s’enfuit, sur le pays que j'ai quitté en 1974. Je ne me suis pas coupée définitivement ni du pays ni de la langue, puisque nous revenions tous les étés pour au moins un mois dans la famille hongroise à qui - tout comme à celle de France - nous écrivions une lettre par semaine! Oui, nous étions des bons enfants...
Aussi, les événements de la vie quotidienne, les grands ou les minuscules, offraient des sujets tout chauds. En même temps, j'avançais un peu à l'aveuglette, ne sachant pas si mes petites “bouteilles à la mer” ont été repêchées ou non, n'ayant que de très rares échos. Je ne parle pas, bien sûr, des mots de Jean-Pierre, précieux et amicaux. 
Ce cheminement me fait prendre conscience de mon appartenance désormais à ce pays qui m'a fait changer de peau, en me faisant changer de langue. Du coup, l'importance de la langue que l'on parle quotidiennement, celle qui sert à communiquer en écriture et en lecture et qui modifie imperceptiblement la structure de notre pensée, nous apparaît limpide.
Et pourtant, les sédiments des origines affleurent de temps à autres... Un accent que l'on ne peut ou ne veut pas gommer, des fautes de langue qui font sournoisement et obstinément irruption dans l'aisance apparente de la langue d'adoption... Petit trait d'exotisme qui intrigue. Pour moi, à chaque fois, des comptes à régler avec moi-même.
Rozsa Tatar
Rozsa Millet
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