lundi 11 avril 2016

Attila József aurait 111 ans aujourd'hui

(Emprunté à l'Association hongroise de Provence)
Le 11 avril est la fête de la poésie pour les Hongrois. Date choisie en hommage à Attila József, né ce jour-là en 1905. Il aurait 111 ans aujourd'hui. Il a écrit ce poème, plein de jeux de mots, de légèreté et de douleur le 11 avril 1937. Il s'est donné la mort quelques mois plus tard, la même année.

Pour mon anniversaire


Aujourd’hui j’ai trente-deux ans.
Je me fais un cadeau plaisant.
Je m’autorise
Une surprise.

C’est au café sur une table
Que sera fait ce don notable,
Petit poème
Fait pour moi-même.

Trente-deux ans derrière moi
Mais pas deux cents pengoes par mois.
C’est mon état
Dans cet Etat.

C’eût été bien: prof de philo
au lieu d’user tant de stylos.
Pas de fromage,
C’est bien dommage.

A Szeged, de la Faculté
Drôlement je fus éjecté
Par des messieurs
Très sérieux.

C’était mon poème Cœur Pur
Qui me valait ce coup si dur.
Levant l’épée
De l’épopée,

Invoquant Dieu et la Patrie,
Devant moi c’était des furies.
J’entends toujours
Leurs beaux discours:

“Moi vivant, vous ne pourrez pas
Etre professeur ici-bas”,
Qu’ils ont henni,
Ces culs bénis!

Tu jubilais, Antal Horger,
Que le poète eût son congé.
Chacun sa joie,
Chacun sa voie.

Diplôme ou pas de licencié,
J’enseignerai au peuple entier.
Tous les degrés
Sans votre gré!

Traduction: Guillevic, Eugène

Április 11., a költészet napja, József Attila születésnapja. Ma lenne 111 éves.

Születésnapomra


Harminckét éves lettem én –
meglepetés e költemény
csecse
becse:

ajándék, mellyel meglepem
e kávéházi szegleten
magam
magam.

Harminckét évem elszelelt
s még havi kétszáz sose telt.
Az ám,
Hazám!

Lehettem volna oktató,
nem ily töltőtoll-koptató
szegény
legény.

De nem lettem, mert Szegeden
eltanácsolt az egyetem
fura
ura.

Intelme gyorsan, nyersen ért
a „Nincsen apám" versemért,
a hont
kivont

szablyával óvta ellenem.
Ideidézi szellemem
hevét
s nevét:

„Ön, amíg szóból értek én,
nem lesz tanár e földtekén" –
gagyog
s ragyog.

Ha örül Horger Antal úr,
hogy költőnk nem nyelvtant tanul,
sekély
e kéj -

Én egész népemet fogom
nem középiskolás fokon
taní
tani!

3 commentaires:

  1. J'aime bien la rime en fromage

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  2. Eh oui, ce sont les aléas de la traduction. Il doit en exister d'autres avec fromage et dessert.

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  3. Pour cette strophe voici une autre version de Georges Timár.
    "J'aurais pu être pédago
    au lieu d'user tant de stylos
    en mec
    à sec."

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