lundi 24 mars 2025

Vu de Hongrie. Je l’admets, j’aurais voulu naître français

"Originaire de l’actuelle Transylvanie roumaine, cet auteur hongrois déclare, dans les pages du quotidien “Nepszava”, son amour au pays de Balzac et de Platini, auquel son père vouait pourtant une profonde haine. Une admiration sans bornes pour la France qui s’explique par la richesse culturelle du pays.

S’il m’était permis de renaître comme humain (pardon aux coccinelles et aux libellules, l’existence d’insecte ne m’intéresse pas), alors je resterais sur le continent. L’Europe est ma seule patrie. Ce que j’ai vu des autres continents reste au mieux exotique, comme des objets précieux mais plus inanimés brillant derrière les vitres d’un musée. L’Europe de l’Est ? Je n’en reveux pas. Le Nord ? Hors de question, trop froid. Le Sud ? Trop chaud. Bref, je voudrais ressusciter français.

Rien que la langue me captive. J’aime tous ses sifflements, ses r absorbés, ses s presque érotiques, et la légèreté qu’elle suggère. Comme si elle ne voulait pas saisir le monde mais le caresser. À l’école, on nous bassinait avec le russe, qui sonnait comme de la chapelure sèche. Certes, l’anglais s’est invité après un certain temps. Mais dans une dictature, une langue mondiale a le même effet que les vagues de la mer sur les murs d’une cellule de prison.

En revanche, j’ai été surpris que mon père déclare discrètement, avant le Mondial de football 1982, qu’il n’encouragerait pas la France. Je n’ai pas compris, car jusqu’alors, ma mère était la chargée de la haine à la maison." La suite sur courrierinternational.com

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.