dimanche 4 septembre 2011

Portfolios #3 - Exposition du 16 septembre au 29 octobre 2011 Les Douches la Galerie

John Baldessari
Stéphane Couturier
Rodolf Hervé
Jacqueline Salmon et Robert F. Hammerstiel

Vernissage
Jeudi 15 septembre 2011 de 18h à 21h
Exposition du 16 septembre au 29 octobre 2011
Du mercredi au vendredi de 13h à 19h
Le samedi de 14h à 18h
Et sur rendez-vous

Consacrer une exposition à la présentation de portfolios est devenue désormais un rituel aux Douches la Galerie. C’est un support que nous aimons tout particulièrement. Il donne à voir un corpus d’images particulièrement cohérent de l’oeuvre d’un artiste à un moment donné de sa création. Le portfolio est intrinsèquement lié à l’histoire de la photographie. Ne le regardons pas comme un concurrent à l’oeuvre originale. C’est tout simplement un autre support, réalisé de
manière tout aussi rigoureuse, et qui peut permettre à un plus grand nombre d’entrer dans l’univers de l’artiste.
Les artistes que nous présentons au sein de cette exposition – John Baldessari, Stéphane Couturier, Rodolf Hervé, Jacqueline Salmon et Robert F. Hammerstiel – ont tous volontairement choisi d’expérimenter de nouveaux supports. Avec des écritures différentes mais avec au fond, le même désir d’explorer des dispositifs esthétiques singuliers.
Contact presse : Françoise Morin
Tel : 01 78 94 03 00 – Email : contact@lesdoucheslagalerie.com

Les Douches la Galerie 5 rue Legouvé 75010 Paris
Métro : République ou Jacques Bonsergent
Tel : 01 78 94 03 00- Fax : 09 59 66 68 85
contact@lesdoucheslagalerie.com - www.lesdoucheslagalerie.com



Fulgurance, de Rodolf Hervé
Fulgurance. C’est le premier mot qui vient à l’esprit quand on songe à Rodolf Hervé (1957-2000).
Fulgurance de par la relative brièveté de son existence. Et surtout fulgurance de son oeuvre.
A une époque, milieu des années 1980 jusqu’au milieu des années 1990, où la photo numérique n’existait pas encore, il n’est pas anodin que Rodolf Hervé ait choisi le Polaroïd. Par urgence. Urgence de s’approprier et de transformer son espace. Polaroïd sur lequel il peut intervenir comme un peintre sur sa toile. Car, Rodolf Hervé est tout autant peintre, musicien, vidéaste que
photographe. Une autre raison justifie également l’utilisation du Polaroïd, ainsi qu’il l’explique dans un texte paru en Hongrie en 1991 : « D’être le fils unique de Lucien Hervé, je poursuivais dans son sillage, en collaboration avec lui, à travers lui… Et bien que, dans certaines de mes oeuvres je me sois déjà libéré de la statue du Commandeur, il est inutile de dire combien le Polaroïd m’a aidé à rompre avec le style paternel - jusqu’à faire jurer l’esprit-maison - ».
Chez Rodolf Hervé, le personnage et l’oeuvre sont intimement liés. Violence infinie et tendresse infinie. Oeuvre étonnamment construite, oeuvre étonnamment brisée. Oeuvre singulière qui ne saurait être rattachée à aucune autre. De par sa culture, à la fois homme des Lumières et figure marquante de l’underground, fasciné par le Surréalisme et par le Constructivisme.
S’il griffe et déforme la réalité, c’est parce qu’elle le blesse et le pousse à se déformer. Dans une interview au magazine hongrois Kurir en 1991, Rodolf Hervé explicite sa vision de la photographie : « Je ne veux rien raconter avec mes photographies, je lutte contre l’anecdotisme. Je m’efforce seulement qu’elles soient réussies. Elles ne sont peut-être pas belles, mais ce qui est beau n’est pas forcément bien. Je cherche à faire des photographies qui soient vraies». Et dans cette même interview, il conclue en réponse à une question sur la dépression : « J’aime être triste, j’aime être heureux. Je ne suis pas formellement triste, bien que j’aime la dépression, car elle est comme une vague, après le fond vient le sommet... Lorsque les gens s’enthousiasmaient à l’écoute de La jeune fille et la mort, Schubert leur répondait : “quel que soit mon talent, je n’ai pu écrire ce morceau que parce que j’y ai exprimé toute ma tristesse”. Quant à moi j’ai appris très tôt que l’infini, l’éternité n’existent pas. Les hommes disparaissent pour des raisons différentes, parce qu’ils meurent ou bien parce qu’ils s’éloignent. Tandis que le monde s’élargit, il ne cesse de se rétrécir. L’éternité est ce que je suis en train de vivre, elle est où je me trouve en ce moment… » Les « polas » de Rodolf Hervé - il disait Pola - résonnent comme un coup de feu en pleine fête.

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