vendredi 15 mai 2015

Malédiction hongroise

"Borbély. Szilárd Borbély. En France, hormis dans quelques cercles de ­spécialistes, le nom de ce poète hongrois ne dira rien à personne. Et pour cause. Son œuvre est surtout composée de ­recueils non traduits, bien que ­couronnés de nombreux prix dans son pays. « Il a été le poète le plus prometteur et le plus perdu de la poésie hongroise », commente son grand compatriote Imre Kertész. « A été », car, au début de l’année 2014, Szilárd Borbély a choisi de se donner la mort. Il ­venait d’avoir 50 ans.
Peu de temps auparavant, La Miséricorde des cœurs – son premier ­roman et l’unique qui nous restera de lui – avait été sacré meilleur livre de la ­décennie à Budapest. Mais lui s’était toujours vu comme « une ­erreur du système ». Sur le site Hungarian Literature Online, il expliquait que sa dépression, comme toute forme de dépression, venait d’une double inadéquation. Entre soi et les autres – « J’étais né pour être différent. Et quand ça s’est vu, on m’a jeté du nid » –, et entre soi et ce qu’on voudrait exprimer – « Tout ce que j’ai écrit est trop sombre, trop triste (…) Ce n’est pas ainsi que j’imaginais les choses. »" La suite sur lemonde.fr (version abonnés)

2 commentaires:

  1. Bonjour JPR. Déplorer que ce poète soit inconnu en France est une chose dont il faudrait s'interroger. En effet, alors qu'on trouve des traduction en anglais des poèmes de Szilárd Borbély - comme par exemple en cette page de HLO:
    http://www.hlo.hu/tags.php?query=Szil%C3%A1rd%20Borb%C3%A9ly
    aucune traduction française ne figure dans les Anthologies répertoriées par Sophie Aude dans "Trente années de littérature hongroise en traductions françaises", laquelle fait la note suivante pour Szilárd Borbély:
    "Poète, écrivain, il enseigne la littérature à l’université de Debrecen. Il a publié neuf volumes dans lesquels il expérimente différentes formes classiques, baroques ou modernes (du sonnet au vers libre, de l’ode à la « pompe funèbre »). Fragmentaire et répétitive, sa poésie procède souvent par montage de surfaces et d’espaces que le « Je » du poème, subjectivité purement grammaticale, rassemble et traverse. Dans le flou des grandes lignes et l’hyperréalisme de certains détails, ses poèmes semblent décrire le trajet d’une conscience.
    [Deux poèmes : Débris d’ode ; L’amour éternel] / trad. Sophie Aude, Anna Bálint, avec
    la participation d’Henri Deluy et Liliane Giraudon // « Hongrie : nouveaux poètes ». –
    Ivry-sur-Seine : Action Poétique, n° 187, mars 2007 – p. 53-56.
    que confirme ce lien:
    http://www.nettime.org/Lists-Archives/nettime-fr-0703/msg00056.html
    Ce serait donc l'unique traduction - quasi introuvable!!!
    *
    A noter un interview:
    http://litteraturehongroise.fr/entre-les-lignes/2015-01-20/qursquoils-aient-au-moins-un-nominterview-avec-szilard-borbely

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour michartpoesho,
      L'interview avec Szilárd Borbély est signalée sur le présent blog.
      http://mardishongrois.blogspot.fr/2015/01/quils-aient-au-moins-un-nom-interview.html
      Bien à vous

      Supprimer