jeudi 19 avril 2018

Claro parcourt délicatement le dédale sentimental d’Imre Oravecz dans « Septembre 1972 »

"Le miracle d’un livre vient parfois de ce qu’il n’a pas été désiré. On pourrait croire que derrière chaque fiction se cache son ombre, une ombre fertile en intentions, façonnée par la volonté, et dont la gestation a été soignée dès les premières intuitions de sa forme future. Combien rassurante est la conception d’une œuvre ayant suivi le cursus traditionnel de la création : quelques fulgurances ici et là, puis des tâtonnements, un premier élan qu’on s’efforce de renforcer, des notes prises régulièrement, une mise en chantier, des esquisses de plan, puis le labeur quasi quotidien, le travail de navette sur la page, avec en arrière-fond la traque soutenue du point final, bref, l’orchestration délibérée et têtue d’un faisceau de nécessités. Le fait est qu’écrire un livre est affaire de métamorphoses. Transformer sans cesse un embryon de matière première en quelque chose de plus vaste, qui semble souvent mécanique dans ses balbutiements, avant d’atteindre à une ampleur mobile, nourrie de complexités, de motifs, de cadences, pour devenir enfin une machine pour ainsi dire organique qui se sert de l’écrivain afin d’explorer d’autres maturités, d’éprouver d’autres possibles.
Mais, parfois, et c’est là que nous allons aujourd’hui, le livre se construit à rebours du désir de l’auteur, il se force une voie parmi ses réticences, impose sa loi au lieu de se disperser en brouillons. Septembre 1972, du hongrois Imre ­Oravecz, est l’exemple poignant d’une telle victoire sur le silence." La suite sur lemonde.fr (article payant)

Septembre 1972 (1972. szeptember), d’Imre Oravecz, traduit du hongrois par Marc Martin, préface de Florence Delay, Cambourakis, « Irodalom », 160 p., 10 €.

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