dimanche 8 mai 2016

Le mot de l’Ambassadeur - La gestion de la crise des migrants par la Commission européenne

L’interview de M. Frans Timmermans, vice-président de la Commission de l’Union européenne, parue dans L’Obs daté du 5 au 11 mai 2016, me donne l’occasion d’apporter une précision sur la position de la Hongrie face à la crise migratoire.
M. Timmermans a déclaré : « Si les Etats-membres avaient fait ce que la Commission a proposé dès mai 2015, la situation serait différente. Mais ce plan [les quotas] a été rejeté et certains pays ont fermé leurs frontières, condamnant la Grèce à devenir un immense camp de réfugiés ».
Bien que non expressément citée, la Hongrie se sent évidemment visée par cette allusion.
Je n’ose imaginer « ce qui serait différent » si tous les pays avaient accepté le plan de la Commission. Sans doute aurions-nous encore plus de migrants qu’aujourd’hui.
En revanche, si la Commission, au lieu de rechercher des solutions là où il n’y en a pas, avait tout simplement proposé à chaque pays concerné d’appliquer la convention de Schengen dont il est signataire, la situation serait, du coup, bien différente, et dans le bon sens. Parler de « fermeture des frontières » n’est qu’un raccourci sémantique (erroné du reste, puisque jamais la frontière hongroise n’a été « fermée », les points de passage officiels ont toujours été et restent toujours ouverts) destiné à faire apparaître en clef condamnable ce qui n’est que l’exécution d’une convention européenne en vigueur, ce qui est surprenant de la part du Gardien des Traités. D’autant plus surprenant qu’aujourd’hui, un an plus tard, tout le monde en arrive à exiger, y compris de la Grèce qui n’en peut mais, ce que la Hongrie réclamait depuis le début et qu’elle a été la seule à réaliser. Bien plus, tout le monde sait gré maintenant à la Macédoine, petit pays qui n’est membre ni de l’Union, ni de l’espace Schengen, de faire ce pour quoi les mêmes avaient cloué la Hongrie au pilori un an plus tôt. Allez comprendre.
M. Timmermans a fort justement affirmé que tourner le dos à la Turquie ne mène à rien. Mais alors, ayons le courage de nous regarder en face entre Européens aussi, et d’accepter le débat démocratique auquel nous appelle le respect de nos valeurs.

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