"Chair, de David Szalay, Booker Prize 2025, est le sixième livre de l’auteur anglo-hongrois né à Montréal. Il suit le parcours rocambolesque d’Istvan, truand en Hongrie devenu chauffeur puis riche homme d’affaires en Angleterre. C’est un destin du XXIe siècle, l’expression du rêve de millions de migrants de l’Europe de l’Est partis vers l’eldorado de l’Ouest. Un roman sensuel et magnifique.
Comment décrire l’intrigue de ce roman ?
C’est un truc assez traditionnel, l’histoire de la vie d’un individu à partir de l’adolescence jusqu’à la cinquantaine. Il est hongrois et l’intrigue commence en Hongrie au moment où le pays va sortir du communisme, elle suit sa vie sur les décennies suivantes, dans une certaine mesure il s’agit d’un livre sur l’Europe pendant cette période du fait que le protagoniste quitte la Hongrie et donc la majeure partie du livre aura lieu en Angleterre.
Un critique prétend que vous écrivez sur « la tristesse de l’Europe contemporaine ».
L’un de mes romans précédents, Turbulences, structuré autour de douze vols d’avion à travers le monde, est clairement un texte sur la mondialisation. Chair, en revanche, est si eurocenté que je ne suis pas sûr que ce concept convient. Bien évidemment, il se passe en Europe, région qui fait partie d’un monde globalisé. Mais l’intrigue est intra-européenne. Istvan, le héros, quitte la Hongrie pour Angleterre en 2007, des millions de gens ont suivi cette trajectoire à l’époque, c’était l’un des grands phénomènes de l’Europe contemporaine que cette migration en masse pour des raisons économiques, et elle a eu une incidence sur le continent entier, tissant tout un réseau de connexions, créant des tensions politiques : c’est un facteur important de la psychologie des gens sortis du communisme, cette idée de « L’Ouest » comme une sorte d’eldorado, une sorte de paradis, où tout le monde obtient tout ce qu’il désire, où tout le monde est heureux. Bien évidemment, il s’agit d’un mirage, mais c’est un mirage important à cause de la déception ainsi créée. Je crois qu’aujourd’hui une bonne partie des problèmes politiques et sociaux de l’Europe de l’Est vient de ce sentiment de déception." La suite sur en-attendant-nadeau.fr

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