"Par Emmanuelle Sacchet
Les alternances vertigineuses de la fabuleuse Histoire de la Hongrie
Au bout d’un moment Basta le Farniente ! Dans la
chaleur ambiante de l’été, vous prendrez bien le temps de vous
rafraîchir quelques neurones… 20 mn top chrono — oui il faut bien ça —
c’est parti pour une petite leçon d'Histoire, à défaut d'une leçon de
choses.
« Rien n’est plus contemporain, plus
idéologisé, qu’un commencement. Les mythes fondateurs sont une
condensation de la conscience que la communauté a d’elle-même » Lucian Boia, 1997
Chaque 15 mars et 23 octobre, la ferveur des
Hongrois pour les commémorations m'a toujours fascinée. Le « Debout,
Magyar ! » clamé par le poète Sándor Petőfi tient toute la nation dans
une seule injonction depuis le 15 mars 1848. À la fois insoumise et
résiliente, défaitiste et résistante, la Hongrie a souvent penché du
mauvais côté de l'Histoire, mais elle a traversé les siècles en
encaissant les coups sans jamais tout à fait plier. Ce n'est pas le
moindre de ses charmes — et sans doute l'ADN du caractère pessimiste de
ce peuple qui pleure sa martyrologie d'une main et lève son verre de
l'autre, entre périodes fastes et catastrophes retentissantes.
J'ai bien tenté de comprendre cet engouement par la
lecture de quelques ouvrages. Mais c'est grâce au cycle de conférences
de l'historien Jérémy Floutier à l'Institut français, début 2026, et
après digestion du livre Histoire de la nation hongroise
de Catherine Horel (Tallandier, 2021), que s'est dessinée une question
lancinante sur la Hongrie, sempiternellement ballottée entre union et
indépendance. Comment une nation dont les frontières n'ont jamais
vraiment coïncidé avec l'aire de sa langue a-t-elle pu maintenir un
sentiment national aussi tenace ? On découvre que les mythes fondateurs
sont allés bon train pour affirmer une nation, tandis que sa
merveilleuse langue, parfaitement incompréhensible, lui servait à la
fois de bouclier et d'identité." La suite sur jfb.hu