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vendredi 18 septembre 2026

Décryptage - En Hongrie, la « dés-orbanisation » est-elle un leurre ?

"Arrivé au pouvoir en avril, le premier ministre Péter Magyar, qui avait promis une rupture avec son prédécesseur, Viktor Orban, communique sur la démocratisation progressive du pays. Certaines méthodes inquiètent à gauche quant au rétablissement réel de l’État de droit, la poursuite d’un régime de sécurité permanent pour les migrants et de discrimination pour les Roms.

Il y a une forme d’impatience en Hongrie. La gauche, qui espérait plus que tout le départ de Viktor Orban, après seize années au pouvoir sans discontinuer, aurait dû se réjouir de voir le peuple tourner la page. Sur tout le continent, les libéraux ont tôt fait de gloser sur le retour de la Hongrie en Europe et le rétablissement des normes démocratiques à la faveur de la victoire de Péter Magyar aux législatives d’avril.

« Nous avons libéré la Hongrie ! » se targuait le nouveau premier ministre. Parmi les progressistes, qui ne peuvent s’empêcher de noter que le Parlement est entièrement à droite, l’enthousiasme est plus modéré. « L’essentiel de son rôle a été de mettre Orban dehors », juge la militante pacifiste Vera Zalka, que nous avons pu joindre ainsi que plusieurs autres activistes. Cinq mois après, même réduite à peau de chagrin, la gauche mesure déjà que le chemin sera long. « C’est le même one-man-show que sous Orban », lance un brin dépité l’économiste et militant écologiste György Droppa. « La Hongrie s’est toujours cherché un grand leader », poursuit-il.

La parole a ceci de fascinant qu’elle semble performative. L’ancien eurodéputé et fondateur du parti Oui solidarité pour un mouvement hongrois, Tibor Szanyi, qui..." La suite sur humanite.fr (article payant)

« La Hongrie n’est plus le paradis conservateur qu’elle était » : Valentin Behr décrypte les conséquences du démantèlement des think tanks nés sous Viktor Orban

"Directeur adjoint du Centre européen de sociologie et de sciences politique, Valentin Behr décrypte les conséquences du démantèlement des groupes de réflexion et universités nés sous l’ancien premier ministre Viktor Orban. Loin de se limiter à la Hongrie, la décision devrait avoir des répercussions sur toute l’extrême droite mondiale contrainte au redéploiement.

Les think tanks et les établissements d’enseignement montés sous Viktor Orban sont-ils aujourd’hui dépouillés de tous leurs moyens ?

Cette infrastructure de think tank avait été pensée pour servir à la fois de vitrine au gouvernement hongrois, nouer des alliances notamment en direction des États-Unis et rompre l’insularité de la position hongroise dans l’Union européenne mais aussi pour servir de base arrière en cas de défaite électorale. L’écosystème Orban en parlait et le voyait comme une espèce d’« État profond ». Un environnement qui permet de maintenir des financements et des activités de lutte idéologique qui servirait de base arrière pour un retour au pouvoir.

Tout s’est écroulé comme un château de cartes avec l’arrivée de Péter Magyar car les financements étaient certes très généreux..." La suite sur humanite.fr

lundi 13 juillet 2026

« Merci, chère Hongrie, d’avoir prouvé que tout est toujours possible, même dans les pays où tout semble barricadé »

"Jean-Baptiste Chastand, correspondant du « Monde » en Europe centrale, a choisi d’adresser sa dernière « Lettre de » à ce pays « hostile et surprenant » dont il a couvert l’actualité pendant plus de dix ans. 

Chère Hongrie,

Peu de pays peuvent être à la fois aussi hostiles et surprenants que toi. A l’heure pour l’auteur de ces lignes de quitter l’Europe centrale après plus de dix années passées à parcourir tes paysages de plaines et à savourer ta cuisine relevée, il est temps de régler quelques comptes et de rendre hommage à mes amis hongrois ; ils m’ont mené la vie dure autant qu’ils ont pu m’étonner.

Commençons par le surprenant, avec ce sondage Eurobaromètre publié le 1er juillet par la Commission européenne. Selon cette étude d’opinion paneuropéenne saisonnière, voilà que les 9,5 millions de Hongrois sont subitement devenus l’un des peuples les plus confiants dans l’avenir du Vieux Continent. Quelque 73 % d’entre eux – soit 16 points de plus que lors de l’enquête précédente de fin 2025 –, se déclarent « optimistes » sur le futur de leur pays ; 57 %, soit le taux le plus élevé de toute l’Union européenne, disent même ressentir de « l’espoir ».

Quelle surprise pour moi après les avoir entendus des années durant se plaindre de tout, à commencer de mon travail. Ce changement d’humeur s’explique évidemment par la défaite du nationaliste Viktor Orban aux élections législatives d’avril face à son adversaire conservateur et pro-européen, Péter Magyar." La suite sur lemonde.fr (article payant)

mardi 30 juin 2026

Peut-on sortir du populisme d'extrême droite? Le cas d'école de la Hongrie

"Alors que la plupart des pays européens voient l’extrême droite s’approcher du pouvoir, la Hongrie a un cycle d’avance. Après seize ans de règne du pro-russe illibéral Viktor Orbán, le nouveau Premier ministre conservateur Péter Magyar a mis en route un «changement de régime». Mais la révolution politique a ses limites.

Rien n’aurait pu arrêter la première Marche des fiertés post-Orbán à Budapest. Pas même les 38°C à l’ombre. Samedi 27 juin 2026, des dizaines de milliers de manifestants ont pu défiler librement, petits drapeaux ou grandes banderoles arc-en-ciel à la main. Un an plus tôt, 200'000 personnes avaient bravé l’interdiction imposée par l’ancien Premier ministre, dont le gouvernement a mené une politique répressive contre les personnes LGBT+.

Après seize ans de règne du populiste illibéral Viktor Orbán, cette Pride est le signal qu’une nouvelle ère vient de s’ouvrir dans ce petit pays très catholique avec l’élection en avril de Péter Magyar. «Je n’ai pas été élu pour simplement changer de gouvernement, mais pour changer de régime», a déclaré au Monde le nouveau dirigeant conservateur." La suite sur heidi.news

dimanche 21 juin 2026

UE: y a-t-il un effet Péter Magyar?

"Chronique - À Bruxelles, le départ de Viktor Orban, enfant terrible des sommets européens, a été accueilli comme une délivrance. Les institutions européennes espèrent que son successeur rompra avec des années de confrontation et replacera la Hongrie dans le consensus européen. Mais l’élection de Péter Magyar modifie-t-elle réellement les équilibres politiques de l’Union? Les premières semaines du nouveau pouvoir hongrois permettent déjà d’apporter quelques débuts de réponses.

Premier enseignement: la Hongrie tourne le dos à la politique du veto permanent. Au fil des années et de ses contentieux avec Bruxelles, Viktor Orban avait fait du veto une véritable arme de négociation. Dans une Union où l’unanimité demeure requise sur des dossiers aussi essentiels que la politique étrangère, les sanctions ou l’entrée de nouveaux États, cette stratégie lui permettait d’exercer une influence sans commune mesure avec le poids économique et démographique de son pays.

Les effets de l’alternance sont immédiats. En quelques semaines seulement, les Vingt-Sept sont parvenus à ouvrir le premier groupe de chapitres de négociation avec l’Ukraine et à adopter un vingtième paquet de sanctions contre la Russie, jusque-là bloqués par Budapest. 

Faut-il en conclure que la Hongrie est totalement rentrée dans le rang sur le dossier ukrainien? Rien n’est moins sûr. Péter Magyar a déjà confirmé que son pays ne participerait pas aux efforts européens d’assistance militaire à Kiev et qu’il entend maintenir ses approvisionnements en hydrocarbures russes. Surtout, les enquêtes d’opinion montrent qu’une majorité de Hongrois demeure opposée à une adhésion rapide de l’Ukraine à l’Union européenne." La suite sur le360.ma

jeudi 18 juin 2026

Après l’Orbanistan : l’Europe peut-elle vraiment tourner la page ?

"Par Vincent Liegey, Ingénieur, chercheur interdisciplinaire, essayiste et conférencier autour de la Décroissance.

Alors que le régime Orbán a chuté et que la Hongrie semble se rapprocher à nouveau de l’Union européenne, il serait dangereux d’oublier quels sont les ressorts politiques, sociaux et économiques qui ont permis l’émergence du régime illibéral hongrois. Derrière le soulagement bruxellois et le retour des drapeaux européens pourraient rapidement réapparaître d’anciens malentendus, mais aussi de nouvelles désillusions.

Depuis l’annonce de la victoire de Péter Magyar, un immense soupir de soulagement semble traverser Bruxelles. Après seize années de pouvoir orbánien, beaucoup veulent croire au retour de la Hongrie dans le « camp européen ». Drapeaux européens dans les rues de Budapest, enthousiasme des jeunes générations, promesse de restauration de l’État de droit : le récit paraît déjà écrit.

Mais les relations entre la Hongrie et l’Union européenne ont toujours été plus complexes qu’on ne le raconte souvent depuis l’Europe de l’Ouest. Et les premiers échanges entre le nouveau pouvoir hongrois et Bruxelles montrent déjà que la fin de l’Orbanistan ne signifiera pas forcément la fin des malentendus, voire de nouvelles tensions.

Car la société hongroise est restée profondément pro-européenne… sans pour autant bien comprendre la dimension néolibérale de l’Union." La suite sur courrierdeuropecentrale.fr

mardi 9 juin 2026

Le trilemme post-libéral hongrois

Par Zsuzsanna Szelényi spécialiste des relations internationales, Central Europe University, autrice de "Tainted Democracy. Viktor Orbán and the Subversion of Hungary", 2023.

Largement vainqueur des dernières élections, le nouveau Premier ministre hongrois doit maintenant rétablir l’Etat de droit dans son pays, avant de pouvoir relancer l’économie. Mais défaire un système mis en place durant seize années prendra du temps et revenir aux principes libéraux se heurtera à des intérêts bien installés. Il est essentiel de trouver un équilibre entre rapidité, efficacité et légalité pour que le retour à une Hongrie démocratique soit couronné de succès.

En 2009, alors que Victor Orbán se préparait à accéder au pouvoir, il a présenté à ses partisans une stratégie audacieuse : pour prendre et conserver le pouvoir, trois éléments essentiels étaient indispensables : l’argent, l’idéologie et les votes. Ce raisonnement a constitué la pierre angulaire de sa gouvernance tout au long de ses seize années au pouvoir.

Ses politiques économiques ont explicitement favorisé une poignée de privilégiés, encourageant ainsi les comportements de recherche de rentes au lieu de répondre aux véritables besoins de développement du pays. Le système fiscal et celui de la protection sociale ont stratégiquement été restructurés afin de favoriser les partisans de longue date du parti Fidesz. Orbán a indéniablement redéfini et modernisé un système centenaire sous couvert de l’« illibéralisme », entrainant la concentration des pouvoirs et l’orientation idéologique de l’État, en opposition avec les principes de la démocratie libérale européenne. Cette stratégie a étouffé le débat social et a systématiquement marginalisé les personnes et les organisations qui critiquaient son parti-État, qualifiées d’« ennemis de la nation ».

 Au fil les ans, Orban a mis en place un formidable appareil de propagande, diffusant sans relâche les messages politiques clivants du parti. Suite à sa prise de pouvoir en 2010, le schéma constitutionnel et démocratique hongrois a été démantelé en l’espace de trois ans seulement. Armé d’une large majorité de 67% au Parlement, le Fidesz a mis en place une nouvelle Loi fondamentale ainsi qu’une série de lois qui ont participé à consolider l’emprise d’Orbán sur l’ensemble de l’appareil d’État. En étouffant l’opposition parlementaire, en limitant l’indépendance des médias, et en diabolisant la société civile, il est parvenu à sécuriser son pouvoir seize années durant." La suite sur lagrandeconversation.com

lundi 8 juin 2026

La Hongrie de retour en Europe

"L’importance du raz-de-marée du parti Tisza, mené par Péter Magyar, son leader charismatique, et la majorité écrasante obtenue le 12 avril dernier ouvrent une ère nouvelle, autant pour la Hongrie que pour l’Europe et les relations franco-hongroises.

Nous sommes un peu plus d’un mois après l’entrée en fonction du gouvernement pro-européen, qu’on appelle « conservateur » par défaut, mais qui couvre en réalité un large spectre de l’échiquier politique hongrois, du centre-gauche partisan du redressement des services publics (santé, éducation, transports en commun, protection de l’enfance, etc.) à une droite dure anti-immigration, en passant par un centre-droit libéral-conservateur. Populiste, diront certains, tant sa rhétorique anti-corruption, les visites guidées des palais dorés du gouvernement déchu et les mesures telles que la baisse des salaires des ministres et des députés caressent l’électorat dans le sens du poil." La suite sur jfb.hu

samedi 6 juin 2026

Défaite d’Orbán : un tournant pour tout le mouvement conservateur

"Les élections législatives hongroises ont consacré, le 12 avril 2026, la défaite de Viktor Orbán, au pouvoir depuis seize ans. Dans cette note, Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès, souligne qu’au-delà de la Hongrie, ce tournant politique aura des répercussions à la fois sur le fonctionnement de l’Union européenne et sur l’action globale du mouvement conservateur en Europe et aux États-Unis. 

Les élections législatives hongroises ont consacré, le 12 avril 2026, la victoire du parti conservateur pro-européen Tisza sur celui du Premier ministre sortant Viktor Orbán, au  pouvoir depuis seize ans sans interruption. Il s’agit d’un événement de portée internationale, puisque la défaite du Fidesz (Fidesz-Magyar Polgári Szövetség) et de son petit allié catholique-conservateur le Parti populaire démocrate-chrétien (Kereszténydemokrata Néppárt, KNDP) aura des répercussions à la fois sur le fonctionnement de l’Union européenne et sur l’action globale du mouvement conservateur en Europe, mais aussi aux États-Unis. Voici quelques réflexions sur le résultat du vote et les perspectives d’évolution de la Hongrie.

Le système électoral et institutionnel

La victoire de Peter Magyar est d’autant plus indiscutable que, depuis 2010, lorsqu’il a obtenu une majorité des deux tiers, les gouvernements successifs dirigés par Orbán ont, en 2011 et 2024, changé la loi électorale sans guère de consultation préalable et manifestement à leur avantage. La taille de la chambre unique a été réduite et la part des sièges alloués au suffrage universel direct par le vote de circonscription a été augmentée. Cela n’est pas un problème en soi dans le système mixte où les députés sont élus pour quatre ans dans un scrutin à un seul tour, 106 d’entre eux l’étant dans des circonscriptions électorales et 93 autres au scrutin proportionnel plurinominal de liste. Encore faut-il qu’il n’y ait pas redécoupage des circonscriptions après chaque élection pour, en fonction des résultats, redessiner la carte. Or, c’est précisément ce qui a été fait, avec à chaque fois l’utilisation d’un argument, celui de l’évolution démographique, qui cache très mal le souci de préserver les circonscriptions favorables au Fidesz tout en réduisant le nombre de celles, par exemple de Budapest, gouvernées par l’opposition des Verts, des socialistes et du centre gauche. La question de la carte électorale restera centrale, dans la mesure où les projections démographiques annoncent une baisse de la population, qui, pour la première fois depuis 1952, est passée juste sous la barre des 9,5 millions en 2025, mais devrait chuter encore, à la fois parce que les mesures natalistes d’Orbán ont échoué et parce que l’émigration des Hongrois a atteint son plus haut niveau depuis vingt-cinq ans." La suite sur jean-jaures.org

vendredi 22 mai 2026

Hongrie 2026 : les ambiguïtés d’un « changement de régime »

"Une Analyse du CERI, par Antonela Pogaceān

Ce texte propose une analyse les élections législatives hongroises de 2026 comme une rupture dans la domination politique du Fidesz, davantage que comme une simple alternance partisane. La victoire de TISZA apparaît comme le produit d’une crise conjointe des mécanismes de fidélisation sociale, du récit de protection nationale et de la légitimité morale qui avaient permis au Fidesz de convertir les insécurités postsocialistes en loyautés politiques durables. Antonela Pogacean montre que le « changement de régime » proclamé par Péter Magyar repose sur une coalition de rejet socialement hétérogène. Cette dynamique demeure ambivalente : fortement personnalisée et faiblement institutionnalisée, elle reconduit certains registres conservateurs tout en promettant une restauration démocratique. L’enjeu central n’est donc pas seulement la conquête de l’État, mais la capacité du nouveau pouvoir à transformer les rapports sociaux, économiques et symboliques qui ont rendu possible la consolidation du régime Orbán. Le texte invite ainsi à penser 2026 comme un moment critique : la défaite électorale d’une domination qui rend à nouveau pensable une démocratisation, sans que ses conditions concrètes soient encore assurées.

mardi 12 mai 2026

Après le scrutin du 12 avril 2026, année zéro pour la Hongrie ?

"À l’occasion des élections législatives hongroises du 12 avril 2026, et à l’issue d’une longue campagne de deux années engagée à partir du printemps 2024, Péter Magyar a remporté une victoire historique, infligeant à Viktor Orbán – installé au pouvoir depuis 20101 – une défaite particulièrement cinglante. Si ce résultat était acquis dès le soir du vote, il a fallu attendre jusqu’au 18 avril suivant pour que soient publiés par le bureau national des élections (Nemzeti Választási Iroda), en raison de la complexité du système électoral hongrois, les résultats définitifs et officiels du scrutin. La victoire de Péter Magyar et de son parti, Tisza, est encore plus importante qu’escomptée.

Crédité par les résultats provisoires de 135 à 138 députés, Péter Magyar emporte en réalité 141 des 199 sièges que compte l’Assemblée nationale hongroise (Országgyűlés), c’est-à-dire neuf de plus que la majorité des deux tiers, nécessaire pour pouvoir modifier les lois dites « cardinales » (sarkalatos törvények), dont la Constitution mais aussi les textes qui couvrent les questions essentielles que sont la citoyenneté, le fonctionnement du Parlement, les élections, les collectivités territoriales, le système partisan, le système financier, la protection familiale, les données personnelles, la liberté de la presse, les minorités nationales, la justice, l’immigration, les services de sécurité. On rappellera que lors du dernier scrutin législatif de 2022, le Fidesz, qui avait alors remporté sa plus large victoire électorale, avait fait élire 135 députés (deux de plus qu’en 2018 et 2014). Péter Magyar a donc désormais les coudées franches pour déverrouiller le système institutionnel, économique et médiatique élaboré depuis seize années par le Fidesz.

Quelles sont les explications de ce succès sans appel, comment interpréter le résultat de ce scrutin et quelles perspectives s’ouvrent désormais à la Hongrie ?" La suite sur jean-jaures.org

vendredi 8 mai 2026

Un modèle hongrois de victoire contre les populistes?

"Hélas, si la victoire sur les autocrates populistes était aussi simple, les Viktor Orban et les Recep Tayyip Erdogan de ce monde auraient été chassés du pouvoir depuis bien longtemps. Si l'on peut effectivement tirer des leçons de la campagne multiforme de Magyar, ces enseignements sont plus subtils que ne le suggère le récent flot de commentaires formulés à chaud, et certains pourraient ne pas s'appliquer à des pays de plus grande envergure.

En tant qu'ancien membre du Fidesz, Magyar a compris que le système électoral présentait deux faiblesses. Le Fidesz comptait sur le fait que l'opposition serait toujours divisée, et partait du principe que les challengers n'obtiendraient jamais un soutien substantiel dans les zones rurales, où les acolytes d'Orban contrôlaient la presse locale (et au sein desquelles les citoyens les plus pauvres étaient parfois soudoyés et contraints par la menace de voter en faveur du pouvoir en place). Magyar a su exploiter ces deux aspects.

Lors des élections de 2022, les partis d'opposition hongrois s'étaient en effet unis, présentant comme candidat au poste de Premier ministre un maire sympathique issu d'une ville de moins de 50 000 habitants. Cette coalition apparaissait néanmoins trop hétérogène, ce qui a conduit de nombreux citoyens à se demander quelles politiques seraient menées si elle était élue. Par ailleurs, cette opposition n'ayant quasiment pas fait campagne dans les zones rurales, le choix d'un maire de petite ville semblait ne constituer qu'un geste symbolique.

Magyar, en revanche, a sillonné le pays pendant deux ans, organisant plusieurs rassemblements par jour. À l'instar de Zohran Mamdani à New York, il a par ailleurs complété cette traditionnelle méthode de campagne de proximité par une stratégie avisée sur les réseaux sociaux. In fine, c'est cette présence constante et crédible jusque dans les plus petits villages qui a fait la différence, bien davantage que ses positions politiques spécifiques sur des questions majeures telles que l'immigration." La suite sur msn.com


jeudi 7 mai 2026

« Une révolution civique, pas encore une révolution sociale »

"Ancien Commissaire européen à l’Emploi, aux Affaires sociales et à l’Inclusion (2010-2014) et secrétaire général de la Fondation européenne d’études progressistes (FEPS), László Andor revient, pour l’Observatoire des doctrines politiques de la Fondation Jean-Jaurès, sur la victoire de Péter Magyar et du parti Tisza lors des élections législatives hongroises. Il analyse l’effondrement de l’ère Orbán, l’état de la gauche hongroise, les perspectives de normalisation avec Bruxelles et le lent travail de démantèlement d’un appareil d’État façonné pendant seize ans.

Renaud Large : Je voudrais d’abord avoir votre analyse des dernières élections en Hongrie. S’agit-il d’une véritable révolution, d’une rupture avec l’ère Orbán, ou bien l’élection de Péter Magyar s’inscrit-elle plutôt dans la continuité du mandat d’Orbán ?

László Andor : Je parlerais d’une révolution civique. C’est un tournant majeur dans l’histoire politique du pays. Si l’on regarde le nombre de voix obtenues par chaque parti, l’écart n’est pas immense, mais on est passé d’une supermajorité à une autre supermajorité. Viktor Orbán lui-même, le soir de l’élection, a souligné qu’il avait recueilli à peu près le même nombre de voix qu’en 2014, lorsqu’il avait réussi à préserver sa supermajorité avec ces 2,2 à 2,3 millions de voix. La différence, cette fois, tient à l’unité de l’opposition et à la mobilisation. Une mobilisation colossale, d’un niveau record. La jeune génération, en particulier, était très déterminée à voter contre Orbán." La suite sur jean-jaures.org

mercredi 6 mai 2026

INTERVIEW : Vaincre le communisme a été « bien plus facile » que de renverser Orbán, assure un vétéran de 1989

"Le premier député anticommuniste de Hongrie espère que Péter Magyar rétablira l'État de droit et la démocratie.

De nombreux Hongrois considèrent la victoire électorale écrasante de Péter Magyar le mois dernier comme un événement aussi bouleversant que celui de 1989, année où le régime communiste hongrois s’est effondré.

En avril, Viktor Orbán a été chassé du pouvoir après seize ans d’une domination quasi totale, durant lesquels il est passé du statut de libéral anticommuniste à celui de nationaliste illibéral pro-russe.

Peu de personnes sont mieux placées pour établir des parallèles que Gábor Roszík, un pasteur luthérien qui fut le premier député anticommuniste élu au Parlement hongrois en 1989. Il remporta une victoire surprise lors d’une élection partielle à Gödöllő, près de Budapest, en juillet 1989, contribuant ainsi à ouvrir la voie à l’effondrement des communistes lors des élections de 1990 et à la transition de la Hongrie vers la démocratie.

« En 1989, j’ai été menacé, on me suivait dans la rue. Je ne savais pas si j’allais finir en prison ou être tué », se souvient Roszík au téléphone." La suite sur euractiv.fr

lundi 4 mai 2026

Victoire de Péter Magyar sur Viktor Orbán en Hongrie : une stratégie modèle pour battre les nationalistes ?

"La défaite de Viktor Orbán en Hongrie, le 12 avril, semble avoir été motivée par l’indignation de la société face à la corruption et au clientélisme du pouvoir. Suffisant pour inspirer les luttes contre les nationalismes ?

Faut-il faire de la victoire de Péter Magyar (photo) un désaveu du projet nationaliste de Viktor Orbán ? Certes, le nouveau Premier ministre est proeuropéen et méfiant à l’endroit de la Russie. Mais cet avocat de 45 ans a fait partie du Fidesz, le parti d’Orbán, jusqu’en 2024 et a travaillé au sein de son cabinet. Il demeure un conservateur opposé à l’immigration et, le soir de son élection, a appelé Dieu à lui venir en aide. Comme Orbán, il s’est longtemps opposé à la livraison d’armes à Kyiv et critique le sort de la minorité hongroise en Ukraine. Il évite la question LGBT+. Bref, il n’appartient pas à cette opposition de gauche qui a échoué, pendant seize ans, à détrôner le chef illibéral du gouvernement. Magyar a principalement fait campagne sur la hausse de l’inflation, l’anémie économique du pays et le détournement, par les proches d’Orbán, de l’aide européenne. Avec son style dynamique et légèrement populiste, il a éreinté « Ali Baba et ses quarante voleurs » ou le « Dracula des fonds publics », et promis de remettre son pays sur les rails de la prospérité." La suite sur philomag.com (article payant)

samedi 2 mai 2026

Hongrie: la défaite de l’extrême droite qui éclipse la disparition de la gauche

"En Hongrie, la défaite de Viktor Orbán en avril, après près de seize années consécutives au pouvoir, a suscité un soulagement un peu partout en Europe, où l’extrême droite ne cesse de progresser. Pourtant, derrière cette défaite spectaculaire s’impose une réalité plus discrète, celle de l’effacement des partis traditionnels, sociaux-démocrates en particulier, ce qui n’annonce rien de bon pour la démocratie dans les années à venir.

Ce qu’on a d’abord vu en Hongrie le 12 avril dernier, c’est la défaite de Viktor Orbán, champion de l’illibéralisme, au pouvoir à Budapest depuis 2010, de même qu’entre 1998 et 2002. C’est aussi la victoire du candidat conservateur, mais pro-européen, Peter Magyar.

Ce qu’on voit moins, sans doute aveuglé par les lumières de la défaite de Viktor Orbán, figure de proue de l’extrême droite en Europe, c’est que la victoire du nouveau premier ministre Peter Magyar s’est faite en partie par l’écrasement de tous les autres partis d’opposition traditionnels. Dans ce nouveau paysage, l’opposition s’est en grande partie recomposée autour d’une seule force conservatrice pro-européenne, laissant peu de place aux autres courants politiques.

Lors de ces élections hongroises de 2026, le Parti socialiste hongrois, longtemps pilier de la gauche, de même que Dialogue – Le Parti des Verts, n’ont pas présenté de candidatures aux postes de députés. Dans le cas du Parti socialiste hongrois, il s’agit d’un parti historique issu de la transition postcommuniste de 1989 qui a été au pouvoir dans les années 1990 et, dans le cadre de coalitions, dans les années 2000." La suite sur acadienouvelle.com

vendredi 1 mai 2026

« L’Union européenne doit soutenir la restauration de l’Etat de droit en Hongrie ».

"Dans une tribune au « Monde », la professeure de science politique Laure Neumayer interroge les moyens dont disposent les institutions européennes pour accompagner le processus de redémocratisation du pays annoncé par l’arrivée du nouveau premier ministre, Péter Magyar, après avoir été « incapables de stopper l’autocratisation » des années Orban.

Les chantiers qui s’ouvrent devant Péter Magyar sont immenses. Ce conservateur pro-européen a été élu sur une double promesse : restaurer l’Etat de droit et relancer une économie gangrenée par la corruption et l’inflation. L’apaisement des relations avec les institutions européennes étant étroitement lié à ce double objectif, celles-ci doivent agir avec détermination pour soutenir les nouvelles autorités hongroises.

Le démantèlement de la démocratie libérale a été plus rapide et plus profond en Hongrie que dans tout autre Etat membre de l’Union européenne (UE). Depuis 2010, une habile instrumentalisation du droit a permis au parti de Viktor Orban de neutraliser les contre-pouvoirs et de restreindre les droits et libertés individuels. Le Fidesz a mis en place des verrous institutionnels et politiques lui garantissant des positions de force dans différents secteurs de l’Etat, même en cas de défaite électorale.

Au nom de la lutte contre les ingérences étrangères et de la défense des valeurs conservatrices, les espaces sociaux, où étaient susceptibles de naître des oppositions, tels que les associations, les universités ou les médias, ont été muselés par une réglementation liberticide. Sous couvert de conception « illibérale » de la démocratie, une véritable autocratie électorale a vu le jour, marquée par des pratiques de pouvoir restreignant le pluralisme sans l’éliminer, associées à un cadre institutionnel formellement démocratique mais dans lequel la compétition politique était structurellement faussée et les scrutins n’étaient plus équitables.

Ces violations systématiques des principes démocratiques sont intervenues dans un dialogue ininterrompu avec l’UE, qui a joué un rôle ambigu dans cette dérive autoritaire. L’appartenance de la Hongrie à cette organisation a empêché la constitution d’un régime autoritaire fermé excluant toute possibilité d’alternance dans les urnes. De surcroît, les institutions européennes ont mobilisé plusieurs outils de sauvegarde de l’Etat de droit. Depuis 2018, le Parlement européen a incité sans relâche la Commission européenne et le Conseil de l’UE à sanctionner la Hongrie au titre de l’article 7 du traité sur l’Union européenne, qui peut conduire à la suspension des droits de vote d’un Etat membre. En 2022, la Commission a suspendu le versement de 13 milliards d’euros de financements du plan de relance post-Covid destiné à ce pays, en vertu d’un nouveau mécanisme de conditionnalité financière permettant de sanctionner les gouvernements qui enfreignent les..." La suite sur lemonde.fr (article payant)

dimanche 26 avril 2026

Aziz Huq, professeur de droit américain : « Péter Magyar doit éviter de commettre les mêmes erreurs que Joe Biden »

"Dans une tribune au « Monde », le chercheur estime que le prochain premier ministre hongrois ne pourra redémocratiser le pays qu’en évitant d’être, comme l’a été Joe Biden envers Donald Trump, réticent à sanctionner les libertés prises par son prédécesseur, Viktor Orban, avec la loi et la Constitution.

L’opposition hongroise, menée par Péter Magyar, a triomphé de Viktor Orban, remportant non seulement une majorité simple, mais aussi la majorité qualifiée, nécessaire pour modifier la Constitution. Il s’agit d’un revirement spectaculaire, d’autant plus qu’Orban avait obtenu des majorités qualifiées en 2014, 2018 et 2022, ce qui lui avait permis d’ancrer son parti, le Fidesz, dans les institutions de l’Etat et la sphère publique.

Péter Magyar doit désormais tenir ses promesses sur les questions qui ont occupé une place prépondérante dans sa campagne, alors même que l’Europe est en proie à une crise énergétique et tout en rétablissant les normes démocratiques. S’il ne relève pas ces défis, les irréductibles du Fidesz au sein du gouvernement, des tribunaux et des médias feront tout ce qui est en leur pouvoir pour saper le renouveau démocratique du pays.

Les problèmes posés par l’héritage des « années Fidesz » sont considérables. Le gouvernement de Péter Magyar sera confronté à un système judiciaire rempli de personnes nommées par le Fidesz. Le président de la Cour suprême [Andras Zs. Varga] a été parachuté à son poste en 2021 pour un mandat de neuf ans, malgré les plaintes du rapporteur spécial des Nations unies sur l’indépendance judiciaire. Trop peu de juges quitteront leurs fonctions pour que l’orientation pro-Fidesz ne s’estompe au cours du mandat de Péter Magyar. Diverses agences et administrations publiques sont également passées sous la coupe du parti d’extrême droite. Le procureur général, par exemple, a démontré une capacité infaillible à fermer les yeux sur la corruption des responsables du Fidesz. Et grâce aux alliés du Fidesz dans les médias et les universités, le parti maintiendra une emprise « tentaculaire » sur la société civile.

Rétablir la responsabilité

Face à ces défis, certains exemples étrangers peuvent être instructifs. La présidence de Joe Biden, par exemple, offre des leçons claires. D’abord, Péter Magyar doit prendre des mesures rapides et décisives pour montrer qu’il y a un prix à payer lorsqu’on s’écarte des normes juridiques et constitutionnelles. L’équipe de Joe Biden, en choisissant de ne pas faire de la sanction des actes criminels observés sous le premier mandat de Donald Trump une priorité..." La suite sur lemonde.fr (article payant)

vendredi 24 avril 2026

TRIBUNE – Péter Magyar, le clone poli de Viktor Orbán

"Fêtes et réjouissances chez les élites européennes et la presse mainstream : l’affreux Viktor Orbán est enfin tombé. Champagne et petits-fours, c’est Péter Magyar qui le remplace, et youpi, c’est un progressiste docile !

Vraiment ? Regardons cela. 

Peter Magyar, c’est le chef de l’opposition hongroise et du parti Tisza qui, en plus des élections hongroises, devrait même remporter la majorité constitutionnelle qui lui permettrait, au besoin, de modifier la constitution.

L’Ouest jubile puisque celui qui est largement présenté comme pro-européen va – c’est certain ! – ramener la Hongrie dans le giron de l’Union européenne. Mais quand on examine de plus près qui est Magyar et quelles sont ses positions, une conclusion s’impose : il s’agit en fait du programme de Viktor Orbán, sans la corruption qui s’est installée ces dernières années et avec une relation moins forte avec la Russie.

Ce constat ne vient pas de nulle part." La suite sur lediplomate.media

Hongrie : aux origines économiques de la défaite d’Orbán

"Dépendance à l’industrie allemande en crise depuis des années, formation d’une bourgeoisie de clientèle de plus en plus contestée, campagne électorale peu crédible autour du thème de la paix, bras de fer avec l'Union européenne, l’économiste Joachim Becker décortique dans cet article l’économie politique de la défaite de Victor Orban.

Les années sous Orbán ont néanmoins produit des effets durables, en particulier le glissement vers la droite nationaliste de tout le spectre politique du pays, ce que le nouveau parlement reflète parfaitement. Si le vainqueur Péter Magyar se démarque d’Orbán par une posture pro-Union européenne (UE), sa ligne ne sortira pas le pays de la dépendance économique.

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Le gouvernement du Fidesz [le parti d’Orbán], au pouvoir depuis 16 ans, représente un modèle pour beaucoup de partis de droite nationaliste en Europe et au-delà. Les élections parlementaires du 12 avril y ont mis un terme. Avec 38,7 % des voix, la droite nationaliste dure du Fidesz se trouve nettement derrière la droite nationaliste un peu plus modérée de Tisza et son candidat Péter Magyar qui en réunit 52,9 %. De plus, forte de son score de 5, 8 %, l’extrême droite de Mi Hazank réussit à franchir le seuil des 5 %.

En termes de sièges, la défaite du Fidesz est amplifiée. 106 des 199 sièges de l’Assemblée hongroise sont réservés aux gagnants des 106 circonscriptions du pays. Tisza en remporte 93. Avec un total de 138 sièges, le parti dispose d’une majorité des deux tiers." La suite sur contretemps.eu