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mercredi 6 mai 2026

Autour du prix Nobel de littérature 2025 le mardi 26 mai 2026 de 15h à 21h30 à l'Inalco

Couvertures d'ouvrages de László Krasznahorkai © Joëlle Dufeuilly‎

Inalco - Pôle des langues et civilisations (65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris) - Auditorium
Entrée libre

"Evénement organisé par la section hongroise de l’Inalco, l'Association des Amis de la Culture hongroise (AACH) et le Festival l'Europe autour de l'Europe. 

Programme

15h-17h - Projection du film ‘Damnation’ (Kárhozat) de Béla Tarr 

Fiction, Hongrie, 1987, 115 minutes, sous-titres français

Premier opus de la collaboration entre Béla Tarr et László Krasznahorkai 

Introduction : Irena Billais

Pause café

17h30 - Lecture à 4 voix

Conversation autour de l'œuvre de László Krasznahorkai et du travail de sa traductrice, Joëlle Dufeuilly (ancienne élève de l’Inalco), animée par Yann Étienne, avec Joëlle Dufeuilly, Thomas Szende, Roxána Giba

Cocktail 

jeudi 9 avril 2026

Lauréate du prix Nobel de physiologie ou médecine 2023 : « Je suis tout simplement passionnée par la recherche »

La scientifique Katalin Karikó est colauréate du prix Nobel de physiologie ou médecine 2023. Photo : vilcek.org.

"Le succès du Dr Katalin Karikó, colauréate du prix Nobel de physiologie ou médecine 2023, est le fruit d'efforts inlassables et d'un engagement sans faille envers la voie qu'elle a choisie.

La scientifique Katalin Karikó est reconnue pour ses recherches sur l'ARNm, fondement de la technologie vaccinale moderne. Malgré de nombreux obstacles rencontrés au cours de sa carrière, sa persévérance lui a permis de démontrer le potentiel de l'ARNm en médecine. Les travaux de Karikó ont contribué de manière significative au développement du vaccin contre la COVID-19, ayant un impact considérable sur la santé mondiale et confirmant l'importance d'une recherche scientifique continue.

Le succès, c'est la joie de résoudre des problèmes en laboratoire.

Dans une interview accordée au prix Nobel, Karikó a déclaré : « Je veux simplement faire de la recherche, pas recevoir de prix. » Cette affirmation reflète parfaitement son état d'esprit : un dévouement à la recherche scientifique, en particulier à l'étude de l'ARNm, plutôt qu'à la gloire ou aux récompenses. Pendant des décennies, elle a travaillé discrètement, essuyant d'innombrables refus et coupes budgétaires, mais elle a persévéré dans sa passion pour la science.

Tout au long de sa carrière, Karikó a défini le succès par la joie de résoudre des problèmes en laboratoire, et non par la recherche de reconnaissance. Malgré un licenciement (en 1995) et des financements limités pour ses recherches sur l'ARNm pendant des décennies, sa passion pour la découverte scientifique l'a toujours motivée." La suite sur vietnam.vn

vendredi 27 février 2026

Ne jamais renoncer Katalyn Karikó

Ne jamais renoncer
Katalyn Karikó
Quanto, 2024, 276 pages, 24,50 €

"Beaucoup de livres qui relatent de grandes découvertes scientifiques peuvent donner l’impression que leur trame narrative, quand il y en a une, est un simple emballage, une figure de style obligatoire et étirée en longueur. L’autobiographie de Katalin Karikó, biochimiste, prix Nobel de médecine 2023 pour sa contribution aux vaccins utilisant l’ARN messager contre la Covid-19, est au contraire fascinante parce que l’histoire de sa vie personnelle est « une démonstration sans égale de la valeur de la science et de ce qu’elle peut apporter, non seulement à l’humanité dans son ensemble, mais aussi, individuellement, à ceux et celles qui croient en elle ! »

Le titre de la traduction française du livre Ne jamais renoncer est très bien choisi 1. K. Karikó raconte ainsi comment au cours de sa carrière elle a subi nombre de revers et d’avanies et n’a pas vraiment démarré avec les meilleures chances sur la ligne de départ. Elle revient sur sa jeunesse dans une maison sans eau courante et sans chauffage central en Hongrie communiste. On se dit que c’est presque un miracle qu’elle ait persévéré jusqu’au bout. Son secret : « croire profondément en la valeur de ce qu’elle faisait », sans avoir besoin d’être motivée par la reconnaissance officielle et les récompenses (et de fait elle n’en a reçu à peu près aucune avant la toute fin de sa carrière)." La suite sur afis.org

"Sátántangó" : de Béla Tarr à László Krasznahorkai

"Le tango de satan" de Béla Tarr, 1994 - Béla Tarr/CARLOTTA FILMS

L’écrivain et prix Nobel László Krasznahorkai et le cinéaste Béla Tarr, tout récemment disparu, ont nourri une collaboration au long cours. On évoque les liens entre les livres de l’un et les films de l’autre, en compagnie du chercheur Damien Marguet et de la traductrice Joëlle Dufeuilly.

Avec
  • Damien Marguet, maître de conférences en études cinématographiques et co-directeur du département Cinéma de l’Université Paris 8

De la littérature et du cinéma dans votre Book Club aujourd’hui ! Le cinéaste hongrois Béla Tarr est mort le 6 janvier 2026, laissant derrière lui une œuvre magistrale. Quelques semaines plus tôt, son compatriote László Krasznahorkai recevait le prix Nobel de littérature qui offrait à ses livres une renommée mondiale. L’un et l’autre ont construit, au fil des années, une collaboration singulière et multiforme. Nous nous saisissons de ces deux actualités pour mettre en lumière la façon dont leurs œuvres se font écho, en particulier à travers Le tango de satan, film et livre qui furent le premier territoire de leur rencontre. Le chercheur en cinéma Damien Marguet, spécialiste de l’œuvre du cinéaste, et Joëlle Dufeuilly, qui a traduit l’ensemble des textes de l’auteur disponibles en français, sont nos invités.

Informations complémentaires

Le Coffret Sátántangó Blu-ray ou DVD (master restauré 4K, version originale sous-titrée français) avec en bonus 3 préfaces de Damien Marguet et Entrez dans la danse ! (Damien Marguet revient sur la genèse de ce film hors norme conçu sur une période de 9 ans et livre différentes grilles de lecture pour aborder cette œuvre clé dans la carrière de Béla Tarr sont disponibles chez Carlotta Films

Béla Tarr, Le tango de satan a paru aux éditions Gallimard

A écouter (59min) sur radiofrance.fr

mardi 30 décembre 2025

Mbougar Sarr: «Dans l’œuvre de Laszlo Krasznahorkai, le style et le fond n’en font qu’un»

"Prix Goncourt 2021, Mohamed Mbougar Sarr est un moderniste convaincu. C’est un admirateur de l’œuvre du prix Nobel hongrois Laszlo Krasznahorkai qui puise son inspiration dans les pratiques d’écriture contemporaines. La fiction expérimentale et puissamment évocatrice des heurs et malheurs de la condition humaine n’a aucun secret pour l’auteur de La plus secrète mémoire des hommes. À l’occasion de la remise du prix Nobel 2025, ce 10 décembre, à Stockholm, RFI a interrogé Mbougar Sarr sur l’art romanesque de Krasznahorkai. Grand entretien. 

RFI : Merci de nous parler de l’œuvre du Hongrois Laszlo Krasznahorkai, prix Nobel de littérature 2025. « Puissants et lucides »: ce sont vos mots dans votre récent article publié dans la revue littéraire En attendant Nadeau pour qualifier cette œuvre. Pourriez-vous revenir sur les circonstances dans lesquelles vous l’avez découverte et nous dire ce qui est “puissant” et “lucide” dans cette œuvre ?

Mbougar Sarr : Je suis très heureux de pouvoir parler de Laszlo Krasznahorkai parce que c'est un auteur que je suis depuis quelques années, disons une grosse dizaine d'années. C’est au milieu des années 2010 que j’ai découvert pour la première fois son nom sur un site de critique littéraire sérieux*, qui déniche souvent des textes rares ou des textes dont on ne parle pas assez dans la presse mainstream. C’est après avoir lu la critique que ce site avait consacrée au très grand roman du lauréat Nobel, La mélancolie de la résistance de Krasznahorkai, que je me suis jeté sur ce titre. J'ai pu ainsi plonger dans l’univers de cet auteur, dans ses phrases, dans son monde.

Son écriture, que j’ai qualifiée dans mon article de « puissante » et de « lucide », est également visionnaire. Il me semble aujourd’hui que c'est l'une des caractéristiques principales de l'œuvre de cet auteur. Son écriture est précisément puissante à cause de sa vision du monde originale et l’esthétique qui la sous-tendent. Si j’ai qualifié cette œuvre de « puissante », c’est aussi à cause de l'empreinte qu’elle dépose dans la mémoire des lecteurs. Les grandes œuvres se reconnaissent à cela. Ce sont des signatures reconnaissables parmi mille. La qualité du récit, l’écriture, le style, tout s’agrège pour contribuer au succès de l’ensemble. En fait, une œuvre littéraire, c’est un tout qui opère comme un tampon sur l'âme et l'esprit de celui qui lit. C’est l’effet que me font les romans de Krasznahorkai." La suite sur rfi.fr

samedi 13 décembre 2025

Krasznahorkai, un prix Nobel entre cinéma et littérature


"L’Académie suédoise a décerné le 10 décembre le Prix Nobel de Littérature 2025 à l’écrivain hongrois László Krasznahorkai, couronné pour « son œuvre fascinante et visionnaire ». Cette œuvre prolifique, entre cinéma et romans, explore les thématiques de la dystopie et de la mélancolie.

László Krasznahorkai est né en 1954 à Gyula, une petite ville du sud-est de la Hongrie, non loin de la frontière roumaine. Après des études de latin et grec puis de droit et lettres à Szeged et Budapest, il travaille plusieurs années dans l’édition avant de s’installer à Szentendre en 1984 pour se consacrer à l’écriture dans un relatif isolement. Ses premières nouvelles sont publiées en 1977, et son premier roman, Le Tango de Satan (1985, trad. fr. Gallimard, 2000), fait immédiatement de lui une figure majeure de la littérature hongroise. Krasznahorkai s’installe à Berlin en 1987. Traduit en allemand dès 1988, en français (1996), en anglais (1998), puis dans de nombreuses langues, il reçoit en 2015 le prestigieux Man Booker Prize, avant le Nobel qui consacre une œuvre ambitieuse.

En France, László Krasznahorkai s’est d’abord fait connaître comme scénariste associé au réalisateur Béla Tarr, notamment pour Sátántangó (1994), un film de sept heures et demie tiré de son premier roman, puis Les Harmonies Weirckhmeister (2000), film issu de son roman La Mélancolie de la résistance (1989, trad. fr. Gallimard, 2006). La séquence d’ouverture quasi muette, en noir et blanc, des Harmonies de Weirckhmeister, autour d’une danse du soleil animée par des hommes éméchés dans un bar glauque et abandonné d’une petite bourgade rurale, souligne la noirceur métaphysique de sa littérature. Celle du film Damnation (1988) évoque dans un autre bar, le Titanic, la vitalité de la misère humaine. Cette collaboration scénaristique de près de 25 ans avec Béla Tarr s’achève avec un dernier film, le Cheval de Turin (2011), où Nietzche devenu fou le 3 janvier 1889 face à la maltraitance d’un cheval par un paysan-cocher, disparaît dans un hors champ pour laisser la place au cheval. À partir d’un court texte de Krasznahorkai, le film se décentre peu à peu pour montrer la relation du paysan-cocher et de sa fille afin d’explorer les thèmes de la solitude et du désespoir." La suite sur telos-eu.com

jeudi 11 décembre 2025

László Krasznahorkai, un Nobel qui parle des anges… faute d’espoir

« Mes réserves d’espoir sont définitivement épuisées, je parlerai donc des anges. » C’est par cette phrase que László Krasznahorkai ouvre sa leçon de Nobel, dans la langue mystérieuse des magyars, prononcée à Stockholm à l’occasion du prix de littérature 2025. Un point de départ radical, à l'image de son oeuvre, où Satan est bien le Maître de la Terre, et où l'absurde dignité est la seule réponse possible.

Récompensé « pour une œuvre puissante et visionnaire qui, au milieu d’une terreur apocalyptique, réaffirme le pouvoir de l’art », l’écrivain hongrois choisit pourtant de se tenir aux franges du désespoir. Sa leçon, construite en trois mouvements — anges, dignité humaine, révolte — dessine un constat d’extrême lucidité.

Des anges sans ailes

Le Hongrois commence par une scène presque burlesque, comme dans la première scène des Harmonies Werckmeister : il affirme qu’il ne se tient pas devant le micro, mais qu’il marche en rond dans « une petite tour » construite en planches de sapin bon marché, à flanc de colline. C’est dans ce lieu précaire qu’il médite sur les anges - mais pas ceux des tableaux de Giotto ou Fra Angelico.

Les « anciens » anges, rappelle-t-il, étaient des messagers, indissociables de la parole divine qu’ils portaient. Ils descendaient vers les humains avec une annonce, un ordre, une promesse. Ils attestaient d’un « en haut » bien réel, structurant notre représentation du monde en un axe clair : au-dessus / au-dessous, le ciel et la terre." La suite sur actualitte.com

samedi 8 novembre 2025

Interview de Viktor Orbán pour la chaîne YouTube Transzilván

Bien sûr que je mange toujours de la puliszka (polenta), et aujourd’hui encore, je ne rentrerai pas chez moi sans avoir goûté aux mici (grillades transylvaniennes). Une bonne soupe csorba, ça, c’est indispensable. Comme si je faisais partie de votre vie quotidienne.

Zoltán Kádár : Je suis ravi de voir que vous vous sentez aussi bien en Transylvanie, même au point de ne pas vouloir rentrer chez vous ! Et je suis sûr que beaucoup seraient heureux si vous restiez ici.

Je resterais volontiers, si seulement mon travail me le permettait.

Bonjour à tous les spectateurs de Mélyvíz sur Transzilván ! Je suis Zoltán Kádár. Notre invité aujourd’hui est Viktor Orbán, Premier ministre de Hongrie. Monsieur le Premier ministre, merci beaucoup d’avoir accepté notre invitation !

C’est moi qui vous remercie pour votre accueil.

Nous sommes ici, à Transzilván. Qu’est-ce que ce mot, Transzilván, évoque pour vous ? Ressentez-vous un « esprit transylvanien » ? Vous êtes venu nous rendre visite à de nombreuses reprises.

Et comment ! La Hongrie, ou disons le monde hongrois, est un univers très varié. Même chez nous, ce n’est pas uniforme. Quand on va en Zala ou en Szatmár, ce sont deux ambiances complètement différentes. Alors bien sûr qu’il existe un esprit transylvanien ! Le grand monde hongrois a sa partie de Voïvodine, celle du Haut-Pays, et bien sûr, sa partie transylvanienne. Donc oui, il y a bel et bien une âme transylvanienne. Et d’ailleurs, je pense que cet esprit dépasse même la communauté hongroise, mais cela, c’est plutôt à vous d’en juger, car à mon sens, même les Roumains le partagent." La suite sur ministerelnok.hu

dimanche 19 octobre 2025

Nobel de littérature László Krasznahorkai, prix Nobel de littérature : «Une rencontre salvatrice» pour sa traductrice française

"Joëlle Dufeuilly raconte sa passion pour la langue hongroise et pour les textes empreints «de compassion, de musicalité et d’humour» signés par l’écrivain qu’elle a découvert en 1996.

«Si je n’étais pas hongrois et que je pouvais choisir ma langue maternelle, je choisirais probablement le hongrois, car une langue aussi fragile et féerique que le hongrois, je n’en connais pas», raconte László Krasznahorkai.

Joëlle Dufeuilly, traductrice française de l’écrivain hongrois, répond à deux questions (posées par elle-même).

1. Pourquoi le hongrois ?

La réponse sera très courte : je ne sais pas pourquoi j’ai choisi d’apprendre le hongrois. Une chose, en revanche, est sûre, je ne le regrette pas. Cette langue est comme un trésor secret que se partagent quelques privilégiés, dont j’ai la chance de faire partie, à travers le monde. Une langue libre, souple, ludique, créative et musicale, qui explique en grande partie la vitalité et la grande qualité et diversité de la littérature hongroise.

2.Pourquoi László Krasznahorkai ?

Ma rencontre avec László Krasznahorkai (l’homme et son œuvre) a eu lieu en 1996, suite à un défi que m’avait lancé mon professeur de hongrois, Thomas Szende, qui, pour me punir gentiment de mon impertinence (je lui avais dit que..." La suite sur liberation.fr (article payant)

Le prix Nobel de littérature absent d'un deuxième festival littéraire pour raisons de santé

Tous droits réservés Matt Dunham/Copyright 2025 The AP. All rights reserved. 

"L'écrivain hongrois, László Krasznahorkai, ne participera pas au Fólio 2025 à Óbidos pour des raisons de santé.

Le lauréat du Prix Nobel de littérature 2025, l'écrivain László Krasznahorkai, ne participera pas au Festival Littéraire International qui se tient à Óbidos jusqu'à dimanche, le 19 octobre.

Selon l'organisation, l'éditeur de l'écrivain a informé que Krasznahorkai, âgé de 71 ans, a dû quitter la ville d'Óbidos "pour des raisons de santé nécessitant une attention immédiate" et "ne pourra pas être présent aux événements et engagements médiatiques auxquels il tenait tant à participer"." La suite sur euronews.com

mercredi 15 octobre 2025

"László KRASZNAHORKAI, écrivain hongrois, Prix Nobel" Amadou Bal BA

"László KRASZNAHORKAI, écrivain hongrois de l’apocalypse, prix Nobel de littérature 2025 postmoderne de la révolte, de l’absurde, du fantastique, ou du grotesque. Disciple de Samuel BECKETT et de Franz KAKFA, son message caché est celui contre toutes les formes d'oppression, de dictature.

«László KRASZNAHORKAI, écrivain hongrois de l’apocalypse, prix Nobel de littérature 2025 postmoderne de la révolte, de l’absurde, du fantastique, ou du grotesque.», par Amadou Bal BA

László KRASZNAHORKAI, né le 5 janvier 1954 à Gyula, dans le sud-est de la Hongrie, vers la frontière roumaine, un écrivain et scénariste hongrois, est le prix Nobel de littérature 2025 pour sa contribution littéraire «fascinante et visionnaire qui, au milieu d'une terreur apocalyptique, réaffirme le pouvoir de l'art». Il a été considéré comme «maître de l’apocalypse» par Susan SONTAG. Dans ce monde fascinant et crépusculaire, une conspiration du détail, les longues phrases de l’auteur, au style ciselé, très fouillé, pleines de digressions et de virgules, mais qui retombent toujours sur leurs pattes, récompensent l’effort de tout lecteur patient et exigeant. «Laszlo Krasznahorkai n’interrompt jamais celui qui lui parle. Il sourit, écoute, hoche la tête, répond. Il ne hausse pas la voix. Il parle d’une constante tonalité sourde et lente, portée par la tendresse de ses yeux. Il parle au même rythme qu’il écrit, en marathonien ou danseur, sans perdre son souffle. Lorsqu’il entame une phrase, on ne sait où celle-ci nous mènera, elle semble partir de rien, un détail, une anecdote, une blague, et s’amplifie petit à petit, charriant une pensée limpide, dépourvue de grandiose, mais pas de magnétisme», écrit Oriane JEANCOURT GALIGNANI." La suite sur blogs.mediapart.fr

 

mardi 14 octobre 2025

Prix Nobel de littérature : Un roman de László Krasznahorkai a inspiré deux opéras

"Le prix Nobel de littérature 2025 a été décerné jeudi dernier à l’écrivain hongrois László Krasznahorkai. Son deuxième roman, La Mélancolie de la résistance, a fait l’objet d’un film et a inspiré les livrets de deux opéras.

C’est « pour son œuvre fascinante et visionnaire qui, au milieu d’une terreur apocalyptique, réaffirme le pouvoir de l’art » que l’écrivain hongrois László Krasznahorkai, 71 ans, a été désigné Prix Nobel de littérature 2025. Son premier roman, Sátántangó (Le Tango de Satan), paru en 1985, avait fait l’objet d’un film, dont certains plans ont été utilisés pour illustrer un clip du Salve Regina d’Arvo Pärt, comme le second La Mélancolie de la résistance (1989 – Gallimard), qui a également inspiré deux opéras.

Le premier de ces opéras, Valuschka, composé par le chef d’orchestre hongrois Peter Eötvös sur un livret de Mari Mezei et Kinga Keszthelyi, suit à la lettre les différents chapitres du roman de László Krasznahorkai dans lequel on voit évoluer, dans une petite ville du sud-est de la Hongrie, Mme Pflaum qui se débat avec une menace jamais nommée, une plongée hypnotique, dans un monde fascinant et crépusculaire." La suite sur radioclassique.fr

Vingt-quatre heures dans Budapest, ou : sur les traces de Krasznahorkai

"Je lève tout de suite le suspense : je n’ai pas trouvé Krasznahorkai. Je ne l’ai pas non plus cherché. Il n’était de toute façon pas à Budapest quand, jeudi après-midi, je suis partie à sa recherche, quelques heures après avoir entendu les deux mots qui ont enchanté une partie de la Hongrie.

Vers 13h03 ce jour-là, je m’attendais presque à ce que les bruits habituels de la ville soient modifiés par l’irruption d’un feu d’artifice, ou le passage de l’armée de l’air, ou des cris de joie ou, que sais-je encore, un grincement plus fièrement littéraire des trams du quartier. Après tout, on a rarement en Hongrie l’occasion de se réjouir collectivement. Evidemment, le vent a continué à souffler dans la même direction qu’avant l’annonce, les chiens à aboyer avec la même conviction profonde de leur bon droit, les passants à avoir les mêmes sujets de conversation téléphonique, les enfants à sortir de l’école toute proche avec le même enthousiasme etc, alors je suis sortie voir en ville, me disant que j’assisterai peut-être au moins à une ruée vers les librairies, que je verrai s’y former des files d’attente plus longue que celles du New York Café le week-end. Le rêve !" La suite sur passagealest.wordpress.com 

lundi 13 octobre 2025

Le Prix Nobel de la littérature 2025 lui a été attribué : Qui est l’écrivain hongrois Laszlo Krasznahorkai ?


"Le prix Nobel de littérature 2025 a été décerné jeudi à l’écrivain hongrois Laszlo Krasznahorkai, dont l’oeuvre explore les thèmes de la dystopie et de la mélancolie. Il succède ainsi à l’écrivaine sud-coréenne Han Kang, devenant la première femme asiatique primée. Le nom de l’écrivain hongrois, revenait depuis plusieurs années dans les conjectures des critiques littéraires. Il est récompensé «pour son œuvre fascinante et visionnaire qui, au milieu d’une terreur apocalyptique, réaffirme le pouvoir de l’art», a expliqué le jury.  

László Krasznahorkai est «un grand écrivain épique dans la tradition d’Europe centrale qui s’étend de Kafka à Thomas Bernhard et se caractérise par l’absurdisme et l’excès grotesque. Mais il a plus d’une corde à son arc et il se tourne également vers l’Orient en adoptant un ton plus contemplatif et finement calibré», selon l’Académie. Outre «la syntaxe ample et sinueuse de Krasznahorkai qui est devenue sa marque distinctive en tant qu’écrivain, son style laisse également place à une certaine légèreté et à une grande beauté lyrique», a estimé l’un des membres du comité de l’Académie suédoise, Steve Sem-Sandberg. «C’est le regard artistique de László Krasznahorkai, entièrement dépourvu d’illusions et capable de percevoir la fragilité de l’ordre social, associé à sa foi inébranlable dans le pouvoir de l’art», qui a motivé la décision du jury, a-t-il  souligné.  «Je suis très heureux, calme et très nerveux à la fois», a-t-il réagi, à chaud, auprès de la radio suédoise SR.  Interrogé après avoir reçu son prix sur sa plus grande source d’inspiration, il a répondu : «L’amertume». " La suite sur elwatan-dz.com

samedi 11 octobre 2025

Club de lecture autour de László Krasznahorkai - Samedi 22 novembre 2025 à 17 h


 6, rue Aubriot 75004 Paris

Venez découvrir ou redécouvrir deux œuvres majeures du lauréat du Prix Nobel de littérature 2025 László Krasznahorkai. Marcel organise un club de lecture autour du « Tango de Satan » (1985) et de « La mélancolie de la résistance » (1989).
On se retrouve le samedi 22 novembre 2025 à 17 h au 6 rue Aubriot, 75004, Paris.
Inscriptions via l’application disponible sur Apple Store et Google Play, via DM ou par mail à contact@marcel-lit.fr
 

Evénement Facebook

László Krasznahorkai, prix Nobel de littérature : « C’est un auteur qui donne le sentiment d’être happé dans son monde »

"Interview - Le prix Nobel de littérature 2025 a été décerné ce jeudi à l’écrivain hongrois László Krasznahorkai. Charlotte Groult, une de ses éditrices en France, nous explique pourquoi il est incontournable.

László Krasznahorkai, âgé de 71 ans, a été récompensé ce jeudi 9 octobre « pour son œuvre fascinante et visionnaire qui, au milieu d’une terreur apocalyptique, réaffirme le pouvoir de l’art », selon le jury Nobel. Né le 5 janvier 1954 à Gyula, dans le sud-est de la Hongrie, il est surtout lu en Allemagne, où il a vécu pendant des années, et en Hongrie, où il est considéré par beaucoup comme l’un des plus importants auteurs vivants du pays. Mais il n’est pas pour autant un inconnu en France, où il compte un important public d’aficionados, qui suivent attentivement les parutions, depuis quinze ans, des éditions Cambourakis. Charlotte Groult, une de ses éditrices en France, décrypte pour « le Nouvel Obs » l’œuvre de celui que Susan Sontag avait qualifié de « maître de l’apocalypse ».

Comment avez-vous découvert László Krasznahorkai ?

Charlotte Groult Notre histoire avec László Krasznahorkai commence avant même la création des éditions Cambourakis. Frédéric Cambourakis, son fondateur, a exercé le métier de libraire et était particulièrement féru de littérature hongroise, que ce soit la littérature classique du début du XXᵉ siècle ou la littérature contemporaine. Il avait lu les deux premières œuvres de Krasznahorkai traduites en France et publiées par Gallimard : « Tango de Satan » (2000) et « la Mélancolie de la résistance » (2006). Il savait par l’intermédiaire de la traductrice Joëlle Dufeuilly qu’il n’y avait pas de nouveau projet de traduction en cours. László Krasznahorkai lui est resté constamment à l’esprit. Cinq ans après leur création, les éditions Cambourakis publiaient « Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par des chemins, à l’est par un cours d’eau » (2010), troisième roman de l’auteur à être publié en France." La suite sur nouvelobs.com

Qui est László Krasznahorkai ? Portrait du Nobel de littérature 2025

"Par son style si caractéristique — des phrases-paragraphes s’étalant sur plusieurs pages —, son rythme imposé — celui du monologue intérieur porté à l’écran par Béla Tarr — et l’affrontement qu’il met avec les thèmes de l’apocalypse et du faux messie dans le monde de Peter Thiel et Viktor Orbán, le prix Nobel de littérature 2025 est au cœur des questionnements du contemporain.

Une citation du prix Nobel de littérature 2025 László Krasznahorkai 1, mise en bandeau lors de la sortie du roman Le Baron Wenckheim est de retour 2, indiquait que l’auteur hongrois estimait avoir toujours écrit le même livre.

Considéré comme son chef d’œuvre, ce roman reprenait en effet un grand nombre de thèmes centraux dans ses récits. Le résumé succinct de l’intrigue montre un lien très net avec Tango de Satan 3 : annonce du retour d’un personnage mythifié dans un petit village (Irimias / Wenckheim), branle-bas de combat dans ce village pour préparer son arrivée avec un enthousiasme délirant, le personnage étant attendu comme le rédempteur, celui qui va résoudre tous les problèmes (en l’occurrence ceux de cette « décharge à ciel ouvert qu’est la Hongrie », selon le mot de celui qui convainc Wenckheim de le prendre pour secrétaire) ; ce même branle-bas de combat se passe très mal, après quoi on découvre le « rédempteur » mal à l’aise avec cette idée de rédemption, trouvant toute cette agitation très mal à propos, voire se fichant pas mal de tous ces imbéciles qui l’accueillent en messie.

Une « scène du train » — de Vienne à Budapest — évoque quant à elle la première partie de La Mélancolie de la résistance 4 ; « le professeur » vivant dans un cabanon après avoir quitté toute vie sociale par misanthropie est un type récurrent dans l’œuvre de Krasznahorkai ; les grands discours tenus par des personnages médiocres dans des lieux publics (bars, trains, rues) sont aussi des moments classiques de ses récits ; enfin, les bandes mafieuses sont un thème récurrent.

Alors, si certains motifs reviennent de manière lancinante, de quoi parle au fond Krasznahorkai ?" La suite sur legrandcontinent.eu

Nobel de littérature 2025 : “László Krasznahorkai est l’auteur le plus dur que j’ai eu à traduire”

"Voilà trente ans que Joëlle Dufeuilly traduit en français les phrases “coulées de lave” de l’auteur hongrois. Elle revient sur l’évolution de cette écriture et de leur collaboration, alors qu’elle planche actuellement sur le prochain roman de l’écrivain.

our les lecteurs français, l’œuvre de László Krasznahorkai est indissociable de Joëlle Dufeuilly, sa traductrice de toujours. Elle se remémore le début d’une relation littéraire et amicale qui s’est nouée à la fin des années 1990, point de départ d’une œuvre commune longtemps restée confidentielle en France.

Quelle a été votre réaction en apprenant l’attribution du prix Nobel de littérature 2025 à László Krasznahorkai ?Les voisins ont dû penser que j’étais devenue folle car j’ai hurlé ! À vrai dire, je ne m’y attendais pas — j’ai tout fait pour ne pas être déçue. J’avais réellement cru au Nobel il y a deux ans, en 2023, qui avait finalement été décerné au..." La suite sur telerama.fr (article payant)

Nobel de littérature. Laszlo Krasznahorkai, conteur hongrois du désespoir

Credit...Chester Higgins Jr./The New York Times

"Sacré le 9 octobre 2025, l’écrivain né en 1954 a publié ses premiers romans dans une Hongrie communiste en pleine déliquescence. Peintre magistral d’un monde en train de s’effondrer, il a su donner à son œuvre une portée universelle qui justifie son prix Nobel, écrit Robert Bak, un chroniqueur du site d’information hongrois “Telex”.

Que le prix Nobel de littérature soit décerné cette année à Laszlo Krasznahorkai semble à la fois inattendu et évident, particulièrement du point de vue des lecteurs hongrois. Le fait que son œuvre figure depuis longtemps parmi les réalisations les plus importantes de la littérature mondiale contemporaine, avec un talent rarement égalé, pesait en faveur de ce choix. Mais qu’il écrive dans une langue comme le hongrois, parlée par à peine 15 millions de personnes, risquait de le désavantager.

Depuis longtemps, je partageais l’espoir de beaucoup que le premier argument l’emporterait, et que l’écrivain né à Gyula [à la frontière avec la Roumanie] serait bientôt récompensé. Aujourd’hui, à la plus grande joie de tout le milieu de la culture hongroise, les Suédois [ou plus exactement les membres de l’Académie suédoise des Nobel] ont, eux aussi, reconnu la grandeur de Krasznahorkai.

Des phrases tirées vers l’infini

En parcourant cette œuvre impressionnante, s’écrivant depuis déjà quatre décennies, on remarque immédiatement que son auteur s’est révélé dans toute sa splendeur dès son premier roman, publié en 1985. Tango de Satan [traduit en 2000 chez Gallimard] est une création parfaite, y compris au regard des critères de la littérature mondiale. Je serais bien en peine de..." La suite sur courrierinternational.com (article payant)

vendredi 10 octobre 2025

Prix Nobel de littérature, Laszlo Krasznahorkai est l’écrivain d’un monde qui bascule dans la folie

L’auteur hongrois Laszlo Krasznahorkai, récipiendaire du Prix Nobel de littérature 2025. Budapest, 11 janvier 2012. — © Gyula Czimbal / keystone-sda.ch

"Le jury du Nobel a eu la main heureuse en primant l’immense écrivain hongrois, également scénariste pour le réalisateur Béla Tarr. Une œuvre exigeante qui réunit dans une même transe de carnaval Jérôme Bosch et Franz Kafka.

En choisissant Laszlo Krasznahorkai pour le Prix Nobel de littérature 2025, l’Académie suédoise consacre un géant des lettres hongroises et européennes, très largement traduit et primé, notamment par le Man International Booker Prize en 2015. Son nom revenait depuis plusieurs années parmi les écrivains nobélisables. Le jury a déclaré primer une œuvre «fascinante et visionnaire qui, au milieu d’une terreur apocalyptique, réaffirme le pouvoir de l’art». Après Imre Kertész en 2002, Laszlo Krasznahorkai est le deuxième écrivain hongrois à être distingué par le Nobel.

S’il fallait d’une image traduire son univers littéraire, vaste comme la Puszta, les immenses plaines à l’est du Danube, on pourrait dire qu’il s’agit de la rencontre entre Jérôme Bosch et Franz Kafka. Les humains embarqués sur la Nef des fous des régimes totalitaires ou d’une modernité déshumanisante, fonçant vers des lendemains d’apocalypse: tel est le souffle volontiers grotesque, absurde, qui parcourt une œuvre commencée au milieu des années 1980, immédiatement reconnaissable par ses phrases fluviales, «une lave de mots», comme disait son ami Imre Kertész. Depuis les années 2000, toute l’œuvre de Laszlo Krasznahorkai est remarquablement traduite en français par Joëlle Dufeuilly." La suite sur letemps.ch