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mercredi 29 juillet 2026

"Blue Heron" de Sophy Romvari s'aventure en terre adolescente


"[CRITIQUE] Le Festival du film social aura lieu du 5 au 8 octobre 2026 dans une soixantaine de villes. Alain Lopez, président de l’association La 25e image, organisatrice de cet événement né de la mobilisation des centres de formation en travail social, livre pour ASH sa perception du premier long métrage de cette réalisatrice canado-hongroise.

Combien de films ne font qu’effleurer l’écorce épaisse du réel que les plus présomptueux entendent saisir à pleines mains ! Leur flux paraît intarissable, aspiré par un tourbillon toujours plus rapide. Et là, un événement qui tient du miracle, la logorrhée cinématographique s’interrompt.

Oubliées les histoires plus ou moins palpitantes, les héros admirables, les dialogues bien sentis alternant rires et émotions, les éclats de voix et les grimaces passant pour de la sincérité. Juste les regards d’une petite fille, la réalisatrice enfant,..." La suite sur ash.tm.fr (article payant)

lundi 18 mai 2026

"Moulin" de Lászlo Nemes au Festival de Cannes : les derniers jours d'un héros national avec Gilles Lellouche en chef de la Résistance

"Le réalisateur hongrois oscarisé en 2016 pour "Le Fils de Saul", revient en sélection officielle avec un drame historique très attendu. Centré sur les derniers jours de la vie de Jean Moulin et sa confrontation avec le chef de la Gestapo Klaus Barbie, le film a été salué par une longue ovation. 

Auréolé du Grand Prix du Festival de Cannes en 2015 pour Le Fils de Saul, son premier long métrage, le réalisateur hongrois László Nemes, 49 ans, revient en sélection officielle avec ce quatrième film, Moulin, le premier qu'il n'ait écrit lui-même. Dans le rôle de Jean Moulin, Gilles Lellouche fait face au comédien allemand Lars Eidinger, qui incarne Klaus Barbie.

À la fin de la projection dans le Grand Théâtre Lumière, dimanche 17 avril, l'acteur allemand s'est tourné vers son partenaire français pour le serrer dans ses bras, sous les bravos du public debout. Un beau moment. Le contraste était saisissant entre l'Allemand, en costume blanc, une collerette autour du cou, et le Français, en smoking noir et nœud papillon. Deux tenues aux antipodes, comme leurs personnages dans le film." La suite sur franceinfo.fr

En compétition Cannes 2026 : «Moulin» de László Nemes, l’heure est brave

"Non sans pesanteurs formelles et narratives, le beau film du cinéaste hongrois sur les dernières semaines du résistant repose presque intégralement sur la performance intériorisée de Gilles Lellouche.

Dimanche, elle est de retour, sur les ruines des avis tranchés : la critique en zigzag, en boucle, en manque de sommeil mais pas d’amour. Onze ans après un début à Cannes aussi applaudi que controversé avec son premier film le Fils de Saul – immersion dans le camp d’extermination d’Auschwitz aux basques d’un déporté juif enrôlé dans le Sonderkommando, fort détestée par Libé en son temps –, le Hongrois László Nemes est de retour au Festival, en compétition et en copie 35 mm s’il vous plaît, avec Moulin : un récit des dernières semaines de la vie du chef de la Résistance intérieure française, avant et après son arrestation fatale à Caluire en juin 1943, avec Gilles Lellouche dans le titre-rôle et Lars Eidinger dans celui de son tortionnaire Klaus Barbie. Nemes comptant parmi les héritiers contemporains d’un cinéma pas léger (sa page Wikipédia mentionne pour influences principales le KAMBT, pentacle des cinéastes sur-modernes Kubrick, Antonioni, Malick, Bergman et Tarkovski), même si on pouvait trouver au Fils de Saul..." La suite sur liberation.fr (article payant)

mardi 31 mars 2026

Critique «Kaddish, la femme chauve en peignoir rouge», pièce d’identités

"Dans une mise en scène riche et maîtrisée, Margaux Eskenazi questionne sa judéité en dialogue avec l’œuvre de l’écrivain hongrois Imre Kertész et souligne une identité en mouvement.

Que signifie être juif ? Alors que les extrêmes droites européennes réécrivent le passé, jouant sans vergogne la partition révisionniste, face au retour d’un antisémitisme décomplexé et aux instrumentalisations de celui-ci, cette interrogation existentielle avait tout d’un terrain miné. Pas de quoi effrayer pour autant Margaux Eskenazi qui ne cesse de confronter son théâtre au long cours aux enjeux politiques les plus épineux de l’époque. Après son triptyque consacré aux amnésies coloniales, la metteuse en scène ouvre un nouveau chantier de recherche pour questionner sa judéité en dialogue avec l’œuvre d’Imre Kertész.

Couches narratives enchâssées jusqu’au vertige

Dans Kaddish, la femme chauve en peignoir rouge, ce dialogue n’est pas seulement métaphorique. Convoqué sous la forme d’un dibbouk (âme errante) attaché au personnage de Rosa – double de l’autrice –, l’écrivain hongrois débarque en chair et en os. La polysémie de cette figure offre une image en miniature de la richesse du travail de Margaux Eskenazi. A elle seule, celle-ci a le pouvoir de nous plonger immédiatement dans la culture populaire ashkénaze, d’incarner, sans avoir à la souligner didactiquement, l’actualité des romans de Kertész, lui qui, revenant sans cesse à l’expérience concentrationnaire pensait «plutôt à l’avenir qu’au passé».

Elle officie aussi comme une porte dérobée qui permet aux six comédiens de glisser, en toute fluidité, d’un rôle à l’autre, d’une couche narrative à la suivante. Enchâssées jusqu’au vertige, ces dernières sont au..." La suite sur liberation.fr (article payant)

dimanche 15 mars 2026

«L’ivresse de la violence»: la mémoire vive des Hongrois


"Depuis 2005, à Budapest, sur les bords du Danube, on peut buter sur une série de chaussures en bronze. Un mémorial qui rappelle les milliers de victimes — surtout juives — assassinées par les miliciens des Croix-Fléchées pendant leur court règne de terreur à l’hiver 1944-1945.

Pris en étau entre les nazis et l’Armée rouge, le gouvernement hongrois en déroute avait cédé le pouvoir à ce parti politique « hungariste », fasciste, proallemand et férocement antisémite.

L’ivresse de la violence, troisième roman, troublant, de Gábor Zoltán, écrivain hongrois né en 1960, immerge les lecteurs dans la violence commise par les gens « normaux » qui ont participé à ces exactions." La suite sur ledevoir.com

jeudi 12 mars 2026

Notre critique d’Orphelin : Budapest, année zéro

CRITIQUE - Laszlo Nemes évoque avec une préciosité anachronique la capitale hongroise traumatisée par l’insurrection de 1956. Un adolescent en mal de père est au cœur de ce drame.

Orphelin ? Pas vraiment. Andor a une mère. Il l’a retrouvée en 1949, à sa sortie de l’orphelinat. Klara, qui est juive, avait passé la guerre cachée à la campagne, son mari étant parti pour les camps. En 1957, Andor a 12 ans. Budapest se relève à peine de l’insurrection des étudiants qui a été réprimée par les chars russes. Le gamin se demande où est passé son père. Klara ne l’évoque qu’avec embarras. Elle travaille dans une épicerie désormais tenue par une solide stalinienne. Dans une chaufferie souterraine, le jeune héros s’adresse à son papa absent avec un ton de prière. Dehors, la ville semble peuplée de fantômes. Des enfants jouent au football dans des terrains vagues. Une menace plane, permanente. 

Klara se débrouille comme elle peut, accepte les compromissions avec le pouvoir, supporte l’humiliation. Le moyen d’agir autrement ? Avec son fils, les rapports sont tendus. Au fond, ils ne se connaissent pas. Elle a trop de secrets. Le fossé se creuse encore avec cet étranger qui..." La suite sur lefigaro.fr (article payant) 

jeudi 19 février 2026

ORPHELIN de László Nemes : la critique du film

Nom : Arva
Père : László Nemes
Date de naissance : 11 mars 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : Hongrie
Taille : 2h13 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de Famille : Bojtorján Barabas, Andrea Waskovics, Grégory Gadebois…

Signes particuliers : Exigeant au départ, fascinant ensuite.

Synopsis : Budapest 1957, après l’échec de l’insurrection contre le régime communiste. Andor, un jeune garçon juif, vit seul avec sa mère Klara qui l’élève dans le souvenir de son mari disparu dans les camps. Mais quand un homme rustre tout juste arrivé de la campagne prétend être son vrai père, le monde d’Andor vole soudain en éclats…

L’ODYSSÉE D’UNE QUÊTE IDENTITAIRE
NOTRE AVIS SUR ORPHELIN

László Nemes tourne peu mais bien. Depuis le choc de son Fils de Saul il y a dix ans, le cinéaste hongrois n’a sorti qu’un seul long-métrage, le formidable Sunset en 2018. 2026 sera son année la plus productive puisqu’il proposera deux nouveaux films, l’attendu biopic sur Jean Moulin avec Gilles Lellouche à l’automne, et en attendant cet Orphelin, une fresque dramatique présentée à la dernière Mostra de Venise.

Dans le Budapest de 1957, peu après la tentative d’insurrection de la ville contre la domination soviétique, un jeune adolescent juif découvre qu’il n’est pas le fils d’un disparu des camps de concentration dont il attend et espère le retour depuis toutes ces années. Son véritable géniteur serait ce goy rustre qui déboule un jour avec son side-car. Boucher de métier, il aurait caché sa mère pendant la guerre. Le monde d’Andor vole alors en éclats à mesure que l’intrus tente de s’imposer dans sa vie…" La suite sur mondocine.net

samedi 10 janvier 2026

Chair, de David Szalay : étranger au monde


"CRITIQUE - De sa Hongrie natale à l’Angleterre, l’ascension et la chute d’un garçon fruste et taiseux. Impressionnant.

Un roman, Ce qu’est l’homme  (2018), nous avait alertés sur l’étrangeté de l’univers de cet auteur né à Montréal en 1974, élevé à Londres, vivant entre Budapest et Vienne et écrivant en anglais.

Étrangeté du sujet : choisir d’évoquer les destins d’hommes âgés de 17 à 73 ans, de toutes nationalités, portraiturés dans leur solitude et leur banalité, sur une période courte. Au final, ce livre qui ressemblait davantage à un collage de neuf nouvelles qu’à un roman proprement dit offrait un bel échantillon de la masculinité européenne du moment. Pas de quoi pavoiser !

Avec Chair, qui vient de remporter le prestigieux Booker Prize, c’est comme si David Szalay avait souhaité ajouter un dixième homme à sa palette. Mais, au lieu de le suivre sur une période courte, il s’emploie à en décrire l’existence de ses 15 ans à l’âge mûr.

Si l’idée était de montrer la manière dont un garçon, devenu homme, est le jouet de son destin, c’est réussi. Le romancier nous invite à regarder son Istvan subir..." La suite sur lefigaro.fr (article payant)

mardi 23 décembre 2025

L’éternité et un livre


"En racontant, au jour le jour, le cancer qui allait l’emporter en juillet 2016, le grand écrivain hongrois Péter Esterházy dépasse le strict journal intime ou le récit de la maladie, pour penser la vie à l’aune de l’expérience de la littérature et invente une forme nouvelle d’autobiographie. Son Journal intime du pancréas s’impose comme un livre d’une grande force qui désarçonne, brouille les repères et semble se nourrir de sa propre matière.

La franchise impose de le dire d’emblée : lire l’ultime livre de Péter Esterházy constitue une épreuve. Primo, on n’aborde pas comme les autres le dernier texte d’un grand écrivain qui sait qu’il va mourir. Surtout quand son sujet s’avère être le cancer qui l’emporte. Secundo, les livres sur la souffrance, la maladie, le désarroi de la disparition, renvoient le lecteur à un inconfort existentiel qui s’apparente presque à un tabou. Sans oublier la crainte des clichés ou du larmoiement qui accompagnent souvent les entreprises de le raconter. Tertio, on peut se méfier un peu de la forme diariste, de l’annonce d’un dernier texte qui paraît en français avec dix ans de décalage, sorte de syndrome du fond de tiroir ou du texte qui clôt sans la clore une œuvre qui a souvent résisté au partage de soi-même.  

Et disons-le, aussi clairement que possible : l’écrivain, malgré les aléas de la maladie, contrevient à toutes ces craintes, s’en jouant avec lucidité et distance. Son livre servant en quelque sorte à les métaboliser, à les intégrer à un système narratif qui s’emploie à décrire « la beauté de la vie », à penser sa circonstance pour la dépasser, pour comprendre quelque chose de ce qui porte la vie en en affrontant la finitude. Et c’est cela qui fait de ce livre un récit de soi, de ce qu’Esterházy appelle sa « situation », une « autobiographie » étrange et audacieuse. Un livre qui, à partir de la maladie, réfléchit l’existence, la réduction de sa perspective, mais aussi les choix que l’on fait, les gestes qui nous touchent, les livres qui reviennent à l’esprit ou qui nous aident à penser et à vivre, qui nous font résister." La suite sur en-attendant-nadeau.fr

samedi 30 décembre 2023

Sándor Márai, la vie qui résiste

Sándor Márai | Journal. Les années d’exil (1968-1989). Trad. du hongrois par Catherine Fay. Albin Michel, 555 p., 25 €

"par Gabrielle Napoli

Le troisième et dernier tome de la traduction en français d’extraits choisis du Journal de Sándor Márai (1900-1989) couvre les vingt dernières années d’un écrivain majeur du XXe siècle, l’un des principaux auteurs hongrois lus en France. De 1968 à 1989, sa vie se partage entre Salerne et San Diego où il met fin à ses jours en 1989, quelques mois avant la chute du Mur de Berlin et trois ans après la disparition de son épouse, L. On ne peut que se féliciter de ce travail colossal qui permet au lecteur francophone de compagnonner avec le vif et impitoyable Márai à qui peu de choses échappent. Ces trois volumes donnent au passage une idée de ce que peuvent représenter les dix-huit du Journal publiés aux éditions Hélikon, à Budapest. Il fallait la passion et la patience de deux grands passeurs de la littérature hongroise, Catherine Fay et András Kányádi, pour que cette immense entreprise aboutisse. Immense tant au point de vue du choix des extraits qu’à celui de la traduction et de l’accompagnement du texte.

C’est entre l’Europe et l’Amérique que se déroulent les dernières décennies de la vie de Sándor Márai, ces années d’un exil entamé dès 1948, lorsque l’écrivain et son épouse quittent la Hongrie pour émigrer en Suisse, puis s’établissent à Naples avant de s’installer à New York en 1952. En 1967, année à laquelle débute ce troisième volume français du Journal, le couple revient en Europe, à Salerne, alors que János, leur fils adoptif, est resté en Amérique. Ces décennies sont traversées par une interrogation récurrente : où est-on chez soi ? Márai oscille entre deux pôles, l’Amérique et l’Europe, mais, en Europe même, il oscille aussi, entre l’Est et l’Ouest. Kassa, ville natale de l’écrivain, surgit au gré des souvenirs, plus présente peut-être au fur et à mesure que la vieillesse s’installe." La suite sur en-attendant-nadeau.fr

samedi 14 janvier 2023

Iván Fischer dans Bruckner : l’âge ne fait rien à l’affaire


"Bien qu’ayant attendu l’âge de la maturité pour aborder la mythique Symphonie n° 9 d’Anton Bruckner, Iván Fischer, à la tête de son Budapest Festival Orchestra, déçoit par la fadeur de son interprétation.

aura attendu sa 70e année (âge du compositeur au moment de la composition) pour affronter la prodigieuse Symphonie n° 9 d’ : ultime étape symphonique du compositeur de Saint Florian, monumentale, inachevée, testamentaire et récapitulative, élevée à la gloire de Dieu, qui suppose maturité et spiritualité pour ne s’offrir qu’aux plus grands chefs capables d’assumer la profondeur d’un propos résumé à trois mouvements « comme Dieu l’a voulu » …

Après une Symphonie n° 7 (2014) saluée par la critique, Iván Fischer remet une nouvelle fois Bruckner sur le métier avec cette Symphonie n° 9 dont l’interprétation, avouons-le, n’apporte pas grand-chose à une discographie pléthorique comportant déjà de nombreuses références, dominée par Jochum, Wand, sans oublier Abbado à Lucerne, Giulini à Chicago, Haitink à Amsterdam, Karajan à Vienne, Blomstedt à Leipzig, Rattle à Berlin, Thielemann à Dresde et Celibidache à Munich …" La suite sur resmusica.com

Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n° 9 en ré mineur. Budapest Festival Orchestra, direction : Iván Fischer. 1 SACD hybride Channel Classics. Enregistré en mars 2021 au centre des congrès de Budapest. Notice en anglais, français et allemand. Durée : 55:33 

jeudi 19 mai 2022

Dans « Evolution », Kornel Mundruczo filme le poids de l’empreinte génocidaire

"Le cinéaste hongrois s’attache avec délicatesse à essayer de comprendre comment l’on vit avec le souvenir familial de l’horreur de la Shoah.

Kornel Mundruczo, réalisateur hongrois reconnu sur la scène internationale, auteur de films souvent insolites et malaisants (Delta, White God, Pieces of a Woman), poursuit dans Evolution sa collaboration avec sa scénariste Kata Weber, cocréditée pour la première fois à la réalisation. L’histoire appartient de fait à cette dernière, puisqu’elle est inspirée de celle de sa propre mère. Il s’y agit, pour aller à l’essentiel, de la transmigration générationnelle du récit a priori le plus intransmissible qui soit : celui de la déportation dans les camps nazis.

Le film est ainsi scindé en trois tableaux. Le premier, extrêmement impressionnant, quasiment sans paroles, fruit d’une vision fantasmée dont on aura l’explication plus tardivement, est celui de la découverte, dans une chambre à gaz, d’un bébé encore vivant à la libération du camp par l’armée soviétique. De longs plans, à la limite du supportable quand on commence à comprendre où l’on se trouve, sur le sinistre mouroir lavé à grandes eaux par trois hommes impavides, avec ses filets d’eau marronnasses, ses touffes de cheveux incrustées dans les murs et les anfractuosités du sol, qu’on extrait lentement en longues nattes noires, ses traces d’ongles sur les murs, et cet enfant à moitié improbable, à moitié inanimé, tiré des enfers et ramené à la vie sous le ciel blafard.

Âpre et sans concession

La fillette s’appelle Eva, on la retrouve dans le deuxième tableau bien des années plus tard, devenue une vieille femme à moitié sénile, en pleine dispute avec sa fille, Lena. Scène de vie familiale juive dans un appartement de Budapest, façon « kammerspiel » empoisonné, où il ne saurait être question que du traumatisme subi par la mère, à quoi tout, toujours, se ramène quand sa fille voudrait quitter la Hongrie et s’installer à Berlin.

C’est dans cette ville que se tient le troisième tableau, dont le protagoniste principal est le jeune adolescent Jonas, fils de Lena, troisième génération de l’empreinte génocidaire, persécuté à l’école parce que différent des jeunes Allemands, mais qui va habilement passer un pacte semi-amoureux avec une autre paria, une fillette turque au tempérament bien trempé. Jonas passera-t-il outre la sourde malédiction familiale ? Sortira-t-il enfin vivant du ventre de la baleine ? Voici la question, si délicate, si compliquée à circonscrire, à quoi s’attache ce film âpre et sans concession, qui voudrait donner à comprendre comment on peut porter dans la vie le poids tragique d’événements qu’on n’a pourtant jamais vécus." La suite sur lemonde.fr (article payant)

jeudi 17 mars 2022

L'Histoire de ma femme : "À la fin du tournage, Léa Seydoux et moi étions en larmes"

"Nouveau film d'Ildikó Enyedi, L'Histoire de ma femme raconte la folle histoire d'amour entre un marin et une mondaine dans les années 1920. Ce long-métrage porté par Léa Seydoux, Gijs Naber et Louis Garrel sort aujourd'hui au cinéma.

Adaptation du roman du même nom paru en 1942 de l'écrivain hongrois Milán Füst, L'Histoire de ma femme est le nouveau film de la réalisatrice hongroise Ildikó Enyedi. L'Histoire de ma femme raconte les joies, les peines, les découvertes et les désillusions d'un couple atypique. Lui, Jakob, est capitaine au long cours néerlandais. Elle, Lizzy, est une mondaine parisienne. Leur histoire d'amour démarre dans les années 1920 sur un défi fou : Jakob fait un pari avec un ami dans café, celui d'épouser la première femme qui en franchira le seuil et cette femme c'est Lizzy, un être mystérieux, libre et indépendant.
Aujourd'hui en salle, le long-métrage est porté par un trio de choc : Léa Seydoux, Gijs Naber et Louis Garrel. AlloCiné avait pu s'entretenir avec la réalisatrice Ildikó Enyedi et l'acteur Gijs Naber au Festival de Cannes où le film était présenté en Compétition officielle.
AlloCiné : Ildikó, vous avez choisi d’adapter le roman de Milán Füst parce qu’il a eu une place majeure dans votre adolescence. Pourquoi vous a-t-il autant marqué ?" La suite sur allocine.fr

« L'Histoire de ma femme » : Léa Seydoux et l'homme à la mer

Léa Seydoux et Gijs Naber dans la superbe lumière de « L'Histoire de ma femme ». (©Pyramide Films)

"La réalisatrice hongroise Ildikó Enyedi filme l'amour d'un marin et d'une Parisienne à la fin du XIX e  siècle. Une splendeur.

Dans les fumées d'un café, Jakob, ce vieux loup de mer, lance un défi à son compère. « J'épouserai la première femme qui passera cette porte. » Lizzy s'assoit dans un coin et allume une cigarette. Jakob s'approche et la demande en mariage. Elle lève les yeux, le jauge… et accepte. C'est peut-être la plus belle scène que l'on puisse actuellement voir au cinéma." La suite sur lesechos.fr

mardi 15 mars 2022

Notre critique de L’Histoire de ma femme: le déshonneur d’un capitaine


"CRITIQUE - La Hongroise Ildiko Enyedi adapte avec souffle le roman de son compatriote Milan Füst. Léa Seydoux et Gijs Naber sont parfaits en couple qui se désire puis se déchire.

On parie? Jakob épousera la première femme à entrer dans ce café. Son copain hausse les épaules. Son scepticisme ne durera pas: après une fausse alerte, Léa Seydoux pousse la porte. Le capitaine de navire lui demande sa main. Elle est d’accord. Telles étaient les rencontres, dans les pays nordiques, au cours des années 1920. Lizzy, c’est quelque chose. Cette Française pourrait sortir d’un roman de Fitzgerald, avec son sourire en Technicolor, sa chevelure auburn, et l’air de celle qui en a vu d’autres. Banco. L’avenir ne lui fait pas peur. Il faut la voir danser le fox-trot - un tourbillon de sensualité. Jakob en reste bouche bée. Il n’est pas au bout de ses surprises." La suite sur lefigaro.fr

jeudi 17 février 2022

« La Hongrie sous Orban », un livre pour comprendre la Hongrie d’aujourd’hui

"Critique
L’ouvrage collectif, écrit sous la direction de Corentin Léotard, rédacteur en chef du Courrier d’Europe centrale et correspondant de La Croix à Budapest, présente l’état de la Hongrie à un mois et demi des élections générales, le 3 avril.

Que sait-on de la Hongrie et des Hongrois ? Les uns gardent en tête un week-end à Budapest, les thermes, les rives du Danube. Les amateurs de politique ont retenu le nom de l’actuel premier ministre, Viktor Orban, l’enfant terrible de l’Europe, chantre de la démocratie illibérale, pointé du doigt par Bruxelles pour ses dérives autocratiques.

« Je crois que maintenant tout le monde sait qui je suis », a-t-il lâché samedi 12 février alors qu’il se lançait officiellement dans sa campagne des législatives, paraphrasant le « Vous me connaissez » d’Angela Merkel. La profondeur du pays magyar, elle, reste largement méconnue. La Hongrie sous Orban se charge de faire d’utiles présentations, à un mois et demi des élections générales, le 3 avril." La suite sur la-croix.com


 

mardi 25 janvier 2022

Sundance 2022 / Compétition World Cinema Dramatic - Critique : Gentle

"Cela valait la peine de souffrir autant. Cela vous réconcilie avec tout." Dans l’univers du culturisme, la quête de la performance prend des proportions totalement hors normes. Musculation à outrance, diète ascétique (les concurrents des compétitions mondiales ont perdu en moyenne 74% de la masse grasse de leurs corps très sévèrement déshydratés) et coûteuse batterie médicamenteuse plus ou moins licite (des stéroïdes anabolisants aux compléments alimentaires) : une permanente obsession de la perfection dans la démesure est à l’œuvre dans l’ombre du quotidien afin de sculpter son apparence et de briller le jour J sous les projecteurs et les applaudissements. C’est sous ce joug et dans ces rêves de gloire que vivent la blonde Edina (Eszter Csonka) et son coach Ádám (György Turós), les deux protagonistes de l’intense Gentle [+] des Hongrois László Csuja (son second long de fiction après Blossom Valley [+], primé en 2018 à Karlovy Vary) et Anna Nemes, dévoilé au Festival de Sundance, dans la compétition World Cinema Dramatic." La suite sur cineuropa.org

mardi 19 octobre 2021

Critique - L'odyssée africaine de Josef Nadj

 Les Interprètes font feu de tout bois : danses de la terre ou urbaines, rondes apaisées ou pas de deux fraternels. (© Severine Charrier)

"Le franc-tireur Josef Nadj signe un retour en grâce avec son ballet « Omma », créé aux Nuis de Fourvière et aujourd'hui à l'affiche de la MC93 de Bobigny. Une chorégraphie au masculin, débarrassée d'artifices, forte de huit danseurs virtuoses du continent africain.

On ne mesure pas toujours ce que la danse doit aux années 1980, en France. Une nouvelle vague déferlait et de multiples écritures chorégraphiques avec. Celle de Josef Nadj tenait autant du théâtre dansé que des arts plastiques, sa formation initiale aux Beaux -Arts de Budapest. Dès sa première pièce, « Canard Pékinois », Nadj imposa une danse très physique teintée d'absurde. Les scénographies de plus en plus complexes se jouaient de trappes et autres effets spéciaux. Il restera dix ans à la tête du Centre chorégraphique d'Orléans. Une invitation au festival d'Avignon en 2006, où il donne notamment « Paso Doble » avec le plasticien Miquel Barcelo, sera vue comme un couronnement.

Depuis on a pris des nouvelles de son travail par intermittence. « Omma », créé dans le plein air des Nuits de Fourvière en juin dernier, marque un changement dans la continuité. Réunissant huit danseurs du continent africain, le spectacle se présente dans le plus simple appareil. Pas de décor, juste le mouvement. La bande-son faite de bruitage ou de froissements donne un relief particulier. Une heure durant, le spectateur traverse des paysages chorégraphiques mouvants." La suite sur lesechos.fr

jeudi 15 juillet 2021

Rabibochages - «L’Histoire de ma femme», je vous déclare pari et femme

"En adaptant l’histoire d’un marin qui pour un jeu épouse la première femme qui passe, Ildikó Enyedi nous plonge dans trois heures de crises conjugales enrobées d’académisme inerte.

Drôle de pedigree cannois que celui d’Ildikó Enyedi. Signature parmi les moins identifiées à concourir cette année pour la palme, elle débarque pourtant en compète auréolée d’une antériorité de revenante que nul n’attendait plus : son tout premier film, Mon XXe siècle, avait ravi la caméra d’or en 1989. Depuis, la carrière de la cinéaste hongroise, 65 ans, a connu d’énormes éclipses, n’accouchant que d’une poignée de longs métrages, et même aucun entre 1999 et 2017, quand elle resurgit et remporte l’ours d’or de la Berlinale avec l’insipide Corps et âme." La suite sur liberation.fr (article payant)

samedi 10 juillet 2021

Brahms, Orchestre du Festival de Budapest


"Deux chefs qu’on attendait beaucoup dans Brahms, Herbert Blomstedt et Ivan Fischer, déçoivent à divers titres dans leurs récents enregistrements. La Troisième clôt le cycle symphonique du chef hongrois, étalé sur de nombreuses années. En gros, au sens propre, elle n’a ni queue ni tête. Si vous commencez par le fameux 3e mouvement, vous entendriez une pulsation naturelle et des imbrications subtiles des phrases, avec de doux portamentos austro-hongrois. En reculant d’une plage, un Andante vraiment logique dans sa pulsation. Mais celui-ci est précédé d’un fade premier volet sans carrure, et la conclusion de l’œuvre est apportée par un Finale sans plus d’arêtes, fuyant et précipité." La suite sur ledevoir.com

Brahms

★★

Orchestre du Festival de Budapest, Ivan Fischer, Channel Classics CCS SA 43821