Photo Lujza Hevesi-Szabó/ Telex
"Originaire du Donbass, l’athlète de 24 ans Filip Akilov était un grand
espoir national avant que la guerre ne le pousse à l’exil. Naturalisé
magyar depuis 2023, il combattra pour son pays d’adoption aux JO de
Paris et veut le titre à tout prix, raconte le site hongrois “Telex”.
“Nous avons commencé une nouvelle vie il y a deux ans ici. Je
voudrais vivre ici, ma famille habite ici, et je me sens hongrois.”
Filip Akilov, né à Soledar, en Ukraine, entame notre conversation à
Hodmezovasarhely (dans le sud de la Hongrie). Sur son passeport
hongrois, il s’appelle Akilov Pylyp. Et au tournoi qualificatif de cette
année en Italie, il a décroché sa place aux JO de Paris.
Akilov
pesait 75 kilos à l’origine. Mais comme sa catégorie ne figure pas aux
Jeux olympiques, il a dû monter d’un palier. Il ne peut pas manger ce
qu’il veut, bien qu’il ait vite pris goût au halaszle [soupe de poisson hongroise] et au porkolt [ragoût], tandis que la solianka
[soupe villageoise russe] reste l’un de ses plats préférés. Pour
autant, il ne doit pas surveiller son poids chaque jour et il reste de
la place pour quelques kilos de muscle. Filip connaît à peu près la
concurrence mais ne regarde pas en détail qui pourraient être ses
adversaires. Il se concentre d’abord sur lui-même et son ambition est
claire : remporter le titre aux Jeux olympiques.
“Je ne suis pas devenu boxeur parce que j’étais le genre de gamin
qui aimait la bagarre. Je vois la boxe comme un art. La boxe est à
l’image de la vie, une lutte sans fin”, affirme Filip. “J’ai
remporté un championnat en Ukraine quand j’avais 12 ans et mon dernier
titre était un championnat universitaire. Ensuite, la guerre a éclaté et
tout a soudainement changé”, dit-il.
De Marioupol au Sud magyarAkilov était à
Marioupol quand les chars russes se sont élancés vers Kiev. Ses parents
vivaient à Bakhmout. Ils sont pratiquement restés sans nouvelles les
uns des autres pendant trois semaines et demie. Lorsque les Russes ont
ouvert un couloir en direction de Belgorod, l’athlète en a profité pour
entrer en Russie puis en Biélorussie. Pendant ce temps-là, par
l’entremise d’un camarade, il est entré en contact avec Csaba Cserenyi,
un entraîneur de Hodmezovasarhely. Filip lui a envoyé une vidéo de lui
en action et lui a expliqué qu’il voulait devenir champion olympique. La
tour Eiffel est superbe, mais la médaille d’or l’intéresse plus et il
veut tout donner pour l’avoir.
Impressionné par ses capacités,
son caractère, sa foi, son charisme et son attitude, Cserenyi est allé
le chercher. Ils se sont donné rendez-vous en Pologne. Akilov a traversé
la frontière polonaise à Brest et a poursuivi jusqu’en Slovaquie.
Depuis la ville frontière polonaise de Bialka Tatrzanska, il a envoyé
une photo de lui à Cserenyi avant que son téléphone ne soit à plat, puis
a attendu l’entraîneur. " La suite sur courrierinternational.com (article payant)