"À Budapest, le quartier de Józsefváros sert de laboratoire au premier
ministre nationaliste. Expulsés, les Roms et les plus pauvres dénoncent
une politique de discrimination qui profite aux géants de la
construction proches du Fidesz.
Budapest (Hongrie), envoyée spéciale.
Le face-à-face
dit tout des tensions qui parcourent le quartier populaire de
Józsefváros. Au numéro 6 de la rue Tavaszmező, une entrée monumentale
décrépie, de style néo-Renaissance, ornée de deux sculptures. Sur le
trottoir opposé, un hôtel moderne, en briques mais sans charme, et un
parking souterrain monofonctionnel.
À Budapest, la gentrification avance à bon train,
non sans résistance. En attestent les graffitis ornant désormais la
porte du numéro 6, qui abritait jusqu’en 2016 la Maison de la culture
rom avant que ses locataires n’en soient expulsés et le dessin de leur
drapeau, orné d’une roue symbolisant le voyage, effacé. « Les vies des Roms comptent aussi », « Rendez-nous ce que vous nous avez pris », « Vous nous avez volé notre culture ».
Comme autant de missives adressées à l’ancien maire du 8e
arrondissement, affilié au Fidesz, le parti du premier ministre Viktor
Orban. Aladár Horváth observe, dépité, le bâtiment désespérément vide. « Ils
ont parlé de prostitution, de toxicomanie pour expliquer que nous
étions déviants. La gentrification du quartier est le visage
urbanistique d’un système néocolonial et d’une ségrégation où les
minorités n’ont pas le droit de cité. Ils utilisent la criminalité, les
problèmes d’hygiène dans une politique de nettoyage ethnique »,
dénonce l’écrivain et responsable de la Fondation pour les droits
civiques des Roms et premier député de sa minorité en Hongrie." La suite sur humanite.fr