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mercredi 23 octobre 2024

Rencontre avec Yvette Goldberger à Toulouse à propos de son livre Deuil à rebours - jeudi 28 novembre 2024 à 18 h 30 Musée de la Résistance et de la Déportation de la Haute-Garonne

 

52, allée des Demoiselles, 31400 Toulouse, France
Avec Yvette Goldberger,
animé par Pierre Lasry
A partir de ses écrits concernant les enfants malades puis la littérature hongroise, Yvette Goldberger s’interroge sur le deuil non accompli de sa famille juive victime du génocide en Hongrie, ou combattants de la Résistance en France. En écrivant ce livre à tiroirs multiples, elle fait émerger les effets méconnus de ses racines endeuillées. C’est aussi vers la joie que l’a menée ce travail, par sa quête de justesse dans l’écriture « sous cette forme paradoxale d’un horizon nouveau enraciné dans une histoire ancienne », souligne Guillaume Métayer dans sa postface.
Yvette Goldberger est née à Toulouse fin 1942 dans une famille émigrée de Hongrie pour fuir l’antisémitisme. Elle a exercé sa vie professionnelle dans les services de Médecine Infantile du CHR de Toulouse en tant que psychologue. Elle s’est ensuite tournée vers la littérature hongroise et continue d’animer des lectures et des rencontres qui lui sont consacrées.
Pierre Lasry est éditeur et auteur. Il a fondé et anime une agence de communication à Toulouse. Passionné de littérature et de photographie, il publie des ouvrages centrés sur la mémoire et l’humain.
Gratuit, sur réservation à l'adresse cd31.net/evenmdr
©Editions Nouvelles du Champ Lacanien

jeudi 29 août 2024

Le crématorium froid Au Pays d'Auschwitz Jozsef Debreczeni

 

« Une œuvre littéraire indispensable et un document historique d’une importance inégalée. Une lecture qui devrait être obligatoire. »
Jonathan Safran Foer, auteur d’Extrêmement fort et incroyablement près
 
Ce texte essentiel, inédit en français à ce jour, prend sa place aux côtés de Si c’est un homme de Primo Levi et d’Être sans destin d’Imre Kertész, chefs-d’oeuvre de la littérature concentrationnaire.
 
Lorsque József Debreczeni arrive à Auschwitz, son espérance de vie est de quarante-cinq minutes. C’est le temps qu’il faut aux déportés envoyés dans la file de gauche pour se déshabiller et être emmenés dans les chambres à gaz. L’auteur, lui, est dans la file de droite.
S’ensuit un voyage d’horreur de douze mois à travers ce qu’il appelle « le pays d’Auschwitz », jusqu’au camp final de Dörnhau, où il passera sept mois, de novembre 1944 à mai 1945, dans ce « crématorium froid », soi-disant hôpital où les Nazis envoient les prisonniers à bout de forces.
Page après page, le pays d’Auschwitz prend vie : József Debreczeni détaille le système hiérarchique concentrationnaire et l’implacable mécanique d’extermination mise en place par le régime nazi.
Page après page, des visages humains se dessinent. Les prisonniers qu’il côtoie sortent de l’ombre et deviennent des personnages vivants, uniques. Il les dé­livre ainsi de leur numéro et leur restitue leur humanité.
 
Traduit du hongrois par Clara Royer
 
EAN
9782234095373
Prix du format papier
22,90 €
EAN numérique
9782234095380
Prix du format numérique
15,99 €
Date de parution
28/08/2024

Source : editions-stock.fr

vendredi 11 février 2022

Actuel / Au pays de Viktor

"Dans moins de deux mois, le premier ministre hongrois Viktor Orbán briguera un cinquième mandat, le quatrième consécutif. Bien décidée à le faire tomber cette fois, l’opposition s’est unie autour d’un candidat unique, Péter Márki-Zay. Diabolisé à l’Ouest et à Bruxelles, adoré dans la grande plaine, Orbán fait couler beaucoup d’encre. A l’image de cet ouvrage collectif indispensable pour s’y retrouver, dirigé par Corentin Léotard du «Courrier d’Europe centrale». 

C’est ainsi que naissent les légendes. D’abord dans un dortoir d’université, autour de quelques copains dont les noms figurent encore dans les organigrammes du pouvoir hongrois (János Ader, László Kövér, József Szájer jusqu’à récemment...), Viktor Orbán fonde le Fidesz (acronyme d’Alliance des jeunes démocrates), qui sonne comme «foi» en latin et qui se dresse en opposant au régime communiste. En 1989, sur la place des Héros à Budapest,..." La suite sur bonpourlatete.com (article payant)

Hongrie: «La seule préoccupation d’Orban, c’est de rester au pouvoir»


Adulé et détesté, Orban marque son empreinte sur la société hongroise depuis plus de dix ans. Pour l’ouvrage « La Hongrie sous Orban », un collectif de journalistes s’est immergé dans cette société diverse, complexe et terriblement vivante.

Qui connaît le nom du Premier ministre tchèque ? Roumain ? Ou même Polonais ? » L’interrogation, qui ouvre l’ouvrage collectif  La Hongrie sous Orban, est suivie d’une affirmation difficile à contredire : tout le monde ou presque aujourd’hui, connaît le nom du Premier ministre hongrois. À 58 ans, Viktor Orban gouverne la Hongrie d’une main de fer depuis 2010, moment charnière pour le pays qu’il embarque alors dans une « contre-révolution conservatrice ». La suite sur lesoir.be (article payant)

vendredi 4 février 2022

La nuit où Robika, 5 ans, a été assassiné

"Élève prometteuse de l'Union européenne dans les années 1990, eldorado libéral dans les années 2000, la Hongrie fait surtout parler d'elle depuis que le Premier ministre, Viktor Orbán, y a lancé une «contre-révolution conservatrice» au nom d'une conception «illibérale» de la démocratie.

Au milieu des années 2000, la violence d'extrême droite se nourrit de la haine antitsigane: une série d'attentats et de crimes sont commis par des militants qui espèrent provoquer une guerre ethnique, qui opposerait les Hongrois aux Roms.
La Hongrie sous Orbán, publié chez les Éditions Plein Jour, sous la direction Corentin Léotard, rassemble les écrits de journalistes français indépendants installés en Hongrie, qui dressent le tableau d'un pays gangrené par une corruption systémique. Il sort le 4 février 2022.
Nous publions ici un chapitre du livre, co-écrit par Hélène Bienvenu et Corentin Léotard." La suite sur slate.fr
 

Mardis hongrois de Paris le 8 février 2022 à partir de 20 h à la Brasserie Le Lutèce - Présentation de livre "La Hongrie sous Orbán" avec Corentin Léotard

 

Plein Jour inaugure ici une nouvelle collection, Proche Europe, dirigée avec Gwendal Piégais. Elle abordera tous les sujets de la société contemporaine d’Europe centrale et de l’est. Son premier titre est La Hongrie sous Orban, en collaboration avec Le Courrier d’Europe Centrale.
Élève prometteuse de l’Union européenne dans les années 1990, eldorado libéral dans les années 2000, la Hongrie fait surtout parler d’elle depuis que le Premier ministre, Viktor Orbán, y a lancé une « contre-révolution conservatrice » au nom d’une conception « illibérale » de la démocratie.
À l’heure où Viktor Orbàn espère obtenir, aux élections du printemps 2022, un quatrième mandat, il offre une immersion unique dans une société plus diverse, plus vivante et plus libre que son dirigeant ne voudrait le faire croire.
Corentin Léotard est rédacteur en chef du Courrier d'Europe centrale. Il est aussi correspondant à Budapest pour des journaux français.
250 pages, 19 euros
En librairie le 4 février 2022
ISBN : 978-2-37067-070-0
Contact presse : Tiffany Meyer, 06 26 67 24 35, tiffany.meyer.presse@gmail.com

La présentation en présence des auteurs aura lieu le 8 février 2022 à partir de 20 h à la Brasserie Le Lutèce 8, Boulevard Saint-Michel, 75006 Paris

jeudi 3 février 2022

La Hongrie sous Orbán – À l’Est du nouveau ! #15


"Pour ce nouveau numéro d’À l’Est, du nouveau !, Matthieu Boisdron (Le Courrier d’Europe centrale) s’intéresse à la Hongrie sous la politique de Viktor Orbán.

Il y a bientôt 12 ans que Viktor Orbán est installé à la tête du gouvernement hongrois. Au printemps prochain, des élections législatives auront lieu qui s’annoncent plus disputées que les précédents scrutins de 2018, 2014 et 2010. L’opposition, de gauche comme de droite, est en effet parvenue à constituer un front relativement uni face au Fidesz. Dans ce contexte, un groupe de journalistes, spécialistes de ce pays, publient en ce mois de février 2022, aux éditions Plein Jour, un ouvrage intitulé La Hongrie sous Orbán. Pour en parler, notre invité est le coordinateur de ce volume : Corentin Léotard.

Entretien avec Corentin Léotard, journaliste et correspondant à Budapest." 

A écouter (29'46")


Hongrie: un livre pour comprendre comment l’orbanisme a changé la vie des Hongrois


"Deux mois avant des élections législatives à suspens, une demi-douzaine de journalistes sous la direction de Corentin Léotard, rédacteur en chef du Courrier d’Europe centrale et correspondant de La Libre Belgique, tracent dans un ouvrage collectif le portrait de la Hongrie, véritable laboratoire politique à ciel ouvert du national populisme.

Les Hongrois élisent leur parlement le 3 avril et la grande question c’est de savoir si Viktor Orbán, le Premier ministre qui se présente comme le chantre de la contre-révolution conservatrice, va garder ou non sa super majorité. Face à lui, l’opposition s’est unie pour une fois : elle présente un candidat unique, Péter Márki-Zay, lui aussi au profil assez conservateur ce qui devrait plaire à l’électorat hongrois, mais avec l’inconvénient de constituer un attelage hétéroclite qui va de l’extrême droite vaguement recentrée aux socialistes.

Pour mieux comprendre cette Hongrie qui est à la croisée des chemins, voici un ouvrage intitulé "La Hongrie sous Orbán– Histoires de la Grande Plaine", car c’est bien un recueil de récits glanés aux quatre coins du pays qu’on nous propose, donc pas d’analyse de politologues mais plutôt une vingtaine d’histoires qui décrivent cette Hongrie sous Orbán. Une galerie de portraits de ceux qui adhèrent au régime et de ceux qui s’y opposent, simples citoyens, gagnants et perdants du système Orbán." La suite sur rtbf.be

« La Hongrie sous Orbán », anatomie humaine d’un laboratoire politique

"Dans ce livre publié par les Éditions Plein Jour, un collectif de journalistes français spécialistes de la Hongrie propose un tableau en profondeur du pays par le biais de reportages et de portraits incarnés. Entretien croisé avec Corentin Léotard et Joël Le Pavous, deux des six contributeurs de l’ouvrage.

Éva Vámos : Corentin Léotard, vous avez supervisé la rédaction de « La Hongrie sous Orbán » dans lequel vous signez plusieurs chapitres. Vous êtes également rédacteur en chef du Courrier d’Europe Centrale, site d’information spécialisé sur la région. Comment avez-vous eu l’idée de cet ouvrage ?

Corentin Léotard : Nous souhaitions brosser un tableau plus en profondeur de la Hongrie, au-delà de ce que nous pouvons publier dans les médias avec lesquels chacun d’entre nous collaborons. Le meilleur moyen, c’était de construire un livre. Avec l’appui des Éditions Plein Jour, nous avons pu écrire à la virgule près ce que nous voulions exprimer. Le phénomène Orbán provoque un intérêt tout particulier envers la Hongrie et nous voulions mettre à profit nos expériences respectives pour construire un ouvrage avec des reportages et des portraits incarnés. Les élections législatives donnent un prétexte d’actualité au livre, mais nous voulions un ouvrage qui restera valable au-delà du scrutin du 3 avril." La suite sur jfb.hu  

Les auteurs de cet ouvrage seront les invités des Mardis hongrois de Paris, le 8 février 2022

mercredi 5 janvier 2022

Essai : la Hongrie, une nation à fleur de peau décryptée par Catherine Horel


"L’historienne Catherine Horel analyse la construction nationale millénaire et tourmentée d’un pays qui cultive son particularisme et se retrouve en porte-à-faux avec l’Union européenne

Pour saisir les démêlés du premier ministre Viktor Orban avec l’Union européenne, un détour par l’histoire hongroise est utile. C’est l’intérêt du livre de cette spécialiste de l’Europe centrale qui concentre le propos autour de la construction de l’identité du pays des Magyars sur quatre piliers : le territoire, l’État, le panthéon national et les lieux de mémoire.

Isolat au carrefour des mondes latin, germain et slave, la Hongrie cultive, malgré une existence millénaire, le souvenir traumatique des occupations successives (par les Ottomans, les Habsbourg, l’Allemagne nazie, les Soviétiques), des révoltes (de 1848 à 1956) et de l’amputation de 1920, quand le traité de Trianon a réduit la Hongrie impériale à peau de chagrin." La suite sur sudouest.fr

jeudi 9 décembre 2021

Essai : « Un Occident kidnappé », de Kundera, éclaire la montée des populismes

"Lire ou relire cet essai que publia en 1983 l’écrivain franco-tchèque Milan Kundera sur la tragédie de l’Europe centrale

Est-ce un hasard si en Pologne ou en Hongrie que son dirigeant Orban claquemure, les populistes de droite cadenassent les frontières. Il faut relire « Un Occident kidnappé » de Kundera. Ces pays de poche comparés aux puissances européennes et à l’envahissant voisin russe furent mille fois occupés, sous influence germano-autrichienne, réduits à l’état de « bloc de l’Est » comme s’ils n’avaient jamais appartenu à l’Occident." La suite sur sudouest.fr

mercredi 19 février 2020

Béla Lugosi, l’acteur vampirisé par Dracula

"Les Editions de la Baconnière font traduire en français un petit essai sur l’acteur Béla Lugosi, paru en Italie en 1984. Un bijou signé Edgardo Franzosini qui se lit comme un roman.
«Je suis le comte Dracula, je suis le roi des vampires, je suis immortel.» Ce sont les derniers mots qu’aurait prononcés l’acteur Béla Lugosi avant de mourir, le 16 juin 1956, lui que le cinéma immortalisa sous les traits du comte Dracula dans le film de Tod Browning, en 1931. Comment peut-on se transformer en vampire, se demande avec malice l’italien Edgardo Franzosini dans ce bref essai kaléidoscopique, écrit comme une fable à l’italienne, truffé d’anecdotes? Franzosini, un ancien employé de banque, excelle dans les portraits d’excentriques (Rimbaud ou l’artiste Raymond Isidore, dit Picassiette) et sait montrer ce qu’ils révèlent de la société qui les entoure.
Nous assistons aux premiers pas au théâtre du Hongrois Béla Blasko, né en 1882 à Lugos, dans des rôles shakespeariens. Puis comme figurant au cinéma, une invention qu’on prétendait à l’époque «sans avenir». S’il tourne pour Murnau en 1920, ce n’est pas dans Nosferatu, première adaptation de Dracula au cinéma, mais dans une relecture de Docteur Jekyll et Mister Hyde. L’épouvante et le fantastique, déjà." La suite sur letemps.ch (article payant)

mercredi 19 juin 2019

La librairie polonaise de Paris invite Amélie Poinssot le 25 juin 2019 à 19 h pour son livre Dans la tête de Viktor Orbán

Librairie Polonaise de Paris (123 Boulevard Sant-Germain, Odéon) invite Amélie Poinssot à une présentation de son livre, « Dans la tête de Viktor Orbán » (Actes Sud). Cela se passera mardi prochain à partir de 19 heures et la discussion sera animée par la journaliste et documentariste Maya Szymanowska.

dimanche 28 avril 2019

«Dans la tête de Viktor Orban» de Amélie Poinssot

"C'est le dirigeant d'un pays, la Hongrie, de moins de 10 millions d'habitants et pourtant un Premier ministre qui fait parler très au-delà de ses frontières. Dans l'ouvrage « Dans la tête de Viktor Orban » publié chez Actes Sud, la journaliste à Médiapart Amélie Poinssot a enquêté sur le parcours du chantre de l'illibéralisme et notamment levé le voile sur ses toutes premières années de militantisme." A écouter sur rfi.fr

Amélie Poinssot sera l'invitée des Mardis hongrois de Paris pour présenter son livre le 30 avril 2019 à partir de 20 h 30

jeudi 25 avril 2019

« Dans la tête de Viktor Orban », ce héraut de l’illibéralisme

"La journaliste Amélie Poinssot dresse le portrait de l’homme fort de Budapest, cherchant à comprendre de quelle manière il est parvenu à incarner les rêves et les peurs des Hongrois.
Livre. Il y a une énigme Viktor Orban. Vainqueur par quatre fois – dont trois consécutives – des élections législatives, le premier ministre hongrois est devenu le symbole même au sein de l’Union européenne de la « démocratie illibérale ». Il fut jadis un jeune dissident libéral.
Son entrée en lice dans l’arène politique remonte à juin 1989, dans les derniers mois d’un régime socialiste aux abois quand, lors de la grande cérémonie de « réenterrement » des martyrs de la révolution de 1956, il prit la parole pour exiger le départ des troupes soviétiques. Le leader du Fidesz fut l’un des espoirs d’un après-communisme réformiste, ouvert sur l’Europe. Mais, revenu au pouvoir après huit ans d’opposition, il s’était mué en autocrate nationaliste et conservateur. –
« La constance de Viktor Orban depuis 2010 invite à penser qu’il y a chez lui une base idéologique », note la journaliste Amélie Poinssot, dans son très éclairant livre sur l’homme fort de Budapest, relevant comment ce dernier a profondément modifié les institutions de son pays, mises en coupe réglée par son parti. Mais elle reconnaît aussi que la question se pose de la sincérité de ses convictions et que l’on peut se demander s’il n’a pas, surtout, « un goût immodéré du pouvoir qui l’amène à embrasser n’importe quelle cause pourvu qu’elle lui rapporte des voix ».

La « magyaritude » avant tout
Ce fils d’une famille relativement modeste a grandi dans une Hongrie provinciale et conservatrice sous un vernis communiste. D’où les thèmes de son engagement : la « magyaritude », c’est-à-dire l’identité hongroise avant tout, et l’hostilité envers une Europe occidentale perçue comme le lieu de toutes les perditions." La suite sur lemonde.fr (article payant)

A noter : Amélie Poinssot sera l'invitée des Mardis hongrois de Paris le 30 avril 2019 à partir de 20h30
Événement Facebook

jeudi 6 décembre 2018

«Orban est un grand caméléon, sans morale»

« Orban. Europe’s new strongman » : la biographie signée par le journaliste autrichien Paul Lendvai a reçu hier le Prix du livre européen, catégorie « essai ».
La suite sur lesoir.be (article payant)

mardi 2 janvier 2018

Dix mythes à la hongroise par András Kányádi

Essais de mythocritique
András Kányádi
Librairie-éditions Harmattan
Bibliothèque finno-ougrienne
ETUDES LITTÉRAIRES, CRITIQUES EUROPE Hongrie



Porteurs de significations symboliques, les mythes littéraires ne cessent d'irriguer l'imagination. Ce livre propose un choix de dix figures mythiques récurrentes dans la littérature hongroise au fil de cinq siècles et en proie à une incessante réactualisation.On y trouvera les velléités artistiques d'un Néron décadent, la rhétorique monstrueuse du Minotaure de la Grande Plaine ou encore les occupations des vampires logés au Bois-de-Ville budapestois. Et ce sera aussi l'occasion de redécouvrir quelques grandes plumes de la littérature magyare, comme Babits, Kosztolányi, Márai, Esterházy, Náadas ou Krasznahorkai.

András Kányádi est maître de conférences en littérature hongroise à l'INALCO. Il a dirigé 3 volumes collectifs: "Figures mythiques en Europe centrale" (Institut d'études slaves), "La Fortune littéraire de Sándor Márai" (Ed. des Syrtes) et "L'univers de Gyula Krúdy" (Ed. des syrtes).

Broché - format : 13,5 x 21,5 cm
ISBN : 978-2-343-13136-8 • octobre 2017 • 214 pages
EAN13 : 9782343131368
EAN PDF : 9782140048555

dimanche 29 janvier 2017

Hongrie : l’angoisse de la disparition à l'Institut hongrois le 1er février à 19 h 30

C’est sous ce titre que Françoise Pons, journaliste française qui arpente depuis ses débuts l’Europe centrale et orientale, a fait paraitre son nouveau livre aux Éditions Neviatica. « Quand un traité devient le bouc émissaire des maux politiques nationaux, mieux vaut tenter de le comprendre. » Telle est l’armature de ce récit qu’elle complète par une interrogation : « Où va donc la Hongrie, ce cœur baroque de la Mittel Europa ? »
L’ambition première de la maison d’édition est d’explorer l’âme des peuples. S’en faisant l’écho, l’Institut hongrois organise une table ronde dont l’objectif est de plonger dans la trame des existences humaines qui peuplent la vallée du Danube.
Participants : Françoise Pons, journaliste (Paris), Tamás Deme, sociologue (Budapest) et Marie-Elizabeth Ducreux, directrice de recherche au CNRS.
Entrée libre
Lieu : Institut hongrois | 92, rue Bonaparte 75006 Paris

jeudi 26 février 2015

Trembler pour l'autre de David Lengyel

Un livre de philosophie peut parfois se lire comme un récit à intrigue, à suspens, à surprises. Mais nous pourrions entendre ce propos en l'inversant: le récit à intrigue peut se révéler pleinement philosophique. Trembler pour l'autre pose ainsi les jalons d'une histoire alternative du cinéma de fiction, où textes et images s'éclairent mutuellement au cours d'un dialogue fécond avec la pensée - en particulier avec celle d'Emmanuel Levinas. De même en va-t-il avec la notion de « substitution », qui se trouve au principe même de la mise en scène dans Solaris de Tarkovski. Ici le surnaturel - ou l'inspiration - ébranle en profondeur toute théorie de la connaissance. Cet ébranlement est également bien présent dans les films de Béla Tarr. En particulier dans Les harmonies Werckmeister, où le visage de l'autre s'expose dans sa fragilité, et fait surgir la honte chez le sujet. Enfin, la notion de « subjectivité» comprise selon les termes du penseur, est un tenant-lieu de ce qui n'a pas lieu, du tiers exclu toujours en exil, qui ne saurait apparaître que sous le masque de la comédie. Tel est le ressort d'un film sérieusement drôle et drôlement sérieux: Zelig de Woody Allen. L'ambition de ce livre est donc bien de montrer comment sont liées réflexion et représentation. Et peut-être le dépassement de cette dernière est-il, depuis longtemps mais sans qu'on y soit toujours attentif, l'une des sources de la modernité, tant en art qu'en philosophie.

Éditeur : DU PALIO
Date de parution : 25/02/15
240 pages
Prix : 20 €

mardi 1 avril 2014

De la maison-Budapest, 37 - 56 par Adam Biro

« Mon beau navire ô ma mémoire / Avons-nous assez navigué /
Dans une onde mauvaise à boire… » Apollinaire, La Chanson du mal-aimé
Mes parents, just married, ont été les premiers locataires, en 37, d’un immeuble à Budapest, à deux rues du Danube, dans un quartier gagné sur des terrains vagues à la fin du XIXe siècle, l’Ujlipótváros. Ils y sont restés jusqu’à leur mort.
La concierge, son mari et leur fils adoptif Laci dont le père avait été champion de boxe de Hongrie, habitaient au rez-de-chaussée dans une cage de verre et de métal, transparente. Une entrée avec le registre des locataires et les clés sur la table, une seule chambre, cuisine, WC. Laci, bien qu’il fût d’un an mon aîné, était mon copain. Pendant le siège de Budapest en janvier 45, le concierge, communiste clandestin, nous a cachés, ma mère et moi, dans la cave de cette maison « aryanisée », derrière de vieux meubles et la chaufferie inutilisée faute de combustibles (à -22° C), sauvant ainsi notre vie, et en risquant la sienne. « C’était, sur le moment, une sale histoire à vivre, mais mon esprit y trouve à présent beaucoup à brouter. » George Orwell, Hommage à la Catalogne, 1938.
Après la guerre, quand les anciens nazis sont entrés dans la police communiste et dans des appartements confortables, le père Kálmán, chauffeur dans un ministère, était laissé dans sa loge. Seule la concierge détenait la clé de l’ascenseur qu’il fallait payer, tout comme l’ouverture de la porte de la maison après dix heures du soir.
Leur voisin était un médecin, ami de mes parents, célibataire, consommateur de jeunes femmes et réciproquement. Sa dernière conquête était la vieille propriétaire d’un hôtel dans les Alpes suisses qu’elle lui a légué. Il n’est jamais allé le voir, et c’était moi qui étais censé le récupérer à sa mort et à la mort de la dame. Je n’ai pas cru à cette histoire et je ne m’en suis pas occupé ; j’avais mieux à faire. Lire, écrire. Parti en Occident en 56, j’étais tenu de lui fournir des polars, des Maigret, Agatha Christie, dans la langue d’origine.
Au premier étage à gauche demeuraient un juriste, sa femme pédiatre et leurs enfants dont le fils était aussi mon copain jusqu’au jour où il m’a claqué la porte au nez, disant qu’il ne jouait pas avec des juifs. Nous avions six ans et il était juif lui-même. Quand la moustache de Staline a remplacé celle de Hitler sur les portraits chez les coiffeurs hongrois, le juriste a été promu procureur et il a préfabriqué bon nombre de procès politiques sanglants. Ils ont déménagé dans une villa sur les collines de Buda réservées à la nomenklatura, et mes parents ont cessé de les fréquenter, ou le contraire. Lors du « dégel », début 56, le procureur a été condamné pour ses actes, et mon père lui a rendu visite en prison.
En face d’eux habitaient des propriétaires terriens devenus citadins qui vivaient des terres données en fermage. Les nouvelles lois agraires ayant confisqué leur domaine les laissaient sans ressources. Leur fille, Babi, avait trois ou quatre ans de plus que nous autres, mais elle condescendait à jouer avec nous dans la cour. Je n’en dis pas plus. Elle s’était suicidée vers l’âge de quarante ans.
Dans la garçonnière mitoyenne vivait une vamp rousse qui, après son retour d’Auschwitz, a fui aux États-Unis.
Au second, face à nous se logeait un haut-fonctionnaire du ministère de la Poste. À sa mort, sa femme nous a montré son revolver. Lors de la Révolution de 56, elle s’est cachée chez nous pendant quelques jours, persuadée qu’on venait la chercher à cause des fonctions de son mari.
Dans les années 60, mes grands-parents se sont installés dans l’unique pièce de 25 m2 de la garçonnière de cet étage avec quelques meubles de leur ancien appartement de 150 m2 qu’ils ont quitté à cause des colocataires qu’on leur a imposés : un couple avec un nouveau-né et une prostituée qui recevait à domicile. Pendant quelques temps l’entrée du studio était obstruée par une moto tchèque de marque Java, payée en dollars par un cousin d’Amérique pour être échangée contre de l’argent hongrois auprès d’un organisme d’État.
Dans l’appartement au-dessus du nôtre hurlait sans cesse avec sa femme l’un des meilleurs traducteurs français du pays, neveu d’un célèbre ministre de la justice, chef d’un parti libéral d’avant-guerre. J’ai fréquenté le cousin hyper-cultivé du traducteur à Paris, séducteur à succès même très malade, jusqu’à ce qu’il aille se faire endormir dans un mouroir fort coûteux en Suisse.
La comédienne du quatrième étage, ex-comtesse appelée « Votre dignité » ou « Madame l’artiste » m’a offert un billet pour la pièce tirée du plus beau roman de jeunesse du monde, Les Gars de la rue Paul de Molnár Ferenc, au célèbre Théâtre de marionnettes de Budapest. Son mari, un ci-devant noble, possédait — comment était-ce possible dans un régime interdisant la propriété privée ? ­— une voiture, et c’était bien la seule personne de mon enfance qui en détenait une. Ne pouvant pas fixer dans la rue nos buts pour jouer au football, nous avons un jour poussé l’engin mythique en cassant l’un des phares, certainement irremplaçable.
Je saute un étage pour arriver au sixième, dans la salle d’eau commune où les femmes de l’immeuble faisaient cuire le linge. J’ai encore dans le nez l’odeur du colorant bleu. C’est ici que ma mère, prévenue par le concierge et persuadée qu’elle allait être emmenée, m’a enfermé pour me soustraire, en janvier 45, à une rafle des croix-fléchées. J’ai tant hurlé, donné de coups de pied dans la porte en fer, que ma mère a été obligée de me délivrer. Et, vous allez rire, la rafle n’a pas eu lieu.
Toujours au sixième habitait dans une pièce pourvue d’un vasistas et dépourvue de toilettes et d’eau l’aide-concierge sans nez, son mari ouvrier et leur fils plus jeune que moi, parti au Canada. Je l’ai revu adulte, riche, vaniteux. Il a prétendu avoir oublié cette maison.

adam biro
avril 2014
biroadam4(AT)gmail.com