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mercredi 22 avril 2026

Analyse Les cinq leçons paradoxales de la chute d'Orban

"C'est une figure marquante d'un courant autoritaire incarné aussi par Trump en Occident qui a quitté le pouvoir en Hongrie. Si la défaite de Viktor Orban constitue un revers pour le Kremlin et la Maison-Blanche, son successeur n'est pas pour autant un progressiste.

Un populiste passe la main… mais au profit d'un conservateur anti-immigration. De quoi illustrer le caractère paradoxal des cinq leçons à tirer de la défaite de Viktor Orban aux législatives hongroises du 12 avril, et relativiser au passage l'enthousiasme des « progressistes »." La suite sur lesechos.fr (article payant)  

vendredi 3 janvier 2025

Combattre la tyrannie soviétique après le nazisme: Albert Camus pour l’insurrection hongroise

Portrait d'Albert Camus en 1944 © SIPA

« Il nous a fallu, pendant dix ans, lutter d’abord contre la tyrannie hitlérienne et contre les hommes de droite qui la soutenaient. Et pendant dix autres années, combattre la tyrannie stalinienne et les sophismes de ses défenseurs de gauche. »

À l’automne 1956, la gauche européenne assiste à la répression sanglante par le régime soviétique de l’insurrection de Budapest. Depuis la salle Wagram, Albert Camus prononce un discours qui fera date sur sa responsabilité d’intellectuel aux côtés des insurgés de Hongrie écrasé par les chars de Moscou. Nous le publions, ainsi que deux lettres préparatoires, avec les annotations de l’historien Vincent Duclert.

Message à de jeunes français en faveur de la Hongrie

Mademoiselle,

J’ai sincèrement regretté de ne pouvoir répondre à votre invitation comme vous le désiriez.

J’ai pourtant été touché par vos arguments et par la sympathie que vous avez bien voulu me montrer. Mais, outre la répugnance personnelle que j’ai à parler en public, je ne puis répondre à tout ce qui sollicite en même temps et de toutes parts un écrivain libre. De plus, le refus que j’ai déjà opposé à d’autres appels me rendait difficile de répondre au vôtre. Je voudrais enfin me consacrer autant que possible à faire aboutir l’appel des écrivains européens à l’ONU dont j’ai pris l’initiative.

Pourtant je voudrais ne pas être tout à fait absent mardi soir parmi vous. Puisque vous vous adressez à de jeunes auditeurs, peut-être pourriez-vous leur dire ce que, présent, je leur aurais dit et que je vais essayer de résumer.

La seule chose que je puisse aujourd’hui affirmer publiquement, après avoir participé directement ou indirectement à vingt années de notre sanglante histoire, est que la valeur suprême, le bien dernier pour lequel il vaut la peine de vivre et de combattre, reste toujours la liberté." La suite sur legrandcontinent.eu

dimanche 1 octobre 2023

Élargissement : le spectre de 2004, une conversation avec Iván Berend

 "L’élargissement de 2004 serait-il arrivé trop tôt ? C’est ce qu’avance Ivan Berend dans un entretien consacré à l’histoire de ce moment clef dans l’histoire récente de l’Union. Alors que des négociations vont s’ouvrir sur l’adhésion de l’Ukraine et que les chefs d’État réunis à Grenade cette semaine tentent de penser l’Europe d’après, il se montre critique — voire amer — sur la naïveté des Européens de l’Ouest. 

À quel point l’élargissement de 2004 est-il important dans l’histoire contemporaine de l’Europe ?

Iván Berend - Ce fut une étape historique vers une Union réellement européenne puisqu’elle permettait d’intégrer des pays d’Europe centrale et orientale, moins développés économiquement, marqués par l’expérience communiste et la domination soviétique. De ce point de vue, ce fut un moment clef. Mais après deux décennies, les principales erreurs de cet élargissement sont devenues manifestes. L’adhésion a été trop précipitée. Pour l’Union, la règle était simple : elle validait une transformation formelle et accordait la pleine adhésion si des changements juridiques de base avaient lieu — mais sans se préoccuper assez du reste.  Pour moi, la leçon est claire : il vaut mieux multiplier les étapes d’acceptation ; prévoir un temps de candidature plus long, en attendant des changements sociaux plus profonds, qui favoriseraient une meilleure intégration à l’Union européenne." La suite sur legrandcontinent.eu

samedi 5 novembre 2022

La relation privilégiée entre Meloni et Orbán va-t-elle changer la politique européenne ?

"La nouvelle présidente du Conseil semble prendre ses distances avec le dirigeant hongrois, au profit d’Emmanuel Macron et d’Ursula von der Leyen. Mais qu’on ne s’y trompe pas : la coopération des droites radicales entre l’Italie et la Hongrie aura lieu, dit Zsuzsanna Szelényi, ex-députée hongroise.

La formation du nouveau gouvernement italien, dirigé par la politicienne d’extrême droite Giorgia Meloni, a été chaleureusement célébrée par l’entourage de Viktor Orbán. Le Premier ministre et la nouvelle présidente hongroise, Katalin Novák, ont tous deux posté des photos d’eux en compagnie de Giorgia Meloni, qui est arrivée sur le devant de la scène après l’effondrement du gouvernement de coalition de Mario Draghi. Les liens entre la nouvelle Première ministre italienne et Orbán remontent à 2019, lorsque, lors d’une réunion des partis eurosceptiques, Meloni et les partisans de son parti d’extrême droite post-fasciste Fratelli d’Italia ont salué Orbán par une ovation en scandant «Ragazzi di Buda’grazie, grazie !» («jeunes de Budapest, merci !»)." La suite sur liberation.fr

mardi 31 août 2021

Postnationalisme et rétronationalisme en Hongrie

"Après 46 ans de régime communiste, le départ des troupes soviétiques de la Hongrie fut perçu comme une libération, d’autant plus que le drame de la répression de la révolution anticommuniste en 1956 n’avait jamais été oublié.

La Hongrie se félicitait de retrouver une liberté dont elle avait été privée. On y envisageait avec bonheur d’adopter le libéralisme économique et la démocratie, et s’y félicitait de la séparation prochaine des branches législatives et exécutives du gouvernement.

Or, l’autoritarisme « illibéral » représenté aujourd’hui par le premier ministre, Viktor Orbán, est de retour. Comment expliquer ce revirement ?" La suite sur ledevoir.com

jeudi 8 octobre 2020

POINT DE VUE. « Viktor Orban et les maux de la démocratie libérale

"Pour Christian Lequesne, professeur de science politique à Sciences Po Paris, « les idéaux de 1989 étaient portés en Europe centrale par des dissidents admirables dont l’espoir était le retour à la liberté, celle de la presse, de la justice. Avec Viktor Orban, en Hongrie mais aussi avec Jaroslaw Kaczynski en Pologne, ces idéaux sont oubliés. »

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, vient de demander la démission de Vera Jourova, membre tchèque de la Commission européenne, pour avoir osé parler de la Hongrie comme d’une « démocratie malade ». Dans le quotidien hongrois Magyar Nemzet du 21 septembre 2020, Viktor Orban revient en détail sur ce qu’il estime être la source de tous les maux de l’Europe : un grand complot ourdi par les élites libérales transnationales, à savoir les institutions européennes mais aussi le financier d’origine hongroise Georges Soros.
L’orbanisme : une révolution réactionnaire
La suite sur pontivy.maville.com

lundi 5 octobre 2020

Dilemme cornélien Préférez-vous le plan de relance ou la démocratie ? Car c’est exactement la question que l’Europe va devoir trancher

"En juillet dernier, les chefs d'Etat et de gouvernement européens s'accordaient autour d'un plan de relance de 750 milliards d'euros afin de surmonter la crise du Covid-19. Existe-t-il un risque de blocage par les Etats frugaux lors du vote du plan de relance ? 


Atlantico.fr: Pour sauver le plan de relance, l’Union Européenne va surement devoir affronter une problématique qui lui est propre : comment faire respecter les règles démocratiques par l’ensemble des États et avoir leur vote ? Par quels biais l’Union-Européenne entend-elle réussir ce coup de force ?

Christophe Bouillaud : Il ne me semble pas que l’Union européenne soit en mesure de faire plier la Hongrie ou la Pologne, qui sont clairement les deux pays actuellement considérés comme problématiques du point de vue du respect des engagements pris au moment de leur adhésion en matière de droits de l’Homme, respect de l’Etat de droit et de pluralisme politique. Les pouvoirs politiques dans ces deux pays disposent d’une trop forte légitimité électorale pour être vraiment inquiété par leurs partenaires européens – dont la récente réélection du Président polonais. Du coup, probablement, on se mettra d’accord sur quelque formulation bien alambiquée dont le fonctionnement de l’UE n’est pas avare pour éviter d’aller au conflit ouvert avec ces deux pays. La logique la plus fondamentale de l’UE est d’appuyer les Etats membres dans leur politique économique, et je vois mal les Etats européens sacrifier le grand saut en avant vers plus d’intégration budgétaire au nom de considérations liées au respect de certaines normes démocratiques dans deux pays. Il faut bien être conscient aussi que ce qui se passe en Hongrie ou en Pologne ne gêne pour l’instant en aucune façon la vie économique et sociale du reste des pays de l’Union européenne." La suite sur atlantico.fr

samedi 18 avril 2020

G. M. Tamas : « En Hongrie, la seule source de la loi est désormais Orban lui-même »

"Pour le philosophe hongrois G. M. Tamas, grande figure intellectuelle de la gauche hongroise, l’épidémie de Covid-19 a renforcé la dimension « post-fasciste » du régime de Viktor Orbàn. Ce concept, qu’il a développé il y a une vingtaine d’année, désigne une forme de pouvoir autoritaire qui n’a plus besoin de répression massive pour contourner la démocratie. La gestion de la pandémie fonctionne ici comme un puissant révélateur.
Né en 1948 à Cluj (Roumanie) au sein de la minorité hungarophone, le philosophe, G. M. Tamas est l’un des grands intellectuels de la gauche hongroise, au sein de laquelle il est respecté et écouté. Passé par la phénoménologie et le libéralisme politique, il a ensuite développé une approche marxiste issue de la théorie critique. Il doit à ce riche parcours d’avoir été dissident sous le règne de Janos Kadar, au temps du socialisme réel, et exclu de son poste de directeur de l’Institut de recherche de l’Académie hongroise des sciences sous le gouvernement de Viktor Orban. Il est l’un des fondateurs du groupe ATTAC en Hongrie et a participé à de nombreux mouvements d..." La suite sur aoc.media (article payant)

mercredi 12 février 2020

Populismes et révolution conservatrice en Europe de l’Est

"Par Jacques Rupnik
Hongrie, Pologne, Slovaquie, République tchèque… Depuis 10 ans, plusieurs pays d’Europe de l’Est ont vu la montée en puissance de forces politiques dites populistes ou "nationalistes-conservatrices". Leur point commun : la critique radicale de la démocratie libérale et la défense de l’identité et de la souveraineté nationale.


Pendant une vingtaine d’années après 1989, les pays d’Europe centrale et orientale se sont employés à imiter au cours de leurs transitions démocratiques les modèles politiques et constitutionnels occidentaux. Lorsque apparaissaient des signes de « fatigue démocratique », voire des risques de « rechute » dans tel ou tel pays, on attribuait cela aux héritages du passé communiste et au « retard » des démocraties à l’est du continent.
Désormais, avec la poussée des populismes eurosceptiques en Europe occidentale, le Brexit et l’élection à la présidence des États-Unis de Donald Trump, la perspective a changé. Et l’Europe centrale passe presque pour « l’avant-garde » d’un phénomène qui touche les démocraties occidentales." La suite sur vie-publique.fr

vendredi 2 août 2019

« L’Allemagne a abandonné la géopolitique au profit d’une géoéconomie à court terme en Europe centrale »

"Article publié le 10 juillet sur le site du German Marshall Fund of the USA, sous le titre Berlin’s Neglects East-Central-Europe at its Own Peril, accessible ici.
Berlin s’est détournée de ses voisins orientaux après leur adhésion à l’Union européenne et le vide a été comblé depuis 2010 par des tendances autoritaires internes et par des puissances extérieures, comme la Russie et la Chine, écrit le chercheur Daniel Hegedüs. L’Allemagne doit, selon lui, redevenir une puissance géopolitique en Europe centrale, car « ses intérêts géopolitiques [y] sont menacés ».
Le déclin démocratique observé dans certains pays membres de l’Union européenne est aujourd’hui un défi majeur pour l’intégration européenne. Des événements récents, tels que la suspension du parti social-démocrate roumain du Parti socialiste européen en raison de la réforme controversée de la justice en Roumanie, ou la suspension du Fidesz hongrois du Parti populaire européen en raison de son évolution manifeste vers l’autoritarisme au cours des dernières années, et les attaques directes contre le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, illustrent la montée des tensions et des conflits générés par les violations flagrantes des valeurs européennes." La suite sur courrierdeuropecentrale.fr

jeudi 11 juillet 2019

Réécrire l’Histoire

"Un ancien étudiant, Vincent Labrecque, m’avait mis au parfum: «Il y a un monument à Budapest qui réécrit l’histoire, monument érigé par Victor Orban. Celui-ci représente la Hongrie en tant que victime du nazisme, une tentative évidente de la droite de réécrire l’histoire, similaire à la situation en Pologne. Mais ce qui est beau dans ce monument, c’est que des gens ordinaires partagent des témoignages et des photos de ce qui s’est réellement produit ici durant la guerre.»
Certes une bonne idée, me dis-je. Parce que si le populisme et l’extrême droite se portent aussi bien aujourd’hui, n’est-ce fort essentiellement en raison de cette nouvelle ère de désinformation, de fake news, et autres propagandes? D’aucuns le croiraient.
C’est cela dit par pur hasard que je tombe sur l’endroit, minuscule et minimaliste, en question. Ma fille, apprentie cinéaste, filmant tout ce qu’elle trouve sur son passage, me lance: «Regarde papa, des vieilles valises. C’est sûrement une commémoration de l’Holocauste.» Encore bouleversés de notre récente visite à Auschwitz, disons que la simple vue d’effets personnels du type amène notre esprit à reconstituer le pire, cette fois à juste titre. Il s’agit effectivement de l’espace «commémoratif» dont parlait Labrecque." La suite sur journalmetro.com

vendredi 12 avril 2019

« La spécificité des fascismes centre-européens réside dans un moindre développement économique »

"Dans l'entre-deux-guerres, des mouvements authentiquement fascistes se développent en Europe centrale et orientale. A l'heure des populismes, il est légitime de revenir sur leurs spécificités et sur l'héritage qu'ils ont pu laisser. Entretien avec Traian Sandu, professeur agrégé à l'Université Sorbonne-Nouvelle Paris III, spécialiste de la Roumanie et des fascismes centre-européens.
Dans l'entre-deux-guerres, et plus spécifiquement dans les années trente, tous les "États successeurs" en Europe centrale, orientale et balkanique, qu'ils aient été bénéficiaires des traités de paix ou pas, basculent vers des régimes autoritaires imposés d'en haut. Seule la Tchécoslovaquie fait exception. Pourquoi ?
En raison, tout d'abord, d'un certain nombre de dysfonctionnements du système géopolitique européen liés au partage de l'Empire austro-hongrois et des autres empires, lié aussi à ce phénomène que l'historien américain George Mosse à appelé la "brutalisation des sociétés" pendant la Première Guerre mondiale, lié enfin à d'autres facteurs, notamment économiques et sociaux. Il s'agit là d'une première réponse assez . . ." La suite sur courrierdeuropecentrale.fr (article payant)

vendredi 8 mars 2019

Hongrie, Pologne : pourquoi les femmes votent-elles à droite ?

"Cet article écrit par Weronika Grzebalska[1] et Eszter Kováts[2] a été publié le 18 décembre dernier dans la revue International Politics and Society de la Fondation Friedrich Ebert. Traduction de l’anglais vers le français par Ludovic Lepeltier-Kutasi.
"Au lieu de se demander comment les femmes peuvent-elles voter à droite, nous devrions nous intéresser au système politico-économique dans lequel elles vivent et aux alternatives politiques qui leur sont offertes. Les cas hongrois et polonais apportent un éclairage singulier sur cette question.
« Qu’est-ce qui ne tourne pas rond avec elles ? », s’était un jour ouvertement interrogé un éditorialiste du Guardian au sujet du soutien sans faille des femmes aux Républicains américains. La question ne date pas d’hier mais elle est encore régulièrement déterrée par des chroniqueurs progressistes dès lors qu’il s’agit, souvent en lien avec un sinistre fait divers, de commenter la réaction patriarcale qui sévit sous les gouvernements populistes conservateurs." La suite sur courrierdeuropecentrale.fr

1 - Weronika Grzebalska est sociologue et présidente de l’Association polonaise d’études sur le genre. Ses travaux portent sur le militarisme, la sécurité nationale et les politiques de droite. Ancienne membre de la FEPS YAN, membre de la Clark University (États-Unis), iASK (Hongrie) et du programme Trajectories of Change de la ZEIT-Stiftung.

2 - Eszter Kováts est doctorante en sciences politiques à l’Université Lóránd Eötvös (ELTE) de Budapest. Elle travaille au bureau hongrois de la Friedrich-Ebert-Stiftung, où elle est responsable depuis 2012 du programme d’égalité des sexes de la fondation pour l’Europe du Centre-Est.

vendredi 18 janvier 2019

« En Europe de l’Est, les régimes ­ont entrepris la destruction pure et simple de l’Etat de droit et de ses garanties »

"Selon la journaliste hongroise Réka Kinga Papp, des gouvernements nationalistes et populistes tels que ceux de Viktor Orban, en Hongrie, et Jarosław Kaczynski, en Pologne, englobent des sujets comme le refus de ­l’immigration ou celui d’accorder des droits aux minorités dans leur offre politique conservatrice.
En Europe de l’Est, la notion de guerre culturelle évoque quelque chose de très différent de ce qu’elle désigne aux Etats-Unis. Le Kulturkampf (« combat culturel ») désigne la lutte que livra le chancelier ­Bismarck contre l’influence culturelle et sociale de l’Eglise catholique dans le royaume de Prusse puis l’Empire allemand, au cours des années 1870 et 1880. Le Kulturkampf a profondément marqué l’histoire de nombreux pays de cette région.
Aujourd’hui, l’expression trouve un nouvel usage ­politique et social, qui fait écho à cet héritage ­historique. Il désigne la reprise en main des ­institutions culturelles et l’usage de la culture ­institutionnelle (théâtres, musées, médias…) par des gouvernements nationalistes et populistes tels que ceux de Viktor Orban, en Hongrie, et Jarosław Kaczynski, en Pologne. Ces dirigeants se posent ­explicitement en arbitres des questions culturelles – non pas au sens des sujets de société, mais ­vraiment sur les questions d’offre culturelle – à la fois sur le plan symbolique, et sur un plan très concret en soutenant certaines institutions et en en fermant d’autres." La suite sur lemonde.fr (article payant)

samedi 24 novembre 2018

Interview Agnes Heller: Nationalisme, comment la Hongrie est tombée

"Figure de l’opposition au régime de Viktor Orbán, la philosophe explique le succès des «populismes» par la disparition des classes sociales et l’absence de récits collectifs susceptibles de concurrencer les discours nationalistes.
Pour elle, la philosophie européenne est un «oiseau migrateur», qui voyage d’un pays à l’autre selon les époques, et n’a fait durablement son nid que dans quelques contrées comme la France ou l’Angleterre. L’expression lui correspond bien, à elle aussi : à 89 ans, la philosophe Agnès Heller, élève du marxiste Georg Lukács avec qui elle fonda l’école de Budapest, a beaucoup voyagé. Dans les années 70, opposée au régime communiste, cette grande figure intellectuelle hongroise part pour l’Australie. Elle rejoint ensuite la New School de New York où elle reprend la chaire de Hannah Arendt. Si elle est aujourd’hui installée à Budapest, elle reste très active, notamment pour marquer son opposition à Viktor Orbán qu’elle n’hésite pas à qualifier de «tyran». Il lui répond en nommant «la bande à Heller» certains intellectuels hostiles à sa politique illibérale." La suite sur liberation.fr

mercredi 7 novembre 2018

Conseil de lecture à Emmanuel Macron : Karl Polanyi sur les années 30

"Le Président devrait s'inspirer de «la Grande Transformation», une critique du libéralisme économique publiée en 1944 par l'économiste hongrois.
«Je suis frappé par la ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l’entre-deux-guerres. Dans une Europe qui est divisée par les peurs, le repli nationaliste, les conséquences de la crise économique, on voit presque méthodiquement se réarticuler tout ce qui a rythmé la vie de l’Europe de l’après Première Guerre mondiale à la crise de 1929. Il faut l’avoir en tête, être lucide, savoir comment on y résiste.» Voici ce qu’a déclaré à Ouest-France Emmanuel Macron la semaine dernière.
Au-delà de l’habituelle mise en scène de son opposition à l’extrême droite, cette analogie mérite de s’arrêter un instant. On ne convoque pas les années 30 impunément ! Alors, pour que le président de la République gagne en «lucidité» et sache «comment résister», il faudrait qu’il lise. Que lire ? Pour ses moments de repos à Honfleur, une lecture est tout indiquée.
Il s’agit du chapitre 21 de la Grande Transformation de Karl Polanyi, «La liberté dans une société complexe», texte publié en 1944. Il pourrait y comprendre pourquoi sa politique et celle de ses parents politiques fabriquent des gouvernements d’extrême droite en nombre. La destruction des logiques de solidarités humaines et la préférence pour la compétition contre la coopération sont les fondements politiques du libéralisme économique qui appauvrit les populations depuis son avènement." La suite sur liberation.fr

mercredi 24 octobre 2018

Élections européennes : les faux semblants du clivage Macron-Orbán

"Après avoir consolidé son pouvoir à domicile suite à sa troisième victoire électorale consécutive en avril dernier, Viktor Orbán cherche désormais à s’imposer dans le débat public européen. Son meilleur allié est aussi son adversaire auto-proclamé : le président français Emmanuel Macron.En Hongrie, la domination du Fidesz est forte et incontestée. Le parti populiste de droite a gagné les dernières élections législatives d’avril avec une « super majorité » des deux tiers, ce qui lui donne la possibilité de modifier la constitution à sa guise. En mai dernier, lors de son discours inaugural devant les députés, Viktor Orbán a déclaré qu’il avait des idées et des projets jusqu’à au moins 2030. Rester au pouvoir douze années de plus ne lui paraît donc pas inenvisageable, à raison : son opposition est fragmentée et truffée de politiciens médiocres, les freins et contrepoids démocratiques en Hongrie sont limités et le vacarme orchestré par la propagande gouvernementale sur la question migratoire ôte toute rationalité au débat public." La suite sur courrierdeuropecentrale.fr

vendredi 20 juillet 2018

« La métaphore indienne fait un retour en Hongrie »

"Pour la chercheuse américaine Holly Case, la rhétorique anti-immigration du premier ministre Viktor Orban lui sert à rapprocher le sort des Indiens d’Amérique à celui du peuple hongrois menacé par les migrants.
Historienne spécialiste de l’Europe, Holly Case est professeure associée à l’université Brown (Rhode Island). Elle s’intéresse tout particulièrement aux interactions entre les relations internationales, la science et la littérature aux XIXe et XXsiècles. Elle est notamment l’auteure de Between States. The Transylvanian Question and the European Idea during World War II (Stanford University Press, 2009, non traduit).
Dans un récent article paru dans la revue autrichienne « Transit », vous rappelez que le premier ministre hongrois, Viktor Orban, fait parfois référence aux Amérindiens dans ses discours. Que sous-entend-il en évoquant les peuples premiers d’Amérique ?" La suite sur lemonde.fr (article payant)

jeudi 11 janvier 2018

D’une Europe l’autre, Par Jean-Luc Florin

"Vue de sa partie la plus occidentale, l’Union Européenne semble parfois composée de méchants et de gentils. Les évocations de la Pologne ou de la Hongrie s’accompagnent en particulier de subites poussées colériques et d’indignations. Il en va alors des valeurs démocratiques, du respect de l’État de droit, du progrès mis à mal par des régimes indignes de l’héritage commun. On se lamente qu’au cœur d’un ensemble déjà si fragilisé, refluent des politiques peu conformes avec l’idéal du moi européen. Pendant ce temps là, les rapports sévères et glacés du défenseur des droits à l’encontre de la France, comme les actions juridiques émanant d’associations comptent pour du beurre. Toute comparaison au sujet des libertés, du respect des conventions internationales ou de la dégradation partielle de nos droits se voit, soit écartée, soit reléguée à des différences de nature, sinon de degrés éloignés." La suite sur diacritik.com

mercredi 10 janvier 2018

La Hongrie, pionnière de la dérive « illibérale »

"Alors que la Pologne inquiète l'Union européenne avec la mise au pas de son système judiciaire, elle peut compter sur un allié indéfectible : Budapest. Plongée dans le système Orban, qui a ouvert la voie à Varsovie.
Il y a des alibis qui sonnent faux. En ce jour d'hiver pluvieux, dans la petite ville touristique de Szentendre, les ruelles sont désertes et les boutiques de souvenirs, vides. Pourtant, lorsqu'on tente d'interroger les commerçants sur la vie politique de leur pays, tous se déclarent débordés. A chaque fois, le sourire se fige. Mieux vaut quitter les lieux. En Hongrie, on ne parle guère de politique. Année après année, un climat un peu..." La suite sur lesechos.fr