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mardi 28 juillet 2026

Le seul soldat noir de l'Empire Austro-hongrois, 1915


"Selon les reportages de l’époque, Simon Perris (également connu sous le nom d’Ali Mahmud) serait né au Congo ou au Sénégal et serait arrivé en Hongrie alors qu’il était encore enfant. Il a d’abord été au service d’un Turc qui vivait à Budapest.

Après la mort de son maître, il a travaillé comme portier dans un cinéma à Nagyvárad (aujourd’hui Oradea) et parlait couramment le hongrois. On raconte qu’il maîtrisait particulièrement bien les insultes colorées.

Bien qu’il ait été une curiosité dans la Hongrie du début du XXe siècle, il semble avoir été très apprécié en ville pour son bon caractère et son sens de l’humour. Il était également très patriote et fier de la Hongrie.

Ali Mahmud a demandé à rejoindre l’armée austro-hongroise, mais a été refusé car il était de nationalité étrangère. Il n’a cependant pas abandonné. Il a multiplié les demandes, allant même jusqu’à s’adresser au ministre de la Défense.

Selon un article de presse de l’époque, il aurait déclaré : « J’ai très honte d’être hongrois et de devoir rester à la maison pendant que les autres se battent. Je veux combattre pour ma patrie. »

Finalement, il a été accepté dans l’armée et a combattu sur le front russe en 1915, où il a reçu plusieurs décorations militaires et a été promu caporal.

C’est à cette période que cette photo a fait la une de plusieurs journaux. On y lisait : « Un homme au visage complètement noir se promène dans les rues de Budapest en uniforme militaire hongrois ». Il était décrit comme un szerecsen (Sarrasin).

Si le terme szerecsen vient de « Sarrasin », il désignait les personnes noires, même si son usage s’est perdu avec le temps.

Les Sarrasins désignaient souvent les soldats arabes et turcs de la Méditerranée orientale. Le terme était employé pendant et après les Croisades et comportait une certaine forme de respect. On les considérait comme des ennemis, mais aussi comme des soldats compétents.

Lorsqu’un officier lui a demandé pourquoi il voulait devenir soldat, Ali Mahmud a répondu : « Parce que je veux mériter une Hongroise ! »

Malheureusement, on ne trouve plus de traces de lui par la suite : on ignore s’il a survécu à la guerre ou s’il s’est marié. Espérons qu’il ait trouvé une Hongroise et qu’il ait vécu une vie heureuse.

Cette photo a été prise pendant la Grande Guerre. L’Empire austro-hongrois était peut-être le seul empire européen de l’époque à ne pas être construit autour du nationalisme, mais autour d’un certain universalisme.

L’Empire était composé et reconnaissait plus d’une douzaine d’ethnies distinctes, qui parlaient des langues différentes, suivaient des traditions variées et avaient des histoires propres.

Le seul élément qui unissait l’Empire était le fait que tous ces peuples étaient les sujets de l’Empereur, quelle que soit leur origine ethnique.

C’était un gros problème pendant la guerre qu’avait si imprudemment déclenchée l’Autriche-Hongrie, car les troupes n’avaient souvent pas vraiment envie de se battre, surtout dans un conflit lancé pour venger la mort de l’archiduc François-Ferdinand, que personne – pas même l’Empereur – n’appréciait vraiment.

Les troupes slaves, en particulier, n’avaient guère envie de combattre d’autres Slaves.

On peut spéculer, mais il semble très probable que cette photo ait été un outil de propagande utile, montrant que même quelqu’un venant d’un pays aussi lointain pouvait s’identifier comme Hongrois.

Même des personnes comme lui étaient prêtes à combattre pour leur pays et y étaient autorisées, ce qui illustrait l’unité dont le pays manquait cruellement.

(Crédit photo : Titusz Várkonyi)

Source : rarehistoricalphotos.com (trad. IA)

samedi 18 juillet 2026

Ride Along Borders : Budapest, une liberté qui ne va jamais de soi

"Alors que la Hongrie traverse une séquence politique inédite, après seize années de pouvoir du Premier ministre d’extrême droite Viktor Orbán, les cyclistes de Ride Along Borders font étape à Budapest. Dans la capitale hongroise, les bouleversements du présent ravivent une mémoire plus ancienne : celle de l’insurrection de 1956.

Les routes de l’exil empruntées par Ride Along Borders traversent la Hongrie à un moment où son histoire semble s’accélérer. Lorsque les cyclistes arrivent à Budapest, le Parlement hongrois s’apprête à réviser la Constitution afin d’écourter le mandat du président Tamás Sulyok. À leur départ, la décision est actée : le 13 juillet 2026, la réforme constitutionnelle est adoptée à la majorité des deux tiers, mettant un terme anticipé au mandat du président, proche du Premier ministre d’extrême droite Viktor Orbán.

Une semaine plus tôt, la télévision et la radio publiques, jusque-là favorables au pouvoir, avaient interrompu momentanément leurs programmes pour diffuser, sur un écran noir, le message suivant : « Les médias de service public ne peuvent pas mentir. Nous vous demandons pardon de l’avoir fait pendant de longues années. »

La Hongrie semble tourner une page politique." La suite sur magcentre.fr

jeudi 16 juillet 2026

Budapest Parcours : Des Magyars au Magyar

"Par Emmanuelle Sacchet

Les alternances vertigineuses de la fabuleuse Histoire de la Hongrie

Au bout d’un moment Basta le Farniente ! Dans la chaleur ambiante de l’été, vous prendrez bien le temps de vous rafraîchir quelques neurones… 20 mn top chrono — oui il faut bien ça — c’est parti pour une petite leçon d'Histoire, à défaut d'une leçon de choses.

« Rien n’est plus contemporain, plus idéologisé, qu’un commencement. Les mythes fondateurs sont une condensation de la conscience que la communauté a d’elle-même » Lucian Boia, 1997

Chaque 15 mars et 23 octobre, la ferveur des Hongrois pour les commémorations m'a toujours fascinée. Le « Debout, Magyar ! » clamé par le poète Sándor Petőfi tient toute la nation dans une seule injonction depuis le 15 mars 1848. À la fois insoumise et résiliente, défaitiste et résistante, la Hongrie a souvent penché du mauvais côté de l'Histoire, mais elle a traversé les siècles en encaissant les coups sans jamais tout à fait plier. Ce n'est pas le moindre de ses charmes — et sans doute l'ADN du caractère pessimiste de ce peuple qui pleure sa martyrologie d'une main et lève son verre de l'autre, entre périodes fastes et catastrophes retentissantes.

J'ai bien tenté de comprendre cet engouement par la lecture de quelques ouvrages. Mais c'est grâce au cycle de conférences de l'historien Jérémy Floutier à l'Institut français, début 2026, et après digestion du livre Histoire de la nation hongroise de Catherine Horel (Tallandier, 2021), que s'est dessinée une question lancinante sur la Hongrie, sempiternellement ballottée entre union et indépendance. Comment une nation dont les frontières n'ont jamais vraiment coïncidé avec l'aire de sa langue a-t-elle pu maintenir un sentiment national aussi tenace ? On découvre que les mythes fondateurs sont allés bon train pour affirmer une nation, tandis que sa merveilleuse langue, parfaitement incompréhensible, lui servait à la fois de bouclier et d'identité." La suite sur jfb.hu

dimanche 5 juillet 2026

Le dernier avion ancien en état de vol en Europe


"Il existe encore de vieux avions qui ne sont pas de simples moyens de transport.

Ce sont des souvenirs faits de métal, de la nostalgie incarnée, des témoins volants d'une époque où voyager était encore un événement.

Cela inclut les motos anciennes historiques, qui deviennent de plus en plus rares en Europe.

Nombre de Ju 52 et de DC-3 ont depuis longtemps disparu du ciel et reposent désormais immobiles au sol, tels des pièces de musée. Ce qui rend chaque vol à bord de ces avions mythiques d'autant plus précieux." La suite sur shots.media

mercredi 24 juin 2026

« L’État hongrois a transformé ses propres citoyens en complices »

"Spoliations, retours, communisme : entretien avec Gábor T. Szántó sur les lendemains de la Shoah en Hongrie.

Écrivain, essayiste et rédacteur en chef de la revue juive hongroise Szombat, Gábor T. Szántó explore depuis plusieurs décennies les héritages de la Shoah, les métamorphoses de l’identité juive en Europe centrale et les zones d’ombre de l’histoire hongroise contemporaine. En 2024, il faisait paraître '1945 and Other Stories', recueil de nouvelles consacré aux lendemains de la catastrophe, au sujet duquel il s’entretient ici pour K. avec Liam Hoare. De la réapparition des survivants dans une Hongrie qui les croyait disparus aux ambiguïtés du rapport des Juifs au communisme, Szántó revient sur l’histoire souvent négligée de l’après-Shoah en Hongrie. 

Liam Hoare : Votre livre, 1945 and Other Stories, s’ouvre sur la période qui suit immédiatement la Seconde Guerre mondiale : les fuites, les expulsions, les déplacements de populations, et ce qu’ils ont représenté pour ceux qui les ont vécus, notamment pour les Juifs de retour des camps. Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce sujet pour en faire une matière littéraire ? " La suite sur k-larevue.com

vendredi 19 juin 2026

Budapest Parcours : Le mythe fondateur d’ATTILA: une épopée hunnique unique ?


"Prénom en tête de liste en Hongrie dans les années 1965-1985, Attila reste aujourd’hui un nom qui déclenche une plaisanterie bien connue : appeler au hasard « Attila ! » pour voir combien de têtes se retournent dans une assemblée. C'est peu dire qu'Attila a marqué plus que son époque. Si son nom résonne toujours aujourd'hui, c'est avec un sentiment ambivalent, car mythes et faits avérés se mélangent dans une soupe nationale bien connue. Les concepteurs de l'exposition, soucieux de rappeler que l'identité hongroise ne découle pas d'une filiation directe avec les Huns, ont pourtant affiché au fronton du Musée national hongrois son nom en six lettres capitales couleur de feu. Comme les Hongrois doivent se sentir galvanisés en montant les marches ! Et confortés à l'intérieur, dans l'Escalier d'honneur, où la vision romanesque de l'Histoire magyare du XIXe siècle est peinte par Károly Lotz : Attila y figure fièrement sur un char, l'épée en avant.

La vraie recette du mythe fondateur, entre histoire et construction mémorielle.

En route pour démontrer ou démonter les mythes, vous avez jusqu’au 12 juillet 2026 à l’exposition. Elle explore les multiples facettes d'Attila à travers l'histoire : figure démoniaque dans les traditions italienne et française, souverain glorieux dans la tradition germanique, et héros fondateur dans la tradition hongroise, mêlée d'interprétations chrétiennes médiévales. Malgré la rareté des sources (cinq textes seulement, aucun artefact certain), le mythe d'Attila a structuré l'identité hongroise pendant près d'un millénaire, avant d'être remis en question par la critique scientifique aux XVIIIe-XIXe siècles. L'exposition confronte ces strates de mémoire aux données archéologiques et aux apports récents de l'archéogénétique, interrogeant au passage la tension persistante entre perception populaire et savoir académique.

L'idylle magyare avec Attila ne date pourtant pas d'hier. Lorsqu'au Xe siècle les Hongrois, nomades venus de l'Est, s'installent dans les Carpates et se mettent à mener des razzias en Europe, les chrétiens les identifient d'emblée aux Huns. Plutôt que de fuir l'étiquette, les Hongrois s'en saisissent : une fois convertis et engagés dans l'écriture de leur propre histoire, ils revendiquent la filiation avec Attila et le transforment en héros positif. Le célèbre Anonymus le présente comme un ancêtre mythique de la dynastie Árpád dans sa Gesta Hungarorum écrite vers 1210. Vertus morales et guerrières à l'appui, le mythe fondateur fait merveille : à la fin du Moyen âge encore, la Chronica Hungarorum mobilise la figure du roi des Huns pour asseoir le prestige de la monarchie au sommet de sa puissance, Matthias Ier étant célébré comme un « second Attila ». L'origine hunnique des Hongrois restera un thème récurrent de la littérature et de la musique nationales du XVIe au XIXe siècle. Trois verbes résument l'affaire : unifier, glorifier, légitimer — la recette classique du mythe fondateur au service d'une nation qui se cherche. Le cinéma ne sera pas en reste, on peut voir dans l’exposition de nombreux extraits de films qui valent leur poids en paprika piquant." La suite sur jfb.hu

lundi 15 juin 2026

Histoire - Comment Adidas a aidé la RFA à gagner le Mondial 1954

"En battant l’invincible Hongrie 3-2 lors de la finale de Coupe du monde 1954, la RFA a créé en tant qu’outsider l’une des plus grandes sensations de l’histoire de la compétition. Et ceci, grâce en partie à un certain Adi Dassler…

Les petites innovations technologiques ont parfois un peu aidé aux grands exploits. C’est ce qui est arrivé à la Mannschaft donnée perdante face à la bande à Puskas mais chaussée de crampons vissés.  

Deutsche Qualität

Le 4 juillet 1954, l’équipe de la RFA se rend en car au Stade du Wankdorf de Berne pour y affronter à 17 heures la Hongrie, grandissime favorite de la finale de Coupe du monde. Le moral des joueurs allemands est à l’inverse de l’atmosphère grise et légèrement pluvieuse. « C’est la météo de Fritz Walter ! », s’exclame joyeusement Sepp Herberger, le sélectionneur. En effet, l’ami Fritz, son capitaine, excelle balle au pied sous la flotte. Cette pluie qui tombe sur la capitale suisse est une petite bénédiction car, à une époque où les pelouses n’étaient pas les billards d’aujourd’hui, un terrain lourd pénaliserait de fait le jeu de passes des artistes hongrois et restreindrait les géniales aptitudes techniques des Puskas et Hidegkuti… Et puis, Sepp Herberger peut compter sur son intendant Adolf « Adi » Dassler. Il a fondé en 1949 la firme Adidas (comme ADI-DASsler), spécialisée dans la fabrication et la vente d’articles de sport, et équipementier de la Mannschaft pour le Mondial 1954. Le Bavarois adore créer des chaussures de sport, fournisseur qu’il fut des souliers à pointes du sprinter Jesse Owens aux JO de Berlin de 1936." La suite sur degaine.so

mercredi 10 juin 2026

Célébration du 70e anniversaire de la Révolution hongroise de 1956 le jeudi 8 octobre 2026 18h-20h Maison de la recherche


"La table ronde est organisée avec le soutien financier du programme « Réseau des professeurs invités pour la culture hongroise » du ministère des Affaires étrangères de Hongrie, en collaboration avec la lectrice hongroise de l’Inalco, la lectrice de Sorbonne Université et la lectrice de l'Université de Lille. 

La révolution hongroise de 1956 a révélé au monde libre la nature oppressive des régimes communistes. La vue des insurgés affrontant les chars soviétiques a bouleversé l'opinion publique mondiale.

Les historiens hongrois invités à la table ronde, Gergely Fejérdy et Gusztáv Kecskés D., sont des spécialistes des relations franco-hongroises et ont publié de nombreux ouvrages sur la révolution de 1956. Catherine Horel, qui anime la discussion, est historienne et spécialiste de l’histoire de l’Europe centrale en France.

Nous souhaitons associer la commémoration de la révolution hongroise au 100ème anniversaire de la naissance de Lajos Nyéki, linguiste et poète hongrois qui était professeur à l’Inalco de 1979 à 1994.

Lajos Nyéki s’était exilé en France en 1956, après l’écrasement de la révolution.

Maison de la recherche (2, rue de Lille - 75007 Paris) - Auditorium Dumézil

Sur inscription 

Avec la participation de :

  • Catherine Horel, directrice de recherche au CNRS, Paris, membre externe de l’Académie hongroise des sciences
  • Gergely Fejérdy, directeur adjoint de la Fondation Otto de Habsbourg, enseignant chercheur de l’Université catholique Péter Pázmány, Budapest
  • Gusztáv Kecskés D., directeur de recherche à l’Institut d’histoire, Université de Budapest (ELTE)
  • Thomas Szende, professeur émérite de l’Inalco, Paris
  • Kati Jutteau, enseignante en histoire de la Hongrie, Inalco, Paris

Source :inalco.fr

lundi 25 mai 2026

La minute historique : Il y a 52 ans, Ernő Rubik inventait le "Rubik's cube"

 © Unsplash

"Le 19 mai 1974, à Budapest, Ernő Rubik, un professeur d’architecture hongrois, mettait au point le Rubik's cube. Un casse-tête en trois dimensions qui n’a rien perdu de sa popularité.

Au départ, ce "cube de Rubik" n’était qu’un simple outil pédagogique, visant à aider les étudiants de ce professeur d’architecture à comprendre la géométrie en trois dimensions. Ernő Rubik, alors âgé de 29 ans, met donc au point un cube, composé de 26 petits blocs pivotant autour d’un axe central, avec des blocs de bois, des élastiques, des trombones et de la colle.

Au-delà de la visualisation en 3D, le cube avait également pour but de faire deviner aux étudiants le mécanisme interne, et comment les pièces pouvaient tourner tout en restant attachées entre-elles.

Le passage d’outil pédagogique à casse-tête aura lieu dans un second temps. Un ami conseille à Ernő Rubik de colorer chaque face, et l’idée de trouver un moyen de retrouver l’ordre initial arrive assez logiquement." La suite sur rtbf.be

vendredi 22 mai 2026

21 mai : la Hongrie célèbre son armée

"Ce n’est pas un jour férié, une simple journée de commémoration, les Hongrois célèbrent leur armée. La Journée de la défense nationale hongroise et de la Journée commémorative des héros hongrois (Magyar Honvédelem Napja és a Magyar Hősök Emlékünnepe), l’occasion de distribuer médailles, grades et promotions lors de cérémonies assorties de discours patriotiques.

Dans l’entre-deux-guerres, la Journée de la Défense (Honvéd Nap) était célébrée le 28 juin (signature par les Allemands du traité de paix de 1919), mais la Hongrie célébrait aussi les héros de la Grande guerre le dernier dimanche de mai. En 1951, le régime communiste a adopté le 29 septembre, anniversaire de la bataille de Pákozd en 1848, en instituant une Journée de l'Armée populaire qui ne faisait plus référence aux héros. En 1992, le nouveau régime a déplacé cette journée au 21 mai, en mémoire de la bataille de Buda de 1849. Ce jour-là, l’armée de défense nationale, commandée par le général Arthur Görgey, a repris la capitale aux troupes du général autrichien Hentzi." La suite sur bibliomonde.fr

mercredi 20 mai 2026

L'histoire du football à Budapest

"Les clubs de football rivaux de Budapest ont dominé la scène nationale d'une manière que peu de capitales peuvent égaler et ont également produit de nombreux talents.

Madrid, Londres, Rome, Lisbonne : de fières capitales européennes qui peuvent se vanter d’un riche pedigree footballistique. Mais lorsqu’il s’agit de domination nationale, chacune d’entre elles doit s’incliner devant Budapest.

Cœur du football depuis la fin du 19e siècle, la capitale hongroise est une catégorie à part en tant que ville puissante qui impose sa loi sur la scène nationale. À eux sept, différents clubs de Budapest ont remporté plus de 100 titres de champion ; c’est une longue histoire de succès que les homologues continentaux de Budapest ne peuvent qu’envier.

Budapest a marqué de son empreinte la première division hongroise dès le début. La compétition a été lancée en 1901, et les vainqueurs des deux premières éditions ont été le Budapesti TC, aujourd'hui disparu, qui jouait ses matches au Millenáris Sporttelep (à deux pas de la Puskás Aréna). Un autre club local, le Csepel, qui évolue actuellement au niveau régional, a remporté trois titres dans les années 1940 et un quatrième la décennie suivante." La suite sur uefa.com

samedi 18 avril 2026

Budapest, le "bastion d’opposition à Orbán" enfin en fête : le témoignage de l’autrice Nina Yargekov

"À l’occasion de la parution de son guide "Budapest" (L’arbre qui marche), l’autrice franco-hongroise Nina Yargekov racontait dans Entrez sans Frapper la joie qui a envahi les rues de la capitale hongroise le soir de l’élection de Péter Magyar en tant que Premier ministre, après des années de résistances des Budapestois au régime de Viktor Orbán.

Le 12 avril 2026, Nina Yargekov voit la capitale hongroise exploser de joie, "après de longues semaines d’attente suspendue, mêlée d’espoirs et d’inquiétudes". Une immense fête, pleine de klaxons, de sourires et de joie, pour célébrer l’élection de Péter Magyar, et surtout la défaite de son adversaire, Viktor Orbán.

Dans la foule, elle distingue des drapeaux troués, un symbole de résistance au pouvoir brandi au même endroit pour la première fois en 1956, lors de l’insurrection du peuple de Budapest contre le régime pro-soviétique, réprimée dans le sang par les chars de Moscou. "En 1956, les gens découpaient le blason soviétique du drapeau hongrois, laissant un trou. Depuis, le drapeau troué est un symbole de libération en Hongrie, de défiance du pouvoir, et de rapprochement avec l’ouest de l’Europe", explique l’autrice franco-hongroise." La suite sur rtbf.be

dimanche 22 mars 2026

Judith Elkan - Un siècle et une Légion d’honneur


"Le lendemain de son 100e anniversaire, Judith Elkan, rescapée de la Shoah, veuve de Lucien Hervé, photographe français d’origine hongroise, a reçu les insignes du chevalier de la Légion d’honneur des mains d’Agnès Troublé dite agnès b., styliste, galeriste, collectionneur d’art, mécène et amie fidèle de la famille Hervé à la fondation Le Corbusier à Paris. 

Regarder Judith, c’est contempler un siècle d’histoire, de courage et de lumière. Née Judith Molnár le 15 Mars 1926, à Oradea (Transylvanie), son destin a basculé à 18 ans, au lendemain de son baccalauréat, quand l’innocence a été fauchée par la déportation.

Elle avait connu l’horreur d'Auschwitz, puis le camp de travail de Zittau. Mais dans ce « Nulle part » — pour reprendre le titre de son récit si puissant — elle avait réussi l’impossible : rester avec sa mère, se soutenir, survivre ensemble. De ce gouffre où elle avait perdu son père et presque toute sa famille, elle n'avait pas rapporté de la haine, mais une exigence de vie." La suite sur jfb.hu

Harald Feller, Enlevé à Budapest, prisonnier à Moscou, jugé à Berne


"Les vies du diplomate Harald Feller, Juste parmi les nations

Presque tout le monde, comme moi, connaît, au moins de nom, Carl Lutz. Jusque à la lecture de ce livre consacré à un autre diplomate suisse, j’ai cru qu’il était le seul à être intervenu en faveur des persécutés. Puis, sur le site de mon éditeur, Alphil, je découvre qu’un de ses collègues a agi dans le même sens humanitaire.

Budapest, 16 février 1945 : « Monsieur Feller, suivez-moi ! »

Le jeune diplomate à la tête de l’ambassade de Suisse n’a d’autre choix que d’obéir à l’officier soviétique. Dans son appartement de fonction il a hébergé clandestinement des diplomates suédois et des Juifs. Il a rapatrié des persécutés, avant d’être séquestré et menacé de mort par des Hongrois pronazis." La suite sur jfb.hu

vendredi 20 mars 2026

Colloque international à Budapest et Szeged – Réception, impacts et mémoire de la révolution de 1956 dans le monde francophone

"À l’occasion du soixante-dixième anniversaire de la révolution hongroise de 1956, le Centre universitaire francophone de l’Université de Szeged et l’Institut français de Hongrie organisent conjointement à Budapest et à Szeged un colloque scientifique de deux jours consacrés au retentissement de cet événement majeur de l’histoire contemporaine dans le monde francophone.

Soulèvement populaire d’une rare intensité, 1956 demeure une rupture fondamentale dans l’histoire de la seconde moitié du XX siècle. Il est admis que l’écho de la révolution dépasse très largement les frontières de la Hongrie : cette révolution constitue l’une des crises majeures traversées par le bloc de l’Est, tout en marquant un tournant dans le
rapport au communisme et à l’Union soviétique en Occident. Pourtant, malgré une bibliographie déjà riche, de nombreux aspects restent encore insuffisamment explorés, tandis que la recherche en langue française sur le sujet demeure fragmentaire. Ainsi, de nombreux pans de la réception de la révolution dans le monde francophone restent à découvrir, notamment dans le sillage de l’ouverture de nombreux documents d’archives jusqu’ici inaccessibles pour les chercheurs.

Conçu comme un espace de réflexion et de dialogue ouvert, ce colloque s’adresse également à un public non spécialiste. Les participants sont invités à prendre en considération cette orientation dans l’élaboration de leurs interventions. Dans cette dynamique d’ouverture, les propositions émanant d’acteurs extérieurs au champ
académique sont pleinement encouragées, dès lors qu’elles contribuent à l’enrichissement des échanges autour des thématiques du colloque." La suite sur auf.org

 

vendredi 6 mars 2026

László Nemes, filmer l'histoire de Budapest à Auschwitz

Le cinéaste hongrois László Nemes. - © Szabolcs Barakonyi

Avec László Nemes, réalisateur et scénariste hongrois

Le cinéaste László Nemes filme l’histoire de l’Europe centrale, des premières secousses de l’Empire austro-hongrois au centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. Dans "Orphelin", il interroge les liens filiaux et les retentissements de la Shoah pendant les années de dictature communiste en Hongrie.

Né à Budapest en 1977, László Nemes a grandi entre la Hongrie et la France. Dans ses films, l’histoire de l’Europe centrale est omniprésente et s’entremêle aux quêtes familiales. Son premier long métrage, Le Fils de Saul (2015), porte la Shoah à l’écran sans exhibitionnisme ni sensationnalisme. László Nemes y met en scène Saul Ausländer, membre du Sonderkommando du camp d'Auschwitz-Birkenau, chargé d’accompagner les déportés vers les chambres à gaz puis de nettoyer les lieux. Au-delà de la violence des camps de mise à mort, László Nemes met en scène une quête d’humanité. Saul Ausländer cherche à offrir un enterrement selon le rite funéraire de la loi juive à celui qu’il a identifié comme son fils. Le travail de László Nemes trouve ses racines dans les textes écrits clandestinement par les Sonderkommandos d’Auschwitz. Aussi appelés "rouleaux d’Auschwitz", ces écrits ont été publiés en France en 2005 par le Mémorial de la Shoah dans Des voix sous la cendre. Manuscrits des Sonderkommandos d'Auschwitz-Birkenau.

Après avoir porté à l’écran la Budapest de la Belle Époque dans Sunset (2018), László Nemes offre dans Orphelin (2026) une image de la capitale hongroise en 1957. Le réalisateur met en scène un pays sous surveillance communiste, aux lendemains de la répression de la révolution populaire de 1956 et aborde la question de la filiation à travers un scénario inspiré de l’histoire de son père. Dans Orphelin, le jeune Andor vit avec sa mère Klara. Son père, Hirsch, a été déporté pendant la Shoah et n’est pas revenu des camps. Pourtant, un jour, un homme ayant caché Klara pendant la guerre affirme être le père biologique d’Andor. Andor s’accroche alors au fantôme martyr de son père et à un livre de prière. Ce livre porte le nom de Hirsch et l’adresse d’une synagogue dans laquelle se rendaient ses parents, mais dont il ne sait déchiffrer les caractères hébraïques. À travers cette double-filiation paternelle, László Nemes interroge la Shoah au-delà de l’expérience immédiate des camps et dépeint, en filigrane de la surveillance communiste, les retentissements intimes du génocide et la transmission troublée du judaïsme."

La suite et à écouter (59 min) sur radiofrance.fr

mercredi 25 février 2026

L'ivresse de la violence - « Rares sont les œuvres littéraires qui m’ont bouleversé à ce point. » Entretien avec Thomas Sulmon


"L’Ivresse de la violence, traduction française du roman Orgia de Zoltán Gábor, est le tout premier travail de traduction littéraire de Thomas Sulmon. Ce texte radical, qui affronte de front la violence historique et morale, a suscité de vives réactions dans la presse francophone. À partir de cette réception critique, mais aussi de son parcours personnel, nous revenons sur le travail de traduction, sur les choix — linguistiques, éthiques et symboliques — qu’impose un texte de cette nature, et sur la manière dont une œuvre change de visage en passant du hongrois au français.

Propos recueillis par Ákos Cseke

C’est ta première traduction littéraire publiée. Comment es-tu arrivé à ce texte de Zoltán Gábor, qualifié de « roman difficilement soutenable », « premier roman horrifiant »  dans le compte rendu paru dans Le Soir et dans Télérama ? Qu’est-ce qui t’a donné envie — ou le courage — de t’y confronter pour un premier livre ?

J’ai entendu parler du livre presque par hasard, lors d’un événement organisé à l’Institut français de Budapest en janvier 2024. Au cours d’une discussion, un ami écrivain et agent littéraire, Zoltán Jeney, a évoqué plusieurs œuvres d’auteurs contemporains dignes d’intérêt, parmi lesquelles figurait Orgia. Intrigué, je me suis empressé de mettre la main sur le roman quelques jours plus tard, et cette lecture m’a tout simplement sidéré : après cinq ans à Budapest, je n’avais presque jamais entendu parler de ce chapitre de l’histoire hongroise. Bien sûr, j’avais déjà visité la Maison de la terreur et connaissais le monument des chaussures devant le Parlement, mais c’était à peu près tout. À ce jour, rares sont les œuvres littéraires qui m’ont bouleversé à ce point.

Le livre a continué de me hanter bien après que je l’ai refermé. Je suis d’abord allé dans le quartier de Városmajor pour visiter certains lieux marquants mentionnés dans le roman, comme l’hôpital de la rue Maros. Peu à peu, j’ai fait des recherches sur le sujet ; c’est alors que j’ai pris conscience du silence qui entoure ces blessures, encore loin d’être cicatrisées.

De fil en aiguille, l’idée d’une traduction s’est imposée : il me semblait important que les lecteurs francophones puissent eux aussi plonger dans cette période – sans doute l’une des plus sombres de la Seconde Guerre mondiale – et en tirer leurs propres enseignements." La suite sur litteraturehongroise.fr

dimanche 22 février 2026

L’Algérie et la Hongrie voient grand !

"Reprise du vol direct Alger-Budapest.

Ne cessant de se renforcer davantage, malgré un nouveau monde géo-politique troublant et incertain, les relations entre l’Algérie et la Hongrie, deux pays issus de deux Continents différents, mais proches, Afrique et Europe, Continent noir et Vieux Continent, sont historiques, très amicales et indéfectibles.

La reprise, récemment, des vols directs reliant les deux pays, à travers la ligne aérienne Alger-Budapest, l’Algérie et la Hongrie confirment leurs bonnes intentions diplomatiques, leurs ambitions géostratégiques et leurs engagements économiques pour faire de ces relations, des rapports solides.
En plein changement géopolitique mondiale, les relations entre Alger et Budapest se sont intensifiées durant ces cinq dernières années, notamment dans les secteurs du tourisme, agriculture, commerce, économie et enseignement supérieur, au grand bonheur de la 4ᵉ session de la commission mixte tenue à Alger fin 2025. Les deux pays viennent de lancer le premier vol de la nouvelle ligne aérienne Alger-Budapest, une nouvelle prouesse avant d‘autres réalisations, tout en coopérant sur la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau, la formation universitaire et des projets d’investissement, envisageant même d’aller, encore, plus loin. Dans le domaine de la coopération agricole et économique, la Hongrie cherche à dynamiser ses échanges avec l’Algérie, notamment dans l’innovation agricole, l’aquaculture et la foresterie. La 4ᵉ session de la Commission mixte algéro-hongroise, tenue en décembre 2025 à Alger, a été un renforcement économique de taille, elle vise à stimuler les investissements bilatéraux et à activer de nouveaux partenariats.
Dans les domaines de l’Éducation et Recherche, les deux pays ont évalué et renforcé leur coopération dans l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et technique. Alors que dans le domaine de la diplomatie, la Hongrie maintient une présence diplomatique active à travers son ambassade à Alger, favorisant les échanges culturels et économiques avec Alger.
Aussi, les discussions qui ont eu lieu entre les hauts responsables des deux pays, ont porté leurs fruits en réalisant la relance d’une ligne aérienne directe entre Alger et Budapest pour faciliter les échanges. En réalisant cette prouesse, cela démontre que les relations engagées sur des bases solides entre Alger et Budapest sont sur la bonne voie et que le futur attendu entre les deux capitales des deux Continents est très prometteur." La suite sur lnr-dz.com

samedi 7 février 2026

Le fantôme des décrets Benes resurgit

Billet de blog de Joëlle Stolz

"Les décrets Benes ont resurgi entre la Slovaquie, dirigés par deux autocrates. Réalité d'avant-hier, ils interpellent aujourd'hui la Commission européenne. Car ces décrets, qui ont servi à expulser de Tchécoslovaquie des millions d'Allemands après 1945, sont utilisés maintenant contre les Hongrois de Slovaquie. En Hongrie c'est même devenu un thème électoral.

Le climat s’est refroidi entre deux dirigeants nationalistes qu'on pensait alliés : le premier ministre populiste Robert Fico (prononcer « Fitso ») à Bratislava, et son homologue hongrois Viktor Orban, pionnier en Europe de la « démocratie illibérale ». La cause est une loi adoptée il y a quelques semaines par le Parlement slovaque qui punit de prison, depuis janvier, quiconque mettrait en cause les décrets Benes (« Bénèch »).

Le principal opposant à Orban pour les législatives prévues en avril prochain, le national-conservateur Peter Magyar, a écrit à la Commission européenne une lettre ouverte indignée et exige le renvoi de l’actuel ambassadeur slovaque à Budapest. La conseillère d’Orban pour les minorités a aussi envoyé une missive à Bruxelles. Une pétition au Parlement européen a été lancée par des Hongrois de Slovaquie, qui déplorent que les décrets Benes servent de base légale à des expropriations sans dédommagement à l’occasion de la construction d’autoroutes, dès lors que les propriétaires de terres appartiennent ethniquement à la minorité hongroise." La suite sur mediapart.fr

jeudi 5 février 2026

Gyula Grosics, le pionnier du gardien moderne


"À l'occasion du centenaire de sa naissance, la FIFA revient sur la carrière du Hongrois Gyula Grosics, le légendaire gardien des Magyars Magiques.

  • Gyula Grosics a cumulé 86 sélections pour les "Magyars Magiques"

  • Le Hongrois a façonné le rôle de gardien moderne

  • Le portier a fait partie de la génération dorée finaliste de la Coupe du Monde 1954

Les portiers qui participent au jeu et les gardiens-libéros sont deux exemples du football moderne. L'une des démonstrations les plus emblématiques des gardiens novateurs a été livrée par Manuel Neuer lors du match de l'Allemagne contre l'Algérie (2-1 a.p.) en huitièmes de finale de la Coupe du Monde de la FIFA™ en 2014. S'il a livré un véritable récital, l'Allemand s'est inspiré d'un autre géant : Gyula Grosics, lequel a disputé trois éditions du Mondial, et notamment celle de 1954.

Six décennies plus tôt, Grosics avait en effet révolutionné le poste de gardien, sous l'impulsion de son sélectionneur Gusztáv Sebes, qui estimait qu'un portier avait bien plus à apporter que "simplement" arrêter des tirs. Au fil de ses 86 sélections, il a été un véritable point d'ancrage du jeu d'une équipe de Hongrie qui a dominé le football mondial au début des années 1950, avec comme point d'orgue le "Miracle de Berne", la terrible et illustre finale de la Coupe du Monde 1954." La suite sur fifa.com