Affichage des articles dont le libellé est Philosophie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Philosophie. Afficher tous les articles

samedi 6 décembre 2025

Des Etats-Unis à la Hongrie : la fin du républicanisme ?

"Avec Philip Pettit, professeur de philosophie politique à l’université de Princeton

La liberté comme non-domination que l'état de droit défend peut-elle encore servir de boussole pour refonder nos institutions face au retour en force de l’autoritarisme ? Philip Pettit, l’un des grands théoriciens du républicanisme contemporain, est notre invité.

Le républicanisme et la tentation autocratique

Philip Pettit rappelle que le républicanisme repose sur « l’absence de domination », qu’elle soit privée ou publique. Être libre, dit-il, c’est vivre sans maître : « Les gens ne doivent pas être dominés, il ne faut pas qu’il y ait un maître dans la vie des gens ». D’où l’importance des élections, de l’État de droit et des contre-pouvoirs pour empêcher tout gouvernement d’exercer une ingérence arbitraire.

Face à la montée actuelle des régimes autoritaires, Philip Pettit constate une fascination inquiétante : « Les gens sont séduits par l’idée d’autocratie ». Selon lui, cette séduction n’est possible que lorsque les démocraties faiblissent : « Les démocraties ont eu des objectifs républicains, le problème, c’est la séduction de l’autocratie »."  La suite et à écouter (11min) sur radiofrance.fr

samedi 9 août 2025

La pilule philosophique. “Qu’est-ce que tu feras quand tu seras grand ?”, cette question si énervante

"Dans le journal “Népszava”, un chroniqueur hongrois, qui n’a jamais voulu devenir dentiste comme son père, défend le goût de l’aventure plutôt que la quête d’une carrière confortable. Chaque semaine, “Courrier international” vous propose un billet qui soulève des interrogations sur notre condition moderne en s’appuyant sur des œuvres littéraires, scientifiques et, bien sûr, philosophiques." 

C’était l’une des questions les plus agaçantes de mon enfance. Les adultes se penchaient près de mon visage, me regardaient et me demandaient : “Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ?” Pendant un temps, la réponse était ce que je voyais et que j’admirais : éboueur à cause du camion, conducteur de train, asphalteur. Plus tard, à mesure que l’imagination s’éloignait de la dure réalité, je disais astronaute, explorateur, plongeur en eaux profondes.

Je répondais à contrecœur, car je ne voulais pas dire la vérité. J’avais l’intime conviction que je réussirais l’exploit de rester un enfant dans un corps d’adulte et ne devrais donc pas travailler. Cette détermination a longtemps couvé en moi et se manifestait sous des formes intéressantes. “Mais personne ne travaille dans ces histoires !” critiquait quelqu’un à juste titre lors de la présentation de mon tout premier recueil de nouvelles à Oradea (en Roumanie). J’étais au début de la vingtaine et, pour être honnête, je n’avais pas remarqué cette caractéristique…

Les conseils parentaux n’aident pas.
Au bout d’un certain temps, il convenait de satisfaire la curiosité adulte avec des réponses plus rationnelles. C’était peut-être un genre de coutume bourgeoise : la paisibilité de la prévisibilité, un éventuel passage solennel de..." La suite sur courrierinternational.com (article payant)

dimanche 22 juin 2025

La pilule philosophique. Être supporteur, cette passion qui rend fou

"Dans “Nepszava”, l’auteur hongrois Sandor Zsigmond Papp explique comment son amour du sport, surtout du snooker, le fait souffrir malgré lui. Chaque semaine, “Courrier international” vous propose un billet qui soulève des interrogations sur notre condition moderne en s’appuyant sur des œuvres littéraires, scientifiques et, bien sûr, philosophiques.

Je suis un supporteur de plus en plus mauvais. Le vrai fan reste aux côtés de son équipe ou de son idole, même si elle est en train de perdre. C’est même là qu’il l’encourage le plus. Moi, j’éteins la télé et vais dans la cuisine en jurant. Il n’en a pas toujours été ainsi. Aujourd’hui encore, je suis fier d’être le seul à avoir tenu bon devant l’écran le dernier quart-temps de la finale du water-polo masculin aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004. Les champions hongrois en titre, menés 7-5, ont entamé l’ultime période avec deux buts de retard contre les redoutables Serbes. Un huitième but serbe pouvait advenir d’une minute à l’autre et sceller le destin des Hongrois.

Nous avions été rapidement menés de trois buts au début du match. Les Serbes avaient pris le large, mais nous sommes parvenus à combler l’écart. Ma grand-mère est sortie en premier pour faire la vaisselle dans la cuisine, suivie par ma mère, qui a lavé avec colère toute la vaisselle déjà lavée par mamie. Car, selon elle, Mamie n’avait pas bien lavé les saletés invisibles. Puis, à ma grande surprise, mon père, qui n’en pouvait plus, alla s’allumer une cigarette dans l’entrée. Je criais le score depuis la chambre de ma mère : ils déboulaient en courant à chaque but,..." La suite sur courrierinternational.com (article payant) 

jeudi 21 novembre 2024

La pilule philosophique. En apprivoisant mon appareil antironflements, j’ai accepté de vieillir

"Après de nombreux examens, j’ai reçu une machine. Je ne lui ai pas encore donné de nom, mais je prévois de le faire, comme pour notre aspirateur-robot, qui répond au doux nom d’Arthur. L’appareil n’est pas trop grand, mais un imposant tube en sort, auquel se branche le masque facial. Au début, j’étais certain que toute ma famille m’appellerait “Dark Vador”. Finalement, l’engin ne m’a pas donné une voix branchiale et souffle discrètement l’air sur mon visage.

Je ne dis pas que j’ai accueilli le résultat de l’examen avec une joie débordante. Deux sessions au centre du sommeil ont déterminé noir sur blanc que je dors mal. Mon organisme trime plus qu’il ne se repose, et mes ronflements ressemblent à des motos roulantes, au moins en matière de décibels. Cela peut endommager la santé à long terme, expliquait la docteure. Donc, si je veux du bien pour moi-même, je dois désormais dormir avec l’aide d’une machine.

“Masque idiot”

Mes neurones les plus angoissés et épuisés ont accepté tout de suite, mais les plus reposés ont protesté. Pas question de dormir avec un masque idiot pour de longs mois ! J’ai déjà vu ce genre de situation. Deux de mes grands-parents n’entendaient rien, et il fallait hurler pour qu’ils nous comprennent..." La suite sur courrierinternational.com (article payant)

mercredi 21 août 2024

Les espaces de la mort vivante : Kafka, de Chirico et les autres


Traduit du HONGROIS par NATALIA ZAREMBA-HUZSVAI et CHARLES ZAREMBA

EAN13 9782842425142
Éditeur Circé
Date de publication 30 août 2024
Collection Circe
Nombre de pages 104
Dimensions 17,5 x 11,5 x 0,9 cm

dimanche 14 juillet 2024

La pilule philosophique. Arrêtons de nous regarder dans le miroir !

"Dans le journal “Nepszava”, cet écrivain hongrois originaire de Transylvanie dénonce la vanité par le biais de son cas personnel. Chaque semaine, “Courrier international” vous propose un billet qui soulève des interrogations sur notre condition moderne en s’appuyant sur des œuvres littéraires, scientifiques et, bien sûr, philosophiques.

Combien de fois vous regardez-vous dans le miroir chaque jour ? Je ne pense pas aux situations pratiques comme se laver les dents ou se coiffer, mais à celles où l’on s’examine, on s’interroge. Je sais, l’enthousiasme pour sa propre bobine s’atténue passé un certain âge.

Nous ne souhaitons pas observer longuement les fins signes de notre détérioration car qui sait ce qu’ils renvoient. Si je me souviens bien, c’est adolescent que j’étais le plus intéressé par le moi en face du miroir. J’entends encore mes parents me dire de ne pas rester autant de temps dans la salle de bains car ils avaient aussi des choses à faire. (La contemplation minutieuse était compliquée par le fait que nos toilettes étaient aussi dans cette pièce).

Mais j’avais tellement de questions envers moi-même ! Et parmi elles la plus importante : que fais-je ici ? Quel est mon objectif ? Comment devrais-je vivre ? Ces interrogations n’appelaient pas une réponse courte, instantanée. De surcroît, je sentais que l’explication résidait dans mes traits. Sinon, quel intérêt que Dieu nous ait façonnés à son image. Si l’histoire est vraie, alors les secrets de la Création, ou au moins ses traces, doivent encore se trouver quelque part. Ramassons donc les miettes !" La suite sur courrierinternational.com (article payant)

jeudi 27 juin 2024

La pilule philosophique. Redevenir jeune ? Non merci !

"Dans le journal “Nepszava”, un écrivain hongrois originaire de Transylvanie refuse la nostalgie en évoquant son passé. Chaque semaine, “Courrier international” vous propose un billet qui soulève des interrogations sur notre condition moderne en s’appuyant sur des œuvres littéraires, scientifiques et, bien sûr, philosophiques.

Ah, si je pouvais redevenir jeune. J’ai souvent entendu cette phrase chez d’autres personnes, qui fait surgir en moi ce désir vague et indéfinissable bien loin du raisonnable. Selon la sagesse ancienne, il n’est pas nuisible d’examiner minutieusement ce que l’homme souhaite avant que cela ne se réalise. “J’ai toujours voulu être quelqu’un, mais je regrette de ne pas l’avoir exprimé un peu plus précisément”, disait un graffiti à la validité éternelle croisé au cours de mon existence. Passer nos aspirations au microscope révèle de divertissants enseignements.

La plupart du temps, je regrette mon enfance. Bien sûr, j’aimerais y revenir en apportant avec moi ma raison. Autrement dit, tout ce que j’ai accumulé au cours des décennies, puisque c’est ce qui me définit fondamentalement.

Si je ne l’emmenais pas à mes côtés, je ne réaliserais absolument pas que je suis “de nouveau” jeune. Pis, je suspecterais qu’il s’agit d’une redite à mon insu de mon existence actuelle que je croyais unique.

Mal au dos

Les premières heures seraient évidemment euphoriques. Je n’aurais pas mal à l’épaule droite, mon dos ne me tiraillerait pas, je pourrais enfin lire de nouveau sans lunettes et je rattraperais sans souci le bus si je suis en retard. Mais ensuite, que ferait un quinquagénaire dans un corps de la dizaine ? Retourner à l’école ferait-il vraiment du bien ? Je serais “plus intelligent” que mon moi de l’époque, mais mon savoir est sélectif. Les équations du second degré m’échapperaient alors qu’elles sont la base de l’algèbre. Voudrais-je vraiment passer mon temps précieux à bûcher sur des formules et des devoirs de roumain alors que tout le monde me traiterait..." La suite sur courrierinternational.com (article payant)

mercredi 29 novembre 2023

Le Spectateur. Notes 1991-2001


"C’est avec émotion qu’on ouvre Le Spectateur d’Imre Kertész, dernier livre publié de son vivant par le grand écrivain hongrois. À quoi le comparer ? Peut-être à une livraison inédite du Journal de Kafka. En effet, il s’agit d’un journal tenu entre 1991 et 2001, où l’on trouvera peu d’anecdotes ou de descriptions du quotidien : ce sont plutôt des notes de pensée, regroupées musicalement, qui abordent les grands thèmes de l’auteur. Le Spectateur est dans la même veine qu’Un autre (1999), qui était déjà un joyau. Il lui est même supérieur ! Parmi les lignes directrices qui s’y entrelacent, signalons en trois." La suite sur philomag.com

jeudi 10 août 2023

Une prise sur le monde

"Il y a cent ans exactement paraissait Histoire et conscience de classe de Georg Lukács (1885-1971) – l’une des œuvres les plus marquantes et les plus disputées du marxisme du XXe siècle. Imprégné des philosophies de Kant et Hegel, l’essayiste hongrois y pourfendait une philosophie mécaniciste de l’Histoire héritée de la IIe Internationale et, à travers elle, une vision du monde attentiste de nature à doucher le volontarisme militant. Parallèlement à Antonio Gramsci, Lukács interprétait le marxisme comme un historicisme dialectique, à la fois matérialiste et révolutionnaire et prolongeait originalement les vues du Capital (1867) sur le fétichisme de la marchandise en élaborant une théorie des processus sociaux susceptible d’expliquer la réification contemporaine du travail vivant et de tous les éléments du monde social et naturel.

Piètre écrivain (c’est du moins son propre jugement dans un entretien de 1969 intitulé «Lukács sur sa vie et son œuvre»), le Budapestois était également – et toujours de son propre aveu – dénué de «capacité politique». De fait, il connaîtra une brève carrière de responsable partidaire, intégrant le Parti communiste hongrois en 1918 puis le gouvernement de Béla Kun dans l’éphémère République des conseils de Hongrie (1919) en qualité de vice-commissaire du peuple à l’Education et à la Culture. Suspecté d’idéalisme, de luxemburgisme voire même – un temps, et erronément – de proximité avec Trotski, il fut souvent mis en minorité dans son parti et au sein de la IIIe Internationale. Dès lors, ce titulaire de deux doctorats en économie politique et en philosophie se concentra sur les domaines de la littérature et de la raison philosophique – en prenant grand soin de relier ceux-ci à la totalité historico-sociale." La suite sur lecourrier.ch

vendredi 17 mars 2023

Faire naître le courage du désespoir. À propos de Gáspár Miklós Tamás

"Le philosophie marxiste hongrois Gáspár Miklós Tamás est mort le 15 janvier dernier. Il était assurément l’un des penseurs les plus originaux et créatifs de l’ancien bloc de l’Est. Au regard du succès de son dernier livre en Hongrie, Antitézis, son décès ne marque pas la fin des traditions marxistes de la Hongrie comme l’ont sans doute annoncé – trop heureux – certains commentateurs.

***

Philosophe marxiste transylvanien, également connu sous le nom de TGM ou Gazsi, Gáspár Miklós Tamás laisse un vibrant héritage intellectuel, non seulement en tant que théoricien, mais aussi en tant qu’écrivain intransigeant, critique féroce et camarade attentionné. En Occident, il est surtout connu pour avoir été un critique impitoyable de divers régimes autoritaires. Mais son parcours intellectuel était tout sauf simple : il est passé de l’anarchisme au libéralisme et au conservatisme, pour ensuite retrouver le chemin du marxisme et du socialisme. Son travail théorique a toujours consisté à réinventer et à remettre en question tout ce qui existe, dans un climat politique souvent empoisonné par le sectarisme et le puritanisme. Il était l’un des penseurs les plus originaux de la région, ayant cherché à retravailler des concepts tels que le fascisme et le post-fascisme, la classe et le capital, le communisme et l’anticommunisme, le pouvoir et la démocratie et bien d’autres encore." La suite sur contretemps.eu

dimanche 5 mars 2023

Agnès Heller, La valeur du hasard, Ma vie.


"Il y a cinq ans, en regardant Arte, mon attention fut attirée par la philosophe Agnès Heller qui accordait un entretien. Les sujets abordés étaient l'enseignement et la culture en Hongrie. Agnès Heller racontait les difficultés rencontrées dans ces domaines à cause de la politique. A un moment donné, la journaliste lui demanda :

« Si je vous comprends bien, ce gouvernement est opposé à la culture ? »

Agnès Heller répondit :

« Non, on ne peut pas dire ça, ils ne savent pas ce que c'est. »

Cette réponse spontanée, probablement réaliste, qui a fusé comme une morsure de serpent, m'a sidéré et séduit." La suite sur jfb.hu

dimanche 15 janvier 2023

Gáspár Miklós Tamás est décédé ce 15 janvier 2023


Gáspár Miklós Tamás
, né le à Cluj-Napoca et mort le , est un philosophe politique, journaliste et écrivain hongrois issu de la minorité magyarophone de Roumanie. Depuis mai 2010, il est le président du parti Gauche verte (Zöld baloldal).

Source : Wikipédia

 

dimanche 25 septembre 2022

Hongrie : la Journée Confucius est marquée par des programmes culturels à Budapest

"L'Institut Confucius de l'Université Eotvos Lorand (ELTE) de la capitale hongroise a célébré samedi l'anniversaire de Confucius par de riches programmes culturels.

Une centaine de personnes venues de Hongrie et de Chine ont assisté à des concerts, des représentations de Kongfu et des danses du lion lors de la Journée Confucius.

Le public a également eu l'occasion de s'essayer à la calligraphie chinoise, au papier découpé chinois, à l'utilisation de baguettes, au coloriage de masques de l'opéra de Beijing, aux échecs chinois et d'apprendre les bases du jianzi (sorte de badminton chinois que l'on joue avec les pieds), très populaire en Chine." La suite sur china.org.cn

vendredi 12 août 2022

Agnes Heller, figure libre de l’opposition hongroise

"Portrait« Ecrivains en dissidence » (4/5).
L’invasion russe de l’Ukraine a ravivé la mémoire de ceux qui ont su résister à l’oppression du totalitarisme soviétique et des régimes vassaux. Rescapée du nazisme, harcelée par le Parti communiste, la philosophe aura lutté toute sa vie contre l’oppression.

Par trois fois, la future philosophe Agnes Heller (1929-2019) a été alignée avec sa mère au bord du Danube, dans le « ghetto international » de Budapest, par les Croix fléchées, les fascistes pronazis, au pouvoir en Hongrie en 1944-1945. Face à la défaite certaine du IIIe Reich, ces supplétifs des Allemands avaient entrepris de fusiller tous les juifs survivants avant l’arrivée des Soviétiques. Par trois fois, les exécuteurs se sont arrêtés sans explication avant d’atteindre les deux ­femmes. Agnes Heller, qui raconte cet ­épisode dans son autobiographie, ­La Valeur du hasard. Ma vie (Rivages, 2020), confie ne pas avoir eu peur, prévoyant de se jeter à l’eau, le moment venu, mais en avoir tiré une phobie des ponts dressés sur ce fleuve, qu’elle mettra des décennies à surmonter. « Un bon psychologue, relate-t-elle, me dit qu’il ne pourrait pas m’aider, que moi seule pourrais le faire. Et en effet j’y suis parvenue. »

Vaste réflexion sur la modernité

Ce souvenir traumatisant concentre deux traits essentiels qui résument la personnalité de cette femme énergique, dont l’existence s’est déroulée dans de très sombres temps : la tragédie des totalitarismes et la confiance conservée en la raison humaine, pour y résister. En recevant, en 2014, la médaille Wallenberg (du nom du diplomate suédois qui entreprit de sauver les juifs de la capitale hongroise et mourut dans les geôles soviétiques), elle relie ces deux aspects, avec l’arme de son humour indéfectible et de son sens de la provocation, lorsqu’elle affirme qu’« il n’y a de philosophie qu’autobiographique. La philosophie n’est rien d’autre que l’expression de notre temps en concepts. » Elle attribue, dans ses Mémoires, sa vocation de philosophe à la stalinisation rampante de la Hongrie, au tournant des années 1940-1950. « Parce qu’on ne pouvait plus parler politique, il fallait le faire d’une autre façon », dit-elle ironiquement. Mais son travail ne saurait se réduire aux circonstances dans lesquelles il est né.

Car Agnes Heller laisse bel et bien derrière elle une œuvre philosophique considérable, quoique mieux reçue et traduite en Italie qu’en France. L’espoir d’amender le marxisme et de rendre plus vivables les régimes socialistes, longtemps entretenu par la philosophe, a inspiré les..." La suite sur lemonde.fr (article payant)

lundi 2 mai 2022

Hommage à Miklós Vető Colloque international 31 mai 2022 à 09 h 30 - Institut Liszt Paris


Institut Liszt Paris - 92 Rue Bonaparte 75006

En hommage à Miklós Vető, décédé au mois de janvier 2020 - ancien membre de l'Académie hongroise et de l'Académie catholique de France, docteur honoris causa de l'Université catholique Péter Pázmány et l’Université de Szeged - l’Institut Liszt Paris organise un colloque scientifique en langue française avec des intervenants hongrois et français.

Ce colloque réunit des universitaires et des chercheurs autour de la pensée philosophique et théologique de Miklós Vető, de l’ontologie grecque et de l’héritage judéo-chrétien jusqu’à la métaphysique de Simone Weil, la théorie de l’amour pur et de la symbolique spatiale des religions en passant par le projet kantien de l’élargissement de la métaphysique et l’analyse de la nouveauté métaphysique du fondement de Schelling.

Intervenants :
Gábor Boros (Université Károli Gáspár, Budapest), Alexandra Féret (Sorbonne Université), Márk Losoncz (Université de Belgrade), Balázs M. Mezei (Université Corvinus, Budapest), Alexandra Roux (Université de Poitiers), Philippe Soual (Institut Catholique de Toulouse), Tamás Ullmann (Université Eötvös Loránd, Budapest) et Étienne Vető, fils de Miklós Vető, prêtre et professeur à l’Université Grégorienne.

Source : culture.hu

jeudi 25 novembre 2021

Connaissez-vous Ágnes Heller, la “Hannah Arendt hongroise” ?

"Ágnes Heller (1929-2019), que l’on considère parfois comme une « Hannah Arendt hongroise » n’est pas très connue du grand public français. Son œuvre philosophique l’est encore moins que sa trajectoire personnelle, marquée par des engagements politiques forts. Lorsqu’Emmanuel Macron la mentionnait en juillet dernier, il rappelait qu’elle s’était « beaucoup battue contre [le Premier ministre hongrois d’extrême droite] Viktor Orbán », qu’elle était une « combattante de l'antitotalitarisme, pour la liberté, pour l’Europe ». Promotrice d’un marxisme humaniste, elle fut en effet une critique active de la dictature communiste, ce qui lui valut d’être exclue du Parti. « Une femme libre et une guerrière », indéniablement, pour reprendre les mots du président de la République française.

Mais Heller fut, avant tout, une penseuse politique de premier plan. Les trois textes autonomes réunis dans le recueil Au-delà de soi (Bibliothèque Rivages) permettent de prendre conscience d’une réflexion aussi riche qu’exigeante. En voici la substantifique moelle, en trois idées principales…" La suite sur philomag.com

vendredi 9 juillet 2021

Qui est la philosophe Ágnes Heller, citée par Emmanuel Macron parmi les femmes qui l'inspirent ?

"Ágnes Heller, la philosophe hongroise qu'Emmanuel Macron cite parmi les femmes inspirantes dans un entretien au magazine Elle, est peu connue en France. Emmanuel Macron l'avait reçue à l'Élysée en 2019.

Interrogé sur les femmes qui l'inspirent, Emmanuel Macron répond face caméra aux journalistes du magazine Elle, en citant plusieurs personnes, comme sa femme, Brigitte Macron, Simone Veil, récemment entrée au Panthéon, Joséphine Baker pour son combat pour l'universalisme, et la philosophe hongroise Ágnes Heller. "Une femme que j'ai eu la chance de rencontrer avant qu'elle ne disparaisse dans des conditions à la fois tragiques et romanesques" dit-il, car Ágnes Heller est morte à l'âge de 90 ans alors qu'elle se baignait dans le lac Balaton en Hongrie. Elle s'est "beaucoup battue contre Viktor Orban", et est une "combattante de l'antitotalitarisme, pour la liberté, pour l'Europe". Ce n'était pas uniquement une intellectuelle, précise le président, mais "une femme libre et une guerrière".

Qui est donc cette philosophe méconnue en France, dont on ne trouve actuellement qu'un seul ouvrage, La valeur du hasard, Ma vie, une autobiographie parue chez Rivages ?

Emmanuel Macron l'avait invitée en mai 2019 à la veille de l'élections européenne, avec un groupe d'intellectuels, particulièrement engagés contre la montée des nationalismes. Parmi les autres invités figuraient Bernard-Henri Lévy qui lui a rendu hommage lorsqu'elle est morte en disant “Ágnes Heller, c’était la fête de l’esprit et la mémoire de la Shoah”." La suite sur franceinter.fr

mardi 15 décembre 2020

"La Valeur du hasard, ma vie", d’Agnès Heller, dans la sélection des 30 meilleurs livres de 2020 selon « Le Monde des livres »

La Valeur du hasard, ma vie, d’Agnès Heller, édité par Georg Hauptfeld, traduit de l’allemand par  Guillaume Métayer (Rivages) figure dans la sélection des 30 meilleurs livres de 2020 selon « Le Monde des livres »
https://www.livreshebdo.fr/article/les-30-meilleurs-livres-de-2020-selon-le-monde-des-livres

 

La valeur du hasard
Ma vie
Agnes Heller
Georg Hauptfeld
Guillaume Metayer (Traducteur)

La vie extraordinaire d’Ágnes Heller (1929-2019), l’une des grandes philosophes et sociologues du xxe siècle. Une vie intense et mouvementée, traversée par une constante et courageuse quête de liberté. Au cours de sa longue existence, elle aura connu de près quatre systèmes différents : la société autocratique de classes, les totalitarismes nazi puis communiste, la démocratie libérale. Dans les dernières années de sa vie, forte de son expérience, elle lutte contre le nationalisme renaissant et la démocratie illibérale. Au cœur de son parcours existentiel et intellectuel, la rencontre avec György Lukács et la naissance de l’école de Budapest, avec son cortège d’amitiés et d’intrigues amoureuses. La vocation philosophique d’Ágnes Heller, son vif esprit d’indépendance, s’accompagnent d’un engagement politique sans concession qui la projette en première ligne des événements cruciaux du xxe siècle : la révolution de 1956, Mai 1968, la chute du Mur en 1989, et jusqu’au gouvernement d’Orbán. Elle raconte son émigration en Australie puis en Amérique et ses fébriles années new-yorkaises (elle occupera la chaire Hannah Arendt à la New School for Social Research). Dans ce kaléidoscope d’expériences défilent les plus grands noms de la pensée du xxe siècle, de Foucault à Derrida, d’Adorno à Löwenthal, de Jonas à Habermas, de Kołakowski à Bauman.

vendredi 25 septembre 2020

Agnes Heller, la pensée migratrice

 "Formée par György Lukács, fondatrice de l’Ecole de Budapest, professeure à Melbourne et à New York, la philosophe hongroise, morte il y a un an, lutta contre tous les totalitarismes. «La Valeur du hasard. Ma vie» retrace son parcours et ses combats pour l’humanisme et la liberté.

Elle aimait passionnément la musique. Les musées, les villes d’art italiennes, les apéritifs en terrasse, les discussions infinies entre amis, la lecture, les voyages, les excursions en haute montagne, les promenades dans les bois. Et la mer, les fleuves, les cascades, les torrents, les étangs, les lagunes, les thermes, les piscines… Si elle avait pu, elle eût vécu dans l’eau. La veille de sa mort, elle est allée nager dans le lac Balaton, aux flots trop froids pour une dame de 90 ans. C’était l’été 2019.

Les troupes allemandes occupent la Hongrie le 19 mars 1944. Agnes Heller avait 15 ans. «C’était un dimanche. Nous avions appris l’invasion le matin et j’avais des billets pour l’après-midi, pour un concert de Stravinski, "l’Oiseau de feu". Je dis à mes parents : "Je vais au concert." Ma mère me dit que j’étais folle […] Mon père répondit : "Vas-y donc !" Il était d’avis que je devais utiliser au maximum le temps et les occasions, tant que j’étais en vie.» La suite sur liberation.fr (article payant)

samedi 19 septembre 2020

Á. Heller, La Valeur du hasard. Ma vie (trad. G. Métayer)

 

Ágnes Heller,

La Valeur du hasard. Ma vie

Édition de Georg Hauptfel.

Traduction de Guillaume Métayer,

Rivages Payot, 2020.

EAN13 : 9782743650278.

La vie extraordinaire d’Ágnes Heller (1929-2019), l’une des grandes philosophes et sociologues du xxe siècle. Une vie intense et mouvementée, traversée par une constante et courageuse quête de liberté. Au cours de sa longue existence, elle aura connu de près quatre systèmes différents : la société autocratique de classes, les totalitarismes nazi puis communiste, la démocratie libérale. Dans les dernières années de sa vie, forte de son expérience, elle lutte contre le nationalisme renaissant et la démocratie illibérale. Au cœur de son parcours existentiel et intellectuel, la rencontre avec György Lukács et la naissance de l’école de Budapest, avec son cortège d’amitiés et d’intrigues amoureuses. La vocation philosophique d’Ágnes Heller, son vif esprit d’indépendance, s’accompagnent d’un engagement politique sans concession qui la projette en première ligne des événements cruciaux du xxe siècle : la révolution de 1956, Mai 1968, la chute du Mur en 1989, et jusqu’au gouvernement d’Orbán. Elle raconte son émigration en Australie puis en Amérique et ses fébriles années new-yorkaises (elle occupera la chaire Hannah Arendt à la New School for Social Research). Dans ce kaléidoscope d’expériences défilent les plus grands noms de la pensée du xxe siècle, de Foucault à Derrida, d’Adorno à Löwenthal, de Jonas à Habermas, de Kołakowski à Bauman.

Sommaire

Avant-propos 5

1. Premiers souvenirs 7

2. Famille. 10

3. Enfance. 19

4. Le grand et le petit mondes 27

5. Guerre et persécution. 35

6. Après la guerre. 49

7. Études, Lukács et le parti 57

8. Révolution et interdiction de travail 71

9. Nouveau départ et l’école de Budapest 85

10. L’année 1968. 109

11. Deuxième interdiction professionnelle et émigration. 122

12. L’Australie. 128

13. Les États-Unis 144

14. Le changement de système, la mort de Feri et Budapest 168

15. Europe. 182

16. Liberté et responsabilité. 189

17. La valeur du hasard. 194

Index des noms

Voir le livre sur le site de l'éditeur…

Source : fabula.org