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samedi 29 novembre 2025

Bartók - Örkény ※ Concert - Lecture le 4 décembre 2025 à 19h30 - Les Rendez-vous d'ailleurs

István Örkény et Béla Bartók

Les Rendez-vous d'ailleurs 109 rue des Haies, 75020 Paris

Concert-Lecture avec les “Nouvelles-Minutes” de István Õrkény et les Duos pour 2 Violons de Béla Bartók

Bartók et Örkény, deux témoins de leur siècle en Hongrie, partagent un regard profondément humaniste et critique sur leur époque et leur société en plein bouleversement politique et culturel. Textes et musiques dialoguent entre absurde et sagesse, humour et gravité.

Gilles Privat lit les “Mini-Nouvelles” de Istvàn Örkény, Martin Reimann et Liv Heym jouent les Duos pour 2 Violons de Béla Bartók.

Textes d'István Örkény
Traduction et adaptation française à partir de la traduction allemande de Terézia Mora.

Billetterie : Cliquez ICI

dimanche 6 juillet 2025

Concours de traduction, 2025

Dezső Kosztolányi

Date limite d'inscription: 15 septembre 2025 

Pour la onzième fois, l’Institut Liszt lance un concours de traduction littéraire ouvert à tous. Les participants sont invités à traduire du hongrois au français une nouvelle de Dezső Kosztolányi, intitulé Az amerikai fiatalember.

Les traductions doivent être envoyées par e-mail (concours@instituthongrois.fr) jusqu’au 15 septembre 2025. Nous vous prions de choisir un pseudonyme qui figurera dans le fichier informatique (Word, PDF) afin de préserver votre anonymat devant le jury. N’oubliez pas de nous communiquer votre identité et vos coordonnées, adresse e-mail incluse (un accusé de réception vous sera envoyé dès la réception de votre lettre ou votre e-mail).

Les lauréats seront sélectionnés par un jury composé de Natalia Zaremba et Charles Zaremba, éminents traducteurs, entre autres, des œuvres de Benedek Totth, Imre Kertész, Antal Szerb, Attila Bartis, Ádám Bodor ou Gyula Krúdy.

La remise des prix aura lieu le 7 octobre 2025 au Consulat de Hongrie à Paris.

La meilleure traduction sera publiée sur le site www.litteraturehongroise.fr

Vous pouvez télécharger la nouvelle à traduire : ICI

Source : Institut Liszt

jeudi 28 novembre 2024

Cérémonie de la remise du Prix Nicole Bagarry-Karátson 9 décembre 2024 à 18h00 - Salle des Actes de la Sorbonne

Salle des Actes de la Sorbonne 46 Rue Saint-Jacques, 75005 Paris

Tutoiement (Pertu) de Edina Szvoren

La présentation du livre par le jury sera suivie d’un entretien avec Sara Weissmann, la traductrice qui recevra à cette occasion le Prix Nicole Bagarry-Karátson.

Edina Szvoren fait ses études au Conservatoire Béla Bartók de Budapest, où elle enseigne aujourd’hui la théorie de la musique et le solfège. Son premier recueil de nouvelle, Pertu, paraît en 2010 et est couronné de plusieurs prix. Elle est aujourd'hui l'auteure de six recueils de nouvelles, pour l'instant inédits en France. Les quinze nouvelles du recueil Pertu sont très variées, tant en ce qui concerne les lieux et les époques où elles se déroulent que les thèmes abordés et les modes de narration. Ses thèmes récurrents sont l'enfance, la famille, la solitude, la difficulté à communiquer et la complexité des relations humaines. L'auteure dépeint d'une plume incisive un monde sombre et étouffant, des situations à première vue souvent absurdes ou burlesques et démonte avec une ironie féroce traditions et poncifs de la littérature et de la culture hongroise.

Edina Szvoren, Photo : Gábor Valuska

Le lauréat : Sara Weissmann

Sara Weissmann est titulaire d'une licence d'histoire à Paris IV Sorbonne ainsi que d'un master 2 de traduction littéraire à l'Inalco.

Le Prix Nicole Bagarry-Karatson

Créé en 2003, ce prix a pour objectif d'encourager la traduction en français d'oeuvres littéraires composées en langue hongroise (quel que soit le pays de publication) par des traducteurs de langue maternelle française ou ayant bénéficié d’une scolarité secondaire française en France ou dans un lycée français à l’étranger.

Son fondateur, André Karatson, le destine à perpétuer le souvenir de son épouse et celui de leur collaboration. Agrégée de lettres, Nicole Bagarry-Karatson (1938-2000) avait appris le hongrois pour devenir traductrice ; elle apporta à son travail une exigence exemplaire. La pertinence et l’élégance de ses versions constituent un modèle.

Source : culture.hu

dimanche 5 mai 2024

Une star hongroise au salon du livre de Châteauroux

"Pour la première fois, un auteur étranger participe à L’Envolée des livres. Les 4 et 5 mai 2024, quelques jours après la sortie française du « Chœur des lions », György Dragomán présente son livre aux lecteurs castelroussins.

« Je devais de toute façon venir à Paris. Donc pourquoi pas aussi venir à Châteauroux ? » En anglais, l’écrivain György Dragomán explique en toute simplicité sa présence à L’Envolée des livres, le week-end des 4 et 5 mai, à peine deux semaines après la sortie française de son livre Le Chœur des lions. Pourtant, la présence de l’auteur hongrois constitue une grande première pour le salon castelroussin." La suite sur lanouvellerepublique.fr (article payant)

vendredi 3 mai 2024

Nouvelles: György Dragomán, l’enfance et la dictature

"Dans ce recueil, l’écrivain hongrois orchestre la subtile musique de nos sentiments, donnant voix, d’une nouvelle à l’autre, aux enfants dissimulés en nous.

Le chœur des lions rassemble 18 nouvelles, toutes assez courtes, qui se succèdent harmonieusement, bien qu’elles soient diverses. Semblable à une partition, le recueil joue sa propre mélodie, de plus en plus envoûtante... " La suite sur laliberte.ch

jeudi 25 avril 2024

L’accord parfait. György Dragomán, Le Chœur des Lions, recension de Fanni Endrodi-Engel


"À l’instant où l’on ouvre Le Chœur des Lions, les premières notes retentissent, lancent le ton et placent la barre haute : ce sera virtuose. Dès les premiers mots, le lecteur est tiré hors de sa zone de confort. Sa mission est simple : suivre le rythme cadencé que nous impose – nous offre – György Dragomán dans ce bijou de littérature. De narrateur en narratrice, on voyage dans une partition parfaitement maîtrisée. Jamais de fausse note et les sons discordants sont instantanément rattrapés dans un accord parfait.

Traduction et mise en recueil

La traductrice, Joëlle Duffeuilly, relève sans faille le défi que constitue la langue de Dragomán. La prose semble étonnamment simple, mais attention, tout le piège est là ! Dans cette langue extrêmement millimétrée et maitrisée, chaque mot, chaque virgule occupent une place décisive et contribuent à former un chœur prosaïque. Malgré les différences intévitables entre la consonnance et la rythmique du hongrois et du français, les textes traduits restent tout aussi vivants, candides et joueurs que les textes originaux." La suite sur litteraturehongroise.fr

jeudi 7 mars 2024

Contes de fêlures par Gabrielle Napoli


"Après deux romans (Le Roi blanc et Le Bûcher, Gallimard, 2009 et 2018), ce sont les nouvelles de György Dragomán qui sont traduites par Joëlle Dufeuilly dans Le chœur des lions. Nous retrouvons le regard intransigeant mais jamais dénué de bonté de l’écrivain hongrois. Ces dix-huit nouvelles font voyager dans des univers variés entre lesquels se tisse pourtant une musique bien reconnaissable et qui nous avait manqué, celle aussi fantaisiste que grave d’un écrivain qui nous est cher.

Le chœur des lions s’ouvre sur un personnage inquiétant, à la lisière du fantastique, un « violoniste noir » dont les « doigts crochus et noueux comme les racines d’un if » effraient un jeune garçon réveillé brusquement par son père pour s’entraîner inlassablement au violon, afin d’être certain de connaître les soixante-dix-sept morceaux que cet étrange violoniste peut lui demander de jouer n’importe quand. On s’inquiète de cet enfant que son père remonte d’un puits en lui demandant s’il a vu les étoiles, on s’étonne de ce père dont les dents « étincellent dans la lumière ». La dernière nouvelle du recueil, « L’abri », nous ramène à cet univers étrange, le même violoniste, aux dents en or, semble avoir capturé le garçon qu’il retient dans une verrerie désaffectée. L’enfant réussit à lui échapper en se réfugiant dans le four de la verrerie, où sont restés des sacs de sable, de calcaire et de charbon de bois. Réfugié dans le troisième sac, celui qui contient le charbon de bois, le garçon entend les morceaux grésiller et chanter, et « leur chant parle de la forêt, du temps où ils étaient de grands arbres, lorsque les vents tourbillonnants secouaient les feuillages des sombres et denses forêts pourvoyeuses de refuges ».  La suite sur en-attendant-nadeau.fr

György Dragomán  | Le chœur des lions. Trad. du hongrois par Joëlle Dufeuilly. Gallimard, 224 p., 21 € 

vendredi 16 février 2024

György Dragomán : Le Chœur des Lions Rencontre littéraire le 6 mars 2024 à 19h30 Librairie Tschann


Librairie Tschann
125 Bd du Montparnasse, 75006 Paris

Le Chœur des Lions, de György Dragomán, un recueil de nouvelles traduit par Joëlle Dufeuilly, a paru le 8 février dernier chez la prestigieuse maison d'édition Gallimard. 

A cette occasion nous vous invitons à une rencontre autour de ce livre en présence de sa traductrice, Joëlle Dufeuilly. La rencontre sera animée par Ákos Cseke, attaché de coopération scientifique et éducative de l’Institut Liszt Paris, et elle sera suivie d'un cocktail amical.

Lectures du texte par Joëlle Dufeuilly et Fanni Endrodi-Engel.

La mélodie des âmes, c'est ce que György Dragomán nous donne à entendre dans ce recueil de dix-huit nouvelles. La musique traverse les destinées des personnages et leur instille son rythme depuis l'enfance. Elle accompagne les épreuves d'une vie : un petit garçon joue du violon jusqu'à épuisement pour accomplir les rêves de son père ; un morceau surgit comme un refrain mélancolique dans la vie d'une chanteuse qui tente de se construire une famille. Nostalgie, tristesse, joie et malice... toute la gamme des émotions se déploie dans l'art narratif de l'auteur hongrois : la forme de la nouvelle lui permet d'exprimer ses talents dans des registres multiples et de faire résonner un chœur de voix singulières dont chacune nous touche.

 György Dragomán

György Dragomán est l'un des écrivains les plus connus de la littérature contemporaine hongroise.

Il est né en 1973 à Târgu Mureș (Marosvásárhely) en Roumanie. En 1988, György Dragomán et sa famille quittent la Roumanie et émigrent en Hongrie. Il effectue ses études secondaires à Szombathely, puis de 1992 à 1998, il entre à l'Université Loránd Eötvös (Budapest) afin d'étudier l'anglais et la philosophie, puis s'inscrit au Eötvös József Collegium. De 1998 à 2001, il reprend le chemin de l'université de la capitale hongroise pour un doctorat de littérature anglaise moderne.

Son deuxième roman, A fehér király paraît en 2005 et reçoit, en Hongrie, les prix Déry Tibor et Sándor Márai. Le livre est traduit dans plus de vingt pays et c'est Gallimard qui le publie, dans sa collection Du monde entier, la traduction française, due à Joëlle Dufeuilly, sous le titre Le Roi blanc.

Parallèlement à son activité de romancier, György Dragomán traduit en hongrois des auteurs britanniques, entre autres, Samuel Beckett, James Joyce, Ian McEwan, Irvine Welsh.

Le Chœur des Lions est son troisième livre édité chez Gallimard, après Le Roi blanc et Le bûcher.

Entrée libre
Pour la réservation en ligne : cliquez ICI

jeudi 1 février 2024

György Dragomán - Le chœur des lions


Trad. du hongrois par Joëlle Dufeuilly

Collection Du monde entier, Gallimard
Parution : 08-02-2024
224 pages, 140 x 205 mm

mardi 31 octobre 2023

Rêve d’après-midi de Géza Csáth à paraître le 1er novembre 2023

 

Rêve d’après-midi (poche)

10,00

Traduit par
Préface de

Au fil des dix nouvelles qui composent ce recueil, Géza Csáth brosse un portrait saisissant – et non dénué d’humour – de la jeunesse bourgeoise et petite-bourgeoise de Budapest au début du siècle. Qu’il s’agisse d’étudiants ou de jeunes femmes en quête d’avenir, chacun de ses personnages fait l’expérience de ce qui constitue le sel des relations humaines : premiers émois amoureux, nouvelles amitiés, mais aussi premières confrontations à la duplicité des autres. Car si les apparences peuvent être trompeuses, certains sont peut-être un peu trop naïfs… Mais ce recueil est aussi l’occasion de découvrir une facette méconnue de Géza Csáth : sa passion pour la musique. Sous sa plume, chaque vie est une mélodie, et les battements de cœur de ses personnages autant de notes qui illustrent par petites touches la complexité de la psychologie humaine.

Parution le 1er novembre 2023

Traduit du hongrois sous la direction d’András Kányádi
Préface d’András Kányádi
136 pages / 115 x 175 mm
10 euros TTC
ISBN 978-2-36624-832-6

lundi 20 mars 2023

La Chèvre à trois pieds - Rencontre avec Bisame Corvin


JFB
: Nous retrouvons Bisame Corvin à l’occasion de la présentation ce jeudi 23 mars, à la Librairie Latitudes, de leur nouvel ouvrage, autrement ambitieux cette fois. Comme le titre l’indique : La Chèvre à trois pieds, il s’agit d’un recueil de nouvelles variées, singulières, parfois drôles, où nul n’est à l’abri de l’inattendu. D’apparence plus léger que leur roman Les Tributaires, c’est quand même le fruit de longues années de réflexion, d’écriture. Alors Claire, « Bisame pour moitié » comme tu aimes à le formuler, comment vous êtes-vous lancées dans cette aventure ?

B. C. : Nous avions travaillé d’arrache-pied pour l’écriture des Tributaires, pour récolter beaucoup d’informations historiques mais aussi nombres d’anecdotes drôles et émouvantes. L’idée nous est venue d’en écrire un recueil, de romancer ces anecdotes à notre sauce « magyare », d’inventer des suites possibles, tout en gardant à l’esprit ces valeurs que nous chérissons : l’affection familiale et le respect de ce que nos parents nous ont transmis (l’Interview : l’amour de la Hongrie et de sa langue si particulière) la solidarité familiale (La chèvre), la solitude dramatique des personnes âgées (le banc) l’antiracisme (La goulache), etc. Avec ma sœur Anne, nous avions participé à un concours de nouvelles en 2008 qui avait pour thème « la Hongrie et moi » nous avions été sélectionnées et j’ai même reçu le 2e prix et Anne une mention spéciale du jury. Sur 400 participants, on avait trouvé qu’être dans les 15 premiers, c’est pas mal… Donc cela nous a donné des ailes voire des plumes d’écrivain, et nous avions écrit pour le plaisir, des nouvelles qui n’avaient pas été publiées pour l’instant. Après la sortie de nos Tributaires il y a un an, nous avions envie de les publier. Elles ont toutes, de près ou de loin, un rapport avec la Hongrie. C’est un peu le fil rouge du recueil. L’ensemble paraît un peu hétéroclite, disparate mais à chaque fois, l’inattendu révèle un fond nettement plus sérieux. Et puis, nous nous sommes bien amusées de passer du coq à l’âne, ou plutôt de la chèvre au banc, tout en y infusant des thèmes qui nous sont chers." La suite sur jfb.hu

vendredi 13 janvier 2023

La chèvre à trois pieds - Et autres nouvelles

Entre une partie de bridge qui tourne au cauchemar, deux soeurs et une céramique resurgie du passé, une goulasch objet d'un malentendu, une comtesse mystérieuse et son opale noire maléfique... La chèvre à trois pieds - Et autres nouvelles, recueil où amour, haine, hasard et mort se frôlent et se jaugent, vous entraîne dans un monde sur fond d'exotisme magyar où nul n'est à l'abri de l'inattendu. 

Nombre de pages :108
Dimensions : 14,8cm × 21cm

jeudi 3 novembre 2022

Les barbares (poche) Zsigmond Móricz

 

Traduit par
Préface de

Dans chacune des nouvelles qui composent ce recueil, la violence affleure, implacable, et met au jour les traumatismes engendrés par la Première Guerre mondiale. Zsigmond Móricz, l’une des figures majeures de la littérature hongroise du début du xxe siècle, fut aussi correspondant de guerre, une expérience qui le marqua de façon irrémédiable. Sous sa plume, bourreaux et victimes se confondent et sont autant d’âmes égarées en quête de sens. Mais cette brutalité est aussi le symptôme d’une société qui se débat avec ses propres fantômes : superstitions et mauvais sorts ne sont jamais bien loin, dans une campagne hongroise qui lutte pour survivre et peine à faire face aux bouleversements que la modernisation charrie avec elle.

Traduit du hongrois sous la direction d’András Kányádi
Préface d’András Kányádi
Date de sortie : 2 novembre 2022
136 pages / 115 x 175 mm
10 euros TTC
ISBN 978-2-36624-723-7

mercredi 23 juin 2021

Échec et mat ou Le Gambit hongrois

 

Traduit par

Préface de

Sándor Márai, Endre Ady, Gyula Krúdy, Mór Jókai, Dezsö Kosztolány, Grendel Lajos, István Örkény, Jenö Heltai, Frigyes Karinthy, Géza Gárdonyi, Lajos Biró & Gyula Juhász

Et si la vie n’était qu’un perpétuel jeu d’échecs ? Dames, rois, fous, pions… Ces figures a priori plus familières aux amateurs d’échiquiers trouvent aisément leur double de chair dans l’existence réelle où stratégie, observation et patience, entre autres, sont également de mise.
Écrites au fil d’un siècle et demi, ces douze nouvelles entremêlent à la perfection jeu et vie… où il est heureusement possible d’échapper au mat fatal !

Date de parution : 5 mai 2021
Traduit du hongrois sous la direction d’András Kányádi
Préface d’András Kányádi
128 pages / 115 x 175 mm
10 euros ttc
ISBN 978-2-36624-579-0

samedi 13 juillet 2019

Opium de Géza Csáth

    Traduit du hongrois par Éva Brabant Gero et Emmanuel Danjoy
    Couverture de Nicolas Etienne
    collection "l'arbuste véhément"
      Plus aucune tombe en Hongrie ne porte le nom de Joszef Brenner connu désormais sous celui de Géza Csáth (1887-1919). Evanouis les restes de ce grand écrivain longtemps interdit qui usa sa courte vie à chercher la « vérité absolue », passant de l’art à la psychanalyse (dont il fut en Hongrie un des premiers défenseurs) avant de sombrer dans un naufrage morphinomane.
      Ses nouvelles, tantôt oniriques, tantôt réalistes, nous offrent le spectacle d’une folie qui annonce un siècle tout entier placé sous ce signe. Elles osent dire, avec une précision souvent cruelle, ce que nos fantasmes les plus indicibles expriment de nos terreurs ou de nos tourments. Ne faut-il pas la découverte d’écrivains partis au bout d’eux-mêmes pour calmer en nous la peur du gouffre ? Csáth, qui brûla de l’intérieur sa brève existence, appartient à cette fratrie de possédés, abandonnant à notre inquiète raison et à notre penchant pour le mystère ces textes uniques, impudiques et rares, derniers témoignages de son funeste génie.
        ISBN : 978-2-37941-000-0
        240 pages
        Format : 105x155 mm
        Prix : 8 €

        Date de parution : 6 juin 2019


        Ce receuil de nouvelles était paru sous le titre "Le silence noir" aux éditions Alinéa en 1988

          jeudi 25 avril 2019

          La Fièvre et autres nouvelles, de Sándor Jászberényi

          Mirobole éditions, traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly
          Ce recueil de quatorze nouvelles porte le titre de la première d’entre elles (dans la traduction française), « La Fièvre », qui envahit le narrateur et finit aussi par contaminer le lecteur. Comment expliquer autrement que même lorsqu’on déteste les guerres, même lorsqu’on fuit les informations déversées par les chaînes de télévision sur les conflits armés et les massacres dans le monde, et en particulier en Afrique et au Moyen Orient, on ne peut plus lâcher ce livre une fois qu’on l’a ouvert ?

          Sándor Jászberényi, né en 1980, photographe et correspondant de guerre hongrois en Afrique et au Moyen orient pour des journaux hongrois mais aussi le New York Times et l’Egypt Independent, a publié ce recueil en 2012 en Hongrie. Après avoir été traduit en plusieurs langues, le livre paraît enfin en français aux éditions Mirobole, dans la traduction juste et précise de Joëlle Dufeuilly. Dès le début de la lecture, il apparait que s’il a choisi cette écriture et ce mode de récit, c’est pour transmettre autre chose que des chroniques de journaliste de presse. Sur les fronts les plus dangereux, en plein conflits armés, révolutions ou guerres civiles, au Darfour, dans la bande de Gaza, au Yémen, en Libye, au Nigeria, au Caire, il s’est exposé en partageant le quotidien des combattants et des populations, risquant sa vie et témoin de la mort, sans chercher en permanence refuge dans les lieux abrités ou les hôtels réservés aux journalistes. Il ne relate pas que des faits de guerre, mais aussi des rencontres avec des militaires et des civils, des femmes, d’autres journalistes, des êtres humains de tous bords. Sans doute a-t-il éprouvé la nécessité d’atteindre un autre niveau d’expression, et recherché une écriture qui parvienne à communiquer, à travers ces nouvelles, ce mouvement puissant qui entraîne le lecteur aux côtés du narrateur, au-delà des résistances et des évitements. Les circonstances historiques et chronologiques ne sont pas sa priorité. C’est au lecteur, s’il le souhaite de reconstituer le contexte géopolitique des récits, qui mêlent, on le suppose, souvenirs et fiction. Mais il est clair que l’expérience de l’auteur est au cœur de ces aventures, qu’il a modelées pour en faire œuvre littéraire. Pour donner forme, et non pas sens, à ce qu’il n’a pas pu oublier : « Pour ce qui est de m’habituer, c’est vrai : je me suis habitué, mais je n’ai pas oublié. On n’oublie jamais la première fois.» (La première fois)
          Du sens, Sándor Jászberényi ne semble pas en chercher. De l’origine des conflits et guerres qu’il couvre, de leur finalité, il n’est pas question ici. « Tous les conflits se ressemblent, le paysage change, mais on passe toujours son temps à attendre : c’est ça la guerre. Tu attends qu’il se passe quelque chose. Tu attends dans une chambre d’hôtel, un café, sur la ligne de front, près d’un feu de camp, et tu fais comme si tu avais une chance de comprendre ce qui se passe. Alors que tu n’en as aucune…/… Ton travail consiste à vendre l’enfer que vivent les autres comme si tu le comprenais, ou qu’il te concernait directement.» (Quelque part à la frontière). Il ne poursuit pas non plus la gloire ou la célébrité médiatique, contrairement à d’autres journalistes. S’il est sur ce terrain que tant d’autres fuient, c’est qu’il y trouve sa place à ce moment-là de sa vie. Le narrateur nous le laisse entendre dans la nouvelle « Profession photoreporter » : « C’était seulement là, au milieu de la guerre, qu’il se sentait libre ; le monde devenait simple : oui ou non, le bien ou le mal, la vie ou la mort. » Et plus loin, il fait dire à une amie photographe : « Ma mort est sans intérêt. Comme la tienne. Tu n’as pas de famille, pas de foyer, tu n’as même pas peur. Tu n’as que ton appareil photo, et ton travail. Tu es déjà mort. C’est juste que tu ne t’en es pas aperçu.» (Die toten reiten schnell )
          Ici, dans ce livre, loin des organes de presse, il ne « vend » pas l’enfer, il le partage ! On est saisis par ces événements tragiques racontés avec une fausse distance, une résignation apparente démentie par le fait même qu’il écrive, de cette manière à la fois froide, sensible et précise. Pas un mot n’est inutile. Il rend compte de faits de guerre et d’exécutions, sans nous épargner les détails, dans un style objectif et sans émotion, sans indiquer la moindre implication personnelle, si ce n’est sa « pâleur » ou son absence d’appétit, à la fin d’un chapitre, qui témoignent discrètement de son amertume et de son profond désarroi. La conclusion de chaque nouvelle, d’un trait, donne sens à l’histoire, en venant s’inscrire en contrepoint, et fait surgir en un instant saisissant tout ce qui n’est pas dit, qui sous-tend en négatif, le récit. Il est vrai que ce type de procédé convient à la nouvelle, à un récit bref, et on peut le rapprocher d’autres auteurs, comme Krisztina Tóth dans Code-barres. Mais ici, le contraste est encore plus grand, entre le fait de guerre, sans doute réel, et la position d’extériorité du journaliste étranger. C’est un regard sur le regard, un reportage sur le reportage, qui nous fait regarder au deuxième ou au troisième degré, sans pouvoir détourner les yeux, ce que voit le photoreporter et que nous décrit le narrateur. Le journaliste ne pourrait pas écrire dans sa chronique, ce que l’auteur fait dire à son guide : «Patientons, le restau nous attendra », pendant qu’on exécute sous leurs yeux des prisonniers civils à N’Djamena. (La première fois). Ni la prière inventée par un photoreporter : « Notre père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne arrive, et qu’on en fasse de beaux clichés. Donne-nous chaque jour nos combats quotidiens, mais ne nous tire pas dessus avec un calibre cinquante, car nos gilets n’y pourront rien. » Et le narrateur de poursuivre : « J’hésitai : allai-je porter un toast au sens de l’humour de Dieu, ou à la mort stupide ? A la mort stupide ! .../… Boire me fit du bien. J’aime boire. C’est bon de boire, avant une guerre, pendant une guerre, après une guerre. C’est bon de boire avec ses amis. A la mort de ses amis, aux naissances, aux morts des enfants, aux fiançailles, aux ruptures de fiançailles, aux trahisons, aux arrêts du cœur, à l’amour. C’est toujours bon de boire. » (Prendre Trinidad)
          Dans la très belle dernière nouvelle, Le bout du monde, où il rejoint le souvenir d’Arthur Rimbaud à Aden, surgit sa Hongrie natale, d’une manière inattendue et déplorable à ses yeux : « Tu imaginais que dans la bande de Gaza, par exemple, on te parlerait du légendaire footballeur Puskás, de l’Equipe en or, ou du Rubik’s cube. Tu imaginais tout sauf ça. Tu espérais que le jeune soldat du Hamas ne te dirait pas que ce fusil d’assaut automatique était une pure merveille, et que tu étais un mec génial parce que ton pays avait offert au monde un truc formidable pour tuer, auquel on pouvait même adapter une lunette de visée. Tu avais espéré Puskás, l’Equipe en or, ou encore le paprika, mais non. Tu es hongrois, alors c’est l’AMD-65. »
          Au travers de cet étrange dépaysement, pour ce jeune Hongrois qui sillonne l’Afrique et le Moyen Orient à la poursuite des guerres et des tueries, alors même qu’il semble « habitué », déserté par la compassion, se recrée devant cet enfer commun, une fraternité, certes réchauffée par l’indispensable alcool, mais authentique, avec des personnes de la population locale qui le reconnaissent comme un proche. L’auteur parvient, dans un même mouvement, à nous faire ressentir l’insupportable cruauté, l’indignité et la grandeur humaine, qui prennent différentes formes selon les civilisations qu’il côtoie. On est au cœur de l‘action, sans barrières de protection, assignés à voir, et si on le supporte, c’est parce que l’auteur reste à nos côtés dans cette action où il nous entraîne. Car s’il garde une distance dans son écriture, il est totalement présent et engagé dans son récit, et par là-même il nous engage avec lui, il nous fait juge de ce qu’il dénonce en l‘écrivant. Contrairement à des écrivains qui se documentent outrageusement pour livrer des récits qui semblent véridiques alors qu’ils leur sont totalement extérieurs, et qui ne sont plus que des documentaires à l’écriture soignée mais dont l’auteur s’exclut, ici nous savons que l’auteur ne cherche pas à nous parler de la guerre, mais de son expérience de la guerre. Il est pénétré par son récit. Et c’est de le sentir aussi présent, avec ce qu’il nous livre pudiquement de lui-même, que nous consentons à le suivre. C’est parce qu’il nous guide et ne nous lâche pas la main, que nous l’accompagnons à travers ces territoires brûlants, et que nous n’avons plus envie à notre tour, de le lâcher.

          Yvette Goldberger-Joselzon


          lundi 4 mars 2019

          La fièvre de Sándor Jászberényi


          Le recueil de nouvelles d’un correspondant de guerre.
          Entre chroniques de presse et fiction, voici le recueil d’un photographe et correspondant de guerre hongrois qui a couvert la plupart des luttes armées et révolutions en Afrique et au Moyen-Orient. Des instantanés d’un monde rongé par les conflits, où l’homme affronte la violence, où la foi côtoie la superstition, où le diable règne en maître. Ici, des villages organisent une battue contre une bête sanguinaire qui semble indestructible. Là, une jeune photoreporter est prête à tout pour obtenir l’image choc… Du Caire à la bande de Gaza, du Darfour au Yémen, Jászberényi livre un récit brûlant, empreint d’humanité, de poussière ocre et de sang chaud.

          « Jászberényi mêle émotion et violence : c’est poignant, brut, captivant. » The Washington Post
          « Un premier ouvrage impressionnant. » Publishers Weekly
          « Un plongeon authentique dans la spiritualité et la fragilité de l’humanité. » New York Times
          «Un alliage fascinant de reportage et de littérature. » The Irish Times
          « Hemingway aurait sans nul doute approuvé. » The Guardian

          Mirobole Editions, 2019 (8 mars)
          Traduit par Joëlle Dufeuilly
          Collection « Horizons Blancs »
          224 pages - 21 €
          9782375610428 (EAN 13)

          Sándor Jászberényi, né en 1980, a étudié la littérature, la philosophie et l’arabe à l’Université de Budapest. Correspondant de guerre pour les journaux hongrois, le New York Times et l’Egypt Independent, il a couvert entre autres les Printemps arabes, la crise du Darfour et la révolution houthie au Yémen. Il vit actuellement entre la Hongrie et l’Égypte. La Fièvre, son premier recueil de nouvelles, a été traduit dans de nombreux pays.

           

          jeudi 24 janvier 2019

          A propos de l’actualité: Edina Szvoren

          "L’écrivaine et poète hongroise Edina Szvoren a reçu vendredi dernier le prix littéraire Mészöly Miklos. Celui-ci, institué en 2004, est décerné chaque année le jour anniversaire de la naissance de cet auteur hongrois (1921-2001) à un ou une jeune écrivain, critique littéraire ou historien de la littérature. Il a été remis, à Szekszárd (ville natale de Mészöly) à Edina Szvoren pour son dernier livre, le recueil de nouvelles Verseim. Tizenhárom történet (Mes poèmes. Treize histoires) et notamment son style viscéral explorant sans pitié la psychologie des relations humaines." La suite sur passagealest.wordpress.com

          samedi 3 mars 2018

          Les aventures de Kornél Esti de Dezső Kosztolányi

          Kornél Esti, c'est le double de l'auteur, son moi secret, celui qui ose être et faire tout ce qui est interdit à Dezsö Kosztolányi. Les aventures de ce don Quichotte hongrois ont pour théâtre Budapest, les grandes capitales européennes mais aussi des destinations plus énigmatiques. Douce ironie et farces d'écolier, fantastique débridé côtoyant des impressions d'enfance et de jeunesse d'une extraordinaire fraîcheur, comique de l'absurde et douloureuse compassion pour la condition humaine...


          Biographie de l'auteur
          C'est "au milieu de sa vie", comme Dante pour sa Divine Comédie, que Dezsö Kosztolányi (1885-1936) entreprend de réunir ces nouvelles dans un ordre précis pour en faire son autobiographie rêvée, à la fois art poétique et art de vivre. Regroupées sous le titre Kornél Esti, cette édition n'incluait cependant pas la totalité des textes que Kosztolányi avait consacrés à ce personnage. Le présent recueil permet ainsi de découvrir la "suite" de ses aventures qui, loin d'être mineures, permettent de renouer avec l'esprit brillant et facétieux de l'auteur.

          Traduction : sous la direction de Jean-Luc Moreau

          Poche: 154 pages
          Editeur : Cambourakis (7 février 2018)
          Collection : Irodalom
          Langue : Français
          ISBN-10: 2366243197
          ISBN-13: 978-2366243192
          Prix : 10 €

          mercredi 12 avril 2017

          Littérature - Nouvelles de Hongrie

          C’est à un voyage rude et puissant en Europe centrale, dans la Mitteleuropa, que nous invite ce nouveau volume de la collection « Miniatures », qui en compte désormais trente-six, sur ce principe de la mise en valeur des rouages intimes d’un pays vu par ses propres auteurs contemporains. Depuis la révolution de 1956 réprimée dans le sang par le pouvoir soviétique, depuis la chute du mur de Berlin en 1989 et la disparition progressive du rideau de fer, depuis l’ouverture de la Hongrie à l’Europe de l’Ouest et au monde dans la foulée, cette Mitteleuropa ne cesse de se reconstituer à l’intérieur de l’Union européenne, sur les ruines de l’ancien Empire austro-hongrois. Les sept frontières actuelles de la Hongrie, avec l’Autriche, la Slovaquie, l’Ukraine, la Roumanie, la Serbie, la Croatie et la Slovénie, disent bien à quel point cette terre magyare, forte de dix millions d’habitants, est au cœur de l’Europe centrale. La culture hongroise, c’est d’abord une langue, une langue qui a survécu comme un îlot au milieu d’un océan de parlers indo-européens et dont les nombreux emprunts au slave et au germanique n’ont pas altéré la structure profonde, marquée par l’agglutination et l’harmonie vocale. C’est ensuite le triangle de création artistique Prague-Vienne-Budapest, l’un des plus fertiles de l’histoire de l’humanité. Musique, peinture, architecture, littérature, cinéma, psychanalyse : le xxe siècle s’inventa notamment dans ces villes. Béla Bartók, Franz Liszt ou György Ligeti pour la musique ; Magda Szabó, Sándor Márai, Dezső Kosztolányi, Péter Esterházy ou Péter Nádas pour la littérature ; István Szabó ou Béla Tarr pour le cinéma – ces noms ont marqué en profondeur la conscience culturelle européenne. La Hongrie, enfin, traversée, retraversée, ballottée en tous sens par l’histoire européenne, s’est forgée d’elle-même une image qui n’est pas toujours celle que nous lui prêtons. Sentinelle auto-proclamée d’une Europe dont elle s’estime parfois mal-aimée malgré son indéfectible conviction d’en faire partie intégrante, elle nous demande un effort de compréhension plus exigeant sans doute que celui auquel le traitement de l’actualité nous donne droit. Les six nouvelles réunies dans ce recueil, traduites par un couple emblématique de cette « évidence » européenne (lui est belge, elle hongroise), ont été écrites par des auteurs nés pour la plupart dans la Hongrie communiste. Elles constituent une photographie de la littérature hongroise d’aujourd’hui. Distanciation, ironie, crudité, expressionisme, sens de l’Histoire, allusions politiques marquent ces textes. À l’instar des ponts qui relient Pest l’industrieuse et Buda la vénérable, puissent-ils donner au lecteur l’envie de passer de l’autre côté du miroir et de découvrir cette « île enclavée » en plein centre de notre continent, si éloignée et pourtant si proche.
          Grégory Dejaeger et Pierre Astier

          Paru aux éditions Magellan & Cie