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samedi 10 juin 2023

La Shoah à l'ombre d'une république satellite de l'URSS


"Yudit Kiss revient sur la vie de son père, scientifique et communiste convaincu, à la judéité refoulée, dans la Hongrie soviétique.

Ce très beau livre appartient à plusieurs genres. Il s’agit en premier lieu d’un récit autobiographique. Une chronique rédigée par une fille sur la mort lente de son père, atteint d’un cancer du cerveau, alors qu’elle est installée à Genève, depuis le début des années 1990, après avoir vécu au Mexique et au Royaume-Uni. Un père énigmatique, aimé, redouté et rigide. Jamais il n’évoque ce que furent les années de son enfance et de sa jeunesse. C’était un homme sombre et silencieux.

Un communiste convaincu

Universitaire admiré par ses élèves, il était aussi un communiste fanatique, un serviteur zélé du pouvoir à Budapest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il n’avait pas bronché quand les chenilles des chars soviétiques avaient défoncé les rues de Budapest en 1956, celles de Prague en 1968.

Peu de temps après qu’il eut atteint l’âge de la retraite, on l’avait prié de vider son bureau, d’emporter ses livres, ses notes, ses manuscrits, les livres qu’il avait écrits, tombés à présent dans l’oubli." La suite sur nonfiction.fr

lundi 14 février 2022

Récit - «Mourir en été», les entrelacs de Zsuzsa Bánk


"Un dernier été, les rives du Balaton, une fille endeuillée : récit autobiographique.

Un journal de deuil à la palette lumineuse : Mourir en été est un livre étonnant. La disparition d’un père se présente souvent parmi les thèmes des récits ou romans autobiographiques – et cela peut lasser –, mais celui-ci baigne d’emblée dans une atmosphère colorée, où la vie, l’amour familial marchent de pair avec la souffrance, la tristesse de la séparation à venir puis effective.

Le deuil commence avant la mort proprement dite. Le père a un cancer, il n’a plus que quelques mois d’existence. C’est un homme aimant et aimé, au «visage heureux», «brûlé par le soleil, creusé de rides de rire». Sa fille, la romancière d’origine hongroise et de langue allemande Zsuzsa Bánk, veut vivre avec lui pleinement ce qui est donné là, le présent qui reste à être ensemble. Elle souhaite répondre à son vœu de passer son dernier été au bord du lac Balaton, et y mourir. C’est le lieu des retrouvailles familiales dans la patrie natale, que le père comme la mère, jeunes gens, ont fui pour l’Allemagne en 1956, juste avant la répression soviétique de l’insurrection de Budapest.

«L’été du noyer»

Une notion revient en boucle, de façon presque onirique, «la belle nage», «jó uzsás» en hongrois. L’autrice qui tient de son père le goût de ces échappées dans l’eau du Balaton, au grand large, explique : «Cela désigne la sensation, cela invoque ce qu’elle charrie de grand, de libre, d’apesanteur, les heures de légèreté dans une eau réchauffée par le soleil, cela décrit cette copieuse station dans l’e…" La suite sur liberation.fr (article payant)

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Mourir en été
Zsuzsa Bánk

Traduction OLIVIER MANNONI - Langue d'origine : ALLEMAND
Rivages 2 Février 2022 

À propos 

"Chacun a son histoire de maladie et de mort, chacun a ses pertes, ses images aux noires ramifications et qui ne pâlissent pas. Les morts ne sont jamais morts, ils ont leur place dans les premières phrases d'une rencontre, d'une discussion, ils sont assis dans les jardins, aux tables, devant les soupières, les corbeilles de pain blanc tranché, ils ordonnent, allons, parlez de moi à présent, ne baissez pas les bras, n'arrêtez pas de parler de moi." Zsuzsa Bánk passe un dernier été auprès de son père qui va mourir. Histoires intime et politique se mêlent. À la fois infiniment pudique et très cru, d'une grande tendresse et d'une violence inouïe, un texte lumineux et bouleversant dont les effets rappellent ceux de "L'Année de la pensée magique" de Joan Didion.

dimanche 9 janvier 2022

Le pain perdu - Edith Bruck

À propos

«Il faudrait des mots nouveaux, y compris pour raconter Auschwitz, une langue nouvelle, une langue qui blesse moins que la mienne, maternelle".

En moins de deux cents pages vibrantes de vie, de lucidité implacable et d'amour, Edith Bruck revient sur son destin : de son enfance hongroise à son crépuscule. Tout commence dans un petit village où la communauté juive à laquelle sa famille nombreuse appartient est persécutée avant d'être fauchée par la déportation nazie. L'auteur raconte sa miraculeuse survie dans plusieurs camps de concentration et son difficile retour à la vie en Hongrie, en Tchécoslovaquie, puis en Israël. Elle n'a que seize ans quand elle retrouve le monde des vivants. Elle commence une existence aventureuse, traversée d'espoirs, de désillusions, d'éclairs sentimentaux, de débuts artistiques dans des cabarets à travers l'Europe et l'Orient, et enfin, à vingt-trois ans, trouve refuge en Italie, se sentant chargée du devoir de mémoire, à l'image de son ami Primo Levi.

"Pitié, oui, envers n'importe qui, haine jamais, c'est pour ça que je suis saine et sauve, orpheline, libre."

Date de parution 07/01/2022
Editeur : Editions du Sous-sol
ISBN 978-2-36468-609-0
EAN 9782364686090
Format Grand Format
Présentation Broché
Nb. de pages 176 pages
Poids 0.235 Kg
Dimensions 12,0 cm × 20,0 cm × 1,0 cm 

Prix : 16,50 €

“Pain perdu”, d’Edith Bruck, la mémoire retrouvée de la déportation

"Issue d’une famille juive et pauvre de Hongrie orientale, l’autrice installée en Italie après un long parcours d’errance, âgée aujourd’hui de près de 90 ans, raconte son “long chemin [...] dans la forêt obscure du XXe siècle” dans un récit tranchant.

Lorsque Edith Bruck s’adresse à Dieu, elle le nomme « Grand Silence » : « Je t’écris à Toi qui ne liras jamais mes gribouillis, ne répondras jamais à mes questions, à mes pensées ruminées pendant toute une vie. » Mais elle lui écrit, malgré tout, et sa lettre est une invocation pleine de colère qui clôt Le Pain perdu, le récit auquel elle s’est attelée dans l’urgence lorsque, âgée de près de 90 ans — elle est née en 1932 —, elle s’est avisée, « épouvantée », des premières défaillances de sa mémoire. Il lui fallait revenir, une fois encore, une dernière fois sans doute, sur ce « long chemin [qui] me semble à moi-même invraisemblable, un conte dans la ‘‘forêt obscure’’ du XXe siècle, avec sa longue ombre sur le troisième millénaire ». Ce chemin sans fin, c’est sa vie, marquée au fer rouge de la déportation, qu’elle avait racontée déjà dans son tout premier livre, Qui t’aime ainsi, paru en 1959 (1). Et dont, six décennies plus tard, dans Le Pain perdu, récit stylisé, dépouillé, tranchant, elle s’empare à nouveau." La suite sur telerama.fr (article payant)

samedi 8 janvier 2022

Une petite Hongroise de Betty Leruitte

Ma quête a commencé à Habay-la-Neuve, charmant village gaumais. C'est là que je suis partie sur les traces de ma mère pour tenter de reconstituer le patchwork de sa vie et écrire l'histoire de cette petite fille née dans une banlieue ouvrière de Budapest au lendemain de la Première Guerre mondiale. Les caprices du hasard, mêlés aux soubresauts de l'Histoire avec un grand "H", l'ont menée d'un célèbre cabaret bruxellois aux Forces belges en Allemagne, en passant par le Paris de mai 68. Passionnée de musique et de poésie, assoiffée d'amour mais femme d'un seul homme, elle a vécu plusieurs vies qui avaient tout d'un parcours d'obstacles.

  • Date de publication : 13 octobre 2021
  • Broché - format : 13,5 x 21,5 cm • 158 pages
  • ISBN : 978-2-343-23793-0
  • EAN13 : 9782343237930
  • EAN PDF : 9782140192593
  • (Imprimé en France)

Source : editions-harmattan.fr

vendredi 12 novembre 2021

Lettre à Moïse - Itinéraire contourné d’un Juif de Hongrie

L'auteur sait avec délicatesse redonner vie à la quête de ses origines. Écrit dans une prose sensible et évocatrice, s'appuyant sur des recherches minutieuses, Lettre à Moïse retrace l'ascendance et le cheminement de son grand-père, marqué par l'élan, l'esprit d'aventure et l'attachement à la France. L'épilogue conclut sur un mode apaisé le récit des origines retrouvées.
Après une enfance en Hongrie, une existence de jeune adulte à New York, puis une arrivée à Paris à la veille de la Première Guerre mondiale, Louis Charles Huppert, le protagoniste du récit, incarne de façon émouvante les mutations et les errements de la fin du XIXe et de la première partie du XXe siècle, migrations, épisodes d'intégration et d'ascension sociale, émaillés de rejets xénophobes.
Moïse préférait le soleil à la lune. Il se gardait de décrire les malheurs qui eurent Eperjes pour théâtre, épidémies de choléra, révoltes paysannes, frictions multiples contre les armées impériales. Jamais, il n'aurait confié à ses fils que, durant sa jeunesse, les rideaux de l'auberge se soulevaient dès qu'il se rendait en ville. Il débarquait dans la grande salle, les regards se tournaient vers l'intrus qui remarquait les mâchoires serrées, les regards hostiles, les sourires en coin. On appelait le maire, qui accourait, enquêtait, toisait le visiteur et l'invitait à passer chemin. La grande salle de l'auberge retombait en sommeil, l'incident était clos, les rideaux se baissaient. 

Biographie de l'auteur

Remi Huppert est né en 1946 à Paris.
Remi Huppert (frère d'Elisabeth) vit à Paris. Il a publié neuf romans et essais. Ses quatre romans, L'Ombre de Laure, le Voyage à Leningrad, Mourir à Grenade et Le Cygne de Saigon, s'intéressent au voyage, à l'identité, à l'exil et à la mémoire. Ses cinq essais se fondent sur son expérience professionnelle, mettant en exergue les notions de légitimité et d' Attitude sous-jacentes aux comportements techniques et managériaux. Ils établissent aussi des liens entre le monde du Management et celui de la philosophie. Passionné par ailleurs de Musique, l'auteur décrit ses effets positifs sur le développement de l'intelligence sensible, du contrôle des émotions, de la gestion du temps et  en conséquence sur le sens à donner à l'action.
  • Éditeur ‏ : ‎ Editions du Petit Pavé (7 mai 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 168 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2847126856
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2847126853
  • Prix : 16 € 

mardi 15 décembre 2020

Grósz Mózes Párizsban - Egy emigráns naplója 1941-1946 Alain Sobel

"Hogyan írjunk mindazoknak az életéről, akikről nincsenek levéltári anyagok? Hogyan rajzolhatnánk meg azoknak a férfiaknak és nőknek az útját, akik folyton csak mentek előre, nem akartak nyomokat hagyni? Hogyan mondjuk el azokat a történeteket, amelyek szereplői soha nem tudtak hátranézni, mert annyira szörnyű volt, ami elöl menekültek. A humanista orvosok rég elfeledett hagyományát követve Sobel életkönyvet ad nekünk; ha szükségesnek ítéli, párbeszédeket rekonstruál, hétköznapi életképeket képzel el, tragikusakat, furcsákat, mulatságosakat. A Töredékek-ben teljes a szabadság, nem a tények igazságát illetően - azok mind igazak -, hanem az elbeszélés módjában. Szabad könyv ez, Sobel soha nem marad adós, olyan, mint a hőse, csak megy előre. Él, és sikerül bevonnia minket annak az életnek az elbeszélésébe, amely harmadik személyben kezdődik, és főszereplője szavaival első személyben végződik. Életkönyv, mondtam nagyon határozottan, Sobel mindig előre néz, a jövőbe, és írása is arra tart.
Philippe Artieres

Voir aussi la version originale française de cet ouvrage sur le Blog des Mardis hongrois de Paris

mardi 31 mars 2020

"En déplacement" de Corinne Welger-Barboza

"En décembre dernier, sous ce titre, paraissait en édition indépendante le long récit, 412 pages, de Corinne Welger-Barboza, maître de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication et en Histoire de l'Art à l'Institut Michelet—Université Paris 1.
Elle livre avec cet ouvrage le résultat de ses recherches sur l’histoire de sa famille depuis le début du XIXe siècle, une famille juive qui a parcouru l’Europe, de la Galicie à la France et même aux Etats-Unis, via Budapest. Cette habituée des archives dont les parents sont arrivés à Paris en 1923 a pu bénéficier de l’ouverture de certaines d’entre elles et du fait que bon nombre soient maintenant accessibles sur Internet. Sans oublier le site JewishGen.org. animé par des chercheurs bénévoles du monde entier et les Yskor Books, livres du souvenir, où l’on peut prendre connaissance la vie des villes et villages avant la Shoah. Ce travail de quatre années a permis à Corinne Welger-Barboza de suivre les déplacements des membres de sa famille à travers tous les épisodes historiques que l’Europe a connus. Elle avoue que la mort de son père en été 2013, a été un déclencheur pour que le projet du livre prenne corps." La suite sur podcastjournal.net 

lundi 2 mars 2020

Mardis hongrois de Paris avec Corinne Welger-Barboza le 3 mars 2020 à partir de 20 h 30 à la brasserie Le Saint-André

Rencontre avec Corinne Welger-Barboza autour de son livre
"En déplacement"
Prochaine soirée
le mardi 3 mars 2020
à partir de 20 h 30
à la brasserie Le Saint-André 
2, rue Danton 75006 Paris
 Métro Saint-Michel
****
Kedves Mardis Hongrois-látogatók,
A legközelebbi összejövetel március 3. este 8 óra 30 kor kezdődik
Könnyv bemutató
Le Saint-André kávéházban
2, rue Danton 75006 Paris
 Métro Saint-Michel
Facebook


Issue d’une famille de Juifs hongrois, arrivés en France en 1923, l’auteure remonte le fil généalogique, pour restituer l’histoire avérée ou probable de ces gens de peu, jusqu’au début du XIXème. Ces biographies familiales s’incarnent dans les mouvements de l’Histoire, avant et après la Catastrophe, depuis la Double-monarchie austro-hongroise jusqu’à la période contemporaine, en passant par l’entre-deux guerres, le communisme ou la situation française. La Catastrophe et les péripéties de la survie prennent toute leur place dans ce récit mais il y est surtout question des Juifs « d’avant » et de la part décisive qu’ils ont pris à la fabrication de l’Europe moderne. La pluralité des mondes juifs européens est souvent réduite à quelques représentations : la culture défunte du Yiddishland ou les reconstitutions communautaires actuelles. Pour sa part, l’histoire des Juifs hongrois (près d’un million d’individus, avant la Première guerre mondiale) illustre avec une force singulière le mouvement qui a travaillé les Juifs européens, depuis l’Émancipation : l’assimilation aux cultures environnantes. L’assimilation comme fil rouge et non pas l’identité.Détachés de la religion et de la tradition, Quel genre de Juifs sommes-nous ? interroge l’auteure. En suivant la trajectoire des Erbstein, des Böhm, des Weisz et des Welger, les figures multiples du désir d’assimilation apparaissent, entre la chute et l’espoir. Car l’assimilation se danse à deux, Juifs et non-Juifs ensemble. Étayé par des voyages, des témoignages, des archives et des sources historiques, ce récit compose une fresque de destins juifs, hongrois et français, en déplacement dans le temps et la géographie.

Broché : 412 pages
Editeur : Independently published (17 décembre 2019)
Langue : Français
ISBN-10 : 1674799721
ISBN-13 : 978-1674799728
Disponible sur amazon.fr

mercredi 29 janvier 2020

Mardis hongrois - Rencontre avec Corinne Welger-Barboza à propos de son livre "En déplacement" le 3 mars 2020 à partir de 20 h 30 à la brasserie Le Saint-André

Corinne Welger-Barboza présentera son livre "En déplacement"

Brasserie Le Saint-André 2, rue Danton 75006 Paris
Métro - RER station Saint-Michel
Facebook
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Issue d’une famille de Juifs hongrois, arrivés en France en 1923, l’auteure remonte le fil généalogique, pour restituer l’histoire avérée ou probable de ces gens de peu, jusqu’au début du XIXème. Ces biographies familiales s’incarnent dans les mouvements de l’Histoire, avant et après la Catastrophe, depuis la Double-monarchie austro-hongroise jusqu’à la période contemporaine, en passant par l’entre-deux guerres, le communisme ou la situation française. La Catastrophe et les péripéties de la survie prennent toute leur place dans ce récit mais il y est surtout question des Juifs « d’avant » et de la part décisive qu’ils ont pris à la fabrication de l’Europe moderne. La pluralité des mondes juifs européens est souvent réduite à quelques représentations : la culture défunte du Yiddishland ou les reconstitutions communautaires actuelles. Pour sa part, l’histoire des Juifs hongrois (près d’un million d’individus, avant la Première guerre mondiale) illustre avec une force singulière le mouvement qui a travaillé les Juifs européens, depuis l’Émancipation : l’assimilation aux cultures environnantes. L’assimilation comme fil rouge et non pas l’identité.Détachés de la religion et de la tradition, Quel genre de Juifs sommes-nous ? interroge l’auteure. En suivant la trajectoire des Erbstein, des Böhm, des Weisz et des Welger, les figures multiples du désir d’assimilation apparaissent, entre la chute et l’espoir. Car l’assimilation se danse à deux, Juifs et non-Juifs ensemble. Étayé par des voyages, des témoignages, des archives et des sources historiques, ce récit compose une fresque de destins juifs, hongrois et français, en déplacement dans le temps et la géographie.
  • Broché : 412 pages
  • Editeur : Independently published (17 décembre 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 1674799721
  • ISBN-13 : 978-1674799728
Disponible sur amazon.fr

mardi 21 janvier 2020

En déplacement par Corinne Welger-Barboza

Issue d’une famille de Juifs hongrois, arrivés en France en 1923, l’auteure remonte le fil généalogique, pour restituer l’histoire avérée ou probable de ces gens de peu, jusqu’au début du XIXème. Ces biographies familiales s’incarnent dans les mouvements de l’Histoire, avant et après la Catastrophe, depuis la Double-monarchie austro-hongroise jusqu’à la période contemporaine, en passant par l’entre-deux guerres, le communisme ou la situation française. La Catastrophe et les péripéties de la survie prennent toute leur place dans ce récit mais il y est surtout question des Juifs « d’avant » et de la part décisive qu’ils ont pris à la fabrication de l’Europe moderne. La pluralité des mondes juifs européens est souvent réduite à quelques représentations : la culture défunte du Yiddishland ou les reconstitutions communautaires actuelles. Pour sa part, l’histoire des Juifs hongrois (près d’un million d’individus, avant la Première guerre mondiale) illustre avec une force singulière le mouvement qui a travaillé les Juifs européens, depuis l’Émancipation : l’assimilation aux cultures environnantes. L’assimilation comme fil rouge et non pas l’identité.Détachés de la religion et de la tradition, Quel genre de Juifs sommes-nous ? interroge l’auteure. En suivant la trajectoire des Erbstein, des Böhm, des Weisz et des Welger, les figures multiples du désir d’assimilation apparaissent, entre la chute et l’espoir. Car l’assimilation se danse à deux, Juifs et non-Juifs ensemble. Étayé par des voyages, des témoignages, des archives et des sources historiques, ce récit compose une fresque de destins juifs, hongrois et français, en déplacement dans le temps et la géographie.

  • Broché : 412 pages
  • Editeur : Independently published (17 décembre 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 1674799721
  • ISBN-13 : 978-1674799728
Disponible sur amazon.fr

mercredi 8 mai 2019

Savant cherche refuge Comment les grands noms de la science ont survécu à la Seconde Guerre mondiale

Paris, 1937. Laszlo Tisza, jeune savant hongrois, se réfugie à Paris et y rencontre un autre réfugié, Fritz London qui, lui, fuyait l’Allemagne. Ensemble, ils découvrent que la toute nouvelle physique quantique explique l’étrange comportement d’un liquide très froid, l’hélium « superfluide ». Pourtant, la situation est peu propice à la réflexion : bien qu’accueillis par des physiciens célèbres comme Jean Perrin et les Joliot-Curie, ils doivent affronter l’antisémitisme qui les avait contraints à fuir le nazisme. En 1939, la guerre les fait s’exiler à nouveau, cette fois aux États-Unis où ils retrouvent d’autres savants réfugiés.

Avec Tisza et London comme guides, Sébastien Balibar nous fait découvrir l’histoire haletante de la fuite des savants juifs devant le nazisme. Il nous fait rencontrer les Hongrois qui aidèrent Einstein à prévenir Roosevelt d’un danger imminent : l’Allemagne nazie envisageait l’arme nucléaire. Et l’on comprend comment de nombreux savants réfugiés, voulant aider leur pays d’accueil, ont réussi ce que l’Allemagne nazie n’a pas pu faire parce qu’elle avait fait fuir ses savants : construire la bombe atomique qui bouleversa l’équilibre mondial.

Sébastien Balibar est physicien, directeur de recherches à l’École normale supérieure (Paris) et membre de l’Académie des sciences.
Il fait partie aussi du comité du Programme d’aide en urgence aux scientifiques étrangers (PAUSE).

lundi 4 mars 2019

Récit - Hongrie : Le vieil homme et l’amer Orbán

"György Bálint, très populaire pour ses émissions de jardinage, s’est vu refuser le titre de citoyen d’honneur du XVIe arrondissement de Budapest par des élus du Fidesz, le parti présidentiel, pour avoir été il y a vingt ans député libéral. Un épisode symbolique de la polarisation du pays.
Dans son jardin budapestois où le soleil printanier a fait éclore les perce-neige, il désigne du bout de sa canne un abricotier aux branches pleines de bourgeons. «Cet arbre a souffert mais il a survécu à ses blessures, comme moi !» plaisante György Bálint. Ce retraité qui coulait des jours paisibles dans son quartier résidentiel un peu excentré de la capitale hongroise ne s’attendait pas à se retrouver à la une des médias. Ni à ce que son nom provoque une avalanche de commentaires sur Internet. Agé de presque 100 ans - il les fêtera dans quelques mois - il avait été nominé pour recevoir le titre de citoyen d’honneur du XVIe arrondissement où il réside. Mais les élus du Fidesz, parti nationaliste du Premier ministre Viktor Orbán, majoritaire à la mairie de l’arrondissement, ont voté contre, le 13 février. Au motif qu’il y a plus de deux décennies, György Bálint a brièvement siégé sur les bancs d’un petit parti libéral (l’Alliance des démocrates libres, Szdsz), allié à la gauche socialiste qui gouvernait alors le pays." La suite sur liberation.fr

samedi 2 mars 2019

Fragments D’exil. Les Carnets D’un émigré (1914-1946) Alain Sobel


Le chemin de l'exil dans l'Europe en lambeaux des années 20, débute pour Maurice Gros dans les collines de Transylvanie et traverse un empire Austro-Hongrois démembré après la défaite. L'émigration est la seule réponse possible au chambardement politique et social, empreint d'antisémitisme. A Paris, le jeune émigré, qui se croyait conquérant, affronte la solitude, la langue nouvelle, l'étrangeté d'être un intrus dans la cité, sans racines, sans histoire, sans culture commune. Les difficultés des études et de la vie quotidienne éphémère  sont les premières épreuves de l'exil parfois suspendu par la rencontre de photojournalistes géniaux, presque tous juifs hongrois.  Jeune médecin, Maurice Gros raconte avec étonnement les évènements politiques majeurs, également commentés par les prévisions apocalyptiques de Joseph Roth qu'il écoute, fasciné. L'émigration c'est la précarité et le travail sans répit. Mais aussi  l'expérience de la xénophobie et de l'antisémitisme, les changements de noms et l'intégration progressive qui fait de l'étudiant solitaire le chef de famille à l'identité changeante. Tout est à refaire pendant la deuxième guerre mondiale et l'Occupation qui transforment l'homme mûr et enfin enraciné, en un réfugié à nouveau méprisé et menacé. L'émotion et le lyrisme sont constamment maîtrisés dans ce récit précis et efficace où les compromis successifs sont des conditions indispensables au combat acharné pour survivre. A chaque tourmente, répond une « salve d'avenir », une résistance nouvelle.

Alain Sobel est Professeur de Médecine. Formé en immunochimie théorique en Californie, il bascule vers la clinique du Sida dès 1983 devant l’urgence dramatique de l’épidémie qui se déploie. Au Conseil National du Sida, il seconde Françoise Héritier en 1989 avant de lui succéder cinq ans plus tard sur proposition de François Mitterrand.

en librairie en septembre 2018,
format : 14x21,5
264 pages
ISBN : 9782356875921
Prix de vente public : 20.00€
Éditions Le bord de l'eau

lundi 10 septembre 2018

Littérature - Alain Sobel : Fragments d’Exil , les carnets d’un émigré (1914-1946) 12 septembre 2018 à 20h Institut hongrois

Institut hongrois 92, rue Bonaparte 75006 Paris
Réservation obligatoire : reservation@instituthongrois.fr
+33 1 43 26 06 44

Le chemin de l’exil dans l’Europe en lambeaux des années 20, débute pour Grosz Moricz dans les collines de Transylvanie pendant la première guerre mondiale et traverse un empire Austro-Hongrois démembré après la défaite. L’émigration est la seule réponse possible au chambardement politique et social, empreint d’antisémitisme. A Paris, le jeune étudiant affronte la solitude, la langue nouvelle. L’espace quotidien s’élargit, un moment, grâce à des photo- journalistes géniaux, presque tous juifs hongrois. Maurice Gros observe sans y participer les évènements politiques majeurs. Pour lui, l’émigration c’est la précarité et le travail sans répit. Mais aussi l’expérience de la xénophobie, de l’antisémitisme avant l’intégration progressive qui construit le chef de famille à l’identité changeante. La deuxième guerre mondiale transforme l’homme mûr, enfin enraciné, en un émigré à nouveau poursuivi et menacé. L’émotion et le lyrisme sont maîtrisés dans ce récit où les compromis successifs sont des conditions indispensables au combat acharné pour survivre. A chaque tourmente, répond une « salve d’avenir », une résistance nouvelle.
Le roman paraîtra en octobre 2018 aux éditions Le bord de l'eau.
Soirée en présence de l'auteur.
Entrée libre

vendredi 16 mars 2018

Le choix d'Edith - Un hymne à la vie

À  16 ans, Edith Eger est déportée à Auschwitz avec sa famille. Repérée par Joseph Mengele, elle est choisie pour rejoindre la troupe de danseuse du camp. Elle survivra et réussira avec le temps à transformer le choc de l’horreur en formidable énergie de vie au service des traumatisés de l’existence  : soldats en plein chaos, femmes battues ou violées, enfants en profonde souffrance.
La vie du Dr Eger est une succession de choix pour s’échapper de son passé. Elle s’installe aux États-Unis en 1947, suit des études de psychologie pour comprendre le moteur de sa survie et celui des monstres qu’elle a fréquentés, choisit de donner la vie alors que les médecins le  lui interdisent, s’occupe de grands blessés de la vie pour leur insuffler l’extraordinaire énergie et volonté qu’elle s’est forgée.
Comment aider ses patients à faire le choix de la vie, de la reconstruction, c’est tout l’enjeu de la mission que le Dr Eger s’est donnée et qu’elle restitue dans cet ouvrage à partir de nombreux témoignages profondément émouvants de patients qu’elle a soignés et pour certains sauvés.
« Le Choix est une extraordinaire chronique de l’héroïsme et de la guérison, de la résilience et de la compassion, de la survie dans la dignité, de force mentale et de courage moral. Nous avons tous quelque chose à apprendre des cas exemplaires traités par le Dr Eger et de son histoire personnelle si bouleversante. Chacun pourra y puiser une source de guérison dans sa propre existence. » Pr Philip Zimbardo, Université de Stanford

Traduit de l’anglais par Johan-Frédérik Hel Guedj

Éditeur : JCLattès
Parution : 17/01/2018
380 pages
21.90 €

mercredi 28 février 2018

Présentation du livre "L’Affaire Wenger" jeudi 22 mars 2018 à 19h30 Mémorial de la Shoah

À l’occasion de la parution de L’Affaire Wenger de Catherine Weinberger-Thomas (Flammarion, 2018)

L’Affaire Wenger n’est pas seulement un ouvrage personnel, intime. Il raconte aussi le combat de ceux qui comprirent, parmi les premiers, ce qui se jouait dans l’URSS de Staline, et furent prêts à en payer le prix pour défendre la liberté à l’ère des totalitarismes.
“ J’aurais dû couler des jours studieux et tranquilles, quand l’histoire de mon père m’a rattrapée. Jean Weinberger, alias Wenger, un père que je n’ai jamais connu. Poète et romancier d’origine juive, journaliste militant au groupe hongrois du PCF, amoureux de la France et de la liberté, il fut déporté à Drancy le 25 septembre 1942, puis assassiné à l’âge de 33 ans par les nazis… De la tragédie qui s’était jouée avant et qui avait précipité sa perte, je ne savais presque rien… Rien de la légende vivante qu’il avait été dans les milieux de l’antifascisme pendant les années 30. Rien des intrigues tramées en haut lieu, de Moscou à Paris, en un engrenage maléfique. Mais assez cependant pour donner à ce récit les accents d’un thriller politique… ”
Catherine Weinberger-Thomas

En présence de Catherine Weinberger-Thomas et d’Annette Wieviorka, historienne, directrice de recherche émérite au CNRS
Animée par Adam Biro, éditeur et écrivain.

Entrée libre sur réservation

Source : memorialdelashoah.org 

jeudi 11 février 2016

Georges Walter : Le Livre interdit - Le Silence de Joseph Kessel

Chers amis,
Vient de paraître le dernier livre de mon père, Georges Walter; manuscrit achevé quelques jours avant sa disparition. Mon père, natif de Budapest et très attaché à ses racines hongroises reçut le prix Interallié 1972 pour "Des vols de Vanessa". Il avait publié entre autres, Les Enfants d'Attila, Souvenirs curieux d'une espèce de Hongrois, les Pleurs de Babel et, en collaboration avec Chow Ching Lie, Le Palanquin des larmes. Je suis ému et heureux de vous présenter son dernier ouvrage intitulé "Le livre interdit". On pénètre avec élégance dans l'intimité de Joseph Kessel éclairée par l'amitié puissante partagée entre les deux écrivains. Un ouvrage inspiré, drôle, porté de bout en bout par une écriture talentueuse "comme en apesanteur" voir les nombreux témoignages de lecteurs notamment celui de l'écrivain Michel Le Bris, rédacteur de la quatrième de couverture. Plusieurs articles élogieux paraissent actuellement dans la presse: JDD, Figaro, Nouvel Obs, Ouest France, Libération, etc...). Je publierai les articles à parution sur Facebook (page dédiée « Le Livre Interdit » Georges Walter) Le livre se trouve facilement en librairie et à la FNAC et sur cherche-midi.com
Mathieu WALTER 
Les derniers feux de Kessel.

Un livre d’amour fou. Un coup de foudre d’amitié entre deux grands écrivains, Kessel, géant brûlant sa vie et son œuvre, tout à sa démesure, et Georges Walter, le compagnon des dernières années, dont on mesurera ici à quel point il était son fils spirituel. Et le récit d’une course de vitesse contre le déclin et la mort, doublé d’une méditation, au bord de l’abîme, sur le sens même de l’œuvre du vieux lion – l’un poussant l’autre, pour le tenir debout, à écrire le livre qu’il portait en lui sur sa mère, Raïssa, à partir des carnets intimes de celle-ci, l’autre s’y refusant obstinément, trichant, rusant pour l’éviter, sans doute parce qu’il savait que ce serait son livre ultime…
Le récit d’un amour fou, aussi, entre le vieux lion et Michèle O’Brien, son épouse irlandaise, sur laquelle est livré ici, au-delà de l’émotion, un témoignage unique, qui lui rend enfin justice.
Et un document exceptionnel sur les dernières années de Kessel, par celui qui en fut souvent le seul témoin, où passent les figures de Louis Nucéra, d’Alphonse Boudard et du neveu, Maurice Druon.
Un livre inspiré, drôle, émouvant, porté de bout en bout par une écriture somptueuse, comme en apesanteur, gagné contre la mort, à la différence du « livre interdit », puisque l’auteur devait décéder à peine posé le mot « fin ».
Une merveille.
Michel Le Bris

ISBN: 9782749147932
ISBN numérique: 9782749149288
Date parution: 14/01/2016
Dimensions: 140 x 220 mm
Nombre de pages: 208
Prix : 15,80 € 
Éditeur : Le Cherche-Midi 

mercredi 18 juillet 2012

Je me souviens, encore et toujours... par Flora

Est-ce le temps depuis trois mois et demi désespérément gris, chape de plomb au-dessus de nos têtes et sur nos cœurs, qui fait que nous avons envie de nous réfugier dans les souvenirs du passé, souvent lumineux me concernant, en dépit des difficultés de l'existence... Quand on n'a pas connu le faste, on n'a pas le regret de sa perte... Les plaisirs sont simples mais intenses !
Est-ce un jeu ressuscité sur un blog, à la « Je me souviens... » de Georges Perec ou bien la lecture du petit livre fin et savoureux de Françoise Héritier « Le Sel de la vie », qui me poussent vers ce voyage ? En tout cas, une furieuse envie m'incite à m'évader de ce présent si déprimant.
Je me souviens des orages mémorables de l'été qui chassent la chaleur torride, pour un temps. Ma grand-mère qui connaît des solutions mystérieuses, se saisit de la grosse pelle en bois qui sert habituellement à enfourner l'énorme pain rond, et la jette dehors, sous les gouttières dégoulinantes. C'est son paratonnerre à elle et je dois dire que nous avons toujours été épargnés...
Je me souviens des soirées d'hiver où l'obscurité s'installe tôt mais on tarde à allumer la lampe. Les vieilles voisines, habillées de noir, foulards immanquables encadrant les visages, réchauffent leurs vieux os douloureux à la chaleur du fourneau (kemence). Des marmonnements mystérieux peuplent la pénombre d'histoires effrayantes de morts et de fantômes...
Je me souviens de l'antique fer à repasser qui précède la version électrique. Ma grand-mère ouvre grand les énormes mâchoires du fer pour y déposer des charbons ardents. D'un geste précis mais énergique, elle lui applique un mouvement de balancier pour raviver les braises. Un doigt mouillé qui effleure la semelle sert de thermostat... Mes petites robes à rubans et à volants, fraîchement amidonnées, s'en souviennent encore...
Je me souviens des énormes sacs de jute qui servent de matelas avant l'arrivée de ceux que nous connaissons tous. Ceux d'avant, remplis, gonflés de paille fraîche qui emprisonne le soleil, à la fin de l'été, nous procurent un sommeil parfumé d'étoiles...
La liste est loin d'être exhaustive. Libre à chacun de poursuivre le voyage...
Flora

dimanche 10 juin 2012

Le Tango de l'Archange d'Éva Füzesséry paru en Hongrie - Az Arkangyal Tangója


Le livre d'Éva Füzesséry, Le Tango de l'Archange, vient de paraître en traduction hongroise aux éditions de l'Harmattan.
Une présentation du livre a eu lieu à l'Institut français de Budapest le 6 juin à 17h30

Ce soir 10 juin à 21 h un entretien en hongrois avec Éva Füzesséry sur Lanchid Radio

Voir aussi Le Tango de l'Archange sur le blog des Mardis hongrois