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dimanche 21 juin 2026

UE: y a-t-il un effet Péter Magyar?

"Chronique - À Bruxelles, le départ de Viktor Orban, enfant terrible des sommets européens, a été accueilli comme une délivrance. Les institutions européennes espèrent que son successeur rompra avec des années de confrontation et replacera la Hongrie dans le consensus européen. Mais l’élection de Péter Magyar modifie-t-elle réellement les équilibres politiques de l’Union? Les premières semaines du nouveau pouvoir hongrois permettent déjà d’apporter quelques débuts de réponses.

Premier enseignement: la Hongrie tourne le dos à la politique du veto permanent. Au fil des années et de ses contentieux avec Bruxelles, Viktor Orban avait fait du veto une véritable arme de négociation. Dans une Union où l’unanimité demeure requise sur des dossiers aussi essentiels que la politique étrangère, les sanctions ou l’entrée de nouveaux États, cette stratégie lui permettait d’exercer une influence sans commune mesure avec le poids économique et démographique de son pays.

Les effets de l’alternance sont immédiats. En quelques semaines seulement, les Vingt-Sept sont parvenus à ouvrir le premier groupe de chapitres de négociation avec l’Ukraine et à adopter un vingtième paquet de sanctions contre la Russie, jusque-là bloqués par Budapest. 

Faut-il en conclure que la Hongrie est totalement rentrée dans le rang sur le dossier ukrainien? Rien n’est moins sûr. Péter Magyar a déjà confirmé que son pays ne participerait pas aux efforts européens d’assistance militaire à Kiev et qu’il entend maintenir ses approvisionnements en hydrocarbures russes. Surtout, les enquêtes d’opinion montrent qu’une majorité de Hongrois demeure opposée à une adhésion rapide de l’Ukraine à l’Union européenne." La suite sur le360.ma

jeudi 28 mai 2026

« Cocotte » de György Pálfi


"Le défi de Cocotte n’est pas sans rappeler, en négatif, celui du mashup Final Cut : Ladies and Gentlemen (2012), où György Pálfi narrait une histoire d’amour en recyclant d’innombrables extraits de films de toute origine. Aux stéréotypes incarnés par des centaines de visages différents se substituent désormais ceux d’une aventure animalière en prises de vues réelles dont la protagoniste gallinacée – différenciée de ses congénères par son plumage noir – possède le profil le plus inexpressif et le plus indéchiffrable qui soit, au point que son rôle a pu être tenu par huit poules différentes sans que le moindre raccord puisse être suspecté par le spectateur." La suite sur cahiersducinema.com

jeudi 12 mars 2026

Notre critique d’Orphelin : Budapest, année zéro

CRITIQUE - Laszlo Nemes évoque avec une préciosité anachronique la capitale hongroise traumatisée par l’insurrection de 1956. Un adolescent en mal de père est au cœur de ce drame.

Orphelin ? Pas vraiment. Andor a une mère. Il l’a retrouvée en 1949, à sa sortie de l’orphelinat. Klara, qui est juive, avait passé la guerre cachée à la campagne, son mari étant parti pour les camps. En 1957, Andor a 12 ans. Budapest se relève à peine de l’insurrection des étudiants qui a été réprimée par les chars russes. Le gamin se demande où est passé son père. Klara ne l’évoque qu’avec embarras. Elle travaille dans une épicerie désormais tenue par une solide stalinienne. Dans une chaufferie souterraine, le jeune héros s’adresse à son papa absent avec un ton de prière. Dehors, la ville semble peuplée de fantômes. Des enfants jouent au football dans des terrains vagues. Une menace plane, permanente. 

Klara se débrouille comme elle peut, accepte les compromissions avec le pouvoir, supporte l’humiliation. Le moyen d’agir autrement ? Avec son fils, les rapports sont tendus. Au fond, ils ne se connaissent pas. Elle a trop de secrets. Le fossé se creuse encore avec cet étranger qui..." La suite sur lefigaro.fr (article payant) 

« Orphelin » : Grégory Gadebois dans le Budapest de l’après-guerre et de l’après-révolution

"En 1957, un jeune garçon juif vit dans le souvenir d’un père déporté et s’en voit présenter un autre, dans une ville hantée par les fantômes. Exercice de mise en scène à la fois brillant et asphyxiant. En salles ce mercredi.

Nous sommes à Budapest, en 1957, un an après l’écrasement de la révolution contre le pouvoir communiste, et la ville, en apnée, semble peuplée de fantômes. Andor, jeune Juif, vit avec sa mère Klara, mais survit surtout avec le souvenir d’un père déporté pendant la Seconde Guerre mondiale et dont il se dit qu’il n’a pas survécu. Ce à quoi le garçon ne peut se résoudre, masquant son déni derrière une rage de chaque instant." La suite sur lavoixdunord.fr

dimanche 1 mars 2026

«Chair» : vivre sa vie


"Au début des années 1990 à Budapest, en Hongrie, István vit seule avec sa mère dans un immeuble de l’époque soviétique. À 15 ans, entre l’école, les séances de masturbation et l’écoute de ses cassettes piratées de Madonna, de Vanilla Ice et de Guns N’ Roses, il se laisse séduire par une voisine mariée qui a l’âge de sa mère, une « vieille mocheté » pour laquelle il n’éprouve aucune attirance. Mais peu à peu obsédé par elle, il va poser un geste fatidique. « Et il est difficile de savoir quelle était son intention. »

Trois ans plus tard, à sa sortie du centre jeunesse où il a été incarcéré, le protagoniste de Chair, le sixième roman de l’écrivain canado-hongrois (et britannique) David Szalay, né à Montréal en 1974, va vivoter un peu avant de s’engager dans l’armée : direction l’Irak. À son retour de mission, cinq ans plus tard, sa médaille de héros est inutile pour lui faire oublier le trouble de stress post-traumatique qui le hante. Puis, on le retrouve devenu bouncer dans un bar de danseuses de Soho, à Londres, avant de devenir chauffeur et garde du corps d’un riche homme qu’il sauve d’une agression un soir dans une ruelle." La suite sur ledevoir.com

mardi 24 février 2026

Sexe, fortune et solitude au cœur du nouveau roman de David Szalay


"Chair, le sixième roman de l’écrivain anglo-hongrois David Szalay, raconte l’ascension sociale d’un immigré hongrois en Grande-Bretagne. Mais derrière son physique avenant et son sex-appeal certain, Istvàn cache une fragilité, une « inquiétante étrangeté » qui entraîneront sa chute. Ce récit à la fois perspicace et poignant a valu à l’auteur le prestigieux Booker Prize. 

Il y a quelque chose d’épique dans le nouveau roman de l’Anglo-Hongrois David Szalay, paru en traduction française en début d’année. Couronné en novembre dernier par le prestigieux Booker Prize, équivalent britannique du Goncourt, Chair met en scène une odyssée qui débute dans l’Europe de l’Est post-soviétique, se poursuit dans la capitale anglaise et s’achève avec le retour du protagoniste dans sa Hongrie natale où il n’y reste désormais que sa mère vieillissante, une version maternelle de Pénélope homérienne, pour l’accueillir.

« Un livre sombre »

C’est dans ce cadre que se déroule la trajectoire d’apprentissage et de dérive du héros, condamné à la solitude au terme d’une vie riche en mouvements et en drames. Chair, comme l’a proclamé le jury du Booker, est « un livre sombre », sur la tragédie de la vie humaine, livre qu’on a du mal à reposer. Sa narration originale et maîtrisée, sa prose dépouillée, devenues les marques de fabrique de son auteur ne sont sans doute pas étrangères au succès que connaît ce roman aussi singulier que bouleversant." La suite sur rfi.fr

mercredi 15 octobre 2025

"László KRASZNAHORKAI, écrivain hongrois, Prix Nobel" Amadou Bal BA

"László KRASZNAHORKAI, écrivain hongrois de l’apocalypse, prix Nobel de littérature 2025 postmoderne de la révolte, de l’absurde, du fantastique, ou du grotesque. Disciple de Samuel BECKETT et de Franz KAKFA, son message caché est celui contre toutes les formes d'oppression, de dictature.

«László KRASZNAHORKAI, écrivain hongrois de l’apocalypse, prix Nobel de littérature 2025 postmoderne de la révolte, de l’absurde, du fantastique, ou du grotesque.», par Amadou Bal BA

László KRASZNAHORKAI, né le 5 janvier 1954 à Gyula, dans le sud-est de la Hongrie, vers la frontière roumaine, un écrivain et scénariste hongrois, est le prix Nobel de littérature 2025 pour sa contribution littéraire «fascinante et visionnaire qui, au milieu d'une terreur apocalyptique, réaffirme le pouvoir de l'art». Il a été considéré comme «maître de l’apocalypse» par Susan SONTAG. Dans ce monde fascinant et crépusculaire, une conspiration du détail, les longues phrases de l’auteur, au style ciselé, très fouillé, pleines de digressions et de virgules, mais qui retombent toujours sur leurs pattes, récompensent l’effort de tout lecteur patient et exigeant. «Laszlo Krasznahorkai n’interrompt jamais celui qui lui parle. Il sourit, écoute, hoche la tête, répond. Il ne hausse pas la voix. Il parle d’une constante tonalité sourde et lente, portée par la tendresse de ses yeux. Il parle au même rythme qu’il écrit, en marathonien ou danseur, sans perdre son souffle. Lorsqu’il entame une phrase, on ne sait où celle-ci nous mènera, elle semble partir de rien, un détail, une anecdote, une blague, et s’amplifie petit à petit, charriant une pensée limpide, dépourvue de grandiose, mais pas de magnétisme», écrit Oriane JEANCOURT GALIGNANI." La suite sur blogs.mediapart.fr

 

mardi 14 novembre 2023

Csaba Palotaï-Simon Drappier-Steve Argüelles - Sunako


Csaba Palotaï (g), Simon Drappier (bar g), Steve Argüelles (dms).
Label / Distribution : BMC Records 

Csaba Palotaï et Steve Argüelles : le gang des trémas anglo-hongrois (comme les surnomme le camarade Franpi Barriaux) frappe pour la troisième fois. Depuis plusieurs années maintenant, ces expatriés installés en France enrichissent l’Hexagone de leur musique personnelle qui ne cherche pas la révolution des formes, mais creuse au contraire une sensibilité à la fois accessible et toujours réjouissante.

Après deux précédents productions, en trio au côté de Rémi Sciuto sur Antiquity ou simple duo pour le réussi Cabane Perchée, voilà qu’ils reviennent avec un nouveau trio que complète cette fois le guitariste baryton Simon Drappier (membre par ailleurs du groupe d’électro-acoustique Cabaret Contemporain). Plus que jamais le plaisir du jeu est ici palpable et la prise de son sans afféterie contribue pleinement à la réception de cette musique spontanée et séduisante, enregistrée dans l’immédiat du live." La suite sur citizenjazz.com

jeudi 13 juillet 2023

MÉMOIRES DU DANUBE, PAR THOMAS GABRIEL LEICHTNER, critique parue dans l'Obs


Mon beau Danube noir
MÉMOIRES DU DANUBE, PAR THOMAS GABRIEL LEICHTNER,

MURMURE DES SOIRS, 184 P., 20 EUROS.

Attirer son lecteur dans l’antre d’un détective privé est toujours un bon début. Le téléphone sonne. Voici notre héros dans un hôtel particulier du 16e arrondissement de Paris, où une vieille dame lui tend la photo de son amour de jeunesse, un certain Andras Ferenczy. L’homme vivrait à Budapest, près du quartier de l’ancien ghetto. Dans un train qui file le long du bleu Danube, le détective sait qu’il est temps de relire l’histoire de sa propre famille. Une coïncidence l’oblige : lui-même est d’ici. Son père mis au monde en 1944, entre deux attaques aériennes pendant l’occupation allemande, s’est suicidé dans sa quarantaine. Mais pourquoi ? Sous les neiges de l’hiver hongrois, comprendre devient son obsession. Thomas Gabriel Leichtner (Thomas Degré, pour l’état civil, photo) est né aussi en 1944 – pour de vrai, cette fois. De son père, assassiné cette année-là par les Croix fléchées et que lui fit oublier un père adoptif aimant, il n’a jamais parlé. Avec le temps, le remords lui est venu, «le sentiment trouble de t’avoir trahi », écrit-il en ouverture de ce livre talentueux signé sous le nom du père retrouvé.
ANNE CRIGNON

Source : LObs (article payant)

jeudi 29 juin 2023

Charles Jaigu: «Petit plaidoyer pour la Hongrie incomprise»

"CHRONIQUE - Pas facile d’entrer dans la tête d’un Hongrois. La journaliste Françoise Pons nous aide à le faire.

Le 1er juillet 2024, la Hongrie prendra la présidence tournante de l’Union européenne pour six mois. Déjà, des voix s’élèvent pour la lui retirer: le Parlement européen a voté une résolution, l’Allemagne et la Hollande ont émis des réserves. Victor Orban, premier ministre élu et réélu depuis 2010, en est la cause. En 2011, il avait présidé l’Union européenne dans une ambiance électrique. Depuis, Orban n’a jamais raté une occasion de jouer au rebelle qui lutte à mains nues contre l’empire de la norme, tout en réclamant l’argent. C’est lassant.

Mais tout change. Le premier ministre hongrois a perdu dans Vladimir Poutine un allié de poids. L’ambigu Orban est-il illibéral de la même manière que le grand frère russe? Non. Il joue sur les nombreux sens du mot et il horrifie les vertueux, ce qui ne lui déplaît pas. Pourtant, Orban s’est toujours énergiquement défendu d’avoir fait de son pays une «démocrature». En 2019, quand l’eurodéputée Verte, Judith Sargentini, a publié un rapport à charge…" La suite sur lefigaro.fr (article payant)

lundi 12 juin 2023

Marcel Aymé, Kálmán Mikszáth, deux écrivains en province


"Il n’y a pas besoin de chercher beaucoup plus loin que leurs titres pour savoir que, dans l’un des deux romans d’aujourd’hui, tout repose sur un parapluie et que dans l’autre tout part d’une jument (verte). En ce qui concerne leurs auteurs, Le parapluie de Saint Pierre et La jument verte n’ont rien en commun : lorsque Kálmán Mikszáth, le hongrois, décède en 1910, Marcel Aymé, le français, (né en 1902) était encore en culottes courtes, et je doute fortement que le Français ait lu le Hongrois, dont seules quelques nouvelles avaient paru en traduction de son vivant (dans un recueil publié chez Seghers en 1961).

Pourtant, ces deux auteurs auraient pu avoir bien des choses à se dire, puisque leurs deux romans, parus en 1895 et 1933 respectivement, parlent des gens de la campagne et des petites villes « d’antan », l’un pour en rire, et l’autre plus franchement pour s’en moquer." La suite sur passagealest.wordpress.com

jeudi 11 mai 2023

« La guerre en Ukraine a rebattu les cartes dans l’Europe postcommuniste, où la Russie souffle sur les braises nationalistes »

"Seul pays ouvertement opposé à l’aide militaire à l’Ukraine, la Hongrie de Viktor Orban pourrait se trouver moins isolée si la Slovaquie basculait aux élections de septembre, analyse Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique.

Dans l’Union européenne, Viktor Orban connaît sa place – et ses limites. Il n’a pas la folie des grandeurs. Son pays, la Hongrie, compte moins de 10 millions d’habitants, ne fait pas partie de la zone euro. Quand il parle de l’Allemagne ou de la France avec d’autres partenaires européens, il dit « the Big Guys », et tout le monde comprend. Il savoure ce pouvoir de veto que lui confèrent les traités et qui lui permet, de temps à autre, de tenir la dragée haute aux « Big Guys », mais il se garde bien de franchir certaines lignes rouges. Il vote les sanctions contre la Russie, même s’il les désapprouve. L’UE, il ne l’aime pas, mais il ne la quitte pas.

Au pouvoir depuis treize ans après un premier mandat de 1998 à 2002, le premier ministre hongrois, chantre de la « démocratie illibérale », s’est installé dans le paysage européen, sorte de mouton noir dont on a appris à limiter les nuisances. « C’est pénible, mais on le gère, commente avec un soupir un diplomate d’un pays des “Big Guys”. Il a perdu ses amis. » L’incendie populiste qui, dans la foulée du vote du Brexit, tétanisait les « européistes » aurait-il été circonscrit ?

Pas tout à fait. Le feu couve toujours, et la Russie de Vladimir Poutine souffle sur les braises. La guerre en Ukraine a rebattu les cartes dans l’Europe postcommuniste. Elle a brisé le tandem Pologne-Hongrie, qui, depuis 2015, faisait front commun sur la question de l’Etat de droit mais s’est divisé sur la conduite à tenir face à la Russie : Varsovie lui est farouchement hostile, Budapest maintient des liens étroits avec Moscou. Elle a tué le groupe de Visegrad, au sein duquel Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie se serraient les coudes depuis les années 1990 face aux puissants Etats membres de l’ouest de l’UE.

Polarisation politique

Surtout, la guerre et son cortège d’effets collatéraux – l’inflation, les prix de l’énergie, les débats sur l’aide militaire – fragilisent les forces politiques modérées, souvent regroupées en coalitions hétéroclites. On l’a vu en 2022 en Bulgarie, où le premier ministre Kiril Petkov a été chassé du pouvoir. La prochaine victime pourrait bien être la Slovaquie : le nationaliste Robert Fico, un émule de Viktor Orban, est en bonne position pour remporter les élections législatives de septembre. Premier ministre, il avait été poussé à partir dans la disgrâce en 2018 à la suite de l’assassinat du journaliste Jan Kuciak, qui enquêtait sur la corruption dans les cercles du pouvoir." La suite sur lemonde.fr (article payant)

lundi 17 avril 2023

Budapest: quand les musiciens d´Iván Fischer nous convient à une escapade dans l´ère baroque

Par Pierre Waline

"L´Orchestre du Festival de Budapest (BFZ) et son chef fondateur Iván Fischer ne sont plus à présenter, tant leur talent est reconnu de par le monde. Réputés pour leurs interprétations du répertoire romantique, voire contemporain, qui sait que ses musiciens ont également monté un ensemble baroque se produisant sur instruments anciens?

Tel est le cas du concert récemment donné à l´Académie de Musique de Budapest (Zeneakadémia). Au programme: G.-Ph. Telemann, suite en sol mineur „La Musette”, concert en fa majeur pour trois violons, J.-Fr. Fasch, symphonie pour cordes en sol majeur, G.-Fr. Haendel, concerto grosso en la majeur op.6, cantate „Armida Abbandonata”. Pour les conduire, la violoniste Midori Seiler. Fille de pianistes, d´ascendance japonaise et bavaroise, Midori Seiler a notamment étudié et résidé à Salzbourg et se produit régulièrement sur les scènes occidentales, réputée pour son jeu sur un violon d´époque. Mais la Hongrie, où elle se rend régulièrement, n´a pas non plus de secret pour elle, qui y s´est entre autres formée auprès de Sándor Végh. Une adepte passionnée, dit-on, de Liszt (… et des pâtisseries magyares...) En soliste dans la cantate (Haendel), la soprane italienne Arianna Vendittelli (déjà entendue sur cette scène).

Pour commencer, un mot sur Johann-Friedrich Fasch. Contemporain de son ami Telemann et de Haendel (1688-1758), ce compositeur, violoniste et organiste originaire des environs de Weimar, fut, dit-on, fort apprécié en son temps, au point que Bach, qui le tenait en haute estime, transcrivit plusieurs de ses ouvertures. Situé à mi-chemin entre les styles baroque et classique, certaines des innovations introduites dans son écriture se retrouveront chez Gluck et Haydn, voire Mozart. Un mot, encore, sur la cantate de Haendel. Écrite en 1707, alors que Haendel n´avait que 22 ans, la cantate „Armida abbandonata” est inspirée d´un poème épique du Tasse „Jerusalem délivrée” (La Gerusalemme liberata). Sur fond de croisade, Armide, châtelaine intrigante et amoureuse, pourvue de dons de sorcellerie, se lamente sur la trahison dont elle se dit victime, invoquant monstres et éléments pour assouvir sa soif de vengeance. Sujet qui inspira plusieurs compositeurs, ayant notamment donné lieu à un opéra qui eut en son temps grand succès (Niccoló Jomelli, Naples, 1770 . Écrite pour soprane, cordes et continuo (ici soutenues par un accompagnement de mandoline et clavecin)." La suite sur francianyelv.hu

mercredi 29 mars 2023

Orchestre du Festival de Budapest (BFZ): Iván Fischer et ses musiciens à la conquête de l´Europe...

Par Pierre Waline

"Même le lustre en était renversé"… c´est ainsi qu´Iván Fischer et son équipe titrent le communiqué publié au retour d´une tournée effectuée en Europe. Berlin, Alicante, Madrid, Luxembourg, Munich, Lugano, Paris. 9000 spectateurs, près de 10 000 kilomètres parcourus par monts et par vaux, rien ne les a arrêtés, pas même la grève affrontée dans trois aéroports. Chaque jour un nouvel horizon pour se terminer en beauté à la Philharmonie de Paris. Un marathon que le chef hongrois se plaît à comparer à une course de Formule 1.

Une presse enthousiaste, louant „le jeu extatique de l´orchestre, l´incroyable harmonie entre les pupitres (sic) et les dons visionnaires du chef”." La suite sur francianyelv.hu

Iván Fischer et le Budapest Festival Orchestra : un Strauss mal léché…

Ivan-Fischer-by-Daniel-Nemeth

"Très attendu car longtemps reporté, ce passage du BFO à Paris, dirigé par son chef historique Iván Fischer, affiche un programme fidèle à son image, éclectique et coloré, associant les Minutes symphoniques Ernő Dohnányi, Don Juan, Till l’espiègle, la Danse des sept voiles de Richard Strauss et le Concerto pour piano n° 4 de Beethoven, interprété par Rudolph Buchbinder.

C’est avec les accents mitteleuropa des Minutes symphoniques (1933) d’Ernő Dohnányi que débute le concert. Cinq Minutes symphoniques très contrastées comme autant d’occasions de faire briller les différents pupitres de la superbe phalange hongroise : la petite harmonie virtuose et virevoltante et la sonorité profonde des cordes dans le Capriccio initial ; la longue complainte du cor anglais soutenue par la clarinette, le hautbois et le basson dans la Rapsodia ; les trombones et la dynamique enlevée et claudicante du Scherzo ; la douce mélancolie du cor anglais et le lyrisme du violon solo soutenu par la clarinette et le célesta dans le Tema con Variazoni ; enfin le Rondo final comme une invitation irrépressible à la danse pour conclure ce joli tour de chauffe orchestral." La suite sur resmusica.com

dimanche 5 février 2023

Budapest: Prokofiev à l´honneur au Palais des Arts. (Journée „marathon”)

Par Pierre Waline

"Originaire d´Ukraine, décédé à Moscou le même jour que Staline (ironie du sort): Serge (Sergueï) Prokofiev (1891-1953). Sans nul doute l´une des grandes figures qui aura marqué la vie musicale du XXe siècle. Choisi pour figurer au programme du marathon musical qui se tient en chaque début d´année au Palais des Arts de Budapest (Müpa). Organisé conjointement pa son directeur, Csaba Káel et son initiateur, le chef Iván Fischer. Concerts non stop sur toute la journée, répartis sur trois salles (musique symphonique et concertante, musique de chambre, récitals) agrémentés de projections de films et d´une petite exposition. Avec la participation de diverses formations venues de province et de la capitale, le concert de clôture étant assuré par l´Orchestre du Festival (BFZ).

S´étant entre autres formé auprès de Rimsky-Korsakov, Prokofiev fut un compositeur précoce, nous ayant laissé un premier opéra dès l´âge de huit ans… Lié entre autres à l´acteur américain Humphrey Bogart (son partenaire aux échecs…) et au cinéaste russe Eisenstein (pour qui il écrivit des musiques de film), Prokofiev eut une vie quelque peu bousculée, souvent contraint à l´exil (dont près de dix années passées en France)." La suite sur francianyelv.hu

samedi 14 janvier 2023

Iván Fischer dans Bruckner : l’âge ne fait rien à l’affaire


"Bien qu’ayant attendu l’âge de la maturité pour aborder la mythique Symphonie n° 9 d’Anton Bruckner, Iván Fischer, à la tête de son Budapest Festival Orchestra, déçoit par la fadeur de son interprétation.

aura attendu sa 70e année (âge du compositeur au moment de la composition) pour affronter la prodigieuse Symphonie n° 9 d’ : ultime étape symphonique du compositeur de Saint Florian, monumentale, inachevée, testamentaire et récapitulative, élevée à la gloire de Dieu, qui suppose maturité et spiritualité pour ne s’offrir qu’aux plus grands chefs capables d’assumer la profondeur d’un propos résumé à trois mouvements « comme Dieu l’a voulu » …

Après une Symphonie n° 7 (2014) saluée par la critique, Iván Fischer remet une nouvelle fois Bruckner sur le métier avec cette Symphonie n° 9 dont l’interprétation, avouons-le, n’apporte pas grand-chose à une discographie pléthorique comportant déjà de nombreuses références, dominée par Jochum, Wand, sans oublier Abbado à Lucerne, Giulini à Chicago, Haitink à Amsterdam, Karajan à Vienne, Blomstedt à Leipzig, Rattle à Berlin, Thielemann à Dresde et Celibidache à Munich …" La suite sur resmusica.com

Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n° 9 en ré mineur. Budapest Festival Orchestra, direction : Iván Fischer. 1 SACD hybride Channel Classics. Enregistré en mars 2021 au centre des congrès de Budapest. Notice en anglais, français et allemand. Durée : 55:33 

mardi 8 novembre 2022

Budapest: soirée souvenir pour célébrer le 101ème anniversaire de la naissance de Cziffra

Par Pierre Waline

"Voici 101 ans, naissait le pianiste Georges (György) Cziffra à Budapest. Une occasion pour les mélomanes de célébrer sa mémoire. Dans le monde entier, certes, mais surtout en France, sa terre d´adoption et en Hongrie, sa terre natale. C´est ainsi qu´était montée ce 5 novembre à Budapest une soirée en sa mémoire, soirée qui s´est tenue à l´Académie de Musique, dont il avait été l´élève. Soirée qui clôturait du même coup l´année du centenaire. Concert autour du thème „Cziffra, l´improvisateur”, sous le motto „La musique en toute liberté” („A Zene szabadsága”). Soirée initiée par le pianiste János Balázs qui fonda voici sept ans un Festival Cziffra qui se tient chaque mois de février à Budapest. Improvisateur, que oui! Au-delà de ses célèbres interprétations de Liszt et du répertoire romantique, Cziffra fascinait son public par ses brillants talents d´improvisateur, dont des témoignages nous sont restés par le disque.

Fidèles à l´esprit d´ouverture du maître, les organisateurs ont choisi de programmer ce concert non seulement autour du piano classique, mais également du jazz, du chant et de la musique tzigane. Aux côtés du pianiste se produisaient le saxophoniste Mihály Dresch, musicien „free” partagé entre le jazz américain et la musique folk traditionnelle, et la chanteuse Mónika Lakatos, spécialisée dans les musiques populaires tzigane et valaque (Roumanie). Tous trois titulaires du prix Kossuth, la plus haute distinction décernée aux artistes en Hongrie." La suite sur francianyelv.hu

mercredi 7 septembre 2022

Ferenc Molnár – Les gars de la rue Paul


"Pouvait-on rêver d’un meilleur terrain de jeu ? Pour nous autres, collégiens de la capitale, c’était l’idéal. Nous n’aurions pu imaginer un endroit qui se prêtât mieux à jouer aux Peaux-Rouges. Le terrain de la rue Paul était une magnifique plaine figurant à merveille une savane d’Amérique. Quant au chantier de la scierie, c’était à volonté tout le reste, la ville, la forêt, les montagnes Rocheuses, selon la circonstance et le moment.

Ce petit roman date de 1906 et pourtant on le retrouve partout. A Ankara il y a trois ans, j’en avais trouvé une édition turque toute fraîche en devanture d’une librairie, dans une collection « classiques du monde moderne ». L’année suivante, c’est en lisant le texte autobiographique Jardin, cendre de Danilo Kiš, publié en 1965, que j’étais tombée sur une mention de ce livre, un peu caché sous son titre traduit en serbo-croate et de là en français, « les petits garçons de la rue Pavlov ». Tout récemment, c’est dans L’Horizon, un roman (lui aussi de nature en partie autobiographique) traduit du polonais, que j’ai été surprise, au détour d’une page, par une nouvelle référence à ce roman, qu’une note de bas de page présente très justement comme un « classique de la littérature jeunesse ».

Le fait que Les gars de la rue Paul est un grand classique de la littérature hongroise, je le savais, mais le fait qu’on puisse lire et qu’on ait pu lire ce petit roman de 1906 en traduction polonaise, serbo-croate, turque (entre autres langues) et qu’on le retrouve même dans des romans publiés dans d’autres langues, ce n’est tout de même pas si commun. Depuis, je jette toujours un coup d’œil sur les rayons des librairies étrangères pour voir si j’y retrouve Les gars de la rue Paul, tout en me doutant bien que c’est le genre de chose pour laquelle il vaut mieux se laisser surprendre à un moment où on ne s’y attend pas." La suite sur passagealest.wordpress.com

vendredi 22 juillet 2022

Le mot de l’ambassadrice : France et Hongrie depuis toujours…


Pascale Andréani devient Ambassadrice de France en Hongrie en 2018. Depuis janvier 2019, elle publie régulièrement des chroniques tantôt historiques tantôt plus anecdotiques ou sentimentales sur de nombreux aspects, parfois inconnus, des relations franco-hongroises. L’éditeur hongrois Scolar vient de publier ces chroniques dans un recueil bilingue avec de très belles illustrations.

« Qui connaît l’amitié entre Berlioz et Liszt ?

Qui sait que l’un des premiers lieux filmés par les frères Lumière a été le Pont des Chaînes ?

Qui connaît l’histoire des prisonniers français évadés d’Allemagne et réfugiés en Hongrie pendant la seconde guerre mondiale et qui reçurent en Hongrie un accueil si généreux ? » 

Plus d’informations : scolar.hu/a-nagykovet-tollabol