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vendredi 20 mars 2026

En Hongrie, une loi autorise les maires à sélectionner leurs habitants

"En Hongrie, les maires ont le droit de sélectionner les habitants de leur ville. Le Premier ministre Viktor Orbán a fait passer une loi qui permet aux élus de faire le tri dans leur population et d'expulser de leur maison les minorités non grata, comme les Tziganes.

Pilis est une petite ville de la campagne hongroise où Károly Losó voulait s'installer. "Je reviendrais vivre ici, si je pouvais, parce qu'on y a vécu il y a une dizaine d'années", confie-t-il. À l'automne dernier, avec son épouse, ils ont même acheté à bon prix une petite maison à restaurer au milieu d'un grand terrain. Mais aujourd'hui, il ne peut que la regarder de loin. Quelques semaines après s'y être installés, ils se disputent avec une voisine. Le maire leur ordonne de quitter les lieux. "Il est arrivé, il nous a dit que l'on avait deux semaines pour partir d'ici. Ce qu'on deviendrait, où on irait, ça ne l'intéressait pas. On avait deux semaines, sinon il nous expulsait manu militari", se souvient Károly Losó.

L'argent versé pour leur maison leur a été remboursé par la mairie, désormais propriétaire. Mais pour Károly Losó, qui fait partie de la minorité rom de Hongrie, la pilule est dure à avaler. "C'est du racisme. Ce maire, de je ne sais pas quel parti, c'est un raciste. Il s'en prend aux Tziganes. Dès qu'il en voit un, il ne le laisse pas rentrer", assure-t-il." La suite et vidéo (4min) sur franceinfo.fr

mercredi 30 juillet 2025

L’éducation contre la ségrégation : entretien avec Gábor Erőss, sociologue engagé et élu écologiste


"Le Journal francophone de Budapest a rencontré Gábor Erőss, sociologue hongrois de 52 ans, chercheur à l’Institut de sociologie du Centre de sciences sociales 
(TK SzI) et ancien adjoint au maire du 8ᵉ arrondissement de Budapest (Józsefváros) entre 2019 et 2024. Membre du parti écologiste Párbeszéd, il a exercé son mandat avec une priorité claire : lutter contre la ségrégation scolaire dans un quartier longtemps marginalisé. Formé en France, à l’Université Paris Descartes, puis à l’EHESS, Gábor Erőss revient sur les politiques éducatives qu’il a mises en œuvre et sur sa vision de l’école comme outil d’émancipation sociale.

JFB : Quels ont été vos principaux combats en tant qu’adjoint au maire ?

Gábor Erőss : Ma priorité a été de m’attaquer à la ségrégation scolaire, très marquée dans notre arrondissement. Trop d’écoles étaient désertées par les familles des classes moyennes, perçues comme des écoles « à problèmes », alors qu’elles accueillent simplement des élèves issus des minorités, notamment Roms (Tziganes). Il fallait briser cette dynamique. Et – les écoles primaires et secondaires ayant été étatisées en 2013 – le faire dans le domaine qui restait du ressort des municipalités : les écoles maternelles.

Pour cela, nous avons agi – avec le soutien de la Commission Européenne qui cherchait à financer des programmes éducatifs visant à mettre fin à la discrimination ethnique et avec des ONG qui étaient les partenaires de la municipalité (Partners Hungary et la Fondation Rosa Parks) – sur  plusieurs leviers : introduction des cours d’anglais dans toutes les écoles maternelles, piscine pour tous, hausse des salaires pour les enseignants, recrutement d’éducateurs spécialisés et de psychologues scolaires, mais aussi la refonte de la carte scolaire et fermeture d’une école maternelle fortement ségréguée. Mais aussi rénovation des édifices, notamment dans les quartiers difficiles. Ces mesures ont permis d’améliorer l’attractivité des écoles locales, de diminuer le contournement de la carte scolaire, de réduire fortement les inégalités entre établissements en termes d’origine sociale et d’augmenter le nombre total d’élèves inscrits ; c’est ce qu’ont prouvé et reconnu des rapports indépendants et des prix internationaux remportés par le programme." La suite sur jfb.hu

vendredi 7 août 2020

Hongrie : les enfants roms discriminés obtiennent réparation

"À Gyöngyöspata, dans le nord de la Hongrie, la communauté rom a enfin obtenu réparation, après des années de lutte. En mai dernier, la Cour suprême a confirmé la décision du tribunal de Debrecen, qui avait condamné l'Etat hongrois à verser des dédommagements à des jeunes roms, victimes de ségrégation à l'école.
La moitié de la somme (99 millions de forints, soit 281 000 euros) vient d'être versée aux 60 parties civiles, soit 800 000 forints par personne.

Séparer les enfants roms et les non-roms
L'affaire avait commencé en 2004. L'ancien directeur de l'école primaire du village avait alors décidé de séparer les enfants roms et les non-roms, justifiant que les enfants tziganes avaient "un mauvais comportement et des capacités intellectuelles limitées"." La suite sur euronews.com