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mardi 17 janvier 2023

Culture - Mort de l’intellectuel Gáspár Miklós Tamás, « le plus libre des Hongrois »

 "L’intellectuel hongrois Gáspár Miklós Tamás, décédé à l’âge de 74 ans, avait été un opposant au régime communiste de János Kádár, une figure de la transition démocratique en Hongrie, et un critique acerbe du néolibéralisme dans les années 2000 puis de Viktor Orbán à partir de 2010.

Gáspár Miklós Tamás, philosophe politique, écrivain, député dans la première assemblée post-communiste en 1990, éditorialiste, très connu en Hongrie même du grand public sous l’acronyme « TGM », est décédé à l’âge de 74 ans des suites d’une maladie qu’il avait publiquement évoquée à l’automne 2022. « Le plus libre des Hongrois est mort », titre 444.hu.

Gáspár Miklós Tamás était né le 28 novembre 1948 dans la minorité magyarophone de Roumanie, de parents militants communistes. Son père, de Scaunul Odorhei (Udvarhelyszék, en hongrois), et sa mère d’une famille juive orthodoxe d’Oradea (Nagyvárad), s’étaient rencontrés dans le mouvement communiste dans les années 1930, précise Telex." La suite sur courrierdeuropecentrale.fr

Partis Pris - À la mort d’un camarade par intermittence

« J’ai éprouvé la sensation assez curieuse qu’avec TGM nous appartenions à une même famille ». L’intellectuel franco-roumain Nicolas Trifon partage ses souvenirs du philosophe hongrois Gáspar Miklós Tamás, récemment décédé.

J’ai rencontré Gáspar Miklós Tamás (TGM) pour la première fois en 1984 à Budapest. J’avais fait paraître à Iztok, revue libertaire sur les pays de l’Est la traduction en français de la préface du livre L’œil et la main dans lequel il annonçait son attachement au socialisme libertaire, par une filiation anarchiste et syndicaliste[1]. Le livre venait d’être publié en samizdat ou plutôt par des éditions indépendantes, vu le climat permissif qui régnait en ce temps dans la Hongrie de Kádár, en un sens, et toute proportion gardée, plus permissif qu’aujourd’hui sous Orbán.

Mort de l’intellectuel hongrois de gauche Gáspár Miklós Tamás

Me rendant dans son appartement, je suis tombé sur sa mère, une dame très âgée qui s’affairait dans la cuisine et dont j’ai appris qu’elle avait été jadis formée politiquement par mon grand-père Eugen Rozvan (Rozvány Jenő), cofondateur du Parti communiste roumain, député de Bihor et exécuté à Moscou en 1938. Elle m’est apparue comme une espèce de stalinienne tombée en disgrâce à cause du tournant nationaliste de Ceaușescu et de la décision de déménager en 1978 en Hongrie où, peu après son installation, son fils est entré en dissidence. Aussi, dès le début et jusqu’à l’été 2018 quand nous nous sommes revus pour la dernière fois, j’ai éprouvé la sensation assez curieuse qu’avec TGM nous appartenions à une même famille, élargie bien entendu, pas de „sang”, avec les tensions et conflits inévitables dans une structure sociale comme la famille à laquelle on ne choisit pas d’appartenir." La suite sur courrierdeuropecentrale.fr

lundi 2 mai 2022

György Tverdota, Des « intellectuels librement attachés » à la « trahison des clercs ». Le cas de Attila József 8 juin 2022 à 19 h 30 Institut Liszt Paris

Institut Liszt Paris 92 Rue Bonaparte, 75006 Paris

 György Tverdota

György Tverdota est chercheur et professeur émérite, auteur de nombreux ouvrages en hongrois et en français sur la littérature hongroise du 20e siècle. Il était professeur associé à la Sorbonne Nouvelle Paris III, directeur-adjoint du Centre Interuniversitaire d’Études Hongroises, rédacteur en chef des Cahiers d’Études Hongroises entre 1991 et 1994 et professeur à l’Université ELTE entre 2003 et 2018.

Enseignants, savants, poètes, prêtres, médecins, ingénieurs, étudiants diplômés ou doctorants : tous ou toutes font partie de ce qu’on appelle l’« intellectuel », cette figure majeure de la société du 20e siècle, figure « librement attachée » (ou non), selon le concept de K. Mannheim, dont un des traits les plus caractéristiques, selon le livre bien connu de J. Benda, est sa « trahison ». Lors de ma conférence, je voudrais énumérer quelques dilemmes importants par rapport à cette élite de la société moderne, ces « clercs » ou ces « intellectuels », en rappelant le cas du poète hongrois Attila József, né en 1905 et décédé en 1937, dont j'étudie depuis plusieurs dizaines d’années la carrière et l'œuvre. Son destin tragique, son suicide à un jeune âge de 33 ans, indique la gravité de ces dilemmes.

Dans le sillage de J. Benda, certains intellectuels hongrois, comme M. Babits – qui a consacré un célèbre article aux thèses de Benda - optaient pour défendre les valeurs universelles. D’autres poètes et intellectuels, comme Attila József, pensaient qu'en tant que membre d'une nation pauvre et tragique, l'intelligentsia devait s'engager à réformer la société. C'est la raison pour laquelle József a choisi de devenir un « poète prolétaire ». Cependant, dans le mouvement ouvrier, il ne fut pas accepté, et, qui plus est, il est devenu de plus en plus critique à l'égard de sa communauté d'élection, passant d'un marxiste orthodoxe à un marxisme qui acceptait les enseignements de Marx librement et de manière critique. Alors que les intellectuels du marxisme orthodoxe étaient occupés à construire leur propre pouvoir de classe avec des prérogatives dans la redistribution des richesses, il a cherché bien autre chose : « Je ne vais pas aux bistrots d’aujourd’hui, / Mais à la raison et plus loin ! » (Ars poetica). Sa vie, son destin, ses œuvres valent la peine d’être interrogés de ce point de vue. Était-il un intellectuel ? Pouvait-il l’être ou même avait-il envie de l’être ? Qu’en pensait-il des « clercs » ? Et quelles sont les conséquences que nous pouvons tirer de sa vie tragique et des œuvres magnifiques ?

Entrée libre
Réservation obligatoire : reservation@instituthongrois.fr
01 43 26 06 44

lundi 10 juin 2019

Hongrie : de plus en plus éloignée du Fidesz, l’intelligentsia conservatrice bouge encore

"De plus en plus maltraités par le pouvoir, les intellectuels conservateurs hongrois s'imaginent un chemin loin du Fidesz de Viktor Orbán. Réunis jeudi dernier à Budapest, une poignée d'entre eux ont créé un cercle de réflexion capable d'influencer intellectuellement la société hongroise.
Un nouveau cercle d'intellectuels de droite a fait son apparition en Hongrie dans la lignée du groupe Eötvös - fondé en mars 2015. Baptisé "L'intelligentsia responsable", ce cercle a été porté sur les fonts baptismaux lors d'un forum tenu jeudi 6 juin et consacré aux relations entre Budapest et l'Union européenne . . ." La suite sur courrierdeuropecentrale.fr (article payant)

lundi 13 mai 2019

Agnes Heller, la philosophe hongroise qui a survécu aux idéologies

"A 90 ans, celle qui n’a cessé de combattre les dictatures et les abus de pouvoir dans son pays ne cède en rien sa liberté de dire et de penser.
Portrait. Elle serait la propagandiste d’un « marxisme vulgaire », enrichi de totems « post-libéraux ». Elle « insulterait la Hongrie ». Agnes Heller obnubile la presse aux ordres du pouvoir, qui la diffame à longueur de colonnes. C’est le prix à payer lorsqu’on dit ce qu’on pense de la dérive autoritaire en cours dans ce pays où le premier ministre nationaliste, Viktor Orban, désormais tristement célèbre, ne supporte aucune contradiction. Le cerveau lavé par un discours officiel de plus en plus éloigné de la vérité, les Hongrois ont oublié qu’ils étaient les héritiers de l’une des plus illustres intellectuelles européennes.
C’est loin d’Europe centrale, d’ailleurs, qu’on trouve quelqu’un qui puisse restituer l’ampleur de son travail – à l’université de Montréal, où Philippe Despoix est professeur associé de littérature comparée. La carrière d’Agnes Heller est « ancrée dans une confrontation avec le quotidien », explique cet universitaire qui lui a consacré sa thèse. Entourée par un cercle d’amis hongrois, elle a « animé une école inédite de la pensée, un foyer interdisciplinaire unique, au tournant des années 1960 et 1970. Elle a croisé avec eux philosophie du langage, phénoménologie, sociologie et esthétique et a renouvelé la théorie critique ».

Une victoire de la conviction
De tout cela, il n’est plus question en Hongrie, où ce qu’il s’est passé entre 1945 et 1989 est conspué. Avoir survécu à la Shoah et avoir été pourchassée sous le communisme ne protègent pas des campagnes dégradantes. Dans son bel appartement donnant sur le Danube, Agnes Heller, profil d’oiseau et silhouette poids plume, est pourtant en pleine forme : elle ne lit pas ce qui s’écrit sur elle. Elle vient tout juste de souffler ses 90 bougies avec son fils, sa fille, ses petits et arrière-petits-enfants, qui sont « tous, sauf une, installés en Hongrie »." La suite sur lemonde.fr (article payant)

jeudi 20 septembre 2018

Gáspár Miklós Tamás, un marxiste magyar de Roumanie dans la Hongrie d’Orbán

"Face au bulldozer (il)libéral, qui se fait de nombreux alliés dans les Balkans, la gauche a bien du mal à exister, même dans les luttes anti-corruption qui secouent la région. Émigré de Roumanie, d’abord libertaire, un temps libéral, Gáspár Miklós Tamás est devenu une figure de proue du marxisme critique. Entretien.

Propos recueillis par Nicolas Trifon
Né à Cluj en 1948, Gáspár Miklós Tamás quitte la Roumanie de Ceauşescu en 1978 pour s’installer à Budapest. Dans les années 1980, il campe sur des positions libertaires au sein d’une dissidence hongroise plutôt marxiste. Après 1989, il siège quatre ans au Parlement comme député d’un parti libéral, l’Alliance des démocrates libres, avant d’entamer une réflexion qualifiée par certains de « conservatrice libérale ». Il devient ensuite une figure de proue du marxisme critique. À l’heure du « capitalisme pur et simple » instauré à l’Est après l’implosion des régimes communistes, Marx est, selon lui, plus que jamais (...)" La suite sur courrierdesbalkans.fr (article payant)

mardi 6 novembre 2012

Chaire tournante Rencontre avec Eszter Balázs Conférence 20 novembre à 19h30 Institut hongrois

Institut hongrois 92, rue Bonaparte 75006 Paris
Informations : accueil@instituthongrois.fr
+33 1 43 26 06 44

Les intellectuels hongrois, la littérature et l’image de l’Autre (1914-1916)
Depuis une vingtaine d’années les recherches sur la Première guerre mondiale ont mis en avant l’engagement des intellectuels partout en Europe. Cependant l’engagement des intellectuels hongrois n’a pas encore été systématiquement traité. Dans cette présentation, je proposerai une première approche en ce sens de la mobilisation des intellectuels hongrois aussi bien sur le front qu’à l’arrière. Contribuer intellectuellement à l’effort de la guerre – qui fut le cas de la majorité d’entre eux – était fortement lié à la (re)construction de l’image de l’autre incarnée par « l’adversaire » surtout pendant les premières années de la guerre. La dynamique image de l’autre / image de soi a également influencé la considération des alliés. La culture ainsi que la littérature des peuples participant au conflit furent au cœur des préoccupations des intellectuels mobilisés. Pour présenter ce discours, je traiterai de la revue Nyugat ainsi que d’un certain nombre d’autres journaux pendant les premières années de la guerre.
Eszter Balázs
Maître de conférence au département de communication et d’étude des médias de L’Ecole supérieure János Kodolányi. Elle est l’auteur de l’ouvrage intitulé « Az intellektualitás vezérei ». Viták az irodalmi autonómiáról a Nyugatban és a Nyugatról [« En tête des intellectuels ». Débats sur l’autonomie littéraire dans Nyugat et sur Nyugat], ainsi que co-auteur avec Phil Casoar des Héros de Budapest, paru chez Les Arènes en 2006. Elle a soutenu sa thèse en co-tutelle à l’EHESS de Paris en 2008.
Entrée libre

Plus d'information sur litteraturehongroise.fr