"La cinéaste, née en Hongrie soviétique, a navigué
entre documentaires et fictions, sans jamais abandonner le réalisme.
Elle est morte le 1ᵉʳ octobre, à l’âge de 87 ans.
Dans la longue histoire des rapports entre art et idéologie, la voie du
réalisme est la plus tortueuse et semée d’embûches, parce que tous les
partis s’en revendiquent, à plus forte raison les pouvoirs en place.
Cela, Judit Elek le savait mieux que quiconque, elle qui devint cinéaste
dans la Hongrie des années 1960, rattachée au bloc soviétique. Elle
navigua toute sa vie entre dogmes et programmes, pour filmer la Hongrie
des interstices, celle des ouvriers, des paysans, des petits employés et
des passants des grandes villes : des gens comme les autres, des
individus ordinaires, des vies privées et leurs tourments.
L’œuvre de cette pionnière du « cinéma
direct » s’élève à 18 films, courts et longs-métrages confondus, tournés
entre 1963 et 2018, parmi lesquels La Dame de Constantinople, révélé à la Semaine de la critique à Cannes, en 1969, qui fait figure de fleuron.
La réalisatrice est morte mercredi 1er octobre, à l’âge de 87 ans, « des suites d’une longue maladie », comme l’a annoncé son fils Laszlo Berger, directeur de la photographie et producteur. Sa disparition intervient au moment où son œuvre était redécouverte à la faveur de récentes rétrospectives, qui conjuraient enfin l’oubli relatif où était tombé son nom, à l’instar de nombre de réalisatrices de sa..." La suite sur lemonde.fr (article payant)