"JFB : Est-ce que tu pourrais te présenter rapidement pour ceux qui ne te connaissent pas, s'il te plaît ?
Vincent Liegey :
Donc, Vincent Liegey. Ça fait 23 ans que je connais la Hongrie, j'y
habite de manière permanente depuis une bonne dizaine d'années. J'ai eu
un coup de foudre en arrivant à Budapest alors que j'étais encore
étudiant, avec une double intuition qui se révèle toujours plus juste
d'année en année : un sentiment de liberté, un sentiment de créativité.
Et pour moi, ça a été tout de suite une évidence que je voulais y faire
ma vie, et c'est ce qu'il s'est passé.
J'ai d'abord travaillé à l'Académie des
sciences en tant que chercheur, puis à l'Institut français de Budapest,
puis pour différentes ONG autour des enjeux de discriminations contre
les communautés Roms, par exemple, ou des enjeux plus écologiques comme
le recensement des populations d'aigles impériaux dans les grandes
plaines de Hongrie. De nouveau à l'ambassade, et depuis une
dizaine d'années, j'ai co-créé avec un groupe d'amis une coopérative qui
s'appelle Cargonomia. Il y a différentes dimensions : une dimension
très concrète, puisqu'on a un partenariat avec une ferme bio où on
produit des légumes biologiques et locaux. On a un atelier vélo, on
fabrique des vélos cargo, et un centre logistique où on distribue ces
paniers de légumes avec nos vélos cargo. Et tout ça, c'est un prétexte
pour faire de la recherche et expérimenter des modes de vie qui seraient
beaucoup plus soutenables et conviviaux.
Ces dernières années, une extension s'est
développée (puisqu'on est plusieurs à être devenus parents dans le
collectif de Cargonomia) avec un gros focus sur les questions
d'éducation, avec des partenariats à la fois avec des écoles comme le
lycée français de Budapest, les écoles Waldorf ou les Petits
Mousquetaires, et aussi des écoles accueillant des enfants moins
privilégiés. Je pense à des écoles avec beaucoup de population rom dans
le huitième arrondissement de Budapest ou dans le village de Jámbok, où
la ferme est située. " La suite sur jfb.hu