dimanche 9 août 2026

Classique des lettres hongroises, Péter Esterházy face à la trahison de son père

 « Un écrivain dans la famille » (5/6). Issu d’une illustre dynastie hongroise, Péter Esterházy est devenu une star nationale des lettres avec « Harmonia Cælestis », en 2000, où il rendait hommage à son père. Mais il a découvert peu après que son héros avait été un informateur de la police secrète du pouvoir communiste, et a alors rédigé une version « revue et corrigée » de son œuvre qui, au-delà de ses proches, a ébranlé tout le pays.

A chaque pas, l’escalier en bois sombre grince si fort qu’il semble sur le point de rompre. Aujourd’hui encore, le bruit déchirant de ces quelques marches usées rythme le quotidien de cette bâtisse fonctionnelle aux murs blancs, en bordure de Budapest, la capitale hongroise, où a grandi le célèbre auteur Péter Esterházy, descendant de l’une des plus illustres familles du pays.

Représentants de l’aristocratie, leaders politiques sous l’Empire austro-hongrois, les Esterházy ont été privés de leurs terres, de leurs châteaux et de leurs biens par le pouvoir communiste en 1949, avant d’être expulsés de force à la campagne. Le père, le comte Mátyás Esterházy, polyglotte surdiplômé, est alors contraint de cultiver des melons dans une exploitation nationalisée, pendant que Lili, la mère, élève leurs quatre fils. Ils ne sont autorisés à revenir dans la capitale qu’en 1957, dans cette modeste demeure proche des rives du Danube, loin du centre-ville.

A la fin des années 1990, après la mort de ses parents, Péter Esterházy décide de s’y installer. Ce père de quatre enfants, avec ses petites lunettes rondes et ses cheveux en bataille, est devenu un romancier reconnu, grâce à ses œuvres qui triturent syntaxe et ponctuation pour raconter à la fois l’ère communiste et l’histoire romanesque de sa propre famille.

Après le décès de l’écrivain, devenu une grande figure intellectuelle, emporté par un cancer du pancréas en 2016, à 66 ans, et le déménagement de sa veuve, Gitti, sous dialyse, leur maison n’est plus habitée et se détériore rapidement. En 2024, par manque de moyens pour l’entretenir, leurs enfants se résolvent à mettre en vente la propriété." La suite sur lemonde.fr (article payant)

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