lundi 15 novembre 2010

Tiszta szívvel - Coeur pur - Une poésie d'Attila József et trois de ses traductions

Tiszta szívvel

Nincsen apám, se anyám,
se istenem, se hazám,
se bölcsőm, se szemfedőm,
se csókom, se szeretőm.

Harmadnapja nem eszek,
se sokat, se keveset.
Húsz esztendõm hatalom,
húsz esztendõm eladom.

Hogyha nem kell senkinek,
hát az ördög veszi meg.
Tiszta szívvel betörök,
ha kell, embert is ölök.

Elfognak és felkötnek,
áldott földdel elfödnek
s halált hozó fû terem
gyönyörûszép szívemen.

1925. március

Coeur pur

Je n’ai ni père ni mère,
Rien que je rêve ou j’espère,
Je n’ai ni Dieu ni patrie,
Berceau, cercueil, tendre amie.

De trois jours, pas un repas :
Oui, ce qui s’appelle pas.
Ma puissance, c’est vingt ans :
Ma puissance, je la vends.

Et pour peu que nul n’en veuille,
Que le diable, lui, l’accueille !
Je volerai, l’âme pure,
Et tuerai, je vous assure.

Mais qu’on m’arrête et me pende
Et qu’à la terre on me rende,
Maléfique et sûre, une herbe
Sourdra de mon cœur superbe.

texte français de Marcel Lallemand d'après Ladislas Gara extrait de :
"Aimez-moi" paru aux éditions Phébus Paris 2005 sous la direction de G. Kassai/JP Sicre

A coeur pur

Je n’ai ni père, ni mère,
ni berceau, ni suaire,
ni dieu, ni patrie,
ni baiser, ni bonne amie.

Trois jours que je ne mange
ni plus ni moins qu'un ange.
Le pouvoir de mes vingt ans -
et mes vingt ans, je les vends.

Si personne ne l'accepte,
le diable en personne l'achète.
A coeur pur je force des portes,
s'il le faut, c'est la mort que j'apporte.

On m'arrête et on me pend,
en terre bénie on m'étend,
et des herbes de mort maléfiques
poussent sur mon coeur magnifique.

mars 1925

Traduction par Gábor Kardos
Orphée
La Différence
Éditions UNESCO février 1997

Coeur pur

Je n'ai ni père, ni mère,
Ni dieu, ni foyer,
Ni berceau, ni bière,
Ni amante, ni baiser.

Trois jours déjà sans manger,
Ni bombance, ni bouchée,.
Mon empire, c'est mes vingt ans.
Mes vingt ans, je vous les vends.

Et si nul n'en veut, ma foi,
Le diable, lui, me les prendra.
Le coeur pur, j'irai voler,
S'il le faut, assassiner.

On m'arrêtera, me pendra,
En terre chrétienne m'enterrera,
Et une ivraie homicide
Croîtra sur mon coeur splendide.

Traduction Guillaume Métayer
Éditions Sillage octobre 2010

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