"Le Premier ministre Viktor Orbán fait face à une opposition grandissante avant le vote du dimanche 12 avril qui renouvèlera pour quatre ans les 199 membres de l'Assemblée nationale. Professeur à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paul Gradvohl revient sur les enjeux de ce scrutin décisif.
Premier ministre de 1998 à 2002, puis depuis 2010, Viktor Orbán est en mauvaise posture politique. Son adversaire, Péter Magyar, député européen de centre droit, le devance dans les sondages et il dénonce une corruption généralisée autour du cofondateur national-conservateur et de droite populiste du mouvement Fidesz-Union civique hongroise (Fidesz-MPSZ).
"Kleptocratie" : 28 milliards d'euros de marchés publics ont été empochés par des proches de Viktor Orbán, révèle une enquête du Financial Times. "Près de la frontière entre la Hongrie, la Croatie et la Serbie, un pont de 747 millions d'euros, qui enjambe le Danube, y est construit par une société appartenant à László Szíjj, partenaire commercial du plus vieil ami du Premier ministre Viktor Orbán", explique le Financial Times. "Szíjj, dont les yachts de luxe ont accueilli de hauts responsables gouvernementaux, possède des sociétés qui ont remporté une multitude de contrats" d'une valeur qui frôle les 8 milliards d'euros depuis l'élection d'Orbán en 2010, soit bien plus, ajoute le Financial Times, que les "247 millions d'euros d'appels d'offres remportés au cours des cinq années précédant l'élection d'Orbán. [László Szíjj] fait partie des 13 hommes proches du Premier ministre hongrois dont les entreprises ont commencé à remporter une part importante des marchés publics hongrois après l'élection d'Orbán. [...] Au total, ils ont empoché plus de 28 milliards d'euros de marchés publics entre 2010 et fin 2025, seuls ou au sein de consortiums, soit une moyenne de 1,8 milliard d'euros par an. Durant les cinq années précédant l'arrivée au pouvoir d'Orbán, ils n'ont remporté qu'un tiers de cette moyenne annuelle : 608 millions d'euros", détaille le Financial Times qui a enquêté sur près de 350 000 contrats. "Le système d'Orbán est une kleptocratie. L'élite détourne les fonds publics, profitant de l'absence d'État de droit", résume, dans les pages du Financial Times, l'économiste István János Tóth, à la tête du Centre de recherche sur la corruption de Budapest, qui a étudié ce système pour la Commission européenne. C'est aussi ce que dénonce Péter Magyar, ex-du Fidesz, rappelle le Washington Post. À 44 ans, celui qui dirige désormais le parti d'opposition Tisza a une grande capacité de mobilisation pendant cette campagne, relève le journal en ligne EU Observer : "Magyar est généralement accueilli par des foules enthousiastes, et même dans les petites villes autrefois dominées par le Fidesz, des centaines de personnes se rassemblent pour ses événements. Il a également été accueilli par des foules importantes dans les grandes villes où le Fidesz bénéficiait auparavant de fortes majorités." La suite et à écouter (5min) sur radiofrance.fr
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