"L’universitaire hongrois Tibor Dessewffy analyse, dans une tribune au « Monde », les différents scénarios possibles après les élections législatives du 12 avril, un scrutin qui s’annonce serré entre le parti du premier ministre sortant, Viktor Oban, et celui de Péter Magyar, son principal opposant, pro-européen.
Le goulash est le plat emblématique de la Hongrie – mais sa recette est notoirement fluide. Certains jurent par les pommes de terre, d’autres par de petites boulettes, et certains par les deux. Quand la louche plonge dans la marmite, on ne peut jamais savoir ce qui va remonter. Il en va de même pour la politique hongroise.
Les sondages, à l’approche des prochaines élections législatives, oscillent comme si chacun goûtait le même goulash mais en percevait des saveurs totalement différentes. Certains annoncent 20 points d’avance pour le parti d’opposition Tisza de Péter Magyar. D’autres, alliés à Viktor Orban, donnent 10 points d’avance au premier ministre sortant. Cet écart est révélateur en soi. Il reflète un écosystème étrange dans lequel les sondages servent à la fois de stratégie de communication et d’arme politique.
L’incertitude et l’imprévisibilité ne s’arrêtent pas là. Selon [le média d’investigation] VSquare, Vladimir Poutine a chargé une équipe d’agents politiques d’assister la campagne électorale de Viktor Orban. Cette opération serait supervisée par Sergeï Kiriyenko, une figure qui, lors des élections moldaves de 2025, avait été liée à des réseaux d’achat de voix et à des fermes à trolls destinées à en façonner l’issue. Des sources indiquent que l’équipe de Kiriyenko est arrivée en Hongrie avec des passeports diplomatiques et coordonne désormais des activités de manipulation médiatique depuis l’ambassade de Russie.
Si ces informations sont exactes, les élections du 12 avril ne sont pas seulement une compétition intérieure, mais une partie d’un jeu géopolitique plus vaste. Une question essentielle demeure toutefois : que se passerait-il si Viktor Orban perdait ?
La stratégie de Donald TrumpTout dépendra de la marge. Une victoire étroite de Tisza pourrait déclencher une litanie de tentatives de Fidesz pour entraver ou retarder le transfert de pouvoir. Des accusations de fraude électorale, des recours juridiques et des demandes de recomptage pourraient facilement émerger. Cela semblera sans doute familier. C’était exactement la stratégie utilisée par Donald Trump lorsqu’il tenta d’affirmer à tort que l’élection présidentielle américaine de 2020 lui avait été « volée ». S’ensuivit immédiatement une avalanche de procès visant à renverser les résultats dans des Etats-clés et des tentatives de pression sur des responsables locaux pour modifier les résultats." La suite sur lemonde.fr (article payant)
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