dimanche 8 mars 2026

Hongrie, traumatisme et paternité: László Nemes de retour avec « Orphelin »

"8 ans après son dernier film, Sunset, le réalisateur du Fils de Saul signe son grand retour dans les salles de cinéma avec Orphelin, librement inspiré de son histoire familiale. Un drame dans lequel le cinéaste continue d’explorer les pages sombres de l’Histoire d’Europe centrale, avec maestria. Si la noirceur du film peut être difficile à digérer, László Nemes réussit clairement un tour de force.

Du récit intime à l’Histoire nationale, de l’Histoire nationale au récit intime

Orphelin de père puis orphelin de repères, telle est la double histoire que László Nemes nous narre. Andor, jeune garçon juif de 12 ans, grandit dans une Hongrie qui porte les marques de la guerre et de la Shoah, l’intrigue se déroulant en 1957. Eduqué dans le souvenir de son père mort dans les camps par sa mère, qui tient seule le ménage, Andor se retrouve doublement orphelin quand Berend – interprété par le français Grégory Gadebois -, boucher inquiétant, venu, d’une petite ville en périphérie de Budapest, s’impose dans le quotidien de l’enfant comme une nouvelle figure paternelle.

Orphelin est un film résolument sombre, autant par son esthétisme que par son thème. Alors que Nemes parlait frontalement de la Shoah dans le Fils de Saul, il retrace la suite de l’Histoire hongroise en abordant la transition vers le communisme pour une société qui porte encore les stigmates de la guerre passée, alors que la communauté juive en Hongrie avant la Seconde Guerre mondiale était l’une des plus grandes d’Europe. Que Nemes convoque cette période si spéciale pour l’Europe centrale prend un autre sens quand Orphelin montre, avec une froideur inquiétante, le sort des opposants politiques, confinés à la clandestinité la plus secrète après l’échec de la révolution anti-communiste en 1956, où les chars de Moscou ont écrasé les revendications hongroises. En montrant la communauté juive traumatisée et orpheline à ce tournant social et politique, László Nemes dresse une comparaison entre ce destin communautaire tragique et la trajectoire nationale hongroise, d’une certaine manière elle aussi orpheline." La suite sur cult.news

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.