Avec László Nemes, réalisateur et scénariste hongrois
Le cinéaste László Nemes filme l’histoire de l’Europe centrale, des premières secousses de l’Empire austro-hongrois au centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. Dans "Orphelin", il interroge les liens filiaux et les retentissements de la Shoah pendant les années de dictature communiste en Hongrie.
Né
à Budapest en 1977, László Nemes a grandi entre la Hongrie et la
France. Dans ses films, l’histoire de l’Europe centrale est omniprésente
et s’entremêle aux quêtes familiales. Son premier long métrage, Le Fils de Saul
(2015), porte la Shoah à l’écran sans exhibitionnisme ni
sensationnalisme. László Nemes y met en scène Saul Ausländer, membre du
Sonderkommando du camp d'Auschwitz-Birkenau, chargé d’accompagner les
déportés vers les chambres à gaz puis de nettoyer les lieux. Au-delà de
la violence des camps de mise à mort, László Nemes met en scène une quête d’humanité. Saul Ausländer cherche à offrir un enterrement selon le rite funéraire de la loi juive à celui qu’il a identifié comme son fils. Le
travail de László Nemes trouve ses racines dans les textes écrits
clandestinement par les Sonderkommandos d’Auschwitz. Aussi appelés
"rouleaux d’Auschwitz", ces écrits ont été publiés en France en 2005 par
le Mémorial de la Shoah dans Des voix sous la cendre. Manuscrits des Sonderkommandos d'Auschwitz-Birkenau.
Après avoir porté à l’écran la Budapest de la Belle Époque dans Sunset (2018), László Nemes offre dans Orphelin
(2026) une image de la capitale hongroise en 1957. Le réalisateur met
en scène un pays sous surveillance communiste, aux lendemains de la
répression de la révolution populaire de 1956 et aborde la question de
la filiation à travers un scénario inspiré de l’histoire de son père.
Dans Orphelin, le jeune Andor vit avec sa mère Klara. Son père,
Hirsch, a été déporté pendant la Shoah et n’est pas revenu des camps.
Pourtant, un jour, un homme ayant caché Klara pendant la guerre affirme
être le père biologique d’Andor. Andor s’accroche alors au fantôme
martyr de son père et à un livre de prière. Ce livre porte le nom de
Hirsch et l’adresse d’une synagogue dans laquelle se rendaient ses
parents, mais dont il ne sait déchiffrer les caractères hébraïques. À
travers cette double-filiation paternelle, László Nemes interroge la
Shoah au-delà de l’expérience immédiate des camps et dépeint, en
filigrane de la surveillance communiste, les retentissements intimes du
génocide et la transmission troublée du judaïsme."
La suite et à écouter (59 min) sur radiofrance.fr

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.