"S’il a été porté par une puissante vague de rejet contre le pouvoir sortant, le nouveau premier ministre hongrois, Péter Magyar, va devoir ménager les électeurs de gauche et de droite et éclaircir ses positions, notamment sur l’Ukraine.
Jusqu’ici, Péter Magyar a réussi un sans-faute. Depuis sa victoire écrasante face à Viktor Orban aux élections législatives hongroises dimanche 12 avril, le candidat conservateur et pro-européen a tenu un discours de victoire enflammé et une longue conférence de presse, où il a détaillé comment il comptait lutter contre la corruption et rétablir les institutions, dans ce pays d’Europe centrale qui sort de seize années d’extrême droite.
Même si son électorat est avide de régler ses comptes avec l’entourage du premier ministre sortant, qui s’est enrichi de façon outrancière sur le dos du contribuable hongrois et européen, M. Magyar a bien précisé qu’il comptait respecter « l’Etat de droit ». « Ce n’est pas la tâche d’un premier ministre de dire si son prédécesseur doit atterrir en prison, sa tâche est de garantir l’indépendance de la justice », a-t-il précisé, en écartant l’hypothèse d’instaurer une justice expéditive.
A ceux qui s’inquiètent du fait que M. Magyar soit un ancien membre du Fidesz et qu’il arrive au pouvoir avec une majorité écrasante de plus de deux tiers des sièges, il a aussi promis que sa priorité est « de rétablir des contre-pouvoirs », et affirmé que son parti Tisza (Parti Respect et liberté) « ne laissera pas faire » s’il se « mettait à suivre la voie d’Orban ». Comme il est le fondateur de cette formation, créée en 2024, et qu’il la contrôle étroitement, il faudra juger sur pièce, après sa nomination, début mai, s’il respecte ou non cette promesse.
A la différence de la Pologne, où le premier ministre libéral Donald Tusk éprouve des difficultés depuis 2023 à détricoter les mesures prises par ses prédécesseurs ultraconservateurs du parti Droit et justice (PiS), M. Magyar va bénéficier d’une majorité constituée de son seul parti et assez large pour pouvoir modifier la Constitution, ce qui devrait grandement faciliter sa tâche. Par ailleurs, le président Tamas Sulyok, un allié de Viktor Orban, n’a pas les mêmes pouvoirs de blocage que le chef de l’Etat polonais, Karol Nawrocki, et il pourrait être écarté par le Parlement s’il refuse d’écouter les appels à la démission répétés depuis dimanche par M. Magyar." La suite sur lemonde.fr (article payant)
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