Malgré le discours eurosceptique du gouvernement national-conservateur
de Viktor Orban, les subventions de l’UE restent indispensables à la
survie du pays, analyse l’hebdomadaire libéral magyar “HVG”.
Depuis 2018, la Hongrie perçoit entre 6 et 6,2 milliards d’euros par an
de l’Union européenne, soit quelque 2 200 à 2 300 milliards de forints.
Une somme considérable, même si l’on retire les 1,3 à 1,7 milliard
d’euros de contribution annuelle dans la caisse commune de l’UE. À titre
de comparaison, le gouvernement prévoit que les entreprises verseront
2 112 milliards de forints (5,5 milliards d’euros) de taxes dans le
cadre du budget national 2024. Ainsi, les subventions européennes
restent importantes, même si Marton Nagy (ministre du Développement
économique) estime qu’elles “ne sont pas dominantes dans le financement de l’économie”.
Si les fonds de l’UE disparaissaient et que l’État hongrois souhaitait
réunir 2 000 milliards de forints (5,2 milliards d’euros), la mission ne
serait pas impossible mais coûterait énormément. Premièrement, la
Hongrie émettrait logiquement des bons du Trésor, comme le font depuis
longtemps les États lorsqu’ils ont besoin d’argent. Fin avril, la dette
hongroise atteignait 47 605 milliards de forints (125,4 milliards
d’euros), dont 23 276 milliards (61,3 milliards d’euros) de bons sur le
marché obligataire et 9 589 milliards (25,2 milliards d’euros) de bons
étrangers en devises. Ces deux chiffres dépassent chacun de
2 000 milliards de forints leur valeur de mai 2022. Donc oui, l’État
peut vite obtenir de l’argent s’il le souhaite. Problème : les bons du
Trésor sont soumis au paiement d’intérêts. Lorsque l’inflation est haute
et que les investisseurs évitent le pays, l’État doit faire de grandes
promesses pour attirer de l’argent frais. Une situation bien plus
compliquée à résoudre que lorsque l’UE alloue des subventions.
Séduire les sociétés étrangèresSelon
Marton Nagy, la solution ne passe pas par l’endettement mais par les
investissements directs à l’étranger (IDE). Les IDE pèsent lourd dans
l’économie hongroise et ne cessent d’augmenter. Grâce à ces mouvements,
de 2 000 à 2 800 milliards de forints arrivent chaque année depuis 2018,
soit plus que les fonds européens sur la même période. Le ministre
pensait à ce chiffre lorsqu’il affirmait que les subventions de l’UE ne
sont plus dominantes. Néanmoins, maintenir ce rythme de croissance
représenterait une tâche gigantesque. Pour Marton Nagy, il faut
convaincre les entreprises ayant déjà investi en Hongrie de réinjecter
une partie de leurs profits chez nous." La suite à courrierinternational.com (article payant)