jeudi 31 mars 2022

La guerre en Ukraine tend les relations entre Varsovie et Budapest

"La Pologne condamne sans réserve l’invasion russe, tandis que la Hongrie se garde de critiquer directement la Russie.

Il est rare d’entendre une critique émanant du gouvernement ultra-conservateur polonais envers le premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban. Mais depuis que la Russie a envahi l’Ukraine, rien ne va plus dans le binôme constitué par les deux pays d’Europe centrale, membres de l’Union européenne (UE). D’habitude alliés dans leurs virulentes attaques contre « Bruxelles », ils affichent au grand jour des divisions sur le président russe, Vladimir Poutine, à tel point que la position hongroise mine jusqu’à l’unité du groupe de Visegrad, qui regroupe depuis 1991 Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie.

Une réunion des ministres de la défense de ces quatre pays qui devait avoir lieu mercredi 30 mars à Budapest a ainsi dû être annulée à la dernière minute, après que plusieurs participants ont fait connaître leurs refus de s’y rendre. La ministre de la défense tchèque Jana Cernochova, membre du parti conservateur ODS du premier ministre Petr Fiala, a été la première à faire savoir qu’elle boycotterait cette rencontre en se disant « vraiment désolée que le pétrole russe bon marché soit plus important pour les politiciens hongrois que le sang ukrainien ». Le ministère polonais de la défense, Mariusz Blaszczak, lui a ensuite emboîté le pas.

Dès le 26 mars, le président polonais Andrzej Duda avait dit comprendre « l’énorme dépendance » énergétique de la Hongrie envers la Russie, mais qu’« avec l’agression russe en Ukraine et la mort des milliers de civils [il avait] du mal à admettre la position du premier ministre hongrois Viktor Orban ». « Cette politique va lui coûter cher », avait-il estimé.

Tandis que le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, dénonce l’« Etat totalitaire » mis en place par le président russe, le Hongrois Viktor Orban, qui a entretenu des relations chaleureuses avec le Kremlin ces dernières années, s’efforce, lui, de maintenir un savant équilibre. S’il soutient les décisions communes prises au niveau européen et au sein de l’OTAN, il refuse catégoriquement de livrer des armes à l’Ukraine, ou même de les laisser transiter sur son territoire. Il s’oppose aussi à toute sanction dans le secteur énergétique. En pleine campagne pour les élections législatives du 3 avril, le leader magyar se garde même de critiquer trop directement la Russie et conserve une forme de neutralité, sous couvert de « défendre les intérêts hongrois » et de vouloir « garder la Hongrie en dehors du conflit ».

Autant d’éléments qui exaspèrent ses alliés polonais, tchèques et slovaques, tous profondément engagés derrière l’Ukraine. « Le Fidesz [hongrois]et le PiS [le parti polonais conservateur Droit et justice] n’ont jamais été sur la même ligne en ce qui concerne la Russie, même si, au cours des sept dernières années, cette division a été écrasée par leur lutte commune contre Bruxelles. Mais, maintenant qu’il existe une réelle menace existentielle, “l’éléphant dans la pièce” ne peut plus être ignoré », explique Edit Zgut, politologue hongroise à l’institut de philosophie et de sociologie de l’Académie polonaise des sciences." La suite sur lemonde.fr (article payant)

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